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25/02/2014

HAITI : lutte contre l'impunité avec Gérald BLONCOURT mon ami

 

Enfin !

L'ex-dictateur haïtien Duvalier sera jugé pour crimes contre l’humanité

La cour d’appel de Port-au-Prince a décidé jeudi 20 février que Jean-Claude Duvalier, accusé notamment d’assassinats, de tortures et de disparitions, pourra être jugé pour « crimes contre l’humanité ».

 

Après Obama, Martelly va rencontrer Hollande et le pape François

 

Un mois de février surchargé pour le leader ‘’Tèt kale’’. Jamais un président haïtien n’a eu autant de rencontres à l’étranger en moins de 30 jours. Après les plus hautes autorités américaines, notamment Barack Obama, Michel Martelly s’est envolé mercredi pour l’Europe où il aura à rencontrer, entre autres, le président français et le pape François.

Sarkozy-Martelly-Hollande

 

ÉCOUTEZ ET REGARDEZ :

 

RADIO-TÉLÉVISION CARAÏBE

 

Gérald Bloncourt dit tout :

 

http://youtu.be/a7F4S9tHcbo

 

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COMMUNIQUÉ DU COMITE POUR JUGER DUVALIER (France)

 

 

 

LETTRE OUVERTE À MONSIEUR FRANÇOIS HOLLANDE

PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

 

Une information nous parvient : Le président haïtien Martelly doit rencontrer prochainement le Président de la France M. François Hollande. Nous dénonçons dès à présent auprès de M. le Président Hollande l’attitude négative du président haïtien envers les actions concernant la vitale question de mettre fin à l’impunité, impunité héritée en ligne directe des 29 ans de la dictature des Duvalier père et fils. C’est au gouvernement qu’il revenait de procéder à la mise en accusation de Jean-Claude Duvalier au moment de son retour-surprise le 16 janvier 2011. Rien n’a été fait, ce sont les victimes qui ont porté plainte et il est évident qu’il n’y a aucune volonté du gouvernement en place pour que justice se fasse. Au contraire, de plus en plus nous assistons à la ‘duvaliérisation’ du système.

 

Le président Martelly a accueilli non seulement ce bourreau du peuple haïtien dans des réceptions amicales mais il l’a invité à des cérémonies officielles y compris récemment, le 1er janvier à Gonaïves, lors de la célébration du jour de l’Indépendance. Les organisations des droits humains ont protesté contre cette insulte à la nation également dénoncée par tous les démocrates et patriotes haïtiens.

 

Nous nous permettons de rappeler à M. le Président Hollande que c’est sous la Présidence de M. Mitterrand que cet assassin a trouvé refuge en France.

C’est le ministre de l’Intérieur, M Chevènement, socialiste à l’époque, qui a déclaré en Avril 1999 que le tyran avait disparu et que les services de police avaient perdu sa trace ! Alors qu’il payait des impôts et avait le permis de conduire ! Cette attitude burlesque a donné lieu à des articles dans la presse dont LE MONDE.

Jamais Jean-Claude Duvalier n’a été inquiété. Bénéficiant de protections efficaces et de l’attentisme des pouvoirs qui se sont succédé.

Enfin les preuves fournies par des organisations internationales (dont Amnesty International) par d’innombrables témoignages de victimes, par un grands nombre d’enquêtes prouvent que des dizaines de milliers de gens ont été torturés et ont perdu la vie dans des cachots tel Fort-Dimanche, sous les dictatures des Duvalier. Jean-Claude Duvalier est encore poursuivi pour les millions de dollars escroqués à l’Etat Haïtien.

Il est donc pour nous inconcevable que le Président Hollande reçoive M. Martelly que nous dénonçons comme un des soutiens essentiels de Jean-Claude Duvalier.

Tous les arguments mettant en avant des obligations diplomatiques ne seraient à nos yeux que la poursuite du laxisme qui a entouré les bourreaux de notre pays.

Nous demandons avec la plus grande fermeté au Président de la République Française de différer cette rencontre avec l’ami de l’ex-dictateur jusqu’à l’obtention d’un authentique procès de ce tyran.

