logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

21/12/2012

GUERRE D'ALGERIE : VERITE POUR Maurice AUDIN

img517.jpg

Dernier à avoir vu Maurice AUDIN, Henri ALLEG a été arrêté le 12 juin, presque par hasard, alors qu'il se rendait au domicile du jeune mathématicien. Là, le directeur d'Alger républicain, alors interdit, est tombé nez à nez sur des policiers et des paras.

"Excellente prise !" s'est écrié le lieutenant Charbonnier, avant d'ordonner à ses hommes de le conduire à El Biar, dans cet immeuble en construction qui servait de PC et de lieu de torture au 10ème régiment de parachutistes commandé par le général MASSU et où le sinistre commandant Aussaresses donna l'ordre de défenestrer l'avocat Ali Boumendjel.

 

Une fois sur les lieux, Charbonnier ordonne à son équipe de tortionnaires d'amener Audin afin qu'Henri Alleg le voie. "Dites-lui, évitez-lui les horreurs d'hier soir !"' lance Charbonnier.

"Il était défait, hagard. Il a eu juste le temps de murmurer : "C'est dur, Henri", avant qu'on le ramène. Je ne savais pas alors que je voyais Maurice pour la dernière fois", a raconté à l'Humanité, l'auteur de la Question.

*

*

"IL FAUT UNE CONDAMNATION DE CE QUI A ETE FAIT AU NOM DE LA FRANCE

EN ALGERIE"

Depuis plus d'un demi-siècle, la veuve de Maurice Audin se bat pour que la vérité soit dite

et que l'Etat reconnaisse les crimes de guerre perpétrés en Algérie

"Je ne demande pas qu'il (HOLLANDE) s'excuse ; il s'est produit en Algérie des choses qui ne sont pas excusables. Je demande une reconnaissance et une condamnation.

On peut condamner l'usage de la torture..."

img519.jpg 

Le combat que mène Josette Audin pour que soit établie la vérité sur l'exécution de son mari vise aussi à obtenir des autorités françaises une condamnation de tous les crimes d'Etat commis jusqu'en 1962.

Alors, puisqu'il y a une place Maurice Audin à Alger,  François Hollande aura donc la possibilité de prononcer les mots qui honoreront la France, comme il s'y est engagé le 28 mars 2012, quelques semaines avant d'être élu président de la République

... Dans une longue réponse écrite adressée le 26 mars à Georges Tronel, de l'Association Maurice Audin, le candidat Hollande saluait l'action de ceux qui continuent "d'agir pour que la vérité doit enfin reconnue officiellement par l'Etat".

Le candidat y évoquait l'enquête du Nouvel Observateur "révélant pour la première fois l'identité probable de l'assassin de Maurice Audin". Avant d'affirmer : "Je crois utile que la France présente des excuses au peuple algérien".

 

*

... Comment jugez-vous le récent hommage officiel rendu à Fréjus au général Bigeard, symbole de l'institutionnalisation de la torture durant la guerre d'Algérie ?

Cet hommage est scandaleux. Le ministre de la Défense aurait pu se dispenser d'aller jeter des fleurs à ce militaire, qui a peut-être fait de belles choses lorsqu'il s'agissait de libérer la France, mais qui a pratiqué la torture en Indochine puis en Algérie.

Le glorifier est scandaleux"....

img518.jpg

31/03/2012

Naissance de la Ve REPUBLIQUE

un petit rappel de l'Histoire

Avant de passer à la VIe République voulue par le FRONT DE GAUCHE

*

Qui s'en souvient ?

moi, oui

*

Agonie de la IVe République, Naissance de la Ve Republique.

img440.jpg

13 mai 1958

Quatre ans de guerre coloniale en Algérie auront fait chuter la IVe République. De Gaulle, en embuscade depuis 1947, profite de l'agitation déclenchée par les évènements du 13 mai 1958  pour revenir sur le devant de la scène et instaurer une république à sa main.

Après une guerre d'Indochine impopulaire et perdue, la Fance reste empêtrée dans le bourbier algérien. L'armée défaite en Asie craint un nouvel affront en Afrique du Nord. En métropole, la tension sociale est permanente. Le poids des communistes y est important tandis que la guerre froide entre les USA et l'URSS fait rage.

 

img443.jpg


Trois soldats français sont fusillés par l'Armée de libération nationale algérienne, après l'exécution par la guillotine de militants nationalistes.

Sur le balcon de l'immeuble du gouvernement général à ALGER, symbole de l'occupation coloniale, des militaires en tenue de combat ou de sortie, des civils jettent par la fenêtre mobilier et dossiers. On entend des discours affirmant le maintien de la présence française en ALGERIE.

Cette guerre qui n'ose pas dire son nom, coûte des victimes par milliers dans le peuple algérien, des soldats par centaines à la France et 1 325 milliars de francs chaque année. populaire pour avoir occupé la casbah, traquant les responsables du FLN, utilisant la torture.

