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01/11/2010

DANS LES AURES.. un 1er novembre 1954

 


J'ai été, dans mon enfance, marquée par la Guerre d'Algérie

comme je l'avais été par la guerre d'Indochine.

Les enfants ont des oreilles et les miennes retenaient facilement ces pans de l'Histoire

que certains, aujourd'hui, ignorent encore et que d'autres ont occultés.

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Je ne rate jamais l'occasion d'acheter un livre ou de regarder un film, un documentaire sur le sujet.

 

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L'histoire

En 1956, pendant la guerre d'Algérie. Trois jeunes appelés, March, Charpentier et Dax, se retrouvent dans un bataillon disciplinaire. Ce sont des fortes têtes que le commandant Lecoq doit reprendre en main pour former une unité d'élite. Pris dans l'engrenage de la guerre, de la torture et des morts, ces réfractaires vont devenir, malgré eux, des as de la chasse aux fellaghas, des tueurs...

A propos du film

La sécurité militaire a tenté par tous les moyens d'empêcher le tournage de R.A.S, un des premiers films français à avoir abordé la guerre d'Algérie. Mais c'était sans compter sur la détermination de son réalisateur Yves Boisset qui, seulement dix ans après la fin du conflit,  livrait un réquisitoire sans concession sur cette « guerre sans nom » et ses appelés. On n'a ici aucune peine à ressentir la verve antimilitariste du cinéaste, mise en relief par les aspects cruels et déshumanisants de cette guerre coloniale. Emmené notamment par Jacques Weber et Jean-François Balmer, jeunes acteurs alors inconnus et futurs grands noms du cinéma hexagonal, ce film nerveux en forme de témoignage marque également les débuts à l'écran d'un certain Jacques Villeret. Controversé, mis à l'index par la censure, interdit aux moins de 16 ans ainsi que dans certaines municipalités, R.A.S, sorti discrètement en plein été 1973, connaît cependant un franc succès (et ce malgré quelques incidents terroristes survenus dans certaines salles).

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Il me semblait utile de rappeler cette double guerre civile, inutile, à l'occasion de la  nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954 en ALGERIE -alors colonie française-, au cours de laquelle ont eu lieu une trentaine d'attentats à l'initiative du Front de Libération Nationale (F.L.N.) et de sa branche armée.

 

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Extraits :

"D'Octobre 1953 à octobre 1954, fomentés par des jeunes nationalistes, las d'attendre l'arme au pied un hypothétique ordre d'insurrection, 53 attentats majeurs frappent l'ALGERIE. Ignorés par la presse qui les classe dans la rubrique faits divers, ils vont du déraillement de train à  l'assassinat de gardes forestiers et de représentants des forces de l'ordre".

"Pour les chefs du F.L.N. encore dans l'ombre, il est tant d'agir. Le choix de la guerre de libération, entraînant la masse de gré ou de force, est adopté. ...La population est le véritable enjeu de cette guerre d'ALGERIE, conflit avant tout politique".

 

A la frontière tunisienne et dans les Aurès, des renseignements signalent, en août 1954, la formation de fellagha algériens, fellagha, signifiant "coupeurs de route"."


"En visite en ALGERIE, entre le 16 et le 22 octobre

le ministre de l'Intérieur François MITTERRAND promet des réformes

Mais l'heure n'est plus aux discours"

 

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extraits de l'Introduction "Algérie de 1945 à 1954" par J.Charles AUFFRET,

professeur des universités à l'Institut d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence

 

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Extraits

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Extraits


Ainsi, en ce 1er novembre 1954, quand éclate la nouvelle d'attentats dans l'AURES, le gouvernement ne perd pas son sang-froid. On se calme. On se calme ! le communiqué transmis à L'A.F.P. par le Ministre de l'Intérieur, François MITTERRAND, est bref et précis :

"Un certain nombre d'attentats ont eu lieu cette nuit en plusieurs points d'ALGERIE. Ils sont le fait d'individus ou de petits groupes isolés. Des mesures immédiates ont été prises par le gouverneur de l'ALGERIE et le Ministre de l'Intérieur a mis à sa disposition des forces de police supplémentaires. Le calme le plus complet règne dans l'ensemble des populations."

Le calme le plus complet ... A cela près qu'une longue et sanglante guerre vient de commencer. Elle durera 8 ans."


Commence 8 ans d'une guerre sanglante

et trois mois d'une drôle de paix ponctuée par les coups de mitraillette et de plastic de l'O.A.S.

des centaines de milliers de morts et de suppliciés,

un pays dévasté

les souffrances et le combat d'un peuple qui s'est levé pour avoir une patrie

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Dès le lendemain des opérations armées dans l'Aurès, Léon FEIX écrit un éditorial dans l'Humanité : "L'emploi massif de la force vers laquelle on s'oriente ne résoudra rien. La seule solution c'est de faire droit aux légitimes revendications à la liberté des peuples".

Le 5 novembre, Raymond GUYOT, membre du bureau politique du P.C.F., déclare : "Les colonialistes semblent croire à l'éternité de leur domination ; mais il faut bien voir qu'un vent d'indépendance souffle de plus en plus fort dans les pays soumis à la domination colonialiste, comme en ont témoigné et en témoignent notamment les évènements de TUNISIE, du MAROC et d'ALGERIE. La seule position juste et raisonnable consisterait à reconnaitre aux peuples coloniaux le droit à l'indépendance".

 

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François MITTERRAND, répond "L'ALGERIE C'EST LA FRANCE !"

"Tous ceux qui soutiennent des revendications nationales en ALGERIE sont des ennemis à qui nous devons faire la guerre... La seule négociation c'est la guerre" (5 novembre 1954)

"Il n'y a des FLANDRES au CONGO que la loi, une seule nation, un seul Parlement." (12 novembre 1954)

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MENDES-FRANCE, Président du Conseil,

"Qu'on n'attende de nous aucun ménagement à l'égard de la sédition, aucun compromis avec elle..."

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En attendant, sur le terrain, la "pacification" déploie ses fastes au nom des droits de l'homme occidental. Les opérations militaires cèdent le pas à la multiplication des ratissages (quel joli mot !) et des zones interdites, à l'ouverture de camps de concentration, aux bombardements et à l'incendie de mechtas, à la torture et aux exécutions.

La civilisation est en marche.

On sème la terreur dans la population pour la décourager de soutenir le F.L.N.

 

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L'humanité n'est pas la caractéristique principale d'une guerre, quelle qu'elle soit, mais il faut bien reconnaître que dans la cruauté et l'horreur, celle d'ALGERIE se situe aux premiers rangs. Sans doute parce qu'elle est faite à tout un peuple, jugé complice des combattants.

D'où l'utilisation des bombardements de l'artillerie et de l'aviation non seulement contre les colonnes rebelles, mais aussi contre les villages, les mechtas considérées comme douteuses.

"Survolez la petite Kabylie, les villages n'ont plus de toit",

indique une directive de l'aviation

 

 

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"Le 30 juillet 1957, l'Humanité est saisie pour la huitième fois depuis le début de la guerre. Le motif ? Elle a publié une lettre du journaliste communiste Henri ALLEG, ancien directeur d'ALGER REPUBLICAIN. Il a été arrêté, emprisonné dans l'immeuble d'El Biar et torturé par une équipe d'officiers dont je taira le nom par un reste de charité chrétienne. "Personne n'en saura rien", lui disent ses bourreaux qui projettent sans doute, n'ayant pu lui arracher aucun renseignement, de le liquider physiquement. Ils se trompent. La saisie de l'Humanité aura cette fois la conséquence inverse de celle qu'ont souhaitée ses auteurs"

Large émotion dans l'opinion

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D'autant plus que l'affaire se conjugue avec la disparition de Maurice AUDIN.

 

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En 1957, Maurice Audin, assistant de mathématiques à l'Université d'Alger, était arrêté, torturé et "disparaissait " au cours d'une "évasion ". A ce jour sa famille ne connaît toujours pas le sort réservé à Maurice Audin, mort à la suite des tortures. Les plus hautes autorités civiles et militaires françaises ont toujours couvert les responsables de ce forfait.

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En février 1958 paraît la QUESTION (livre que j'ai eu le privilège de lire en 3ème, prêté "sous le manteau "par un professeur d'Economie d'Université, rétrogradé au Collège, - on se doute pouquoi-). C'est le poignant récit par H. ALLEG de ses tortures, écrit dans sa prison, remis feuillet par feuillet à ses avocats...

60 000 Exemplaires sont diffusés en quelques semaines. Le gouvernement GAILLARD ordonne la saisie, le 27 mars, de ce témoignage d'autant plus subversif qu'il dit la vérité. Mais cette décision soulève une tempête d'indignation. Quatre prix NOBEL, SARTRE, MALRAUX, MAURIAC et MARTIN DU GARD, signent en commun le 17 avril une lettre de protestation au président de la République.


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Le prix du sang, des centaines de milliers d'Algériens l'ont payé. Et aussi les jeunes soldats français envoyés dans une guerre qu'ils n'avaient pas voulue : vingt et un mille d'entre eux y sont morts à vingt ans et beaucoup de ceux qui en sont revenus ont aujourd'hui du mal à oublier le violent traumatisme qu'ils ont subi.

Au chapitre des dommages et des occasions manquées, il faut noter encore le sort dramatique et lamentable des harkis, rejetés par leur peuple et abandonnés par ceux qui , profitant souvent de leur misère, en ont fait des auxiliaires du pouvoir répressif colonial. Plus victimes que coupables dans leur majorité.

A ce même chapître, le pathétique exode des Européens d'Algérie qui quittent presque tous le pays où ils sont nés, au cours de l'été 1962"


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mon prochain achat sera celui-là

 

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Présentation de l'éditeur

Véritable somme consacrée à la guerre d'Algérie, ce livre rassemble les travaux de plus de vingt historiens. Pour la première fois contribuent ainsi côte à côte des historiens français et algériens, qui reviennent sur les principaux acteurs du conflit, sans laisser dans l'ombre les sujets de controverses -conflit entre le FLN et messalistes du MTLD, massacres de harkis. Cet ouvrage éclaire aussi des points moins connus de l'histoire de la guerre d'Algérie, comme le rôle des femmes ou encore les luttes d'influence à l'intérieur de l'armée française. Enfin, il accorde une place substantielle à l'étude des expressions culturelles suscitées par la guerre, à l'institution des mémoires, au chantier des archives.

Biographie de l'auteur

Ancien membre du FLN, Mohammed Harbi est historien et a été professeur à l'université Paris VIII. Il a consacré de nombreux ouvrages à l'histoire du FLN. Benjamin Stora est spécialiste de l'histoire de la guerre d'Algérie et de sa mémoire. Il est professeur à l'Inalco.

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LE FILM dérangeant

QUE JE NE VEUX PAS MANQUER

"HORS-LA-LOI"

sorti en salle le 22 septembre


Une levée de boucliers avant même sa projection
On s'en doute !

D'autant plus envie de le voir

 

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Que voulez-vous !?

Cette histoire, je l'ai en moi depuis mon enfance

Ceci explique peut-être cela

 

 


 

 

23/10/2010

Les C.R.S. chargent les pompiers

dans mes mails ce matin

 

QUI A DONNE L'ORDRE ?

 

INACCEPTABLE

 

Suite a la manifestation "pacifiste" des pompiers des Alpes maritimes revendiquant la reconnaissance de métier a risque et pénibilité du métier pour la réforme des retraites

les C R S ont chargé les pompiers violemment ,

le pompier a terre sur la photo a pris un coup de matraque dans la tête sans raison transporté inconscient a l'hopital de Nice . Il se réveillera dans l'apres midi ,

5 pompiers en garde a vue.


Une violence inouïe face a des pompiers avec qui ils ont l' habitude de travailler ,

une perte de sang froid totale a provoqué un excès de violence chez ces individus que nous ne regarderons plus jamais de la même façon. Inacceptable pour nous de voir ce genre de pratique .

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Les ordres viennent de la France d'en haut
dans les salons de l'Elysée

La poignée qui dicte sa loi, elle est là
Nantis, privilégiés


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Hier, j'entendais un auditeur sur une Radio :

"Ils  n'ont qu'à envoyer les tanks !"

comme à Tien - an -Men a répondu l'animateur radio ?

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Pour la petite histoire

Maman me disait toujours, en parlant des C.R.S. : "ils tueraient père et mère"
ce qu'a confirmé hier un auditeur

-Ah non ! quand même pas ! répondit le journaliste

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Autrefois, il devaient faire le serment qu'ils tueraient, si nécessaire, père et mère,

mais je crois que ça a été annulé

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Vrai que nos parents en ont connu d'autres, ils savaient de quoi ils parlaient.

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EN 1948

La grève commença le 4 octobre et ne prit fin que le 29 novembre. Elle fit l’objet d’une répression immédiate.
Dans la nuit du 3 au 4 octobre, le ministre socialiste Jules Moch fit occuper les mines de charbon de Lorraine où, dès le 4 octobre, la chasse aux grévistes fut organisée.
Le jeudi 7 octobre, le mineur Jansek, de Merlebach est assassiné, massacré pourrait-on dire, par les CRS. 25 000 personnes l’accompagneront à sa dernière demeure.
Le 12 octobre, les mineurs de fer de l’Est et les sidérurgistes qui avaient commencé la grève déjà depuis 22 jours, obtiennent 26 % d’augmentation de salaires. Les mineurs reprennent le travail avec l’accord de la Fédération nationale.
Le 14 octobre, le bureau de la FNSS décide la suspension pour 24 heures des équipes de sécurité afin d’obtenir le retrait des forces de police des bassins.
Cela s’est révélé être une erreur, car ce mot d’ordre fut présenté par les médias comme un abandon total de la sécurité et servit de prétexte à intensifier la répression.
Le 18 octobre, le bassin de la Loire est envahi par les forces de l’ordre.
Le 19, les CRS investissent les camps où sont logés les mineurs Nord-Africains travaillant en Lorraine. Ils cassent tout dans les baraquements et conduisent les ouvriers de force à la mine. Cela se reproduira dans plusieurs bassins.
Le 20 octobre, 20 000 mineurs manifestent à Béthune et obtiennent la libération de 8 emprisonnés dont le docteur Versquel.
Le 21 octobre, à Firminy, les CRS tirent et tuent le mineur Antonin Barbier. Le mineur Goïo, blessé par balle dans cette fusillade, décédera le 19 novembre 1951.
Le 22 octobre, les 7 puits de Montceau-les-Mines sont réoccupés par les grévistes qui font prisonnier une bonne centaine de CRS, dont un Colonel et un Commandant. Les prisonniers sont libérés le lendemain.
Le même jour, au puits Reumaux et Cuvelette, en Lorraine, ce sont des soldats qui sont faits prisonniers par des grévistes réoccupant leur puits.
Le conseil des ministres aggrave la répression en donnant l’autorisation aux forces de l’ordre de tirer, (ce qu’elles avaient déjà fait dans la Loire), en décidant également l’expulsion des travailleurs immigrés qui manifestaient et en rappelant des soldats et gendarmes réservistes.
Le 23 octobre, 24 correspondants et photographes de presse français et étrangers signent une déclaration contredisant l’affirmation du ministre F.Mitterrand, selon laquelle les grévistes auraient tiré les premiers sur les CRS dans la Loire, lors de l’assassinat de Barbier deux jours auparavant.
A Firminy, 30 000 personnes ont assisté aux funérailles d’Antonin Barbier.
Un mandat d’amener est lancé contre René Ribière, secrétaire de la FNSS. Arrêté en décembre, il sera condamné à 4 mois de prison.
26 octobre : les forces de répression envahissent le bassin du Gard. Le maçon Max Chaptal, qui manifestait avec les mineurs, est tué par une balle de mitrailleuse tirée par le Char Turenne. Il y a également 8 blessés graves.
Le lendemain, 27 octobre, 15 000 personnes assistent à ses obsèques. Un chiffre qui aurait été beaucoup plus élevé, s’il s’était écoulé plusieurs jours entre l’assassinat et les funérailles.
5 novembre : des CRS ivres blessent 12 mineurs à Auchel dans le Pas de Calais, et rossent un commissaire de police.
8 novembre : différentes manifestations dans le Nord-Pas de Calais regroupent 50 000 personnes, en dépit des interdictions.
9 novembre : tous les administrateurs CGT des CA des Houillères de Bassins sont révoqués. Ceux des Charbonnages de France l’avaient déjà été.
10 novembre : sur proposition de Daniel Mayer, ministre socialiste du Travail, le gouvernement décide de suspendre les allocations familiales aux mineurs en grève.
Cette décision provoque un tel tollé qu’elle est de suite abrogée. Mayer sera, quelques années plus tard, président de la Ligue des droits de l’Homme !
16 novembre : débat à l’A.N sur le financement des partis politiques.
18 novembre : une réunion publique à Arras dans le Pas de Calais, avec la participation d’Henri Martel est interrompue par le commissaire de police et les CRS qui envahissent la salle.
Le même jour, cinq mineurs polonais de Carmaux, dans le Tarn, sont expulsés vers la Pologne.
20 novembre : des mineurs se rendant aux lavabos de la Beraudière, dans la Loire, pour discuter avec des ouvriers ayant repris le travail, sont l’objet de coups de feu tirés par les gendarmes. Trois d’entre eux sont blessés.
Mais rien n’y fait : la détermination des mineurs est telle que le gouvernement doit céder au moins sur un point et le 25 novembre, les retraites minières sont augmentées de 25 %.
La solidarité, je vais en reparler, permet de comptabiliser, le 26 novembre, 300 millions de Francs de souscription en faveur des mineurs.
27 novembre : la Reine de Belgique adopte un enfant de mineur français.
Enfin, le lundi 29 novembre c’est la reprise du travail.
J’ai conscience que cette courte énumération ne peut donner une idée exacte de ce qui s’est précisément déroulé dans les bassins miniers.
C’était la guerre. Jules Moch, lui-même, a déclaré dans ses mémoires : « Il y a eu exactement 48 900 soldats dont 35 000 dans le Nord pas de Calais… En y ajoutant CRS, garde républicaine, gendarmes et police urbaine, on atteint pour toute la France un total de 60 000 hommes engagés dans ces opérations » (fin de citation).
Les bassins miniers étaient en état de siège. Réunions et manifestations étaient interdites ; des camarades qui faisaient le porte à porte pour distribuer des fonds de solidarité ont été arrêtés et l’argent confisqué.
Les CRS agissaient en règle générale, avec brutalité. Certains médias aux ordres du pouvoir appelaient au meurtre des dirigeants de la Fédération des mineurs.
Dans le journal l’Epoque du 21 octobre 1948, un article signé Frédéric Vauthier déclarait : « M. Queille, M.Moch : bombardez les quartiers généraux ! Atomisez-les ! »

www.fnme-cgt.fr


je sens que ça frétille ... Il y en a qui voudraient bien ..

*

*

En août 1968, nous étions partis rejoindre mon père à Monthermé, dans les Ardennes.

On sonne à la porte.

"Bonjour !"

"Bonjour !"

Papa fait les présentations. "Ma fille, mon gendre"

"Un cousin éloigné, Untel, C.R.S., lequel venait annoncer la naissance de son premier enfant"

Et moi, encore imprégnée de mes trois semaines de grève dans les P.T.T. je regarde J.P

et lui dis : "Un C.R.S. ... J.P. , ça te fait rire ?"

Pourquoi cette réflexion aussi sotte que grenue, je me le demande encore aujourd'hui.

le bougre me répond sur un ton sec : "Non, un C.R.S. ne m'a jamais fait rire !"

Voulant détendre l'atmosphère par correction pour mon père qui souhaitait l'inviter à dîner

je fais ma maligne et lui demande :

"Maintenant que vous nous connaissez tous les deux ;

nous nous trouvons devant vous en manif, qu'est-ce que vous faites ?"

Il n'oserait tout de même pas ?


***

beauf ! beauf ! beauf !

Que répond-il à la Miche ?

- Oh vous savez hein ! on baisse la visière et on fonce, on ne voit plus personne !

***

Bon, bon on a compris. Je vais trouver mon père dans la cuisine et je lui glisse discrètement à l'oreille :

"Papa, il n'est pas question que tu l'invites, je ne le veux pas à la table. Il n'a pas essayé de bluffer,

de mentir pour me faire plaisir. Même pas d'humour !"

Mon gentil Papa, à contre-coeur, -un cousin éloigné, c'est quand même la famille -,

trouve une excuse pour ne pas le garder à manger.

****

Le C.R.S. est reparti comme il était venu

et quelques semaines plus tard, mon père confirmait :

"Tu avais raison, c'est un con !"

 

*****

 

 

 


22/10/2010

les fusillés du 22 octobre 1941

http://www.amicale-chateaubriant.fr/ .. Extraits .. photos ..

Jacqueline Timbaud avait 13 ans. Elle vivait à Paris avec sa mère :

« le 22 octobre 41 ma mère m’avait dit : « Tu vois ; on a tué un allemand à Nantes et j’ai bien peur qu’ils viennent prendre des otages à Châteaubriant mais si tu reçois une lettre ...(parce que ma mère avait pensé que c’était le 20 octobre qu’on aurait tué tout de suite des otages)... si tu reçois une lettre de ton père ça voudra dire qu’il est encore vivant que ce n’est pas pour cette fois-ci... Donc le jeudi 23 octobre ma mère est partie chercher son pain... Elle voit que le boulanger lui parle peu et elle ne comprend pas.... Puis elle va travailler en marchant jusqu’au métro « Pyrénées » ; elle arrive et elle voit ses collègues faire la tête. Elle s’interroge un peu...

