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22/01/2015

HEROS MALGRE LUI

 

Lassana Bathily : « C’était mon rêve de devenir français »

Alexandre Fache
Mardi, 20 Janvier, 2015
L'Humanité
 
Il avait caché plusieurs clients de l’Hyper Cacher le 9 janvier. Le jeune employé malien du supermarché recevra ce soir la nationalité française. Une récompense qui aurait pu venir plus tôt dans le parcours de cet ex-lycéen sans papiers, qui a rencontré un jour la France de la solidarité.

«Il a encore des nuits difficiles. » Militant de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Denis Mercier est le « parrain » de Lassana Bathily, ce Malien de vingt-quatre ans, employé de l’Hyper Cacher, qui a caché plusieurs clients dans la chambre froide du magasin, lors de la prise d’otages du 9 janvier. Si le jeune homme affiche à nouveau, de temps à autre, le sourire que ses enseignants du lycée professionnel Jean-Jaurès appréciaient tant, il se dit aussi « triste d’avoir perdu un ami », Yohan Cohen**, salarié comme lui du supermarché de la porte de Vincennes, tué en essayant de désarmer Amedy Coulibaly.

Un incroyable tourbillon 
politique et médiatique

Garçon modeste et travailleur, Lassana Bathily a été absorbé depuis son geste par un incroyable tourbillon politique et médiatique. Félicité au téléphone par François Hollande, et en personne par le président du Mali, Ibrahim Boubakar Keïta, qui l’a remercié d’avoir « ramassé le drapeau du Mali que Coulibaly avait laissé à terre », ou encore par le secrétaire d’État américain, John Kerry, vendredi à la Mairie de Paris, il se verra décerner ce soir la nationalité française, place Beauvau, lors d’une « cérémonie d’accueil » présidée par Bernard Cazeneuve.

Une vraie fierté pour ce garçon longiligne, à la fine barbichette noire. « C’est mon rêve depuis tout petit de devenir français. Mon père s’était installé dans ce pays pour y travailler dès 1967, et je le voyais faire les allers-
retours. » Les dates, Lassana Bathily en a une mémoire bien précise, lui qui a subi pendant de longues années le parcours du combattant imposé aux étrangers par les pouvoirs publics.

Arrivé « le 10 mars 2006, à 19 h 30 » sur le sol français, à l’âge de seize ans, il a connu depuis les files d’attente interminables et les tracasseries administratives, la « honte » d’être sans papiers et l’angoisse de l’arrestation, mais aussi la solidarité et la justice. Celles que défendent – incarnent même – ces citoyens qui, à l’école ou dans les réseaux associatifs et syndicaux, viennent en aide aux jeunes sans-papiers.

C’est au lycée pro Jean-Jaurès (Paris 19e) que Lassana Bathily va d’abord bénéficier de ces précieux soutiens. Révoltés par l’expulsion d’un jeune à l’été 2006, les enseignants se sont organisés pour que pareille injustice ne se reproduise plus et que leurs élèves, avec ou sans papiers, puissent aller jusqu’au bout de leur scolarité. Ce sera le cas de Lassana, élève modèle, « toujours à l’heure, toujours souriant », se souvient sa prof d’arts appliqués, Zimba Benguigui. Il décroche « brillamment » son CAP de carreleur mosaïste en 2009, avant d’obtenir l’année suivante celui de peintre.

Son quotidien, pourtant, reste précaire. Un jour, tout juste majeur, Lassana se fait contrôler dans la rue par la police. Avec pour seul papier son certificat de scolarité. Il risque l’expulsion. « Mais le policier a été très compréhensif et humain, raconte Denis Mercier. Il lui a dit “vous savez, il y a des associations pour aider les jeunes comme vous”» L’histoire aurait pu beaucoup plus mal finir. Le locataire de l’Élysée de l’époque a fixé des quotas d’expulsions qu’il exige de voir remplis.

« Sous Sarkozy, c’était vraiment dur, confirme Lassana Bathily. Il y avait des arrestations tout le temps, toutes les semaines. Je me souviens que quand on sortait du lycée, on était obligé d’appeler avant, au foyer, pour vérifier que les policiers n’étaient pas là pour embarquer le maximum de gens… »

En 2009, d’ailleurs, le couperet tombe. La demande de régularisation de Lassana est refusée. Il est sous le coup d’une « OQTF », une obligation de quitter le territoire. « Dans la rue, 
je marchais avec la peur au ventre, je regardais à droite, à gauche, se souvient-il. Et j’évitais les gares, où il y avait beaucoup d’arrestations. »

