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20/08/2006

LE RESINIER DES LANDES



On ne voit en passant par les landes désertes...

D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ;
Car, pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme, avare bourreau de la création,
Qui ne vit qu'aux dépens de ce qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

(Extrait du Pin des Landes de Théophile Gautier)


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Métier maintenant pratiquement disparu... les produits dérivés de la résine ayant été remplacés par des produits pétroliers...

18/08/2006

EN BALADE A SALIES DE BEARN

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Surnommée la Cité du Sel, SALIES DE BEARN est l'un des joyaux du BEARN. Nichée aux creux de collines boisées, on surnomme Salies-de-Béarn "la Venise du Béarn" à cause des maisons surélevées qui surplombent la rivière, le Saleys, et qui donne à cette cité un charme très particulier.

Elle est, depuis l’Antiquité, connue pour ses réserves de sel. Au Moyen-Age, celles-ci firent la richesse de la cité. A partir du XIXème siècle, la particularité de ses eaux chlorurées et sodiques permet la création d’un établissement thermal.

A la "Belle Epoque", Salies-de-Béarn est devenue une station thermale reconnue et réputée. Elle le demeure de nos jours, mais elle n’est pas que cela ! C’est aussi une cité marquée par le temps et l’Histoire.

La preuve : ces belles demeures anciennes, l’église Saint Vincent du XIVème et son clocher fortifié. Puis, changement de décor au détour d’une rue, vous passez de la ville médiévale à la station thermale - époque Napoléon III - avec son kiosque à musique, ses jardins et son casino qui était autrefois le luxueux "Hotel du Parc"...


Mercredi nous avons fait une petite balade à SALIES DE BEARN et je ne me lasse pas de contempler ses ruelles et ses vieilles maisonsmedium_debut_aout_habas_013.jpgmedium_debut_aout_habas_012.jpgmedium_debut_aout_habas_015.jpgmedium_debut_aout_habas_020.jpgmedium_debut_aout_habas_021.jpgmedium_debut_aout_habas_023.jpgmedium_debut_aout_habas_029.jpgmedium_debut_aout_habas_025.jpg


Situé à mi-chemin entre Pau et Biarritz (aéroport), le Béarn des Gaves est le regroupement de 4 cantons, Orthez, Salies de Béarn, Sauveterre et Navarrenx.

L'EGLISE SAINT-VINCENT

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14/08/2006

LA COURSE DE TAUREAUX PAR GOYA

comme quoi on a jamais fini de s'instruire ... d'apprendre ...
EN EVOQUANT LA CORRIDA, LE TORO M'A MENE VERS GOYA ET J'AI ETE RAVIE DE REVISITER L'HISTOIRE ET LES TABLEAUX DE CE PEINTRE

pour lui, la corrida c'était ça ...

Cette série représente les diverses phases d'un divertissement dont Goya, en bon espagnol, apprécie. Ce n'est pas une simple illustration d'un spectacle ; elle reflète l'attirance qu'exercent la violence, le courage et la mort sur les espagnols. C'est pour Goya un symbole de ce peuple qu'il chérit.


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goya 1746-1828

C'est à la fin 1792 que Francisco José Goya est brusquement terrassé par la maladie: un vertige le saisit alors qu'il se trouve à Séville.Il ne peut plus bouger ni parler; un bruit lancinant envahit son cerveau. Transporté à Cadix chez un ami, il demeure inerte inconscient pendant plusieurs mois. Puis ses douleurs s'atténuent peu à peu, ses membres paralysés recommencent à bouger, sa vue redevient claire. Il peut à nouveau marcher ; il reprend une vie normale. Cependant, Goya vit désormais dans un autre monde, un monde de silence où aucun bruit ne lui parvient, ni aucun mot. Cette surdité enferme Goya dans une solitude spirituelle très pesante, mais qui favorise l'éclosion de son génie. Ce mur du silence qui le sépare des autres hommes le contraint à se recueillir; sa faculté d'observation s'affine lui permet de saisir les aspects les plus cachés de la réalité. Sa vision a changé,; son art prend peu à peu un caractère mordant et satirique accentué par la situation politique du monde; 1800 est le début d'un siècle où se prépare la ruine. La liberté promise par la France révolutionnaire prend la forme de l'invasion dont l'Europe et notamment l'Espagne feront les frais. Goya est le témoin de ces guerres et de ces invasions menées par Napoléon; Il assiste à la révolution populaire qui éclate en 1808 en Espagne contre le roi Charles IV alors qu'il a exécuté quelques années plus tôt le portrait de la famille du roi. Les dentelles, les étoffes somptueuses, le miroitement des décorations ne parviennent pas à faire oublier la " sincérité" presque brutale avec laquelle il présente les visages des membres de la famille royale. Ces personnages sont d'une vérité qui confine à l'insolence.



il peint ce qu'il voit sans aucune flatterie. Il l'exprime avec force dans une série d'eaux-fortes et de dessins : les Caprices, les désastres de la guerre et les courses de taureaux.