LE BLOG DE GÉRALD BLONCOURT
LE BLOG DE GÉRALD BLONCOURT
LE BLOG DE GÉRALD BLONCOURT
LE BLOG DE GÉRALD BLONCOURT

VOILÀ UNE DES MULTIPLES PREUVES(voir les photos ci-dessus)  DE LA COLLISION DES DIRIGEANTS DE FRANCE AVEC LE POUVOIR DICTATORIAL DES DUVALIER. CELA EXPLIQUE EN PARTIE POURQUOI LE PROCÈS DE BABY DOC A ÉTÉ REFUSÉ PAR LA FRANCE. - Michèle Benette femme de Jean-Claude Duvalier amicalement reçu par le Président Jacques Chirac alors que le "Président à vie" Duvalier déchu, est réfugié en France et que nous l'accusons de crimes contre l'Humanité. - Michèle Benette avec Madame Bernadette Chirac qui s'occupe de collecter des "pièces jaunes" pour ses petits protégés alors que des millions de petits haïtiens crèvent dans une immense misère ! -Michèle Benette s'affiche avec Dominique de Villepin

A l'actif du dictateur: 60.OOO victimes, et 850 millions de dollars volé au peuple haïtien !

Combien de dirigeants français a-t-il compromis ? L'ONU a déclaré 500.000 victimes de la terreur, de la maladie, de la faim !!!!
Consultez notre Site contre l'IMPUNITÉ :
www.haitiluttecontre-impunite.org

 

Pour les Droits de l’Homme et la justice à Haïti

Haiti

English text below / Texto español abajo

Soutenons la lutte pour les droits de l'Homme et pour l'accomplissement de la justice à Haïti

Nous, citoyens du monde,

Avons appris avec stupeur et indignation la présence de Jean-Claude Duvalier et de l’ex militaire putschiste Prosper Avril, sur invitation du Président en exercice Michel Martelly, aux cérémonies officielles du jour de l’indépendance d’Haïti, le 1er janvier 2014 aux Gonaïves. Cette présence des anciens tortionnaires est une provocation et une insulte inqualifiable à la nation.

Elle est également un affront à la mémoire des milliers de victimes de la dictature duvaliériste.

Nous sommes d’autant plus révoltés que Jean-Claude Duvalier est inculpé par devant la justice haïtienne, pour crimes financiers et crimes contre l’humanité. Les victimes, ayant engagé des poursuites contre l’ex-dictateur, attendent encore une décision de la Cour d’appel par rapport aux crimes contre l’humanité ; crimes imprescriptibles et non amnistiables.

Nous appelons la communauté internationale et toutes les organisations qui luttent pour la défense des droits humains à condamner fermement ce qui est un déni de justice, une réhabilitation du duvaliérisme et la banalisation de l’impunité.

Nous soutenons résolument ceux qui en Haïti se battent pour que la Cour d’appel de ce pays rende une décision conforme à son mandat et par respect pour les victimes qui ont courageusement porté plainte contre Duvalier.

22/02/2014

DESINFORMATION, MANIPULATIONS EN TOUS GENRES

Venezuela : les putschistes et les médias complices manipulent les images de manière odieuse pour discréditer le gouvernement de Nicolas Maduro ! Les médias internationaux et en particulier français, relaient sans honte ces manipulations ! Ne nous laissons pas manipuler ! Protestons ! 

Voici ce que rapporte La Jornada Navegaciones :

" Peu à peu, nous commençons à savoir :

 - que la photo d'une jeune fille traînée et frappée par la police anti-émeute, publiée sur le site Web de l' ABC voulant ainsi illustrer la barbarie du gouvernement de Nicolas Maduro, n'a pas été prise à Caracas, mais au Caire. 

-  une femme avec le visage éclaté, présentée par CNN comme une preuve de la férocité de la police vénézuélienne, a en fait été agressée l'année dernière, non pas par la police mais par des partisans d'alors du candidat de l'opposition Henrique Capriles.

-  l'image d'un corps ensanglanté dans une morgue ne vient pas de Maracay, mais d'Alep en Syrie. 

