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16/05/2018

PREMIER DE CORDEE DE MACRON. Cékoi ce langage emprunté aux montagnards ?

Frédéric Lordon

Économiste
Frédéric Lordon, né le 15 janvier 1962, est un économiste et chercheur en philosophie français. Il est chercheur au Centre de sociologie européenne en sociologie économique sous le statut de directeur de recherche au CNRS. Il est chercheur en philosophie depuis 2012 à la section 35 du CNRS. Il est membre du collectif Les économistes atterrés.

Le président de la République a reçu une corde du député européen Philippe Lamberts, au Parlement européen, à Strasbourg. Une manière d'imager sa formule «premier de cordée», pour parler de «ceux qui réussissent». Mais d'où vient-elle ?

C'est ce qui s'appelle un cadeau empoisonné. Mardi 17 avril, l'eurodéputé belge Philippe Lamberts a profité de la présence du président Emmanuel Macron dans l'hémicycle du Parlement européen pour lui remettre une corde d'escalade. Le «symbole de la cordée à laquelle vous semblez tellement tenir», a expliqué l'homme au calme olympien, avant de s'emporter devant la figure jupitérienne du chef de l'État.

 

 

Mais d'où vient cette étrange expression «premier de cordée»? Le Figaro revient sur son origine.

«Ce qui définit la cordée, c'est la corde. C'est elle qui empêche les derniers de cordée de tomber dans le ravin», explique l'eurodéputé Philippe Lamberts. C'est vrai. Le mot «cordée» s'emploie en effet en alpinisme, pour caractériser un «groupe d'alpinistes reliés entre eux par une corde passée autour de la taille lors de leurs ascensions», indique Le Trésor de la langue française. Mais cette origine n'est pas première.

 

 

Mais qu'en est-il alors de l'expression «premier de cordée»? La formule serait née, selon toute vraisemblance, dans la première moitié du XXe siècle, quelques années avant le roman éponyme de Roger Frison-Roche, sorti en 1942. Elle définit le chef de la cordée, c'est-à-dire, celui qui mène le groupe et assure, grâce à sa corde, ceux qui le suivent, en cas de chute. Le premier de cordée est donc par extension celui donne l'élan et doit donner l'exemple, au risque d'entraîner ses suiveurs, comme les moutons de Panurge, dans sa chute.

Pour l'heure, le cadeau de l'eurodéputé rappelle surtout au président Emmanuel Macron qu'il est, au vu de tous les dossiers qui l'attendent, sur la corde raide.

 

 

12/05/2018

JE M'APPELLE MERCY ce soir à l'Eurovision... Bébé nigérian, née à bord de l'AQUARIUS, quand le bateau des migrants allait couler

Des migrants attendent ici d'être secourus par le navire Aquarius en Méditerranée. C'est ce bateau qui a secouru la maman enceinte de la petite Mercy.

Des migrants attendent ici d'être secourus par le navire Aquarius en Méditerranée. C'est ce bateau qui a secouru la maman enceinte de la petite Mercy.

afp.com/Angelos Tzortzinis

Mercy est un bébé nigérian né à bord de L'Aquarius, un bateau humanitaire qui vient en aide aux migrants naufragés en Méditerranée.

La chanson a fait vibrer une corde sensible chez les téléspectateurs. Peut-être parce que Mercy -sélectionnée  pour représenter la France à l'Eurovision 2018 - est l'histoire vraie d'un bébé nigérian miraculé. 

"Je suis née ce matin, Je m'appelle Mercy. Au milieu de la mer, entre deux pays, Mercy. C'était un long chemin et Maman l'a pris. Elle m'avait dans la peau, huit mois et demi. Oh oui, huit mois et demi", chantent Emilie Satt et Jean-Karl Lucas, les comparses du duo Madame Monsieur.

Cette maman s'appelle Taiwo. Et pour fuir la guerre, elle n'a eu d'autre choix que de monter sur une embarcation de fortune, en mars 2017. Le rafiot bondé s'est mis à couler. L'intervention du bateau humanitaire Aquarius, de l'ONG SOS Méditerranée, a permis de la sauver. Quelques heures plus tard cette jeune maman donnait vie à une fille prénommée Mercy. 

"Tout le monde a applaudi"

Cette histoire, le journaliste de Nice-Matin, Grégory Leclerc l'a vécue à bord de l'Aquarius sur lequel il avait embarqué pour un reportage. Il raconte ce dimanche à France info que cette nuit là, le navire a réalisé près de dix sauvetages.

