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19/03/2015

Elle s'appelle Anne BOURGEOIS... Signez la pétition ...pour le retour à son poste initial

POUR LE RETOUR A SON POSTE INITIAL

Anne Bourgeois, éducatrice spécialisée, mère de 4 enfants, entame une grève de la faim !

12 mars 2015

Triste vision sur le parking du Carrefour Market à Fumay le long de la route RD 8051 d'une tente posée à même le sol, et d'une femme à l'allure fatiguée mais trés déterminée à faire respecter ses droits les plus élémentaires ....

 

La CGT du Conseil Général ne pouvait que venir apporter son soutien à cette femme courageuse, amenée à entamer une grève de la faim pour contraindre son employeur, une association d'insertion de travailleurs handicapés, à la réembaucher suite à un licenciement abusif.

 

Voici un résumé de son histoire sur la page où une pétition en sa faveur ( et que nous vous invitons à signer) est ouverte et rassemble ce jeudi en soirée près de 1800 signatures de soutien.

 

Pour avoir tenté d'alerter la direction de l'AFEIPH, qui est son employeur sur des dysfonctionnements graves dans la prise en charge des personnes handicapées, et pour avoir été témoin d'agissement tout aussi grave dans certains accompagnements éducatifs, Anne Bourgeois a fait l'objet d'une procédure de licenciement à la demande de son employeur. Il y a presque 1 an de cela... De par son statut de salarié protégé (déléguée du personnel), la direction a dû demander à l'inspection du travail l'autorisation de la licencier.
Le 17 novembre 2014, l'inspection du travail a donné sa décision refusant la demande d'autorisation de son licenciement.

Depuis cette date, la direction de l'AFEIPH refuse d'appliquer la décision de l'inspection du travail allant jusqu’à lui interdire l'accès à son poste initial en date du 26 janvier 2015, la menaçant d'une deuxième mise à pied conservatoire sans salaire.
La semaine dernière, la direction de l'AFEIPH a de nouveau refusé son retour et la remis en mise à pied conservatoire sans salaire.
Mère célibataire de 4 enfants, Anne Bourgeois a entamé une grève de la faim le lundi 09 Mars 2015 en protestation de la situation dans laquelle elle est entraînée par son employeur...

 

PETITION...Cliquez ICI

 

La CGT du CG s'étonne qu'une association vivant en partie de subventions, puisse à ce point jouer avec la loi pour essayer d'empêcher Anne BOURGEOIS de faire valoir son droit de réintégration.

Elle s'étonne d'autant plus lorsqu'en lisant les statuts de cette association, on peut constater que ce sont des élus qui en sont membres de droit. Le maire de Fumay, le maire de Revin et deux conseillers généraux mandatés par le CG !!!!!!

-sauf erreur de ma part, le maire de Fumay est Divers Droite depuis 2014-

Alors même si leurs voix ne sont statutairement que consultatives, nous ne doutons pas qu'ils peuvent être écoutés .... car ils ne peuvent pas de fait, être d'accord avec ce qu'il se passe ... que la loi soit ainsi violée .

Nous espérons que le Conseil Général pèse de tout son poids afin de faire évoluer la situation dans le bon sens !!!! Ce qui ne serait que logique. 

Nous poserons la question à Benoit Huré.

 

C'est une nouvelle fois une preuve manifeste que de telles missions (insertion d'adultes handicapés dans le cas présent) devrait faire partie d'une mission publique, et à ce titre être insérées dans une fonction publique digne de ce nom !!!!

 

En attendant une issue heureuse, courage Anne .... nous sommes de tout coeur avec toi, en tant que représentants CGT mais surtout en tant qu'humains.

Merci à toi d'être aussi déterminée et ainsi nous démontrer que dénoncer l'inacceptable est possible, et que seule la lutte peut faire bouger les choses ...

Il est inadmissible qu'en 2015, une personne licenciée abusivement, mère de 4 enfants soit obligée d'entamer une grève de la faim pour faire valoir ses droits .....

Si vous pouvez, allez lui montrer votre soutien, cela ne pourra que lui faire plaisir ...

Et merci aux camarades qui l'entourent ....

 

 Un petit mot poignant de Anne

 

Anne Bourgeois, éducatrice spécialisée, mère de 4 enfants, entame une grève de la faim !