-  l'affiche, avec les images d'un homme avant et après un passage à tabac, largement distribuée aux manifestants des pays sud-américain, tire son principal élément d'un témoignage de la torture pratiquée dans le Pays basque datant de huit ans. 

-  un étudiant traîné par le cou par deux hommes en uniformes ne correspond pas à des affrontements de ce mois-ci à Caracas, mais à des manifestations d'étudiants réprimées en 2011 à Santiago du Chili."
Venezuela : les putschistes et les médias complices manipulent les images de manière odieuse pour discréditer le gouvernement de Nicolas Maduro ! Les médias internationaux et en particulier français, relaient sans honte ces manipulations ! Ne nous laissons pas manipuler ! Protestons ! 

Voici ce que rapporte La Jornada Navegaciones :

" Peu à peu, nous commençons à savoir :

 - que la photo d'une jeune fille traînée et frappée par la police anti-émeute, publiée sur le site Web de l' ABC voulant ainsi illustrer la barbarie du gouvernement de Nicolas Maduro, n'a pas été prise à Caracas, mais au Caire. 

-  une femme avec le visage éclaté, présentée par CNN comme une preuve de la férocité de la police vénézuélienne, a en fait été agressée l'année dernière, non pas par la police mais par des partisans d'alors du candidat de l'opposition Henrique Capriles.

-  l'image d'un corps ensanglanté dans une morgue ne vient pas de Maracay, mais d'Alep en Syrie. 

-  l'affiche, avec les images d'un homme avant et après un passage à tabac, largement distribuée aux manifestants des pays sud-américain, tire son principal élément d'un témoignage de la torture pratiquée dans le Pays basque datant de huit ans. 

-  un étudiant traîné par le cou par deux hommes en uniformes ne correspond pas à des affrontements de ce mois-ci à Caracas, mais à des manifestations d'étudiants réprimées en 2011 à Santiago du Chili."

 

Venezuela : les putschistes et les médias complices manipulent les images de manière odieuse pour discréditer le gouvernement de Nicolas Maduro ! Les médias internationaux et en particulier français, relaient sans honte ces manipulations ! Ne nous laissons pas manipuler ! Protestons !

Voici ce que rapporte La Jornada Navegaciones :

 

" Peu à peu, nous commençons à savoir :

- que la photo d'une jeune fille traînée et frappée par la police anti-émeute, publiée sur le site Web de l' ABC voulant ainsi illustrer la barbarie du gouvernement de Nicolas Maduro, n'a pas été prise à Caracas, mais au Caire.

- une femme avec le visage éclaté, présentée par CNN comme une preuve de la férocité de la police vénézuélienne, a en fait été agressée l'année dernière, non pas par la police mais par des partisans d'alors du candidat de l'opposition Henrique Capriles.

- l'image d'un corps ensanglanté dans une morgue ne vient pas de Maracay, mais d'Alep en Syrie.

- l'affiche, avec les images d'un homme avant et après un passage à tabac, largement distribuée aux manifestants des pays sud-américain, tire son principal élément d'un témoignage de la torture pratiquée dans le Pays basque datant de huit ans.

- un étudiant traîné par le cou par deux hommes en uniformes ne correspond pas à des affrontements de ce mois-ci à Caracas, mais à des manifestations d'étudiants réprimées en 2011 à Santiago du Chili."

21/02/2014

emigration massive, enfants déracinés, trompés par l'Etat Français

 

www.slate.fr/story/81217/pupilles-reunion-creuse

Quand Debré envoyait des enfants réunionnais dans la Creuse repeupler la France: le cinquantenaire oublié

De 1963 à 1981, 1.600 enfants «abandonnés ou non» ont été immatriculés de force et envoyés en métropole. Certains ont été adoptés, d'autres placés en foyer, en couvent, ou à gages, pour aider aux travaux des champs ou dans l'entreprise familiale. Aujourd'hui, ces ex-pupilles demandent excuses et réparation à l'Etat.

 

On les appelle "les enfants réunionnais de la Creuse".

Entre 1963 et 1982, plus de 1 600 enfants de l'île de la Réunion, reconnus pupilles de l'Etat (souvent sans réel consentement de leurs parents), ont été transférés en métropole et "accueillis" dans 64 départements ruraux, afin de repeupler ces territoires.