 

Au petit matin, un bénévole avertit le journaliste et lui annonce qu'une naissance se prépare. Quelques minutes plus tard naît Mercy, un bébé de 3,7 kg en bonne santé. "Les bénévoles de MSF sont tombés dans les bras les uns des autres, tout le monde a applaudi, raconte Grégory Leclec à France info. On a même chanté One Love, de Bob Marley, sur le pont du bateau. C'était un moment unique". 

Aujourd'hui, Grégory Leclerc n'a toutefois plus de nouvelles et ne sait pas ce que sont devenues la petite fille et sa mère. Il suppose qu'elles sont en Italie, L'Aquarius les ayant déposées à Catane, en Sicile.

Voir l'image sur Twitter

 

A l'époque, le duo Madame Monsieur voit passer les tweets du journaliste qui relate cette incroyable histoire en temps réel.

"Ce jour-là, le 21 mars 2017, nous cherchions l'inspiration pour une nouvelle chanson dans les sujets d'actualité, raconte Emilie Satt à Nice-Matin. Nous avons commencé à écrire le texte l'après-midi même et l'avons fini le lendemain". Quand le duo est contacté quelques mois plus tard par l'Eurovision, il se sent prêt, porté par une chanson qui signifie réellement quelque chose à ses yeux. 

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 D'après les estimations de l'organisme des Nations Unies chargé des migrations (OIM),

171 635 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer en 2017.

Au moins 3116 sont morts ou ont disparu en mer. 

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Des migrants attendant d'être secourus en Méditerranée, au large de la Libye, le 4 octobre 2016.

Deux pilotes français portent secours aux migrants grâce à leur avion

BFMTV pour l'Express, publié le

Les deux Français ont investi dans un avion pour sillonner la Méditerranée à la recherche de migrants en détresse. 500 personnes seraient mortes au large des côtes libyennes en 2018.

Benoît Micolon et José Benavente se sont cotisés pour acheter le MCR-4S dit "le Colibri", un petit avion garé sur la base militaire de Malte. Il décolle ce mercredi 2 mai, "pour quadriller le rectangle de 150 kilomètres de l'est à l'ouest, sur 50 kilomètres au nord de Tripoli ; la zone dans laquelle se concentrent le maximum de sauvetages et les naufrages", explique José Benavente au Monde. Un pilote automatique a été installé pour mieux observer les flots. Et pour Benoît Micolon, pilote de ligne sur Boeing 747, le "Colibri" lui rappelle ses débuts de carrière lorsqu'il pilotait des petits avions pour repérer les départs d'incendie dans les forêts du sud de la France. 

Les deux Français se sont connus à l'école de pilotage il y a plus de 10 ans. Ils ont dépensé leurs économies (130 000 euros) pour épauler les bateaux des organisations non gouvernementales qui portent secours aux migrants en Méditerranée. "Il y a urgence à assister les navires ONG en repérant les canots et en les leur signalant en même temps qu'au MRCC [Maritime Rescue Coordination Centre], l'organisme officiel italien qui gère les sauvetages", rappelle José Benavente.   

Les deux fondateurs de Pilotes volontaires, leur association créée le 28 janvier, connaissent les facilités de repérage depuis un avion qui survole les eaux à basse altitude, bien plus efficace que d'observer depuis le pont d'un navire. Le premier trimestre 2018, quelque 500 personnes ont une nouvelle fois perdu la vie au large des côtes libyennes, selon l'Organisation internationale pour les migrations. 

"Au départ, on avait pensé monter une opération de crowdfunding pour trouver de l'argent, mais ça aurait pris trop longtemps. Le printemps est là, les départs de Tripoli reprennent", regrette José Benavente et d'ajouter "quand les humanitaires de SOS-Méditerranée [une des ONG présentes au large de Tripoli, avec l'Aquarius, son bateau] nous ont expliqué le mal qu'ils avaient à repérer les canots dans les vagues, on a compris qu'on pouvait vraiment être utile, tout de suite".  