Un général parle, c'est Massu. Il lit le texte d'un télégramme qu'il vient d'envoyer au Président de la République : "Vous rendons compte de la création d'un comité de salut public civil et militaire à Alger, présidé par le général Massu, en raison de la gravité de la situation et de la nécessité absolue de maintenir l'ordre et ce, pour éviter toute effusion de sang. Ce comité attend avec vigilance la création d'un gouvernement de salut pubilc, seul capable de conserver l'Algérie, partie intégrante de la métropole".

A PARIS, c'est encore une crise ministérielle, le président du Conseil, Félix GAILLARD, a démissionné et on tente de recoudre une majorité gouvernementale avec le débat d'investiture de Pierre PFLIMLIN.

***

A l'Assemblée, la discussion se poursuit comme s'il ne se passait rien à ALGER. Le député communiste Waldeck ROCHET intervient alors pour dénoncer la tentative de coup d'Etat, "création d'un gouvernement illégal et insurrectionnel contre la République et pour la sécession de l'ALGERIE. Un tel coup de force contre les institutions républicaines exige une réplique immédiate". Il appelle à "l'union de tous ceux qui entendent sauver les libertés et barrer la route aux factieux et à l'aventure". Pour la briser, les communistes s'abstiendront dans le vote d'investiture du président du MRP (parti de la démocratie chrétienne). A 3 h 25, le 14 mai, Pflimlin devient président du Conseil par 274 voix contre 129 et 137 blancs.

***

Rapporté par Michel PONIATOWSKI, alors directeur adjoint du cabinet de Pierre PFLIMLIN

"Me donnez-vous l'ordre de tirer ?" (Robert LACOSTE, ministre de l'Algérie)

- Non ! (Félix GAILLARD, tant démissionnaire de la présidence du Conseil, ne pouvait donner un tel ordre)

***

 

img442.jpg


Le bureau politique du PCF se réunit dans la nuit et lance un appel diffusé en tract aux travailleurs matinaux : "Donnez sans délai la riposte de masse qui s'impose pour briser dans l'oeuf les menées factieuses". Il souligne que "tel est le résultat de la politique de recul devant les exigences des colonialistes et de la pire réaction politique qui n'a cessé de se développer depuis la capitulation du 6 février 1956".

***

Les comploteurs se précipitent vers ALGER, notamment Léon DELBECQUE, représentant du ministre de la Défense, CHABAN-DELMAS. Le 15 mai, il est présent au comité de salut public, se place derrière SALAN qui  s'apprête à haranguer la foule et lui souffle à la fin de son discours marqué par un cri "Vive l'Algérie française" un "Vive de Gaulle" que SALAN reprend immédiatement.

Le général de Gaulle, depuis COLOMBEY publie un communiqué s'achevant ainsi : "Aujourd'hui devant les épreuves qui montent de nouveau vers le pays, qu'il sache que je me tiens prêt à assumer les pouvoirs de la République".

 

***

La réaction au coup de force est immédiate : dès le 14 mai on note 235 arrêts de travail dans la région parisienne. Des comités de vigilance républicaine se constituent... Entre ALGER et PARIS, le téléphone marche fort. Les comploteurs ont en réserve le plan "Résurrection" qui prévoit l'envoi de paras sur la capitale grâce à des avions fournis généreusement par l'état-major de l'air, la prise des bâtiments publics en Aquitaine sous les ordres du général MIQUEL, dans le Lyonnais avec le général DESCOURS, les chars du colonel GRIBIUS à Rambouillet devant assurer la garde des aéroports parisiens pour l'arrivée de troupes aéroportées d'ALGERIE. Les politiques restent réservés sur l'application de ce plan, ils craignent la réaction des travailleurs, ils redoutent une grève générale bloquant le pays tout entier et tiennent compte de la volonté exprimée clairement par de Gaulle de ne vouloir le pouvoir que dans la légalité.

Le 16 mai, sous la directon du colonel TRINQUIER, les SAU (Sections administratives urbaines) chargées de l'encadrement se mettent en branle.

Des arabes sont emmenées au forum pour des manifestations de fraternisation qui dureront quelques jours. Une lettre publiée dans "le Monde" du 1er juillet donne une appréciation réaliste : "La population musulmane nous échappe et elle continue à souhaiter nettement l'indépendance... "La fraternisation, l'intégration semblent être de grands mots sans grande portée pratique"

Dans la nuit du samedi 17 au dimanche 18 mai, PFLIMLIN a un entretien avec Jules MOCH, ministre socialiste de l'Intérieur qui, le matin même, au Conseil des Ministres, avait envisagé de prendre contact avec les syndicats et le parti communiste. Il s'y oppose résolument....

Le lundi 19 mai, c'est la grève ! A 15 heures le métro parisien s'arrête, les bus rentrent au dépôt, la capitale répond à la conférence de presse du général de Gaulle dans un grand hôtel parisien.

img444.jpg

C'est à cette occasion qu'il déclare : "Attenter aux libertés publiques ? Je les ai rétablies ! Pourquoi voulez-vous qu'à 67 ans je commence une carrière de dictateur ?". "L'Humanité" dans une édition spéciale, vendue à la criée, titre : "De Gaulle revendique la dictature personnelle" et signale d'importants mouvements de grève dans le bâtiment, la métallurgie, à l'appel de l'union des syndicats CGT de la région parisienne.