Mardi 18 février, l'Assemblée nationale vote une résolution mémorielle pour sortir de l'ombre cet épisode méconnu. Un moment de "reconnaissance" pour Jean-Philippe Jean-Marie, président de l'association des enfants réunionnais exilés de force Rasinn Anler, lui-même victime de ce "déracinement forcé".

 

 


Une enfance en exil - réunionnais de la creuse... par tikreolrenyone

Cette douloureuse page de l’histoire contemporaine reste aujourd’hui encore largement ignorée. Une méconnaissance que combat ardemment la députée réunionnaise Éricka Bareigts.

Mardi, elle a présenté une résolution devant l’Assemblée nationale pour "contribuer à la restauration de ce passé et à la résorption des fractures passées". "Aujourd’hui nous devons reconnaître aux victimes un droit à la mémoire, c’est un minimum. Nous devons apprendre et connaître cette histoire pour mieux tourner la page, à La Réunion et en France", explique l’élue, interrogée à FRANCE 24.

 

 

Dans les années 60, La Réunion connaît une surpopulation dramatique, avec, en moyenne, 9 enfants par foyer, et un taux de chômage frôlant les 40 %. Sur l’île, le climat social est explosif. Parallèlement, en métropole, l’exode rural fait des ravages dans les campagnes désertées, et le besoin de main d’œuvre dans les fermes devient criant. Pour le député de La Réunion, Michel Debré, le calcul est simple : il suffit de "déplacer le trop plein vers le trop vide", résume Philippe Vitale. L’élu met en place la politique d’une promotion de l’émigration massive vers la France métropolitaine grâce au Bumidom, le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d’Outre Mer. À La Réunion, mais également à la Martinique et en Guadeloupe, l’administration française promet des études et des emplois aux candidats au départ. Un volet de la mission du Bumidom concerne les pupilles réunionnais.

Bumidom

« Bimidom, bimidom ou vol nout bann frer.
Bimidom, bimidom ramas pa manter.
Bimidom, bimidom ou fé mal nout ker.
Bimidom, bimidom na kas ton bann fer
. »

Traduit du créole réunionnais au français, ce texte signifie :

« Bumidom, Bumidom, tu nous voles nos frères.
Bumidom, Bumidom, ne mens pas.
Bumidom, Bumidom, tu fais mal à nos cœurs.
Bumidom, Bumidom, nous casserons tes fers
. »

(Extrait de la chanson Bumidom de Ziskakan)

 la FRANCE n'a pas de leçons

à donner à quiconque après ça

IGNOBLE !

**

 

"Pur produit d’une affaire d’État"

"Pour Michel Debré, un Corse, un Breton ou un Réunionnais, c’était la même chose, il avait cette idée d’assimilation. À cette époque, on ne s’embarrassait pas de psychologie infantile, poursuit le chercheur. Ces enfants-là sont le pur produit d’une affaire d’État et d’un abus de pouvoir : on a menti aux familles et rien demandé aux enfants alors qu’on avait promis des nouvelles et des retours possibles".

Jean-Jacques Martial n’a racheté son billet retour pour La Réunion qu’en 2001, après deux ans de recherches sur sa famille. Il a retrouvé son frère, sa sœur et sa mère. Il s’est, depuis, réinstallé sur son île natale. Il l’a quittée brièvement pour, mardi, assister, sur les bancs de l’Assemblée nationale, à la lecture de la "résolution relative aux enfants réunionnais placés en métropole dans les années 1960 et 1970". Lorsqu'il est sorti du Palais Bourbon, en cet après-midi nuageux de février, le soulagement était visible sur les traits du quinquagénaire : "Je me sens léger, léger..."

 

AU PANTHEON : Germaine TILLION

Tribunes - le 3 Juillet 2010

Portraits de résistants

Germaine Tillion « Résistante instantanée le 17 juin 1940 »

Par Charles Silvestre, journaliste, secrétaire des Amis de l’Humanité

Ethnologue, Germaine Tillion a participé 
à la création du réseau du musée de l’Homme, avant de mettre à nu les mécanismes de domination de Ravensbrück et de dénoncer la torture pendant la guerre d’Algérie.