Lassana et ses soutiens ne baissent pourtant pas les bras. Et engrangent les « preuves » de sa volonté farouche de « vivre ici ». Le jeune homme vient défendre lui-même son dossier au tribunal. « Quand ils ont appelé mon nom, j’avais les jambes qui tremblaient. Mais dès que j’ai eu la juge devant moi, j’étais déterminé. On me demandait de m’intégrer, de me former, et c’est exactement ce que je faisais. »

Résultat, un premier titre de séjour obtenu « le 22 juin 2011 ». Un soulagement. S’il ne parvient pas à trouver de travail correspondant à ses qualifications, Lassana Bathily ne se décourage pas et multiplie les petits boulots : « Ménage, plonge, bâtiment, commerce… J’ai fait un peu de tout », égrène-t-il. Jusqu’à devenir l’homme à tout faire de l’Hyper Cacher, à partir de 2012.

« Après, il faudra que je passe 
mon permis »

Pas forcément pressé de retourner y travailler, le futur « Franco-Malien » pourrait voir d’autres pistes s’ouvrir. La Mairie de Paris ou Air France lui auraient déjà fait des avances. « On sera très attentif à ce qui lui est proposé, assure Denis Mercier. Mais c’est sûr que des employeurs peuvent être intéressés par son image. » Air France… Le nom et les promesses de voyages ne semblent pas laisser insensible le jeune homme. Qui commencera bientôt par goûter la joie, une fois son passeport tricolore en main, de retourner au Mali, où sa mère vit encore, à bord d’un des avions de la compagnie nationale.

« Après, il faudra que je passe mon permis et, si possible, que je trouve un appartement. Peut-être une colocation avec un de mes amis. » La vie normale d’un jeune Français, fan de foot et de rap. « J’espère quand même que dans deux mois on ne l’aura pas totalement oublié et que les choses se seront bien stabilisées pour lui », indique Denis Mercier.

Militante « historique » du Réseau Éducation sans frontières, Brigitte Wieser se réjouit aussi du « bel exemple » qu’incarne Lassana Bathily. Mais elle n’en oublie pas les autres sans-papiers qui galèrent… « Dans cette tragique affaire, vous avez, d’un côté, des jeunes nés en France qui sont devenus des meurtriers et, de l’autre, un jeune, né au Mali, à qui on n’a cessé de demander des “preuves d’intégration”. Il faut qu’on fasse plus confiance à ces jeunes. Car si on avait appliqué les critères de la circulaire Valls à Lassana, il n’aurait pas été régularisé, car il ne vivait pas avec l’un de ses deux parents. Or, des jeunes comme Lassana, il y en a au moins une centaine à Paris. C’est pour eux que la loi doit être changée. »

Lassana le sait. Un de ses proches amis, rencontré à Jean-Jaurès, est d’ailleurs toujours sans-papiers. Une raison de plus pour rejeter le qualificatif de « héros » dont tout le monde l’affuble. « Non, je ne me sens pas un héros. Je suis Lassana. Le même Lassana qu’avant tout ça. »

*

 

Un fan de rap, un étudiant et deux pères de famille :

Yoav Hattab,

Yohan Cohen,

Philippe Braham

et François-Michel Saada

sont les 4 otages tués par Amedy Coulibaly.

* 

Yohan Cohen, 23 ans, était employé de la supérette Hyper Casher depuis un an. Sur Facebook, il était d'ailleurs "ami" avec Lassana Bathily, l'employé de l'Hyper Cacher qui a raconté avoir caché plusieurs otages dans la chambre froide.

Vendredi, il a tenté de lutter contre Amedy Coulibaly et de lui subtiliser son arme. Le terroriste lui a alors tiré une balle dans la tête.

Né à Enghien-les-Bains, Yohan Cohen a fréquenté le lycée ORT, un établissement professionnel juif. Ce fan de rap, en particulier de Booba, était le petit-fils d'un célèbre chanteur judéo-tunisien, Doukha, décédé un mois avant lui, en décembre.

Ses parents étaient originaires d'Afrique du nord - le père d'Algérie, la mère de Tunisie - et se sont installés à Sarcelles dans les années 60, dans le "Grand Ensemble".

21/01/2015

L'HUMOUR SOUS HAUTE PROTECTION

 

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13/01/2015

Netanyahou n'était pas le bienvenu

http://www.lefigaro.fr/international/2015/01/12/01003-20150112ARTFIG00260-netanyahou-accuse-de-s-etre-invite-a-la-marche-republicaine.php

 

Le premier ministre israélien aurait insisté pour se rendre à Paris dimanche, après avoir appris que deux de ses rivaux aux élections législatives anticipées participaient à cette marche historique contre le terrorisme.

Benyamin Nétanyahou n'oubliera sans doute pas de sitôt son apparition en tête de la «marche républicaine» contre le terrorisme, dimanche à Paris. Le premier ministre, quelques heures seulement après avoir été acclamé à la Grande synagogue de la Victoire, est sévèrement brocardé ce matin par la presse israélienne. La deuxième chaîne de télévision et le quotidien Haaretz racontent comment il a imposé sa présence au sein du cortège parisien, contre l'avis de François Hollande.

Une insistance qui a contraint les autorités françaises à convier en catastrophe, pour faire bonne mesure, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Selon deux sources françaises bien informées, la présidence de la République a fait savoir en fin de semaine à l'entourage de Benyamin Nétanyahou que sa présence à Paris n'était pas jugée indispensable.

«Dès lors qu'Abbas n'avait pas manifesté le souhait de venir, on s'est dit qu'il était préférable de tenir le Proche-Orient à l'écart de cette manifestation d'unité, explique l'une d'elles. On s'est donc dit qu'il était préférable que Nétanyahou ne vienne pas.»

À l'Élysée, on concède que l'organisation dans l'urgence de cette marche républicaine - qui a accueilli une cinquantaine de chefs d'État et de gouvernement étrangers - a donné lieu à des «interrogations» sur le «format» de celle-ci.

La présence des dirigeants israéliens et palestiniens fut l'un des casse-têtes à résoudre.

Le conseiller diplomatique de François Hollande, Jacques Audibert, s'est entretenu «cinq ou six fois» au téléphone avec Yossi Cohen, conseiller à la sécurité du premier ministre israélien.

«L'idée, c'était de trouver habilement une solution équilibrée, avec la présence des deux responsables, indique un diplomate. Nous voulions envoyer un message d'unité nationale, d'unité mondiale. C'était compliqué si l'un des deux ne venait à Paris. Si Abbas n'était pas venu, ça ne marchait pas…»

Raisons politiciennes

La présidence française invoque également des contraintes sécuritaires, ainsi que la nécessité de «ne pas dévoyer l'esprit de la manifestation». Samedi après-midi, l'affaire semble d'ailleurs entendue. Mahmoud Abbas fait savoir qu'il ne participera pas au défilé en raison de la neige qui menace de paralyser Ramallah. Quant à Benyamin Nétanyahou, il indique qu'il renonce pour des raisons logistiques et sécuritaires - avant, coup de théâtre, d'annoncer en début de soirée qu'il sera bien présent dans le cortège parisien.

À en croire la presse israélienne, le premier ministre aurait brusquement changé d'avis en apprenant que ses deux principaux rivaux au sein de la droite nationaliste, Avigdor Lieberman et Naftali Bennett, allaient prendre part à la manifestation. Piqué au vif, il aurait refusé de se laisser voler la vedette à trois mois d'un scrutin législatif anticipé. Une version que dément l'un de ses proches conseillers. «La simple vérité, assure celui-ci, c'est que nous avons eu de nombreux échanges avec les autorités françaises afin de déterminer s'il était possible de mettre sur pied, en si peu de temps, un dispositif de sécurité adapté à la personne du premier ministre...»

Quoi qu'il en soit, la volte-face israélienne a contraint l'Élysée à réagir dans l'urgence. Une invitation en bonne et due forme a immédiatement été adressée à la présidence de l'Autorité palestinienne. «À partir du moment où l'un des deux venait, il était compliqué de ne pas avoir l'autre», explique un diplomate à Paris. Dans la soirée, Mahmoud Abbas a fait savoir qu'il ferait le déplacement. Il ne restait plus que quelques heures pour régler la logistique et la sécurité de ces deux hôtes imprévus.

Selon une source israélienne citée par Haaretz, cette valse-hésitation s'explique aussi par les tensions qui ont émaillé la visite de Benyamin Nétanyahou au lendemain de la tuerie perpétrée par Mohamed Merah dans une école juive de Toulouse, en mars 2012, en pleine campagne présidentielle. Le premier ministre israélien avait alors invité les Juifs de France à émigrer en masse vers Israël.

François Hollande lui avait rétorqué: «La place des Juifs de France, c'est d'être en France». Un échange aigre-doux que les dirigeants français ne souhaitaient visiblement voir se reproduire, ce dimanche, en marge d'un cortège placé sous le signe de l'unité nationale.

