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12/06/2007

ON PHILOSOPHE UN PEU ?

medium_RUBENS_Les_quatre_philosophes.jpgAllez ! juste avant d'aller au lit. Est-ce bien raisonnable ? Vais-je m'endormir comme un bébé ? Je me le demande... A trop réfléchir... Je devrais peut-être changer de registre. Tant pis, je me lance.

 Je pense, donc je suis... Extrait du Discours de la méthode de DESCARTES

Il faut cultiver notre jardin, la conclusion de Candide, le conte philosophique de VOLTAIRE.

Ces deux formules vous les connaissez certainement, la première comme modèle de raisonnement, la seconde comme démonstration de sagesse.

1. les philosophes juges de la philosophie 

Parmi les premiers, Michel de MONTAIGNE (1533-1592) s'en fait une loi, qu'il applique dans les Essais : Philosopher, c'est douter.

Cette conception va ensuite s'imposer. Blaise PASCAL (1623-1662), pour qui Se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher, se défie des évidences dans ses Pensées : Il n'est pas certain que tout soit certain.

On retrouve un écho de ce principe à chaque génération, par exemple chez Auguste COMTE (1798-1857) : Tout est relatif et cela seul est absolu ; chez ALAIN (1868-1951) : Le doute est le sel de l'esprit : sans la pointe du doute, toutes les connaissances sont bientôt pourries ; chez Vladimir JANKELEVITCH (1903-1985) : Philosopher, c'est se comporter vis-à-vis de l'univers comme si rien n'allait de soi.

medium_LE_DINER_DES_PHILOSOPHES.jpgDès le XVIIIe siècle, ce scepticisme fondamental en a mené plus d'un à la remise en question des croyances religieuses :

Le premier pas vers la philosophie, c'est l'incrédulité écrit Denis DIDEROT (1713-1784). VOLTAIRE (1694-1778) en fera l'un des thèmes de son oeuvre.

Ainsi, deux vers de sa tragédie d'Oedipe seront cités par d'innombrables anticléricaux : Nos prêtres ne sont point ce qu'un vain peuple pense ; /Notre crédulité fait toute leur science.medium_lecercledesphilosophes16vl.jpg

En général, le philosophe entend rester une conscience sans cesse en éveil. Dans ses Pensées philosophiques, DIDEROT le dit bien : On doit exiger que je cherche la vérité, mais non que je la trouve ;

Ernest BERSOT (1816-1880) le formule autrement : On n'est pas philosophe parce qu'on trouve, mais parce qu'on cherche.

ALAIN le dit plus radicalement : Penser c'est dire non.

medium_Giorgione_Les_trois_Philosophes.jpgAlbert CAMUS (1913-1960) poursuit le raisonnement : L'homme est la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La suite au prochain numéro.. DODO

16/04/2007

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE

A l'approche de cette élection qui a fait couleur beaucoup d'encre.. je me suis replongée dans ma collection "L'HUMANITE EN MARCHE" pour retrouver quelques propos de Jean ROSTAND qui me laissent à penser que ...

Liberté, Egalité, Fraternité ... Ce sont bien là les trois mots qui commandent le destin historique de l'homme, les trois maîtres-mots qui forment l'armature de sa conscience politique et la guident infailliblement dans sa longue et difficultueuse marche.
Ils n'ont pas fini de servir ... Selon le moment, selon le lieu ou la circonstance, c'est l'un ou l'autre d'entre eux qui sera choisi comme symbole préférentiel. Car bien sûr, il y aura des heures, dans l'histoire de l'Homme-et déjà nous en connaissons- où les exigences de l'égalité ne coïncideront pas avec celles de la liberté, où les nécessités de la lutte sociale donneront, temporairement, un air quelque peu dérisoire au mot de fraternité.


Imprévisible est la façon dont va se poursuivre la marche de l'Homme. La volonté du progrès, l'impatience légitime des moins favorisés, inspireront des tentatives prématurées qui s'achèveront en échecs, durement payés. Pour se défendre contre la poussée irrésistible du grand nombre, les privilégiés useront de tous les moyens d'intimidation et de répression. Pour empêcher l'avenir de se faire, ils agiteront l'épouvantail de la ruine générale, du désordre et du chaos. Soutenus par le grand "parti de la peur", ils s'appuieront sur toutes les forces du passé et rallieront tous les bénéficiaires du présent.

Et aussi, hélas, pour contrarier, pour retarder le progrès il y aura des divergences, les dissensions entre ceux-là qui portent au coeur le même rêve ...
Car s'il n'est guère qu'une façon de concevoir la société idéale -où se conjoindraient Liberté, Egalité, Fraternité-,
quelle dissemblance dans le choix des moyens propres à hâter sa venue !
Que d'antagonismes dans les doctrines, dans les méthodes, dans les tempéraments, dans les consciences, dans les sensibilités de tous ces hommes qui, dans le fond, sont pourtant frères par leur espoir d'un meilleur avenir !