Quand Pétain appelle à cesser le combat, le 17 juin 1940, Germaine Tillion vomit. C’est la capitulation qui lui donne la nausée. Durant l’hiver 1932-1933, elle a vu sur place, en Allemagne, ce qu’était le nazisme. La mécanique se met en place. Elle rendra visite à son maître, Marcel Mauss. Il l’a orientée vers son métier, l’ethnologie. Chez lui, elle prend de plein fouet l’ignominie : sur sa veste, il porte l’étoile jaune. Une seule image, touchant au plus fort du sensible, peut marquer un destin.

Germaine Tillion, à l’été 1940, ne sait plus très bien ce qu’est la France. La jeune femme, née le 30 mai 1907 à Allègre (Haute-Loire), est partie en 1934 dans les Aurès, étudier les systèmes de parenté chez les Chaouias. Seule, elle a planté sa tente dans le douar de Tadjemout, le plus pauvre et le plus éloigné, à quatorze heures de cheval d’un centre, Arris. L’Algérie des Chaouias deviendra sa thèse d’ethnologie. Et, plus qu’une thèse, ce sera sa méthode, qu’elle appliquera au camp de concentration de Ravensbrück, où elle est déportée le 31 janvier 1944.

Résistante instantanée, Germaine Tillion ne part pas à Londres. C’est à Paris, dans le nœud de vipères, qu’elle se met en route. Ou plutôt en chasse. Elle se retrouve avec Boris Vildé et Anatole Lewitsky, plus tard fusillés, eux aussi élèves de Marcel Mauss et qui constitueront le fameux réseau du musée de l’Homme. Le réseau est trahi. La lutte, à la vie à la mort, entre la collaboration et la Résistance, est une histoire d’héroïsmes, mais aussi de trahisons. Le 13 août 1942, Germaine Tillion est arrêtée. Elle a été donnée par un prêtre, l’abbé Alesch, qui recrutait des jeunes pour la Résistance pour mieux les livrer à la Gestapo ! Sa mère aussi, Émilie, au doux visage rayonnant, dont elle ne quittera jamais la photo des yeux dans son salon de Saint-Mandé, qui sera une gazée « cheveux blancs » dans le camp de sa fille.

À Ravensbrück, Germaine Tillion adopte une règle de résistance : « Survivre est notre ultime sabotage. » Et que fait-on pour survivre ? On s’entraide, on est caché au Revier (l’infirmerie), on prépare même, en douce, une opérette, le Verfügbar aux enfers, à l’ironie mordante pour les geôliers. Il faut imaginer ces déportées, dans la baraque, « répétant » les personnages de Titine, Lulu de Colmar, Bébé, imaginer Nénette chantant « J’irai dans un camp modèle, avec tout confort, eau, gaz, électricité… » et le chœur répondant : « Gaz surtout… ». 
Du camp, sortira surtout un maître ouvrage : Ravensbrück. Ni un récit, ni même un cri d’épouvante. Germaine Tillion met à nu, dans le régime concentrationnaire, le système économique – celui du profit, Himmler était le propriétaire du camp ! – les mécanismes psychologiques de la domination, de la détention. Elle en tirera des leçons pour toute la vie. Y compris quand elle aura affaire à un autre « système concentrationnaire », celui du goulag. En 1951, elle participe à une commission internationale pour auditionner les témoins des camps soviétiques. La controverse éclate alors avec des anciennes déportées communistes, notamment avec une amie tchèque qui lui a sauvé la vie. Et qui lui reprochera amèrement cette entorse à leur idéal, avant de se suicider… lors de l’entrée des troupes du pacte de Varsovie à Prague, en 1968. Germaine Tillion ne confondait pas, cependant, stalinisme et communisme, faisant l’éloge des résistantes communistes à Ravensbrück, d’une Jeannette jeune ouvrière du Nord.

