La décision du gouvernement de ne pas voter la proposition de loi d'amnistie sociale est incompréhensible. Elle s'apparente à un désaveu cinglant du Sénat et de sa majorité de gauche. Elle est une volte face par rapport aux positions exprimées par Madame Taubira, Ministre de la Justice lors des débats sur le texte au Sénat. Surtout, cette proposition de loi constitue un acte de justice à l'égard de l'ensemble des salariés et des syndicalistes qui luttent pour le maintien de leur emploi à l'heure où le chômage atteint un record dramatiquement historique. Le rejet de ce texte, quelques jours seulement après l'adoption de l'ANI qui instaure une amnistie patronale en limitant les délais de recours contre les licenciements abusifs est un nouveau coup dur contre le monde du travail. Comble du calendrier, la discussion dans l’hémicycle de l'Assemblée des propositions de loi du Front de gauche sur l'amnistie sociale et sur les licenciements boursiers interviendra le 16 mai, quelques jours après le vote définitif de l'ANI.

Dès aujourd’hui, j'appelle à ne pas laisser faire ce mauvais coup. La parole doit revenir aux députés de gauche qui peuvent, comme leurs collègues du Sénat, voter cette loi le 16 mai.

J'appelle à la levée d'un mouvement pétitionnaire de soutien à la proposition de loi des parlementaires du Front de gauche.

 Cette mobilisation doit venir renforcer les cortèges, qui le 1er mai, défileront dans tout le pays pour défendre les droits des travailleurs.

 Le 5 mai, la marche citoyenne à l'appel du Front de gauche doit être un moment fort de la mobilisation pour l'amnistie sociale. Cette dernière doit enfin se prolonger jusqu'au 16 mai, jour du vote des propositions de loi du Front de gauche, où j'appelle au rassemblement

Indéniablement, seule la mobilisation citoyenne et populaire peut contraindre le gouvernement à faire machine arrière et à respecter le vote du Sénat .

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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«La colère déborde», renchérit le sénateur et secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. Il pointe «le revirement du gouvernement et le désaveu de la majorité sénatoriale». Le projet a été voté par l'ensemble de la gauche au Sénat le 27 février et la ministre de la Justice, Christiane Taubira, rappelle Pierre Laurent, «s'était félicitée de la qualité des débats».

 

Pas question d'entendre l'argument selon lequel les violences de ces derniers jours contre la loi sur le mariage homosexuel pourraient avoir fait évoluer la position du gouvernement. «Notre texte n'a rien à voir avec la violence, mais avec la défense des emplois», précise Pierre Laurent. «Et rien de ce qui s'est passé en marge des débats au Parlement n'entre dans le champ de ce texte», ajoute Assassi. La gauche radicale est d'autant plus énervée que ce rejet sera suivi par le vote au Sénat, le 14 mai, de l'accord national interprofessionnel (ANI), ce projet de loi sur l'emploi qu'elle a vivement dénoncé.

Pour Assassi, le gouvernement «fait le choix de céder aux désirs de la droite et du patronat plutôt que d'écouter le malaise et la souffrance des salariés». ... le gouvernement a utilisé samedi dernier la procédure du «vote bloqué» pour accélérer l'examen. «Le gouvernement a employé la guillotine du 44-3 pour marcher sur le Sénat», a tonné la sénatrice en référence à l'article qui, a-t-elle souligné, «n'a été utilisé que trois fois en dix ans par l'ancienne majorité».

 

Le gouvernement «fait le choix de céder aux désirs de la droite et du patronat»

Éliane Assassi, présidente du groupe PCF au Sénat

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"C'est un changement de cap politique du gouvernement, qui fait le choix de céder aux désirs de la droite et du patronat plutôt que d'écouter le malaise et la souffrance des salariés", juge Éliane Assassi. "Les formations de gauche doivent se rencontrer maintenant, il faut une rencontre entre la direction du PS et celle du PCF. Le Parti socialiste doit nous dire dans quel chemin il veut s'engager maintenant", a-t-elle ajouté. "Ce que retiennent les gens c'est que ce gouvernement n'est pas celui pour lequel ils ont voté", a-t-elle conclu.

 

Les parlementaires écologistes semblent également de plus en plus mal à l'aise. Ils ont voté pour l'amnistie sociale, les faucheurs d'OGM étant notamment concernés. Le patron des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, est particulièrement monté au créneau contre les conditions du débat parlementaire.

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Aucune mesure de gauche depuis l'élection d'HOLLANDE et son équipe

Qu'aurait dit le p'tit Maurice, mon père né en 1908 ?

- Les socialistes nous ont trahi, ils nous trahiront toujours.

"Mais non Papa, ils ont changé" . C'est ce que je lui répondais en distribuant le Programme Commun, enthousiaste.

Il répondait :

- Ils font ce que la droite n'aurait jamais osé faire.

ou bien

- Ils terminent ce que le droite a commencé.

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Force est de constater aujourd'hui que nos soi-disant partenaires privilégiés ne le sont plus et à tous les niveaux.

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