 

 

 

COHN BENDIT ET CHARLIE HEBDO

 

Invité de l'émission Le Supplément sur Canal +, Daniel Cohn-Bendit a poussé un coup de gueule contre « ceux qui chantent la Marseillaise », estimant que ce n'était pas dans l'esprit de Charlie Hebdo.

L'ancien leader de mai 68, proche des idées libertaires du journal satirique, a donné un point de vue discordant face à l'unité nationale de ce dimanche 11 janvier. Tandis que des rassemblements massifs avaient lieu dans toute la France, il a pointé du doigt les manifestants qui entonnent la Marseillaise. Pour le député vert européen, c'est un contre-sens qui ne rend pas hommage à la rédaction de Charlie Hebdo, décimée mercredi 7 janvier lors d'une attaque terroriste.

 

IL EST GONFLE CE MEC !

Marianne
 
   

Mémoire courte

Quand Cohn-Bendit qualifiait les dirigeants de "Charlie Hebdo" de "cons" et de "masos"

"Ce qui est attaqué, c'est le droit à la critique radicale de toutes les religions", clame ce matin l'ancien eurodéputé écologiste dans les colonnes de "Libération" en réaction à l'attentat perpétré dans les locaux de "Charlie Hebdo". Dany de 2014 semble oublier ce que Cohn-Bendit de 2012 disait des journalistes de "Charlie"...

Chef d’œuvre d’hypocrisie dans le concert des lamentations opportunes survenant après le massacre des journalistes de Charlie Hebdo, la déclaration de Daniel Cohn-Bendit à nos confrères de Libération : « C’est l’une des dernières formes de l’esprit de Mai 68 qui a été assassinée. Charlie, c’est la radicalité anticléricale, c’est pour ça qu’ils ont été tués ». Et d'ajouter même : « Ce qui est attaqué, c'est le droit à la critique radicale de toutes les religions ».
 
Dany a la mémoire bien courte, car ce n’est pas tout à fait le ton qu’il utilisait en 2012 pour dire ce qu’il pensait de la publication de nouvelles caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo en septembre 2012. Invité de BFM, l’eurodéputé d’alors qualifiait les dirigeants du journal satirique de « cons » et de « masos » avant de préciser : « Ce sont des masos, ils doivent aimer se faire mal. Ils se disent : on va frapper, comme ça on va avoir la police, on va avoir peur, ça va nous faire jouir ! Ils peuvent le faire, je ne suis pas pour l’interdire… Ils répondent à des cons musulmans, certes, mais il ne faut pas me dire qu’il n’y a pas de limites dans la provocation, ce n’est pas vrai ».
 
Pour Cohn-Bendit, la « provocation », la vraie, la seule acceptable à ses yeux expliquait-il, c'est de « taper sur ceux qui ont le pouvoir ».

Or, « autant [qu’il] sache », ajoutait-il, « ce ne sont pas les salafistes et les crétins dans le monde musulman qui ont le pouvoir. Tout intégriste est un con, que ce soit un intégriste chrétien, juif, musulman ou… laïc ». Et de conclure : « On a le droit de protester contre Charlie, mais ça ne veut pas dire qu’on a le droit d’attaquer l’ambassade américaine ».
 
Gageons que si Daniel Cohn-Bendit devait aujourd’hui commenter ce genre de propos prononcés dans une autre bouche que la sienne, il hésiterait sans doute entre deux formules : « sale mec » ou « vieux con ».

**

 © France 2

Dimanche soir, France 2 proposait une soirée spéciale Je suis Charlie retransmise en direct de l'auditorium de Radio France, une soirée hommage placée sous le signe de l'émotion.

Il était assis sur le même rang que les humoristes

Pour faire oublier ses "sorties" de 2012 ?

De quoi se la prendre et se la mordre

(ah oui ? OOOOOH  la Miche, t'as pas honte ? ... " je suis CHARLIE")

11/01/2015

Pas naïfs ! Conspués par tous puis encensés

A la veille des hommages œcuméniques rendus aux victimes de Charlie Hebdo, et alors que les Français se rassemblent déjà un peu partout en France, certains dessinateurs et journalistes de l'hebdomadaire satirique ont exprimé leur surprise face à un tel engouement. Des manifestations de soutien qui peuvent sonner étrangement, envers un journal qui a toujours cultivé l'irrévérence et l'art de ne pas se faire que des amis.

 Rédacteur en chef de Charlie Hebdo, au journal depuis quinze ans, Gérard Biard, en congés à Londres hier, a échappé à l’attaque terroriste

« Ils ont fait sonner les cloches de Notre-Dame pour Charlie, non mais on rêve ! », s'exclamait vendredi Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, pour souligner l'ironie de la situation d'un journal anticlérical célébré unanimement, jusque dans la plus célèbre cathédrale parisienne.