Goya a exercé son influence sur les peintres de toutes les générations qui se sont succédé depuis sa mort. Apprécié en Espagne il a joui d'un succès encore plus grand en France où les écrivains, aussi bien que les peintres des tendances les plus opposées, ont proclamé leurs affinités avec lui.

TORO !




Oui je sais vous n'aimez pas la corrida parce que vous ne voulez pas voir le taureau mis à mort... certains répondront : et les boeufs qu'on traîne à l'abattoir ? et les cochons qu'on égorge ? et les lapins qu'on saigne ?...

Moi non plus je n'aime pas la mise à mort, le sang qui coule et la pauvre bête qui s'écroule. Mais comme je suis curieuse, je m'intéresse à la chose, à ceux qui pratiquent cette discipline et à ceux qui sont passionnés par ce genre de spectacle.


podcast



Il semblerait qu'on soit toro depuis toujours et qu' il s'agit avant tout de mettre en avant le courage de l'homme et la bravoure de la bête.
Courser le taureau, jouer avec sa puissance, le tromper pour mieux le mettre en valeur, c'est une tradition qui ne date pas d'hier, car elle remonte au XIIème siècle.


La tauromachie (du grec makheia, « combat ») est la manière d’affronter un taureau, à pieds ou à cheval, en l'obligeant à se défendre, combat à l’issue duquel il est mis à mort, soit lors de jeux sportifs, soit lors de jeux burlesques.

Elle existe sous diverses formes :

La corrida, combat à l’issue duquel le taureau est mis à mort, pratiquée essentiellement en Espagne, dans le midi de la France, dans divers états d’Amérique latine et dans quelques communes du Portugal ;
La course portugaise ou corrida portugaise (en portugais, tourada), combat à cheval à l’issue duquel la mise à mort du taureau ne se fait pas en public, pratiquée essentiellement au Portugal et également dans le Midi de la France ;
La course camarguaise, sport pratiqué en France, dans les départements des Bouches-du-Rhône, du Gard et de l'Hérault et dans quelques communes du département de Vaucluse ;
La course landaise, sport pratiqué en France dans les départements des Landes et du Gers ;
La course de recortadores, sport pratiqué dans le nord de l’Espagne (Navarre, Aragon, Castille-León, Pays basque, communauté autonome de Valence et communauté autonome de Murcie) ;
Le toreo comique, parodie de corrida pratiquée partout où se pratique cette dernière ;


Ainsi que de très nombreuses formes de lâchers de taureaux dans les rues ou sur les places publiques, de jeux taurins parodiques ou burlesques, comptant d'innombrables variantes locales, pratiqués partout où se pratiquent les autres formes de tauromachie.


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Et c'est en 1701 que fut organisée par des toreros à pied la première corrida spectacle à BAYONNE, considérée comme la première ville taurine française et peut-être de l'histoire. BAYONNE fut le théâtre de la première couse à l'espagnole, sans picadors. Il s'agissait de célébrer le passage de Philippe d'Anjou, petit-fils de Louis XIV, qui allait monter sur le trône d'Espagne sous le nom de Felipe V. Mais ce dernier étant "taurophobe", la cour va peu à peu se détourner du combat de taureaux à cheval et une tauromachie à pied se développa de plus en plus.

Des toreros navarrais à pied, "les matatoros" selon le vocable de l'époque se produisaient dès le Moyen-Age et sans doute bien avant. Il s'agit bien de professionnels itinérants se produisant dans toutes les courses à mort (corridas de muerte) que l'on organise à tout propos - fêtes religieuses, fêtes locales, canonisations..