Pour avoir tenté d'alerter la direction de l'AFEIPH, qui est son employeur sur des dysfonctionnements graves dans la prise en charge des personnes handicapées, et pour avoir été témoin d'agissement tout aussi grave dans certains accompagnements éducatifs, Anne Bourgeois a fait l'objet d'une procédure de licenciement à la demande de son employeur.

Il y a presque 1 an de cela...

De par son statut de salarié protégé (déléguée du personnel), la direction a dû demander à l'inspection du travail l'autorisation de la licencier.


Le 17 novembre 2014, l'inspection du travail a donné sa décision refusant la demande d'autorisation de son licenciement.

Depuis cette date, la direction de l'AFEIPH refuse d'appliquer la décision de l'inspection du travail allant jusqu’à lui interdire l'accès à son poste initial en date du 26 janvier 2015, la menaçant d'une deuxième mise à pied conservatoire sans salaire.

© Daniel Samulczyk / France 3 Champagne-Ardenne
La semaine dernière, la direction de l'AFEIPH a de nouveau refusé son retour et la remis en mise à pied conservatoire sans salaire.


Mère célibataire de 4 enfants, Anne Bourgeois a entamé une grève de la faim le lundi 09 Mars 2015 en protestation de la situation dans laquelle elle est entraînée par son employeur...

 

 https://secure.avaaz.org/fr/petition/Direction_de_lAFEIPH_Le_retour_a_son_poste_initial_eradiquer_ces_pratiques_de_management/?cELpsab

 

c'est elle qui dénonce... c'est elle qui trinque ... c'est elle qu'on accuse

Anne Bourgeois, mère de quatre enfants veut dénoncer des dysfonctionnements grave de la direction de l'agefiph (association pour la formation l'emploi et l'insertion des personnes handicapés), dans la prise en charge de personnes handicapées.

18/03/2015

Un sacré anniversaire ! Celui de la CEGETTE... LA LUTTE CONTINUE

C’est à Limoges en septembre prochain que la Confédération Générale du Travail soufflera ses 120 bougies. Mais c’est le 4 mars dernier que la CGT a ouvert une longue séquence d’accès à la connaissance de sa propre histoire, en inaugurant, à Montreuil, sous la grande verrière de son siège, l’exposition « La lutte continue » : 120 illustrations pour 120 années d’une confédération syndicale qui, forte de la marque qu’elle laisse sur le 20e siècle, est décidée à en faire autant pour le siècle qui s’ouvre.

Ce 4 mars sous la grande verrière du patio de son siège à Montreuil, la CGT a ouvert le cycle des célébrations de son 120e anniversaire. Plusieurs centaines de militants, invités, amis de la CGT ont découvert

l’exceptionnelle exposition de l’Institut d’Histoire Sociale :

120 affiches,

 photos,

unes de journaux CGT

suspendus dans l’espace pour retracer 120 années d’histoire.


A l’occasion de cette inauguration, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a notamment déclaré : "Nous démarrons cette année 2015 sous le signe de l’anniversaire des 120 ans de la CGT, d’une CGT à la fois présente, offensive et dérangeante.


Une CGT créative, moderne, innovante, combative à toutes les périodes de son histoire, comme en témoignent la richesse et la beauté de cette exposition.

Avant que le dernier panneau de cet accrochage monumental ne soit installé, nous nous sommes demandé si le résultat serait à la hauteur de nos ambitions, des ambitions de la CGT, celles d’hier, celles d’aujourd’hui et celles de demain.

Je crois pouvoir répondre « oui » et féliciter l’IHS, toutes et tous les camarades qui ont travaillé à cette superbe mise en scène de notre histoire à travers des affiches emblématiques de notre identité et de nos valeurs, remercier les historiens qui travaillent à nos côtés pour faire vivre notre histoire au présent, remercier aussi les acrobates pour leur prouesse technique.

De sérieux défis sont posés au syndicalisme et à la CGT. Nous en avons déjà identifié quelques-uns dans la préparation de notre 51ème congrès.

Ancrer notre activité syndicale dans le présent en nous appuyant sur notre histoire et nos valeurs, regarder de temps en temps dans le rétroviseur pour aller de l’avant, c’est ce que va pouvoir nous offrir cet anniversaire des 120 ans de la CGT.
Lire la suite du discours.

 

 Je dédie cette note à mon camarade Michel, de la Fédération C.G.T. de la Chimie

passé hier nous faire la bise

"tous les matins, je regarde ton blog en buvant mon café et ta note sur la C.G.T. m'a fait plaisir".

En voilà une de plus !