 

 

14/04/2007

LA FONTAINE ... LE LOUP ET LE CHIEN

«Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui sont les nôtres, Et ne croyons le mal que quand il est venu.»
L'hirondelle et les petits oiseaux

«Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.»
Le loup et l'agneau

«Laissez-leur prendre un pied chez vous, Ils en auront bientôt pris quatre.»
La lice et sa compagne

«L’adversaire d’une vraie liberté est un désir excessif de sécurité.»
Extrait de la fable Le loup et le chien

medium_LE_LOUP_ET_LE_CHIEN.jpgLe Loup et le Chien

Un Loup n'avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s'était fourvoyé par mégarde.
L'attaquer, le mettre en quartiers,
Sire Loup l'eût fait volontiers ;
Mais il fallait livrer bataille,
Et le Mâtin était de taille
A se défendre hardiment.
Le Loup donc l'aborde humblement,
Entre en propos, et lui fait compliment
Sur son embonpoint, qu'il admire.
"Il ne tiendra qu'à vous beau sire,
D'être aussi gras que moi, lui repartit le Chien.
Quittez les bois, vous ferez bien :
Vos pareils y sont misérables,
Cancres, haires, et pauvres diables,
Dont la condition est de mourir de faim.
Car quoi ? rien d'assuré : point de franche lippée :
Tout à la pointe de l'épée.
Suivez-moi : vous aurez un bien meilleur destin. "
Le Loup reprit : "Que me faudra-t-il faire ?
- Presque rien, dit le Chien, donner la chasse aux gens
Portants bâtons, et mendiants ;
Flatter ceux du logis, à son Maître complaire :
Moyennant quoi votre salaire
Sera force reliefs de toutes les façons :
Os de poulets, os de pigeons,
Sans parler de mainte caresse. "
Le Loup déjà se forge une félicité
Qui le fait pleurer de tendresse.
Chemin faisant, il vit le col du Chien pelé.
"Qu'est-ce là ? lui dit-il. - Rien. - Quoi ? rien ? - Peu de chose.
- Mais encor ? - Le collier dont je suis attaché
De ce que vous voyez est peut-être la cause.
- Attaché ? dit le Loup : vous ne courez donc pas
Où vous voulez ? - Pas toujours ; mais qu'importe ?
- Il importe si bien, que de tous vos repas
Je ne veux en aucune sorte,
Et ne voudrais pas même à ce prix un trésor. "
Cela dit, maître Loup s'enfuit, et court encor.


«Les gens sans bruit sont dangereux Il n'en est pas ainsi des autres.»
Fables

«Jamais un lourdaud, quoi qu'il fasse, Ne saurait passer pour galant.»
Extrait de la fable L'âne et le petit chien

«Les délicats sont malheureux Rien ne saurait les satisfaire.»
Extrait de la fable Contre ceux qui ont le goût difficile

«La méfiance est mère de la sûreté.»
Extrait de la fable Le chat et un vieux rat

«L’amour à ce qu’on dit empêche de dormir : S’il a quelque plaisir il ne l’a pas sans peine.»
Climène

«Toute puissance est faible, à moins que d'être unie.»
Extrait des Fables

«Les petits, en toute affaire, Esquivent fort aisément : Les grands ne le peuvent faire.»
Extrait de la fable Le combat des rats et des belettes

«La ruse la mieux ourdie Peut nuire à son inventeur ; Et souvent la perfidie Retourne sur son auteur.»
Extrait de la fable La grenouille et le rat

«Concluons que la Providence Sait ce qu'il nous faut mieux que nous.»
Extrait de la fable Jupiter et le métayer

«Selon que vous serez puissant ou misérable Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.»
Extrait de la fable Les animaux malades de la peste

«Laissez dire les sots, le savoir a son prix.»
Extrait de la fable Les femmes et le secret

«Quand le moment viendra d'aller trouver les morts, J'aurai vécu sans soin, et mourrai sans remords.»
Extrait de la fable Le songe d'un habitant du Mogol 

Extrait de la fable La grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf

Une Grenouille vit un Boeuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle, et se travaille,
Pour égaler l'animal en grosseur,
Disant : "Regardez bien, ma soeur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n'y suis-je point encore ?
- Nenni. - M'y voici donc ? - Point du tout. - M'y voilà ?
- Vous n'en approchez point.". La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.