Le 23 mai, des jeunes gaullistes manifestent en voiture sur les Champs-Elysées en klaxonnant : "Al-gé-rie-française". La police de Jules MOCH laisse faire.

Le 24 mai, samedi de la Pentecôte, c'est la prise du pouvoir à AJACCIO par un cousin du général de Gaulle, Henri MAILLOTY. A BASTIA, l'adjoint au maire, Sébastien de CASALTA, s'enferme dans l'hôtel de ville. Préfet et sous-préfets se rendent sans résistance, le colonel THOMAZO est nommé gouverneur de l'île.

img445.jpg

La menace se précise d'une intervention armée sur la FRANCE. A la Jeunesse Communiste (et certainement aussi au Parti) on prend des mesures pour ne pas se laisser surprendre : un logement clandestin, un endroit sûr pour y stocker machines à écrire, ronéo, stencils et rames de papier. On convient de rendez-vous dans le métro, de leiux de repêchage. Tout cela dans le calme, sans panique, mais avec la certitude de ne pas se laisser surprendre comme en 1939-1940.

Lundi 26 mai, des comités antifascistes se créent à l'appel du Parti Communiste : "L'heure n'est plus à tergiverser et à composer avec les ennemis de la Républiqe... l'heure est à l'action antifasciste". ... Le gouvernement fait saisir l'édition spéciale de "l'Humanité" dénonçant le coup de force d'AJACCIO. Les allers et retours à COLOMBEY se multiplient. Le Parti Socialiste appelle à manifester tandis que Guy MOLLET organise un rendez-vous clandestin avec de Gaulle.

Le mardi 27 mai, un proche du général de Gaulle, Olivier GUICHARD, fait parvenir à PFLIMLIN le texte d'une déclaration que le général de Gaulle devrait rendre publique dans la journée. Elle commence clairement : "J'ai entamé hier le processus régulier nécessaire à l'établissement d'un gouvernement républicain capable d'assurer l'unité et l'indépendance du pays. Je compte que ce processus va se poursuivre et que le pays fera voir, par son calme et sa dignité, qu'il souhaite le voir aboutir. Dans ces conditions, toute action, de quelque côté qu'elle vienne, qui met en cause l'ordre public, risque d'avoir de grandes conséquences. Tout en faisant la part des circonstances je ne saurais l'approuver". Et ayant ainsi clairement informé les comploteurs d'ALGER qu'il déconseillait toute action sur la métropole, il adressait aux chefs de l 'armée en ALGERIE sa confiance et leur indiquait qu'il prendrait "incessamment contact avec eux", ce qu'il faisait immédiatement en câblant à SALAN un message lui demandant de l'informer de la situation.

Ce même jour, une grève à l'appel de la CGT reçoit le soutien du Parti Socialiste. Une manifestation est annoncée pour le 28 à 17 Heures, à PARIS, de la Nation à la République. Elle rassemblera des dizaines de milliers de participants. Mais, pendant que les dirigeants socialistes manifestent, Guy MOLLET (secrétaire général du P.S. "SFIO" de 46 à 69 - Président du Conseil 56-57 ) est reçu secrètement par de GAULLE à COLOMBEY. Il sera ministre d'Etat dans le gouvernement ainsi que PFLIMLIN, JACQUINOT et HOUPHOUET-BOIGNY.

 

img441.jpg

 

Le 1er juin, de GAULLE, en costume civil, se présente devant l'Assemblée qui vote l'investiture par 329 voix contre 224.

Le groupe communiste a voté contre ainsi que 49 députés socialistes (42 votant pour) et 18 radicaux. Tandis que les députés siègent pour la dernière fois, l'Assemblée étant mise en vacance, des manifestations dans la capitale sont brutalement réprimées par une police majoritairement acquise à la prise de pouvoir du général. Les premières mesures tendant à la mise en place du pouvoir personnel sont prises avec l'assentiment des assemblées : les pouvoirs spéciaux en Algérie sont reconduits, le gouvernement reçoit l'autorisation de gouverner par ordonnances pendant six mois et de mettre en route la révision de la Constitution.


La IVe République s'éteint comme on souffle une bougie

Elle succombe aux promesses non tenues, aux guerres coloniales, à l'étalage d'une démocratie étriquée qui ne tient pas compte de l'opinion publique.

C'est François MAURIAC qui, dans son bloc-notes de "L'Express", écrit à la date du 20 novembre 1958 que la venue de De Gaulle s'explique parce qu'"à gauche il ne subsistait que des fantômes de partis divisés contre eux-mêmes et qui ne s'accordaient que dans l'obstination à demeurer coupés des masses communistes".

Claude LECOMTE

 

 

 

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique