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14/01/2019

«Le peuple peut débattre, Jupiter tranchera» : l’opposition charge Macron sur sa lettre aux Français

La lettre d’Emmanuel Macron supposée poser le cadre du grand débat national promis par le chef de l'Etat a été rendue publique. Aussitôt dévoilée, elle a suscité les vives critiques de l’opposition, qui juge l'initiative inutile et insuffisante.

Le chef de l’Etat a adressé le soir du 13 janvier, avec un peu d’avance, sa lettre aux Français alors que la mobilisation des Gilets jaunes connaît un regain depuis le début de l’année 2019. Cette initiative est censée précéder le grand débat national promis par Emmanuel Macron, qui doit débuter le 15 janvier. Et tout comme le grand débat, qui fait face aux critiques avant même son coup d'envoi, le contenu de la lettre présidentielle n'a pas fait l’unanimité au sein de la classe politique. Nombre de ses représentants, de droite comme de gauche, ont fustigé la démarche du locataire de l’Elysée tant sur la forme que sur le fond.

Lire aussi : L'expression «Gilets jaunes» désespérément absente de la lettre d'Emmanuel Macron aux Français

L'opposition de gauche ne mâche pas ses mots 

Le chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a publié une longue déclaration sur sa page Facebook, intitulée Le coup du grand débat, dans laquelle il explique que la démarche du président de la République «confirme l’incompréhension de Macron sur la nature du moment politique en cours». «Imagine-t-on Mai 1968 se terminant dans un colloque décentralisé de cette sorte ?», ajoute le député de Marseille. Sur le fond du texte, il déclare : «Cette lettre sera un flop. Bavarde, sans angle qui souligne les enjeux politique, elle faufile son discours entre les sujets qu’elle aborde de façon erratique. La demande de clarté et de sincérité qui monte du pays se dilue ici dans une dissertation laborieuse et chafouine.»

Jean-Luc Mélenchon
 
@JLMelenchon
 
 

Le grand débat ? Une grande diversion. On refait le débat de la présidentielle mais le gouvernement fixe les conclusions. Rappel : après le « Débat » DOM-TOM et celui sur l'Europe, aucun résultat. La France de est-elle vouée aux bavardages ?

 
 
 

Le député insoumis Eric Coquerel a regretté un débat qui ne permettra pas de revenir sur les principales trajectoires économiques prises par l’exécutif. Si Emmanuel Macron a en effet fait savoir qu’il n’y aurait «pas de question interdite» lors du grand débat, il a prévenu que le gouvernement ne reviendrait pas sur les mesures fiscales déjà adoptées. «Le peuple peut débattre, Jupiter tranchera. Hors sol», s’est insurgé l’élu de Seine-Saint-Denis.

Eric Coquerel
 
@ericcoquerel
 
 

Pas de question interdite mais pas touche aux mesures économiques et fiscales.Pour le reste les questions énumérées par @EmmanuelMacron renseignent sur les décisions qu’il annoncera seul. Le peuple peut débattre,Jupiter tranchera. Hors sol

 
 
 
 
 

Même tonalité du côté de Ian Brossat. Pour l’adjoint communiste au logement à la Ville de Paris, Emmanuel Macron «balaye d’un revers de la main le possible rétablissement de l'ISF». Une revendication qui est, selon lui, «soutenue par 77% des Français».

Ian Brossat
 
@IanBrossat
 
 

"Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises (...) afin d’encourager l’investissement."
En une phrase, balaye d'un revers de main le possible rétablissement de l'ISF, revendication pourtant soutenue par 77% des Français.

 
 

Toujours à gauche, Benoît Hamon n’est pas plus tendre avec Emmanuel Macron. Le chef de file de Génération-s a notamment dénoncé l’absence d’un débat sur «le rôle du président de la République».

Benoît Hamon
 
@benoithamon
 
 

La lettre d'@EmmanuelMacron est explicite. On ne bougera pas la répartition des richesses et il faut continuer à réduire la dépense publique. En matière de démocratie, tous les sujets sont ouverts à la discussion sauf le rôle du Président de la République. Faible et prévisible.

 
 
 
 

Une lettre illisible selon la droite et le RN

A droite, chez Les Républicains (LR), le député Eric Ciotti a dénoncé «une lettre creuse qui n’apporte aucune solution concrète à la colère populaire», tandis que Jean Leonetti, premier vice-président et vice-président délégué du parti, a regretté «des sujets tabous», «des questions orientées» et «une ligne politique maintenue».

Eric Ciotti
 
@ECiotti
 
 

Comme toujours avec @EmmanuelMacron beaucoup de suspens pour pas grand chose. Une lettre creuse qui n’apporte aucune solution concrète à la colère populaire. Les Français ne veulent pas des questions mais des solutions https://www.lepoint.fr/tiny/1-2285444 

 
 
 

 

 

 

Jean Leonetti
 
@JeanLeonetti
 
 

La d’@EmmanuelMacron pour le face aux :
Des sujets tabous
Des questions orientées
Une ligne politique maintenue
Les maires en première ligne
Le flou sur le recueil et l’utilisation des résultats
Tous les ingrédients pour un espoir déçu

 
 
 

 

 

De son côté, le leader de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a exhorté Emmanuel Macron à cesser son «bla-bla».

N. Dupont-Aignan
 
@dupontaignan
 
 

Avec sa , @EmmanuelMacron ne cherche qu'à gagner du temps.

Le seul c'est un sur des décisions concrètes. Assez de bla-bla !

 
 
 

Interrogé par France 3, l'eurodéputé du Rassemblement national (RN) Nicolas Bay a jugé que le président de la République essayait de «gagner du temps face à la colère des Français» : «La lettre de Macron part dans toutes les directions... Il essaie en réalité de gagner du temps face à la colère des Français, avec des questions fermées, orientées», a-t-il dénoncé.

Rassemblement National@RNational_off
 
 

.@NicolasBay_ : "La lettre de part dans toutes les directions... Il essaie en réalité de gagner du temps face à la colère des Français, avec des questions fermées, orientées." @France3tv

 
 
 

Pour sa part, le président des Patriotes Florian Philippot a qualifié la lettre de «longue» et «illisible», estimant que certains «sujets fondamentaux» n'étaient pas abordés, notamment la question de l'Union européenne.

Florian Philippot
 
@f_philippot
 
 

: extrêmement longue, illisible, et surtout des questions souvent fermées, orientées, des sujets fondamentaux absents, rien sur l’UE !...https://amp.lepoint.fr/2285444#click=https://t.co/v8om4Ov1IL 

 
 

 

La majorité salue l'initiative

La député de la 12e circonscription de Paris Olivia Grégoire a loué l’initiative d’un «président qui pose de vrais enjeux sur la table».

Olivia Gregoire
 
@oliviagregoire
 
 

Une dans laquelle je reconnais totalement @EmmanuelMacron
✔️ un président qui pose de vrais enjeux sur la table
✔️ un président qui ouvre toutes les questions notamment celles attendues
✔️ un président qui va rendre compte 2/2

 
279 personnes parlent à ce sujet
 
 

«Dans sa lettre aux Français, Emmanuel Macron pose les bonnes questions et n'évite aucun sujet difficile. Le Grand débat national est l'occasion pour tous de renouer un dialogue respectueux des avis divergents, républicain et responsable», a tweetté Nathalie Loiseau, ministre chargé des affaires européennes auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères.

Nathalie Loiseau
 
@NathalieLoiseau
 
 

Dans sa @EmmanuelMacron pose les bonnes questions et n'évite aucun sujet difficile. Le est l'occasion pour tous de renouer un dialogue respectueux des avis divergents, républicain et responsable.

Léché, lâché, lynché... Juan BRANCO désosse MACRON

Léché, lâché, lynché. La règle des trois « L » est bien connue parmi ceux qui connaissent gloire et beauté. C’est ce qui arrive à Emmanuel Macron. Hier, le beau monde des médias le léchait avec ravissement, et voilà qu’aujourd’hui le peuple demande sa tête au bout d’une pique. Le petit prodige est devenu le grand exécré.

Rien d’étonnant, les riches l’ont embauché pour ça, il est leur fondé de pouvoir, il est là pour capter toute l’attention et toutes les colères, il est leur paratonnerre, il est leur leurre, en somme. Tandis que la foule hurle « Macron, démission », ceux du CAC 40 sont à la plage. Un excellent placement, ce Macron. De la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune à la « flat tax » sur les revenus des capitaux, de la baisse de l’impôt sur les sociétés à la loi Travail qui facilite les licenciements, il n’a pas volé son titre de président des riches.

Mais pourquoi lui ? Comment est-il arrivé là ? À quoi ressemblent les crabes du panier néolibéral d’où est sorti ce premier de la classe ? Une caste, un clan, un gang ? Le cercle du pouvoir, opaque par nature, suscite toujours fantasmes et complotisme aigu. Il est très rare qu’une personne du sérail brise l’omerta.

Juan Branco vient de ce monde-là. Avocat, philosophe, chercheur, diplômé des hautes écoles qui fabriquent les élites de la haute fonction publique, à 30 ans il connaît ce monde de l’intérieur. Sur son blog, il publie « CRÉPUSCULE », une enquête sur les ressorts intimes du pouvoir macroniste et ses liens de corruption, de népotisme et d’endogamie, « un scandale démocratique majeur : la captation du pouvoir par une petite minorité, qui s’est ensuite assurée d’en redistribuer l’usufruit auprès des siens, en un détournement qui explique l’explosion de violence à laquelle nous avons assisté. [1] »

Un entretien de Daniel Mermet avec Juan Branco, avocat, auteur de Crépuscule (2018).

12/01/2019

GILETS JAUNES : AILLEURS QU"A LA T.V. ...