Et comme cet anniversaire sera squatté par les médias, tkt pas, je serai là"

 

 

LE 9 AVRIL, d'une SEULE VOIX...CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES

Publié le mardi 17 mars 2015
CGT, FO, FSU, Solidaires

Tous à Paris
pour nos revendications

 

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires appellent tous les salarié-es, les retraité-e-s et les privé-e-s d’emplois, du privé et du public à l’action et à la grève le 9 avril prochain avec une grande manifestation nationale à Paris.

Elles veulent ainsi faire converger les revendications qui s’expriment dans de nombreux conflits sociaux dans des branches comme la santé, l’énergie, les transports routiers, les cheminots, la chimie, le commerce et exiger du gouvernement et du patronat qu’ils y répondent par des mesures de progrès social.

A l’inverse, ces derniers martèlent qu’il faut se serrer la ceinture, que pour embaucher demain il faut licencier plus facilement dès maintenant, que pour sauver les retraites, il faut raboter le pouvoir d’achat des pensions et repousser l’âge de départ à 65 ans et plus.

Ils n’ont comme crédo que la rigueur budgétaire, les suppressions d’emplois d’agents publics et de fonctionnaires, les privatisations.

Tout cela conduit depuis des dizaines d’années à la dégradation de notre qualité de vie et de nos conditions de travail, à un recul du service public.

Pour sortir de la crise, la CGT se prononce pour une autre répartition des richesses afin d’investir dans des mesures sociales, pour une véritable relance de l’économie, pour des services publics accessibles à tous sur tout le territoire, pour une politique industrielle et énergétique créatrice de richesses et d’emplois, pour répondre à des priorités sociales permettant la satisfaction de revendications, telles que :
 l’augmentation des salaires dans les entreprises privées comme dans la fonction publique ;
- la hausse des minima sociaux ;
- la revalorisation des pensions pour les retraités ;
- l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, alors que l’écart se situe aujourd’hui à 27 % en activité et 40 % à la retraite. L’égalité salariale d’ici 2024 permettrait de résoudre 46 % des problèmes des caisses complémentaires ;
- une réduction du temps de travail avec des embauches correspondantes ;
- des cré-ations d’emplois pour combattre le chômage et améliorer les conditions de travail ;
- le développement des prestations sociales (santé, retraites, indemnisation du chômage, …).

Car de l’argent, il y en a ! Beaucoup trop pour les actionnaires et pas assez pour les salarié-e-s !
Les récents chiffres publiés sont sans appel : les dividendes versés aux actionnaires restent maintenus à un haut niveau, par contre les investissements baissent.

Un salarié travaille aujourd’hui plus de six semaines pour rémunérer les actionnaires, contre deux semaines, il y a trente ans ! Où est la modernité ?
La France se situe sur la troisième marche du podium mondial en ce qui concerne les faveurs envers les actionnaires.
Les entreprises du CAC 40 on réalisé + 30 % de profits en 2014, soit 60 milliards d’euros.

Dans notre pays, ce n’est pas le coût du travail qui pose problème, c’est le coût du capital, comme vient d’en faire la démonstration la récente émission de France 2 qui traitait, notamment, du cas de Sanofi.

Sanofi : dividendes pour quelques uns, des miettes pour tous

Voilà un groupe qui affiche 5,5 milliards de profits, dont 3,7 versés en dividendes aux actionnaires. Chez Sanofi, chaque salarié doit créer l’équivalent de 50 000 euros de richesses annuelles pour payer leurs dividendes aux actionnaires ou financer les rachats d’actions afin de maintenir les cours élevés.


Alors que le groupe annonce une augmentation de ses dividendes pour la 21e année consécutive, qu’il offre une prime de bienvenue de 4 millions d’euros à son nouveau directeur général, il refuse une augmentation légitime de 120 euros pour les salariés postés de son usine de Sisteron. Face à cela, les salariés de Sanofi ont décidé de relever la tête et de se battre pour leurs salaires et pour leurs emplois car tous leurs sites sont menacés à plus ou moins brève échéance.

A Sisteron les salariés viennent de remporter une première victoire en arrachant 80 euros d’augmentation, la garantie d’investissement sur un nouvel incinérateur et trois embauches. Ce succès revendicatif est un encouragement pour les salariés du site Sanofi d’Ambarès (Gironde) qui sont aussi en lutte.


Chez Sanofi, la distribution des dividendes mirifiques résulte d’une prédation agressive sur l’emploi, les salaires, les capacités de recherche et développement, sur les investissements. Mais aussi d’un détournement des aides de l’Etat. Ainsi alors que le groupe ferme des laboratoires de recherche et des sites de production, il bénéficie du fameux Crédit Impot Recherche et du Crédit d’Impôt, Compétitivité Emploi.

En finir avec cette austérité qui nourrit la crise

Les salarié-e-s ne sont pas dupes et ils sont nombreux à relever la tête, à mener des actions pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail. Dans de nombreuses entreprises, avec leurs syndicats CGT, souvent dans l’unité syndicale, ils formulent les revendications qu’ils veulent faire avancer dans les négociations annuelles obligatoires. Des conflits sont marqués par des succès en matière de salaires, de primes obtenues, d’emploi.
Ces luttes, on les retrouve dans de nombreux pays européens à l’image des métallurgistes allemands qui viennent d’obtenir une augmentation générale de 3,4 %.

Oui, le progrès social est possible aujourd’hui !

 

 

Les Retraités ont défilé par milliers

La cgt

 

Dans toute la France, le même slogan a résonné : "les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère... de cette société là on n’en veut pas".

Des milliers de retraités ont défilé mardi 17 mars dans toute la France pour demander une amélioration de leur pouvoir d’achat, à l’appel d’une large intersyndicale, à Paris, Marseille, Lyon, Bordeaux, Nantes, Toulouse, Bayonne, Rouen, Saint-Nazaire, Cherbourg, Limoges, Périgueux, Reims, Châlons-en-Champagne, Dijon... A Paris, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez avait pris place en tête du cortège pour apporter le soutien de toute la CGT à cette mobilisation unitaire.


Des retraités très en colère après l’annonce de la non revalorisation des retraites complémentaires ARRCO et AGIRC au 1er avril et qui voyaient dans cette journée une mise en jambes pour préparer la

mobilisation unitaire interprofessionnelle du 9 avril

et la manifestation nationale à Paris.


Au delà des pensions,

les retraités demandent que la loi sur l’adaptation de la société au vieillissement,

débattue depuis ce mardi au Sénat,

soit mise en œuvre dès cette année

et réclament un renforcement

des services publics de santé.

 

 

16/03/2015

La C.G.T. 120 ans de combats (1895-2015)

 

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l'HUMANITE, Service diffusion militante, 5 rue Pleyel - Immeuble Calliope

 93528 SAINT-DENIS Cédex

 ***

*

« Les syndicats, une minorité belliqueuse ? » par Bernard THIBAULT


La conférence dans son intégralité

Bernard THIBAULT reçu à ISEGORIA AUDENCIA de NANTES

Tribune Etudiante d' Nantes : Débats et Conférences avec des Personnalités (politique, économie, culture, sport...) Entrée libre & gratuite

 

Je vous souhaite une bonne et saine lecture

Le résumé de la conférence

 

Introduction : Une minorité, oui. Belliqueuse, vraiment ?

- La tendance mondiale est à la baisse du nombre de salariés syndiqués. Ce recul est dû à la fois à des causes internes et à des causes externes.

- En France, le taux de syndicalisation est faible et il est  fonction de facteurs contingents : Le droit syndical n’est pas réservé aux salariés. Les fonctionnaires peuvent également se syndiquer. Ainsi, si le taux de syndicalisation est de 8% en France (contre 20% en Allemagne ou encore 65% en Suède), il y a de gros écarts entre le privé et la fonction publique. Au sein du privé, il y a aussi d’importants écarts entre les salariés des grandes entreprises et ceux des petites et moyennes entreprises. Ces écarts se retrouvent également entre les différents secteurs professionnels ainsi qu’entre les différents profils CDI ou CDD et temps plein ou temps partiel, les CDI et les temps pleins étant bien plus syndiqués (96% des adhérents à la CGT ont des CDI). Notons au passage que l’un des enjeux actuels consiste à adapter le syndicalisme à ces détenteurs de CDD trop peu syndiqués.

=> Oui, les syndicats sont bien une minorité. Mais cette dernière est-elle agressive, batailleuse ? On ne peut nier qu’un certain nombre d’avancées sociales ont été le fruit d’un combat virulent mené par les salariés.

 

I. Un peu d’histoire pour comprendre les enjeux du syndicalisme aujourd’hui

 

A. Une reconnaissance progressive

- Il faut d’abord s’attarder sur l’histoire du syndicalisme français pour comprendre les défis du syndicalisme aujourd’hui.