Un site pour récolter des dons

 José Benavente, en mission humanitaire à Kinshasa (République démocratique du Congo) combinait ce projet depuis un long moment. "Il y a quinze ans, en mission en Guinée où je travaillais sur l'approvisionnement en eau potable, j'entendais parler des disparus au large des côtes sénégalaises. Trop de petites embarcations en partance vers les Canaries sombraient sans avoir été secourues. Plus tard, je me suis dit que les plaisanciers pourraient s'organiser en associations pour aider les canots entre le Maroc et l'Espagne... J'ai essayé d'imaginer comment les fédérer... Toutes ces idées ont cheminé en moi et, en janvier, j'ai décidé d'agir en revenant à mon idée d'avion, puisque je suis aussi pilote". 

José Benavente appelle alors Benoît Micolon "j'avais pas fini ma phrase qu'il m'avait déjà dit oui". Et c'est comme cela que cette belle aventure citoyenne a commencé. Les deux pilotes ont ouvert un site pour récolter des dons. 95% de l'argent récolté sert à financer les opérations de surveillance aérienne (carburant et entretien de l'avion notamment). 

 


Des milliers de migrants ont péri en tentant de traverser la Méditerranée. 

afp.com/GIOVANNI ISOLINO

La Méditerranée, cimetière de migrants

Des milliers de candidats à une vie meilleure tentent, chaque année, de traverser la Méditerranée en payant une fortune à des passeurs pour embarquer sur de fragiles embarcations. Des milliers d'entre eux ont perdu la vie dans des naufrages. En 2016, plus de 5000 migrants ont péri noyés.

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Les opérations anti-migrants

contraires à la loi

 Des militants de Génération Identitaire tentent de bloquer le passage de migrants sur un col des Alpes, 21 avril 2018

Les opérations comme celle de militants de Génération identitaire qui avaient bloqué fin avril un col des Hautes-Alpes pour empêcher des migrants de passer en France peuvent être poursuivies par la justice, a rappelé récemment la Chancellerie aux procureurs.

Le 21 avril, des militants d'extrême droite avaient mené une opération spectaculaire au col de l'Echelle, près de Briançon, pour empêcher des migrants de franchir la frontière franco-italienne. Ils avaient finalement levé le blocage, sans être inquiétés par la justice...

Après la démonstration d'hostilité aux migrants du 21 avril, des militants identitaires avaient affirmé participer au contrôle de la frontière aux côtés des forces de l'ordre, sous la bannière du mouvement "Defend Europe", et avaient même assuré avoir "raccompagné" des migrants à la frontière. 

 

Une enquête classée sans suite

Mais, le 30 avril, la préfecture des Hautes-Alpes avait annoncé avoir "empêché" ces militants de "poursuivre" leurs patrouilles et de "se faire passer pour des supplétifs de l'Etat", ce que conteste le groupuscule. Le parquet de Gap avait ouvert une enquête sur les agissements des identitaires, classée sans suite faute d'infraction ou de plainte.

Cette absence de sanction, alors que trois personnes sont poursuivies par la justice pour avoir franchi cette même frontière avec des migrants le 22 avril, passe mal parmi ceux qui viennent en aide aux réfugiés, qui dénoncent un "deux poids, deux mesures". 

 

 
 

08/05/2018

Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

 
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Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

Rappel des faits, par Hassane Zerrouky. Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger.

La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes.

Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l'emblème algérien, scandant des mots d'ordre revendiquant l'indépendance de l'Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d'Algériens répondent à l'appel du PPA.

À Sétif et Guelma, cependant, l'événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux soldats algériens tombés face au nazisme. Mais c'était sans compter avec le préfet de Constantine, Lestrade-Carbonnel, qui a ordonné aux forces de police :

« Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. »

Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants.

Les colons, organisés en milices, participent à la répression.

De pacifiques, les manifestations deviennent violentes. Elles échappent au contrôle des nationalistes, tournent à l'émeute et embrasent tout l'Est algérien. Devant l'ampleur des cortèges de Sétif, mais aussi Kherrata et Guelma, l'administration coloniale fait intervenir l'armée.

Légionnaires, tirailleurs sénégalais et même des prisonniers allemands et italiens sont engagés pour réprimer la révolte : manifestants fusillés sommairement par centaines, femmes violées...

L'aviation mitraille et bombarde les villages de montagne. Le croiseur Duguay-Troin qui se trouvait dans la baie de Bougie bombarde les douars de la montagne kabyle. À Périgotville, près de Guelma, on fusille tous ceux qui savent lire et écrire.

À Chevreuil, Petite Kabylie, c'est par groupes de vingt que des Algériens sont passés par des armes.