«Entre nos ennemis Les plus à craindre sont souvent les plus petits.»
Extrait des Fables

13/04/2007

UN AUTRE 13 AVRIL ... LA FONTAINE

Né le 08 septembre 1621
Décédé le 13 avril 1695

medium_La_Fontaine_par_Rigaud.jpg

LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom),
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
À chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie,
Ni loups ni renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie ;
Les tourterelles se fuyaient :
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le lion tint conseil, et dit: « Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L’état de notre conscience
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons,
J’ai dévoré force moutons.
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense ;
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut : mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi :
Car on doit souhaiter, selon toute justice,
Que le plus coupable périsse.
─ Sire, dit le renard, vous êtes trop bon roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse.
Eh bien ! manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un péché ? Non, non : vous leur fîtes, Seigneur,
En les croquant, beaucoup d’honneur ;
Et quant au berger, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire. »
Ainsi dit le renard ; et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du tigre, ni de l’ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses :
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’âne vint à son tour, et dit : « J’ai souvenance
Qu’en un pré de moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. »
À ces mots on cria haro sur le baudet.
Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.

12/04/2007

IL Y A TRENTE ANS DISPARAISSAIT ...

Hélène la douce, en pensant à toi...

à l'âge de 77 ans, le plus populaire des poètes français, Jacques PREVERT. medium_Prevert2.gif

les feuilles mortes. Paroles J. PREVERT - Compositeur : KOSMA
podcast


Un critique d'art a écrit : "On entre chez Prévert sans forcer les serrures, toutes les portes sont ouvertes. On s'installe à la bonne franquette, il n'y a plus qu'à casser la croûte".
Trop limpide, trop lisible, trop accessible, comme son copain le photographe Robert DOISNEAU, Jacques PREVERT en a défrisé quelques-uns, qui faisaient partie de cette intelligentsia qui s'obstinait à ne voir en lui qu'un faiseur de rimes ou un rebelle de bistrots, un poète pour marmots de maternelles.

"J'écris en mauvais français pour les mauvais français" se plaisait-il à dire.. ce qui était faux évidemment, mais il écrivait comme parlent les gens et c'est ce qui le rendait merveilleux. Il était capable d'émouvoir avec un vocabulaire sans esbroufe et d'en faire des classiques originaux.

Touchant, malicieux, clair comme le jour et libre en toute circonstance... C'était PREVERT.

Chansons, poèmes en prose ou en vers libres... Nombre d'entre eux, en particulier dans Paroles, datent des années où Prévert côtoya les surréalistes, des années d'avant la Seconde Guerre mondiale, au cours desquelles il créa le Groupe Octobre, champion de la bouffonnerie décapante : l'Affaire est dans le sac, Ciboulette, la Vie de famille, Il ne faut pas rire avec ces gens-là, autant de kermesses libertaires et d'impromptus à l'humour corrosif destinés à scandaliser.

« Embauché malgré moi dans l'usine à idées / J'ai refusé de pointer / Mobilisé de même dans l'armée des idées / J'ai déserté », écrira-t-il dans Choses et autres, son dernier recueil publié (1972).
...
Que faut-il privilégier en Jacques Prévert, mort il y a tout juste vingt ans (1900-1977) ? Le poète ou le dialoguiste de films, l'auteur de chansons ou le compagnon des surréalistes, l'ami de Picasso ou le promeneur solitaire du vieux Paris, le provocateur ou le signataire de contes pour enfants ? Sans doute, ne faut-il rien retirer de la trame d'une oeuvre et d'une existence intimement liées l'une à l'autre.

extraits
Chanson dans le sang
Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
où s'en va-t-il tout ce sang répandu
Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
drôle de saoulographie alors
si sage... si monotone...
Non la terre ne se saoule pas
la terre ne tourne pas de travers
elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
la pluie... la neige...
le grêle... le beau temps...
jamais elle n'est ivre
c'est à peine si elle se permet de temps en temps
un malheureux petit volcan
Elle tourne la terre
elle tourne avec ses arbres... ses jardins... ses maisons...
elle tourne avec ses grandes flaques de sang
et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent...
Elle elle s'en fout
la terre
elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
elle s'en fout
elle tourne
elle n'arrête pas de tourner
et le sang n'arrête pas de couler...
Où s'en va-t-il tout ce sang répandu
le sang des meurtres... le sang des guerres...
le sang de la misère...
et le sang des hommes torturés dans les prisons...
le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman...
et le sang des hommes qui saignent de la tête
dans les cabanons...
et le sang du couvreur
quand le couvreur glisse et tombe du toit ...


BARBARA ...
Et ne m'en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j'aime
Même si je ne les ai vus qu'une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s'aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N'oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l'arsenal
Sur le bateau d'Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre ....


Chanson pour les enfants l’hiver

Dans la nuit de l’hiver galope un grand homme blanc.
C’est un bonhomme de neige avec une pipe en bois,
un grand bonhomme de neige poursuivi par le froid.

Il arrive au village.
Voyant de la lumière,
le voilà rassuré.
Dans une petite maison, il entre sans frapper
et pour se réchauffer
s’assoit sur le poêle rouge
et d’un coup disparaît,
ne laissant que sa pipe au milieu d’une flaque d’eau,
ne laissant que sa pipe et puis son vieux chapeau...

 
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