C'est à BAYONNE que se produisit la première femme torero à cheval dès 1894.
Aujourd'hui les corridas mettent toujours la ville en ébullition.

la feinte et l'écart

Si les jeux taurins sont nés et on prospéré dans cette région alors qu'ils sont absents des contrées septentrionales, c'est sans doute parce que l'on trouvait dans la région des races d'animaux assez agressifs. Y vivaient des bovins peu ou pas domestiqués, se prêtant au jeu dangereux de la feinte et de l'écart.
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S'agissant de l'historique et fondatrice course bayonnaise d'août 1853, des toros andalous y furent piqués et mis à mort.



Je n'insiste pas, je vous vois déjà pâlir gentes dames... C'était juste histoire de s'informer car les gens du SUD-OUEST sont friands de corridas, vous le savez bien.

la corrida par CABREL
Depuis le temps que je patiente
Dans cette chambre noire
J'entends qu'on s'amuse et qu'on chante
Au bout du couloir ;
Quelqu'un a touché le verrou
Et j'ai plongé vers le grand jour
J'ai vu les fanfares, les barrières
Et les gens autour

Dans les premiers moments j'ai cru
Qu'il fallait seulement se défendre
Mais cette place est sans issue
Je commence à comprendre
Ils ont refermé derrière moi
Ils ont eu peur que je recule
Je vais bien finir par l'avoir
Cette danseuse ridicule...

Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Andalousie je me souviens
Les prairies bordées de cactus
Je ne vais pas trembler devant
Ce pantin, ce minus !
Je vais l'attraper, lui et son chapeau
Les faire tourner comme un soleil

Ce soir la femme du torero
Dormira sur ses deux oreilles
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
J'en ai poursuivi des fantômes
Presque touché leurs ballerines
Ils ont frappé fort dans mon cou
Pour que je m'incline

Ils sortent d'où ces acrobates
Avec leurs costumes de papier ?
J'ai jamais appris à me battre
Contre des poupées
Sentir le sable sous ma tête
C'est fou comme ça peut faire du bien
J'ai prié pour que s'arrête
Andalousie je me souviens

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Je les entends rire comme je râle
Je les vois danser comme je succombe
Je pensais pas qu'on puisse autant
S'amuser autour d'une tombe
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Est-ce que ce monde est sérieux ?
Si, si hombre, hombre
Baila, baila

Hay que bailar de nuevo
Y mataremos otros
Otras vidas, otros toros
Y mataremos otros
Venga, venga a bailar...
Y mataremos otros

12/08/2006

LA COURSE LANDAISE

L'art de vivre landais est incontestablement lié à la fête. Il n'est pas une ville ou village du département qui ne possède pas ses propres festivités... sauts, écarts, autant de mouvements magiques pour le plus grand bonheur des coursayres.



Dans le village de Pomarez, à quelques kilomètres de chez miche, l'évènement le plus important dans la vie du village est le 15 août. C'est alors la grande fête qui célèbre la course landaise. Les passionnés viennent ici de toutes les Landes et de bien plus loin pour assister aux courses spectaculaires qui réunissent les meilleurs écarteurs. C'est l'occasion pour les aficionados de se retrouver et de fêter leur passion.


A noter qu'il n'y a pas de mise à mort du taureau lors des courses landaises. Tout est histoire d'adresse et de talent pour réussir les figures d'esquive et de sauts.
Fleuron de la culture gasconne, véritable institution dans la région du Sud-Ouest, la Course Landaise est un art ancestral saluant le courage des hommes et la bravoure du bétail.


IL FAUT AVANT TOUT SE FAMILIARISER AVEC LE VOCABULAIRE
Pitrangle: gradin réservé aux jurés
Talenquère: refuge pour les acteurs
Tumade: coup reçu par les acteurs
Cuadrilla: équipe (écarteurs, sauteurs, entraîneur, cordier)
Ganaderia: élevage de bétail sauvage
Ganadero: éleveur
Paseo: défilé d'ouverture et de fermeture du spectacle au son de la marche cazérienne
Second: il essaie de détourner l'attention de la vache, une fois l'écart effectué afin de protéger l'écarteur
Cordier: homme d'expérience qui doit diriger la tête de la coursière

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Entraîneur: il place la bête au départ, près du refuge et la lâche sur l'écarteur ou le sauteur


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Contrairement à la Corrida, la course landaise se pratique avec des vaches, elle n'utilise pas de chevaux, il n'y a pas de mise à mort. Les bonnes vaches courent une dizaine d'années.