Des prisonniers fusillés sont jetés dans les gorges de Kherrata. Parmi eux, Rabah Hanouz, membre de la Ligue des droits de l'homme, et ses trois enfants. À son frère Lounis, juste démobilisé à son retour de France, qui faisait partie du Comité pour l'amnistie des prisonniers, le ministre de l'Intérieur, André Le Troquet, lui demande d'oublier et de tourner la page.

Les dizaines de milliers de manifestants qui ont été arrêtés seront libérés suite à une campagne du PCA qui avait pourtant condamné auparavant ce soulèvement populaire.

Officiellement cette répression a fait 1 500 morts algériens et 110 européens.

Mais selon le général Duval qui a organisé cette répression, il y a eu 7 500 morts.

Quant au général Tubert, membre de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur ces événements, il avance le chiffre de 15 000.

Mais selon les nationalistes algériens, elle a fait 45 000 morts. Au-delà de cette querelle des chiffres, le fait est que les manifestations du 8 mai 1945 ont été durement réprimées et que les auteurs de ce massacre relevant du crime de guerre n'ont jamais été inquiétés. Pis, le général Duval, qui a poussé le cynisme jusqu'à lire une prière à la mosquée de Constantine, déclare alors : « Je vous ai donné la paix pour dix ans. »

Moins de dix ans après, le 1er novembre 1954, débutait la guerre d'Algérie !

 

"Ces événements-là resteront à jamais gravés dans sa mémoire. Lahcène Bekhouche avait dix-sept ans lors du soulèvement du 8 mai 1945 dans le Constantinois.

« Des Algériens avaient participé à la libération de la France. En contrepartie, nous demandions la liberté et l'égalité des droits », raconte le vieil homme.

Pour avoir pris une part active aux manifestations, il fut condamné à mort.

Une sentence finalement commuée en peine de prison. Lahcène Bekhouche sera incarcéré pendant dix-sept ans, jusqu'à l'indépendance, en 1962. ."

 

 

 
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Guelma 1945, un retour de mémoire

Vendredi, 20 Février, 2009
L'Humanité

La liquidation sanglante des premières manifestations du mouvement national algérien annonçait l'explosion ultérieure de violence coloniale.

{{Guelma, 1945. Une subversion française dans l'Algérie coloniale}}, {de Jean-Pierre Peyroulou, préface de Marc Olivier Baruch. Éditions La Découverte, 2009, 408 pages, 32 euros}.

Si, trop longtemps, mai 1945 ne signifia, pour l'homme de

la rue comme pour l'historien, que la victoire sur le nazisme, ce temps est bien révolu. Se sont succédé, depuis quelques années, trois ouvrages de qualité (celui-ci étant le dernier) sur les massacres dont ont été victimes, dans la région du Constantinois, des milliers d'Algériens. Soixante années plus tard, on peut affirmer que, sauf surprise à vrai dire improbable de découverte de nouvelles sources, tous les documents sur ce drame sont désormais accessibles.

L'apport spécifique de l'ouvrage de Peyroulou (*) est la fixation sur une zone géographique unique, celle de Guelma, à l'est de Sétif. Et ce parti pris se révèle heureux. D'abord, parce que toute histoire locale, surtout lorsqu'elle est menée avec cette méticulosité, est riche d'enseignements bien plus généraux. Mais également, dans ce cas, parce que les massacres d'indigènes sont partis de presque rien, si ce n'est la peur de l'autre. Jean-Pierre Peyroulou rappelle en effet que, si à Sétif il y eut bien des Européens tués, de l'ordre d'une centaine, avant la chasse à l'homme, à Guelma, il n'y avait rien eu de tel : une dizaine d'Européens tués, certes, dans des centres isolés, aucun dans le chef-lieu. Mais le fossé entre les communautés était tel que la simple rumeur d'une insurrection générale des Arabes, savamment reprise puis orchestrée par certains administrateurs et élus coloniaux, avait littéralement plongé dans les transes la quasi-totalité de la population européenne.

D'où la constitution d'une milice (mais l'auteur révèle qu'elle avait été créée le 14 avril... trois semaines avant les premiers heurts...) ayant droit de vie et, hélas le plus souvent, de mort, les simulacres de procès par des tribunaux dits de salut public totalement illégaux... L'auteur signale au passage ce que d'autres historiens avaient souligné avant lui : la quasi-unanimité de la participation, ou au moins l'acceptation, des Européens à la répression, toutes tendances politiques, toutes classes confondues. Toutes : le lecteur d'aujourd'hui de l'Humanité parcourra avec douleur, parfois avec horreur, ces pages signalant que des communistes ont partagé ces crimes, que le PCF a qualifié les victimes de provocateurs... C'est à ce prix que la lucidité progresse.