- Avant le syndicalisme, existait une solidarité entre les salariés comme en témoignaient les caisses communes pour s’entre-aider. Ce n’est que progressivement qu’est née la revendication d’agir ensemble afin d’améliorer leur condition.

- Le syndicalisme est né parmi les ouvriers. Ces derniers ont cherché à s’organiser avant même que le droit de grève ne les y autorise. C’est en 1884 qu’est finalement votée la loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats. Elle fait suite à la révolte des canuts de Lyon de 1831 et à la commune de Paris de 1871.

- La CGT (Confédération Générale du Travail) est la première organisation de salariés à voir le jour en 1895. C’est en 1919 qu’est créée la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens), le second pilier du syndicalisme français pendant des années. Il s’est crée un grand mouvement de fédération autour de ces deux confédérations avec la conviction que les salariés peuvent unir leur force pour avoir de l’influence alors que chacun, isolé, ne pèserait rien.

- Ces deux syndicats ont influencé le conseil national de la résistance qui a élaboré un programme économique et social incluant par exemple le principe de la retraite par répartition, de la sécurité sociale ou encore de la nationalisation des entreprises des secteurs jugés stratégiques.

- En 1946 est inscrit dans le préambule de la constitution que « tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l’action syndicale et adhérer au syndicat de son choix ». Ce principe n’est cependant pas toujours appliqué étant données les attitudes patronales dissuasives. Si l’on conteste ce droit aux salariés, il n’est jamais contesté quand il s’agit des agriculteurs, des médecins ou encore des avocats. Par ailleurs, quand on demande aux salariés pourquoi ils ne sont pas syndiqués, la première raison qui leur  vient à l’esprit est la peur des représailles avant même la division syndicale ou encore l’incapacité des syndicats à répondre à leurs attentes.

- Avant 1968, le fait syndical n’était reconnu et n’avait le droit de s’exprimer qu’à l’extérieur de l’entreprise. Ce n’est qu’en 1968 que le fait syndical est reconnu également à l’intérieur de l’entreprise.

- Parallèlement, se succèdent les scissions au sein de deux grands syndicats. Ainsi, en 1947, la CGT se scinde en FO et en CGT. Ou encore en 1964, c’est au tour de la CFTC de se scinder en CFDT et en CFTC.

B. Le paysage syndical français

- Le paysage syndical français est éclaté. Les 5 premiers syndicats sont par ordre décroissant la CGT* (avec ses 700 000 membres, soit deux fois plus que le nombre total d’adhérents aux partis politiques français), la CFDT, FO, la CFTC et la CGC.  Ces syndicats ne sont pas des blocs homogènes, puisque cohabitent en leur sein des membres n’ayant pas la même opinion sur tous les sujets.

=> Cette dispersion-division syndicale est synonyme d’une multiplication du nombre d’occasions de ne pas être d’accord entre eux,ce qui n’encourage pas les salariés à se syndiquer. Cela contraste avec le nombre plus restreint de grandes confédérations syndicales italiennes (3), espagnoles (2) ou encore allemandes (1).

- La réforme de la représentativité en 2008 a augmenté la compétition entre syndicats, puisqu’on tient désormais compte du poids de chaque syndicat dans la négociation, alors que depuis 1966 il suffisait que l’un des cinq syndicats dits représentatifs signe l’accord pour qu’il s’applique à tous les salariés.

- Les syndicats n’en restent pas moins puissants et influents lorsqu’ils sont d’accord et unissent leur force (cf. 2010 avec quatre millions de manifestants dans la rue).

* Le saviez-vous ? La CGT est une confédération qui regroupe 20 000 bases syndicales confédérées de tailles différents, lesquelles à appartiennent à une branche professionnelle et à une branche territoriale. Un salarié adhère à l’une de ces 20 000 bases syndicales. Il y a également un bureau, une administration et un secrétaire général.

C. De la contingence du syndicalisme

- Le syndicalisme prend racine dans l’histoire de chacun des pays, ce qu’il faut bien garder à l’esprit quand on fait des comparaisons interétatiques.

- Par exemple, le France reconnaît aux syndicats le droit de négocier le droit applicable à l’ensemble du pays, alors qu’aux EU ou au RU, seuls les syndicalistes bénéficient des droits négociés par les syndicats (soit seulement 13% des américains).