Le 1er novembre 1954 éclatent les premiers coups de feu de la guerre d’Algérie. Dans les Aurès, et on est tenté de dire dans « ses » Aurès ! Années de déchirement pour l’ethnologue que Louis Massignon renvoie sur le « terrain ». Germaine Tillion va faire cette « traversée du mal », pour ainsi dire sans prendre parti, mais hostile à la guerre, jusqu’à l’indépendance de juillet 1962. Des Algériens, comme l’écrivain Jean Amrouche, lui reprocheront de ne pas être allée plus loin… Mais refuser de mettre en cause le principe même du fait colonial n’est pas s’abstenir de combattre ses crimes.

Elle découvre la « clochardisation » du peuple algérien. Elle crée des centres sociaux. La logique de la guerre coloniale broie cet idéalisme. Inspectant, avec d’autres, cette Algérie de la répression, des camps d’internement – encore des camps ! – les témoignages de sévices, les liquidations de ses propres éducateurs, l’incitent à tout faire pour arrêter « ça ». Elle rencontre même Yacef Saadi, le chef du FLN à Alger, pour proposer une trêve : arrêt des exécutions capitales de combattants FLN, d’un côté, suspension des attentats contre des civils, de l’autre. La trêve sera rompue par Paris : la guillotine reprend du « service » sous la pression de l’armée et des pieds-noirs ultras. Les deux camps aux prises ne s’y tromperont pas. Des Algériens témoigneront envers elle, le plus souvent, de leur gratitude. À l’inverse, les jusqu’au-boutistes de l’Algérie française ne lui pardonnèrent jamais : elle dut même, un jour, changer son numéro de téléphone…

Son dernier acte, si l’on peut dire, concernant la guerre d’Algérie, fut de signer, le 31 octobre 2000, un texte demandant aux autorités de la France de reconnaître et de condamner la torture pratiquée en son nom, ce qui devint l’Appel des douze. Et de se retrouver, ainsi, aux côtés d’Henri Alleg, deux personnages de l’histoire, elle l’humaniste et lui le communiste, que la guerre froide avait durement séparés, et qui avaient fait montre, chacun dans leur registre, dans les pires circonstances, d’un engagement exemplaire.

On ne peut évoquer Germaine Tillion sans parler de la complicité féminine qui a marqué sa vie. Deux d’entre elles en témoignent pour d’autres, innombrables : Anise Postel-Vinay à Ravensbrück et Nelly Forget en Algérie, arrêtée et torturée par les parachutistes français. Cette complicité qui semble indestructible, qui confère sa force à l’Association des amis de Germaine Tillion, a donné un bel ouvrage, réalisé sous la direction de Tzevan Todorov (1). Car l’enfant d’Allègre, disparue en 2007, a eu le « bon goût » de vivre cent ans et un peu plus… pour inspirer ce titre : le Siècle de Germaine Tillion. La marque, déposée, en vaut pas mal d’autres…

(1) Éditions du Seuil.

 

TILLION AU PANTHEON

 Alors qu'une consultation publique cherche actuellement à définir quelles personnalités les français aimeraient voir entrer au Panthéon, le nom de Germaine Tillion est en bonne place dans les propositions de plusieurs associations revendiquant la présence de femmes dans ce temple dédié aux grands hommes.

Le documentaire de François Gauducheau, Les images oubliées de Germaine Tillion, est entré cet automne dans vidéothèque de la Maison Européenne de la Photographie.

« Lorsqu'on éclaire un monde, même affreux, on le domine »

Le propos de Germaine Tillion, dans cet entretien de 2004, quelques années avant sa mort, est vif, lucide. L'ethnologue, et résistante de 97 ans a conservé son sourire, celui qui lui a permis lors de la Seconde Guerre mondiale de traverser la pire des expériences humaines en gardant de la distance, autant que possible (notamment en créant une opérette parodique au sein même du camp de Ravensbrück).

Il aura fallu attendre plus de soixante ans pour qu'elle trouve le temps de publier ses photographies, celles qu'elle prit de 1934 à 1940 lors de ses voyages de recherche dans les Aurès, en Algérie.