Reste l'essentiel de l'apport de ce livre : la description, presque de l'intérieur, des mécanismes de la montée de la haine raciale. Car, faut-il le rappeler, après l'auteur : « Une grande partie des morts ne fut pas imputable à l'armée, mais aux milices de la région de Guelma. » Et sans doute ailleurs. Rien d'étonnant, dans ces conditions, que beaucoup considèrent que la guerre d'Algérie a commencé à ce moment-là.

(*) Avaient précédé l'étude de Jean-Pierre Peyroulou : Aux origines de la guerre d'Algérie, 1940-1945. De Mers-el-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, d'Annie Rey-Goldzeiguer (Éditions La Découverte, 2002) et Sétif 1945. Histoire d'un massacre annoncé, de Jean-Louis Planche (Éditions Perrin, 2006).

{{Alain Ruscio, historien}}

 

 
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L'autre 8 mai 1945 : massacre colonial à Sétif

Mardi, 9 Mai, 2006
L'Humanité

France-Algérie . « Des douars entiers ont été réprimés avec des moyens militaires. » L'historien algérien Mohammed Harbi revient sur une page sombre longtemps occultée.

De l'autre côté de la Méditerranée, le 8 mai 1945 est une funeste date. Alors que la France fête la Libération, commence à Sétif l'un des plus effroyables épisodes de la répression coloniale. Tôt le matin, ce mardi-là, un cortège de plusieurs milliers d'Algériens se forme à l'entrée de Sétif, bravant l'interdiction du sous-préfet Butterlin. Des drapeaux algériens sont brandis, ainsi que des pancartes où l'on peut lire « Algérie libre », « Libérez Messali Hadj », ou encore « Indépendance ». La foule entonne Min Djibalina (« De nos montagnes »), l'hymne nationaliste. La manifestation s'engage dans la ville. Butterlin donne l'ordre de disperser les manifestants. Des coups de feu partent. Des manifestants tombent. La nouvelle se propage, mettant le feu aux poudres. La révolte gagne les régions de Guelma, Biskra, Bône, Kherata et Constantine. Des fermes coloniales et des bâtiments officiels sont attaqués. À Guelma, des arrestations et des exécutions sommaires d'Algériens inaugurent une véritable Saint-Barthélemy dans tout le Constantinois. La répression, menée par le général Duval, mobilise la marine et l'aviation. Un déchaînement de violence inouï, mobilisant des moyens militaires démesurés, s'abat pendant plusieurs semaines sur les populations algériennes. Retour sur ces événements qui inaugurent une tragique guerre de décolonisation, avec l'historien Mohammed Harbi.

Comment expliquer que ce 8 mai 1945, jour de la victoire sur les nazis, à laquelle ont contribué 144 000 combattants algériens, ait cristallisé un tel déchaînement de violence contre les populations « indigènes » ?

Mohammed Harbi. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, s'est développée une sensibilisation très forte de la population algérienne sur son statut. Certains voulaient l'autonomie, d'autres, déjà, l'indépendance. Les rapports entre les populations ont changé les comportements des Algériens. Ils manifestaient une volonté d'égalité. Cela a entraîné dans la population européenne une véritable psychose. Et la tendance à la répression a commencé à faire son chemin.

Il faut aussi souligner que les forces de gauche étaient dans une stratégie antifasciste qui faisait passer au second rang tous les problèmes posés par les coloniaux.

Peut-on parler d'insurrection en réaction à la répression aveugle conduite par les autorités

coloniales, et donc, en quelque sorte, du premier acte de la guerre d'Algérie ?

Mohammed Harbi. Au regard des documents et témoignages dont nous disposons, on ne peut pas dire qu'il y ait eu, initialement, une tendance à l'insurrection, même si des individus, ici ou là, y pensaient. Il n'y avait absolument rien de préparé, ni d'organisé.

Ces événements sont-ils le point de départ d'une prise de conscience collective plus large, populaire, sur la question nationale ?

Mohammed Harbi. Cela ne fait aucun doute. Un espoir d'émancipation traversait alors la population algérienne. C'est d'ailleurs une tendance lourde dans l'histoire de l'Algérie. Chaque fois que la France s'est trouvée aux prises avec un conflit, une guerre, émergeait chez les Algériens l'espoir du moment propice pour se libérer.