 
 

REVUE DE PRESSE GILETS JAUNES

Cette journaliste a honte de ses confrères

10/01/2019

Un CRS témoigne : on nous donne l’ordre de laisser casser pour que le mouvement devienne impopulaire

 
 
« IL Y A LA VOLONTÉ QUE LES COLLÈGUES SE LÂCHENT »

Vendredi, 7 Décembre, 2018

Le mouvement des gilets jaunes ébranle les forces de police. Certains fonctionnaires, comme Martin, CRS, ont décidé de se mettre en arrêt maladie pour ne plus se sentir du mauvais côté de la barricade.

Martin (1) est CRS depuis de nombreuses années. Des manifestations et des interventions parfois violentes, il en a connu un nombre incalculable. Malgré des conditions de travail difficiles et des doutes occasionnels, il a toujours appliqué les directives avec discipline et obéissance, comme le veut la profession. Mais la réponse policière aux manifestations de ces dernières semaines ordonnée par le ministère de l’Intérieur l’a tellement écœuré qu’il a préféré se mettre en arrêt maladie pour ne plus cautionner cette répression aveugle. « Je ne me voyais pas taper sur des gens qui n’ont rien fait. L’usage de la force est censé être proportionné. Même si ce terme est subjectif, ça veut dire qu’on n’a pas le droit de tout faire. Or, quand on nous dit de gazer sans sommation des lycéens qui manifestent pacifiquement, c’est un ordre illégal. Dans le mouvement des gilets jaunes, ce ne sont plus des groupes de casseurs bien identifiés qu’on a en face de nous, c’est le peuple : des gens qui ont un réel combat ou même qui se retrouvent en situation de légitime défense face à la police », s’insurge-t-il.

« On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même violence sociale... »
D’après lui, il y a une réelle volonté politique de jeter de l’huile sur le feu. « Quand on voit dans les comptes rendus opérationnels le nombre de lacrymos ou de Flash-Ball utilisés, on est à des niveaux exceptionnels, alors qu’on a vécu des manifestations beaucoup plus dangereuses pour nous où on avait interdiction d’utiliser les lanceurs de balles de défense (nom officiel du Flash-Ball – NDLR) », affirme-t-il. « Et ça, ce sont des décisions qui viennent du ministère de l’Intérieur », souligne-t-il. En parallèle, « aucune consigne de mesure n’est donnée aux CRS, contrairement à d’autres manifestations où on nous met la pression. Là, il y a une volonté que les collègues se lâchent », estime-t-il. D’autant que l’état physique des fonctionnaires de police n’arrange pas vraiment les choses. « Quand on doit se lever à 2 heures du matin pour rejoindre sa compagnie à 3 heures et être sur les Champs-Élysées de 7 heures du matin à 22 heures, c’est sûr qu’on est épuisé et qu’on n’a plus le même discernement ni le même self-control », rappelle-t-il.

Et ce n’est pas la prime promise par Emmanuel Macron qui suffira à apaiser les tensions. « Tous les collègues auxquels j’en ai parlé se sont sentis insultés. On l’a ressenti comme si c’était un susucre qu’on nous donnait pour qu’on ferme notre gueule et qu’on aille faire le sale boulot », lâche-t-il. D’après lui, le mouvement des gilets jaunes a fait naître des débats inédits dans sa compagnie. « Certains taperaient sur père et mère si on leur en donnait l’ordre. Mais il y a une vraie crise existentielle pour d’autres. On se demande si notre devoir ne serait pas d’être avec le peuple. On subit la même violence sociale en termes de salaire, et on est doublement victimes de l’autoritarisme de l’État parce qu’en plus c’est notre patron et qu’on est muselés », souligne le fonctionnaire, qui a observé plusieurs arrêts maladie dans sa compagnie ces derniers jours. « Il ne manque pas grand-chose pour que les flics refusent de retourner en manif la prochaine fois », estime-t-il.

Concernant le revirement annoncé dans la stratégie de maintien de l’ordre mise en place par la préfecture de police de Paris – d’un dispositif plus statique samedi dernier à celui prévu comme plus mobile et offensif pour ce samedi –, Martin estime qu’il s’agit là d’une « décision politique habituelle ». « C’est ce qui a été fait lors des dernières manifestations contre la loi travail ou le 1er Mai : on nous donne l’ordre de laisser casser pour que le mouvement devienne impopulaire, et la fois d’après on y va fort parce que l’opinion publique attend une réaction de répression policière. »

(1) Le prénom a été modifié.

Aya Lafargue

Un CRS témoigne : on nous donne l’ordre de laisser casser pour que le mouvement devienne impopulaire

Publié le par FSC

SOURCE : L'Humanité

 http://www.frontsyndical-classe.org/2018/12/un-crs-temoigne-on-nous-donne-l-ordre-de-laisser-casser-pour-que-le-mouvement-devienne-impopulaire.html

 
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