« UN JOURNAL QUI A ÉTÉ CONSPUÉ PAR TOUT LE MONDE »

Plusieurs membres de la rédaction ont reçu avec un peu d'amertume ces marques de solidarité envers un journal que peu soutenaient encore il y a quelques jours. Parmi eux, la rédactrice Zineb El Rhazoui, qui expliquait au Monde :

« J'aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d'un tel soutien de leur vivant. Et ce n'était pas du tout le cas. 'Charlie Hebdo' est un journal qui a été conspué par tout le monde. Et ce qui est arrivé, on pouvait s'y attendre. On recevait des menaces tout le temps et certains nous disaient qu'on l'avait bien cherché… »

 

Laurent LEGER, grand reporter à CHARLIE HEBDO, rescapé

 

D'autres n'iront carrément pas manifester, à l'image de Laurent Léger, journaliste enquête et investigation de Charlie Hebdo

« Je n'irai pas à la manifestation de dimanche mais je crois que suis le seul de l'équipe de 'Charlie Hebdo' à avoir fait ce choix. Je n'aime pas manifester en général, je pense que 'Charlie Hebdo' peut être absent d'un cortège où il y aura des politiques de tous bords et au sujet duquel il y a eu une polémique avec le FN. Pour autant, je trouve que le mouvement de soutien actuel est formidable et j'espère qu'il y aura beaucoup de monde à manifester dimanche. »
'Charlie Hebdo' a toujours été à part. Maintenant 'Charlie Hebdo' devient mainstream. On s'institutionnalise, pour une semaine ou deux. C'est nouveau. Mais c'est un passage obligé, je ne suis pas contre cela. Et je sais que dans quelques semaines, une actualité en aura chassé une autre et nous serons seuls. (...) On est un peu dépassés : ce n'est pas que pour 'Charlie' que les gens vont défiler. Ça se comprend. »

***

Luz, dessinateur emblématique de l’hebdo, prend la parole pour la première fois, au lendemain de la mort de ses amis et à la veille du grand rassemblement de dimanche.

Dans Les Inrocks, le dessinateur Luz, rescapé de l'attentat du 7 janvier, estime de son côté que « la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé ». Il ajoute :

« C'est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de 'Charlie'. (...) Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort.
On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d'attitude. »
......Hollande ne craint pas l'Etat Islamique

Qu’est ce que tu penses du fait que Manuel Valls n’a pas convié Marine Le Pen au “rassemblement républicain” de demain ?

Je m’en branle.

Est ce que tu as l’impression qu’on essaie de récupérer Charlie ?

Honnêtement, qu’est ce que tu veux récupérer ? Après, il y a ce grand élan. Mais dans un an, que restera-t-il de ce grand élan plutôt progressiste sur la liberté d’expression ? Est ce qu’il va y avoir des aides à la presse particulières ? Est ce que des gens vont s’opposer à la fermeture des journaux ? Des kiosques ? Est ce que les gens vont acheter des journaux ? Que restera-t-il de cet élan ? Peut-être quelque chose. Mais peut-être rien.

Comment allez vous travailler ?

On va continuer à faire nos bonshommes. Notre boulot de dessinateur est de mettre le petit bonhomme au coeur du dessin, de traduire l’idée qu’on est tous des petits bonhommes et qu’on essaie de se démerder avec ça. C’est ça le dessin. Ceux qu’on a tué étaient juste des gens qui dessinaient des bonhommes. Et aussi des bonnes-femmes.

Et c’est beaucoup demander à des petits bonhommes de sauver la République ?

Exactement.

Propos recueillis par Anne Laffeter. (This interview is also available in english)

 Le dessinateur et caricaturiste Willem

Le dessinateur néerlandais Willem, de son vrai nom Bernard Holtrop, a eu les mots les plus durs dans Le Point. Réagissant au soutien du chef de file de l'extrême droite néerlandaise Geert Wilders, il s'est exclamé :

« Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis. »

 

Et pour ce qui est du soutien mondial à son journal :

« Ils n'ont jamais vu 'Charlie Hebd'o. Il y a quelques années, des milliers de gens sont descendus dans les rues au Pakistan pour manifester contre 'Charlie Hebdo'. Ils ne savaient pas ce que c'était.
Maintenant, c'est le contraire, mais si les gens manifestent pour défendre le libre mot, c'est naturellement une bonne chose. »

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/societe/article/2015/01/10/unanimite-des-hommages-a-charlie-un-contre-sens_4553578_3224.html#kJI3hyb5yt9fgirT.99
 
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