Quels sont les conséquences de ces événements de mai 1945 sur le mouvement national lui-même ?

Mohammed Harbi. On assiste, entre 1945 et 1947, à une réactivation assez rapide de la tradition de la force physique, alimentée par ceux qui pensaient que la conquête de l'Algérie s'étant faite par les armes, la voie pacifique ne pouvait rien donner, qu'il fallait donc se préparer à une lutte armée. Cette tendance, en apparence, était minoritaire. Mais dans la mesure où la population ne croyait pas dans un avenir avec la France, les choses ont pris, à ce moment-là, le chemin de l'insurrection.

Côté Français, le bilan officiel établi à l'époque s'élève à 1 500 morts algériens et 110 européens. Les nationalistes, eux, ont avancé le chiffre de 45 000 morts, un chiffre repris par l'ambassade des États-Unis. Qu'en est-il ?

Mohammed Harbi. Les batailles de chiffres sont toujours trompeuses. Mais il est indéniable que ceux donnés par les Français à l'époque sont largement sous-estimés. L'ampleur exacte de cette répression qui a duré cinq semaines a été dissimulée. Des douars entiers ont été réprimés avec des moyens militaires.

Au gré de l'avancée des recherches, le chiffre des morts a constamment été revu à la hausse. Les approximations selon lesquelles ces événements auraient fait 20 000 à 30 000 victimes algériennes sont de plus en plus crédibles. Elles se rapprochent du chiffre donné par les nationalistes.

Sétif n'est pas la première expression de la révolte contre la domination coloniale. Peut-on dire qu'une résistance s'est perpétuée de façon continue ?

Mohammed Harbi. Cette résistance a pris des formes différentes, mais elle n'a jamais cessé. À partir du début du XXe siècle, elle a revêtu des formes politiques. Mais ici et là, dans les campagnes, a perduré la tradition des rébellions contre l'administration coloniale. Sur le plan politique, le refus d'accepter le sort fait aux Algériens est une constante.

Il a fallu attendre 2005 pour que l'ambassadeur de France en Algérie condamne les événements de mai 1945, qualifiés de « tragédie inexcusable ». Comment expliquer ce silence persistant des autorités françaises ?

Mohammed Harbi. Le président de la République s'est exprimé l'été dernier sur le massacre de Madagascar. Mais il n'a pas dit un mot, jusqu'ici, de celui de Sétif : ce n'est pas un hasard. De larges secteurs de la société française n'ont toujours pas digéré la séparation avec l'Algérie. Le poids des nostalgiques est encore grand. Il a toujours pesé, y compris sur les gouvernements de gauche.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

 

8 MAI à HABAS ... 8 MAI 1945 A PARIS - LE SAVIEZ-VOUS ?



8 mai

COMMEMORATION DU 8 MAI

8 mai

Toute la population est conviée à la cérémonie au Monument aux Morts tant il est de notre devoir à tous, de transmettre à nos enfants la célébration de la liberté retrouvée le jour de l’armistice du 8 mai 1945 mettant ainsi un terme à quatre années terribles.

Commémoration du Mardi 8 mai :

-     11H30 : Défilé de l’Eglise vers le Monuments aux Morts

-     11H45 : Cérémonie aux Monuments aux Morts - Dépôt de la gerbe par la municipalité et des bouquets apportés par les enfants en mémoire à nos chers disparus

-     12H30 : Vin d’honneur à la mairie pour toute la population.

***

*

7 MAI 1945

A REIMS la paix est enfin signée.

L'ALLEMAGNE capitule sur tous les fronts.

Jusqu'au dernier moment,

l'amiral DONITZ, successeur du Führer, a essayé de gagner du temps pour garantir à l'ALLEMAGNE démembrée une porte de sortie vers les pays ennemis les moins animés par le désir de vengeance.

La mise en garde d'EISENHOWER a précipité les évènements : toutes les lignes alliées du front Ouest seraient fermées pour empêcher  les Allemands de traverser.

Aussitôt DONITZ donnait les pleins pouvoirs au général JODL pour signer sur les bases fixées par les AMERICAINS.

Les délégations se sont rencontrées dans une salle de classe à REIMS, transformée en salle des opérations.

EISENHOWER était représenté par BEDELL-SMITH,

son chef d'état-major.