- Autre exemple, en France, une minorité peut être représentative alors qu’aux Etats-Unis il faut que 50% des salariés s’expriment via référendum en faveur de la création d’un syndicat pour que ce dernier soit crée.

- Mais encore, dans les pays nordiques, le fait qu’il faille être syndiqué pour pouvoir toucher les allocations chômage incite les salariés à se syndiquer et explique en partie ces taux de syndicalisation si élevés.

 

II. Les enjeux d’aujourd’hui

 

A. Les éternelles questions

- La question de l’emploi et du financement de la protection sociale : le problème est que l’on ne fait travailler qu’une partie de la population en âge de travailler, les 30-50 ans. Pour financer notre protection sociale, la solution consiste donc à élargir le cercle de ceux qui travaillent plutôt que de demander à ceux déjà au travail d’y rester plus longtemps comme c’est par exemple le cas avec le rallongement de l’âge de départ à la retraite.

- La question du pouvoir d’achat : il faut faire face à la dégradation historique du pouvoir d’achat avec aujourd’hui la moitié des salariés qui gagnent moins de 1500€. On privilégie actuellement le capital au travail.

- La question de la gestion des entreprises : tout travailleur participe par l’intermédiaire de ses délégués à la gestion des entreprises.

- La question du service public : l’accès à l’eau, à l’énergie…

Si la France doit adapter son modèle social, les autres pays doivent aussi adapter leur modèle social pour tendre vers le nôtre.

Pour pouvoir peser, les syndicats se doivent d’être indépendants tant envers les partis politiques que les employeurs ou encore les pouvoirs économiques comme les firmes. Leur rôle consiste à faire des critiques, des revendications, des propositions, des négociations et des mobilisations.

B. L’enjeu de la finalité du travail (ou du développement humain durable)

- Si le salarié a toujours cherché à améliorer sa condition,  il s’intéresse de plus en plus à la finalité de son travail. Selon la CGT, il ne faut pas considérer les salariés comme de simples exécutants de leur travail ne pouvant pas s’exprimer quant à son but. La question du but est justement posée par les nouvelles technologies et par la bioéthique, et les salariés ne doivent pas être contraints de travailler à l’aveugle. Ainsi travaille-t-on notamment sur un droit de retrait éthique pour les ingénieurs.

C. L’enjeu d’un syndicalisme européen et même mondial

- La CGT est aujourd’hui membre de la confédération européenne qui regroupe 85 syndicats issus de 36 pays européens. La coopération au niveau européen est cependant difficile.

- Actuellement, il n’y a pas d’intervention efficace des syndicats au niveau international, malgré la création de la confédération syndicale internationale en 2006. Un exemple de cette timide coopération est la campagne mondiale pour le travail décent qui a lieu chaque mois d’octobre. Il s’agit de créer les conditions pour que les salariés n’ayant pas de droits progressent vers l’acquisition de droits sociaux.

- Notons que si les règles du commerce édictées au niveau mondial par l’OMC sont incontestables et peuvent faire l’objet de sanctions en cas de non respect,  c’est bien loin d’être le cas des normes du travail définies par l’OIT qui ne dispose pas d’aucun mécanisme de sanction. Or l’histoire nous montre que le bon vouloir n’est pas suffisant et que des sanctions sont hélas nécessaires pour pouvoir faire évoluer les choses.

 

III. Le syndicalisme allemand, un modèle à importer ?

- Le modèle social allemand est très différent. Il repose en effet sur la codécision puisque rien ne se décide sans l’accord des syndicats de salariés, lesquels participent même à la définition de la rémunération des patrons. Cette codécision n’empêche cependant pas tout conflit comme en témoignait la revendication par les syndicats de la métallurgie d’une hausse de leur salaire de 6%.

- Il ne faut pas oublier l’impact social des mesures prises en Allemagne où il n’y a pas de salaire minimum.

- Enfin, plutôt que de remettre en cause la négociation, les entreprises allemandes recourent à la sous-traitance pour réduire la population de salariés auxquels s’appliquent les résultats des négociations.

=> Il n’y a donc pas de modèle qui doive s’imposer à tous les autres pays.

- Il faut que chaque génération prenne conscience que le syndicalisme n’est rien d’autre que le fruit de l’investissement de cette même génération. Il revient donc à chacun de s’investir pour que demain soit meilleur.

 Pierre-Adrien Roy

 http://www.isegoria.audencia.com/les-syndicats-une-minorite-belliqueuse/

 

 

 
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