Germaine Tillion parle ici de ses photographies de tribus nomades en mettant en perspective tous ses engagements. Elle créée naturellement des passerelles de réflexion entre ses différents combats : place de la femme dans les sociétés, accès à l'éducation, lutte contre la torture en Algérie, engagement dans la résistance, et expérience des camps de concentration. Celle qui fut l'élève de Marcel Mauss nous emmène dans une pensée globale des réalités sociales.

Germaine Tillion est ainsi de ces intelligences éclairantes qui relient tout et s'intéressent également aux petits détails, jusqu'à un regard d'enfant fixé sur l'image et ce qu'il contient de sens.

Le documentaire du fonds « Images de la culture » réalisé par Stéphane Gauducheau, est entrée la vidéothèque de la MEP, et, au delà de l'œuvre photographique par ailleurs d'une grande qualité, il vaut aussi par la capacité d'un regard qui donne du sens.

« Elle a su combattre le mal, sans jamais se prendre pour le bien incarné » dira Tzvetan Todorov au sujet de Germaine Tillion.

Emmanuel Bacquet

 

 

Le Verfügbar aux enfers

Une opérette à Ravensbrück ! Un texte stupéfiant écrit en 1944 par Germaine Tillion dans un seul but : survivre à la barbarie nazie.

   
 

 

En octobre 1944, Tillion avait écrit Le Verfügbar aux enfers dissimulée au fond d'une caisse d'emballage, pour soulager sa détresse et celle de ses compagnes d'infortune, mais aussi pour faire acte de résistance. L'œuvre a alors été dite et chantonnée par bribes, à la sauvette, mais jamais représentée.

Longtemps, Germaine Tillion ne s'est pas souciée de la diffusion ni de la postérité de ce manuscrit qui ne sera édité qu'en 2005. Le titre résume parfaitement la démarche de l'auteur en soulignant l'enfer des camps nazis tout en faisant un clin d'œil à une opérette d'Offenbach (Orphée aux enfers): humour noir teinté d'autodérision.

Quand Tillion évoque "un camp modèle avec tout confort, eau, gaz, électricité", le chœur répond : "gaz surtout"... L'auteur n'a bien sûr pas composé les airs très variés (chansons scoute ou grivoise, Habanera de Carmen, Danse macabre de Saint-Saëns...) auxquels elle a fait appel, mais son choix révèle une grande culture musicale. Le J'ai perdu mon Eurydice de Gluck est devenu ainsi J'ai perdu mon Innendienst, le précieux billet qui permettait de ne pas aller travailler.

A Ravensbrück, le chœur des Verfügbar sera interprété par 31 élèves d'un lycée parisien et 45 d'un Gymnasium berlinois, en présence de 400 anciens déportés - dont cinq codétenues françaises de Germaine Tillion - et de leurs familles.

Situé à environ 80 Km au nord de Berlin, Ravensbrück était l'unique camp de concentration nazi réservé aux femmes...

Un commando de travail

 la punition : trainer ce rouleau jusqu'à épuisement

Cauchemars

 à Ravensbrück

Propriété de Himmler, chef de la gestapo et de la police du reich ayant été louée au régime nazi pour les besoins de la cause, le camp de ravensbrück (situé dans le village de Ravensbrück en Allemagne) est connu comme étant le seul camp de concentration réservé exclusivement aux femmes durant la guerre de 39-45.

Cent dix-sept mille femmes de 23 nationalités ont connu l’enfer en ce lieu maudit. De ce nombre, quatre-vingt quatorze mille finirent soit dans les fours crématoires, qui fonctionnaient jour et nuit ou bien dans les fosses communes.


 L’enfer connu à Ravensbruck possède mille et un visages. Coups de crosse, humiliation, isolement, privation totale de nourriture, travaux forcés, chambre à gaz etc... Un jour, un convoi d’environ 150 enfants, garçons et filles, arrive au camp. Sacrés veinards, ils ont même droit au lait le matin... Pourtant, un matin, alors qu’ils allaient chercher leur maigre portion, ils sont sauvagement poursuivis par les magnifiques chiens loups des SS jusque dans une tranchée (creusée par leurs mères) et ensuite  aspergés de chaux...