Comme la Corrida, la course landaise se pratique dans une arène. Les écarteurs portent des habits de lumière: boléros brodés sur pantalons blancs.

La figure principale de la course landaise est l'écart.

L'écarteur doit avoir le courage d'attendre la charge de la bête. Au dernier moment, il esquive les cornes de la vache en tournant sur place et en creusant les reins.


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La deuxième figure est le saut.

Le sauteur est un gymnaste qui franchit la bête en faisant des figures au-dessus de son échine: saut de l'ange, saut périlleux, saut à pieds joints pris dans un béret, etc.

Les Landais qu'ils soient grands ou petits ont la passion de la course taurine. Durant la saison (de mars à octobre), plus de 450 courses sont organisées dans les arènes des villes et villages d'un vaste territoire limité, par l'océan Atlantique, le Gers, les contreforts des Pyrénées Béarnaises, et le sud des Landes ou bat le coeur de ce sport typiquement gascon. Une tradition spectaculaire aux racines archaïques qui déborde largement le cadre folklorique. Elle est certainement liée à la présence, autrefois, de bétail sauvage dans la région. Dès le 15ème siècle, les gascons pratiquaient ce "sport" surtout lors des fêtes religieuses. De nos jours, aucun village landais ne fêterait son saint patron sans course landaise

Dans les Landes, il y a deux écoles pour initier les futurs rois de l'arène aux règles de l'art. On leur enseigne les techniques difficiles de l'écart, la feinte ou le saut. Les acteurs de la course landaise ne sont pas des professionnels. Ils pratiquent la course par passion, avec courage, panache, élégance et une "vista" sans pareille. Ils prennent très souvent des tumades, mais repartent le dimanche suivant se planter fièrement devant les vaches.

En France, la course landaise est organisée en fédération sportive, regroupant des clubs qui organisent des compétitions (les écarts et sauts sont notés par jurés), un championnat de France,...

La vache landaise est sauvage, fougueuse, elle vit en liberté. Elle aussi sera jugée sur sa valeur et son comportement dans l'arène, la bête comme l'homme sont garants de la beauté du spectacle.


En Gascogne, on compte un quinzaine de ganaderias. Les ganaderos font naître du bétail mais en achètent aussi en Camargue ou en Espagne. Les vaches les plus appréciées sont les belles bêtes, puissantes, rapides, vaillantes, toujours prêtes à charger franchement. On les appelle des "marraines". Une coursière débute sa carrière entre trois et quatre ans, carrière qu'elle peut poursuivre une dizaine d'années. Contrairement au mâle, le taureau de corrida, elle mourra de sa belle mort, sans coup férir. Elle peut vivre plus de 20 ans et pèse entre 300 et 400 kgs.

Les vaches nouvelles sont d'abord écartées sans corde. Puis la corde devient nécessaire pour faciliter le placement en piste des bêtes confirmées afin de contrer leur intelligence de la course et leur caractère sauvage. La corde enserre les cornes de l'animal de façon à ce que le cordier puisse en cas de danger dévier le coup. La corde sert à replacer rapidement la vache en position de départ pour un nouvel écart ou un nouveau saut, elle empêche ainsi les vieilles vaches qui "connaissent la musique" d'embrocher systématiquement l'écarteur.

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Les futurs écarteurs se doivent d'observer les bêtes qu'ils affronteront dans l'arène, se familiariser avec leurs silhouettes racées, les voir évoluer en liberté avant de frôler leurs cornes. L'initiation passe nécessairement par cette approche physique de leur futur partenaire ou adversaire, c'est selon! Ils ont toujours dans la tête, l'image de l'animal fonçant droit sur eux, tout en muscles et en énergie.

Le matin de la course, les vaches sont amenées aux arènes et enfermées dans leurs loges (comme des artistes). C'est là qu'elles attendent le début des festivités. Pendant ce temps, aux terrasses des cafés, les afficionados se préparent à un après-midi de fête. L'apéritif devient un impératif. Comme la tradition l'exige, les écarteurs, sauteurs, entraîneurs et cordiers prennent leur repas à la même table. Ils appartiennent tous à la même famille, qu'ils soient vedettes ou néophytes, jeunes ou vieux.

Le paseo ou défilé des écarteurs, au son de la marche Cazérienne, ouvre la cérémonie. La Fête peut commencer.