STRONG, un officier britannique et le général français François SEVEZ assistaient au nom de leurs pays à la soumission du IIIème REICH.

Le général JODL s'est levé devant l'assistance et a dit en allemand :

"Par cette signature, le peuple et les forces de l'ALLEMAGNE viennent de se remettre pour le meilleur ou pour le pire entre les mains du vainqueur...

En cette heure, je peux seulement exprimer l'espoir que ce vainqueur les traitera avec générosité."

Il n'y a pas eu de réponse

 

 

 

 8 MAI 1945 A PARIS

RETOUR DES PRISONNIERS ET DES DEPORTES

 

1 830 000 prisonniers français internés

723 000 ouvriers du Service du Travail Obligatoire

et

75 000 déportés raciaux

c'est à dire les Juifs et les Tziganes

Les troupes alliées ne cessent de libérer nos compatriotes détenus en Allemagne

et dans les territoires occupés par elle.

Le principe de la relève annoncé à grand fracas par LAVAL et les nazis en juin 1942 n'a guère été appliqué.

En  principe, pour trois ouvriers arrivant sur le sol du REICH (STO)

un prisonnier devait être libéré.

Or il n'y eut que 111 000 soldats relâchés par Berlin.

On est loin du compte !

 

 http://deportations.free.fr/deportes.htm

Les catégories de déportés

Les différentes catégories de déportés

Les deux catégories de déportés acheminés par les nazis vers les camps étaient:


- d'une part, les " déportés résistants et politiques " ,termes désignant, s'agissant de déportés politiques français, les gaullistes, les communistes et autres, accusés par le gouvernement de Vichy de se livrer à des activités qualifiées d'" antinationales "


-et d'autre part, les " déportés raciaux ", c'est à dire les Juifs et les Tziganes

 Pour distinguer ces différentes catégories de déportés, tous soumis au même régime, on leur cousait un triangle en tissu sur leurs vêtements rayés :


Triangle rouge pour les " Politiques ", porté par les opposants au nazisme, puis par tous les résistants d'Europe ;


- Triangle bleu pour les " apatrides "
- Triangle vert pour les " droits communs "

- Triangle violet pour les témoins de Jéhovah
- Triangle brun pour les Tziganes
- Triangle noir pour les " asociaux "
- Triangle rose pour les homosexuels
- Triangle jaune pour les Juifs

 

" Nacht und Nebel "

Les résistants étaient exécutés ou déportés et parfois condamnés à la peine de mort. Mais Hitler craignait que les exécutions donnent naissance à des héros nationaux et des martyrs. Il craignait aussi que les condamnations aient des effets déprimants sur la population. Il décida donc de déporter les résistants. L'expression "Nacht und Nebel" qui apparaît le 7 décembre 1941 signifie "nuit et brouillard ".

Cette expression est tirée de Siegfried de Wagner. Les détenus classés NN étaient isolés totalement du monde extérieur, dès leur arrestation. Selon les Nazis, les NN devaient disparaître sans laisser de traces. Il était interdit formellement à la croix rouge et aux personnes civiles de s'intéresser au sort des prisonniers NN . Ils ne pouvaient ni correspondre ni en recevoir des lettres, colis ou visites.

 

Les déportés privilégiés

L'organisation du camp est déléguée par les Nazis aux déportés ; sinon, il leur aurait fallu mobiliser des troupes très importantes pour assurer le quotidien des camps. Les Nazis se chargent de la surveillance des appels, de la répression et du contrôle général.

Les emplois "privilégiés" dans les camps sont chefs ou secrétaires de Block, Vorarbeiter (contremaîtres), médecins, infirmiers, interprètes, etc., puis des emplois d'usine ou de travail à l'intérieur et non à l'extérieur du camp. Les détenus qui occupent de tels emplois dans cet ensemble extrêmement subtil, sont au maximum 10%.

La différence physique entre un déporté occupant un emploi privilégié et les autres déportés est très sensible : ceux qui sont au service des nazis sont mieux nourris et ne ressemblent en rien aux détenus squelettiques des Kommandos.

 

 

 

 
 

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LES FILLES des ARRIGANS NE FONT PAS SEMBLANT... elles n'ont pas gagné face à PAU, mais elles n'ont pas témérité

 

 

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AXELLE... se remet de ses blessures... Elle n'a pas joué

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LAURA TRES CONCENTREE

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CLARA EN PLEINE ACTION

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UN FESTIVAL DE QUEUES DE CHEVAL

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