 Des histoires comme celle-là, Ravensbrück en a vu des centaines, voire des milliers. Comme rien n ‘est gratuit, pas même la souffrance, les prisonnières devaient travailler durement durant toute la journée. Les plus chanceuses passaient la journée dans un champ à ramasser des pommes de terre (ce qui leur permettait de  fournir un minuscule surplus alimentaire pour elles et leurs compagnes), les autres devaient alimenter des cadavres de leurs consoeurs l’énorme bouche du four crématoire, effectuer des corvées de nettoyage dans les blocs infectés par le typhus, apaiser les besoins sexuels d’un horrible SS, etc...


 Ce n’est un secret pour personne, les nazis ont profité du fait qu’ils avaient sous leur emprise des gens innocents (ou coupables de s’être battus pour leur liberté) pour faire avancer leur science. Un jour, un docteur, surnommé soit le “ Herr doctor  “ ou bien le “ gros cochon” arrive au camp. Il terrorise tout le monde soit par ses manières de gros cochon ou bien par le pouvoir qu’il avait de juger si une femme irait se taper la chambre à gaz... Le “ Herr doctor “ se livrait aussi à des opérations horribles sur un block d’une trentaine de Polonaises. Une femme se fit greffer un œil de porc (on ne sut jamais si elle garda la vue de cet œil) il y eut aussi de multiples stérilisations.  Seulement 27 cobayes involontaires survécurent aux greffes.


 Quelques temps après, des ordres arrivèrent de Berlin au sujet des cobayes. Elles devaient toutes quitter le camp.  Certaines d’aller à la chambre à gaz elles décidèrent de résister. Une d’entre elles, Erika s’est rendue voir le Lagerfurher pour lui demander des explications. Les 26 autres s’étaient cachées dans le camp et ne devaient se montrer qu’après un signe de Erika. Les nazis la capturèrent donc. Ses camarades restèrent alors en lieu sûr. En riposte à cette résistance, les suppots de Hitler coupèrent les déjà maigres rations de nourriture à toutes les prisonnières. Heureusement, malgré cet affamement, la  solidarité tint le coup. On se priva encore d’avantage pour nourrir les copines mutilées. On ne sait comment, mais elles sortirent vivantes du camp. :)


 C’est d’ailleurs la solidarité qui a permis à plusieurs de tenir le coup. Même dans une situation où leur vie était terriblement menacée, la plupart des dames de Ravensbrück sont restées unies. Elles n’ont pas cédé devant l’ennemi, elles lui ont tenu tête. Elles avaient raison.

www.angelfire.com/punk/chatnoir/ravensbruck.html

 

20/01/2014

CE SOIR OU JAMAIS ... SIGNEZ LA PETITION

Maintenir l'émission de Frédéric Taddeï "Ce soir ou jamais !" sur France 2

  • Adressée à : Rémy Pflimlin

Maintenir l'émission de Frédéric Taddeï "Ce soir ou jamais !" sur France 2

    1. Laurent Maisonnat
    2. Pétition de

      Laurent Maisonnat

      Lyon, France

 

 

L'émission de Frédéric Taddeï est l'une des très -trop ?- rares émissions de débat public, ayant pour ligne de conduite d'inviter des personnes aux visions différentes et permettant la confrontation des idées. Dans une période où le débat d'idées sur les plateaux télé est de plus en plus consensuel, capté et confisqué par des "experts" , des "spécialistes" allant dans le même sens, l'émission "Ce soir ou jamais !" offre aux téléspectateurs une véritable diversité de points de vue, permettant de se forger un avis sur l'actualité politique, économique et sociale.

Grâce au courage de Frédéric Taddeï qui invite des personnes que nous n'entendons pas ailleurs, qui peuvent avoir des idées intéressantes pour l'avenir, son émission est essentielle pour la vie démocratique de notre pays.

Nous exprimons ici, pour toutes les raisons ainsi évoquées, notre volonté de voir l'émission maintenue pendant la semaine à 23h sur France Télévisions.

Pétition adressée à :
Rémy Pflimlin, PDG
Geneviève Giard, Directrice Générale
Thierry Thuillier, Directeur des programmes de France 2
Maintenir l'émission de Frédéric Taddeï "Ce soir ou jamais !" sur France 2 à 23h

Cordialement,
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