Moi j’étais à la piscine. J’arrive à la maison avant maman. Je vois le courrier... Une lettre de mon père : toute heureuse je me mets à chanter ! L’amie d’enfance de ma mère m’entendant chanter vient en pensant « Jacqueline ne sait rien ! » Elle part sans rien me dire. Maman arrive. On mange. Soudain on frappe à la porte et on voit la femme de Jean Billet également interné à Choisel qui habitait à côté de chez nous ... Elle arrive en pleurs ... Jean savez pas : » ...parce que mon père on l’appelait aussi Jean ...(comprenait pas ...Jean qu’est-ce qu’il y a ? Il est malade ?

- Vous savez pas ?

- Non quoi ?

- ... ils l’ont fusillé !

- Ben... qui ? Ils ont fusillé qui ?

- Ben... ton mari qu’elle dit à maman !

Alors là on a été complètement... tout le monde le savait... personne n’avait eu la force de nous le dire... Après on a été directement chez la femme de Charles Michels on a pu parler ensemble de nos morts... et c’est comme ça que nous avons appris la mort de mon père. Le ministère ne nous a averties qu’au bout d’un mois et demi... »

Source : « 50 otages - Mémoire sensible » - Etienne GASCHE - Editions « Petit Véhicule - Nantes »


*

 

Le 22 octobre à midi, toutes les baraques sont consignées avec un gendarme devant chaque porte. Le fusil mitrailleur est placé devant la baraque 6.

Mercredi 22 à midi, baraque 19 à 13h30. Les gendarmes arrivent en ordre vers la baraque et l’adjudant poste ses hommes à l’intérieur du camp P2, tout le long des barbelés.

A ce moment les allemands arrivent suivis par le lieutenant TOUYA.

Les cœurs se serrent mais aucun des 22 présents n’a peur.

Le lieutenant TOUYA prononce ces mots :

« Salut, messieurs, préparez-vous à sortir à l’appel de votre nom. » 16 noms sont prononcés.

11 internés seront encore appelés dans différentes baraques, dont Guy MOQUET, à la baraque 10 et GARDETTE, malade à l’infirmerie, le dernier.

Tous sont dirigés vers le camp P2, baraque 6.

La baraque 6

Chaque otage reçoit alors une feuille de papier et une enveloppe pour la dernière lettre à sa famille. L’abbé MOYON, mandé par les autorités arrive dans la baraque, le curé de Châteaubriant n’ayant pas voulu venir au camp. Aucun condamné n’accepte le ministère de l’abbé, mais celui-ci prend la correspondance et les objets destinés aux familles. Eugène KERIVEL est autorisé à faire ses adieux à sa femme, internée comme lui dans le camp.

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L’abbé MOYON sortira quelques minutes avant les otages. Les allemands lui interdirent de les accompagner sur le lieu du supplice.

Sur les planches de la baraque 6, les condamnés ont inscrit leur dernière pensée concernant l’idéal pour lequel ils ont lutté.


A 15 h 15 les camions sont arrivés pour le transport des 27 otages. Dès leur départ ceux-ci chantent la Marseillaise. A ce moment tous les internés forcent les portes de leurs baraques, et dans un élan unanime ils se rassemblent et chantent une vibrante Marseillaise, en réponse à celle de leurs camarades qui vont être fusillés, « La Marseillaise, reprise, si scandée, jaillissante. Ah ! Ce n’est pas la Marseillaise des psalmodies officielles. C’est à nouveau la Marseillaise des combats, de la bravoure, de l’héroïsme, des victoires, la Marseillaise vengeresse de 93 et des grands jours de l’histoire nationale. »

Les internés sont avisés que leurs compagnons seront fusillés par 9 en trois fois, à 15 h 45, à 16, et à 16 h 15.

La dernière salve est entendue au camp. Un silence absolu règne. Tous les internés pensent à leurs compagnons qu’ils côtoyaient chaque jour et qu’ils ne reverront plus. L’appel aux morts est prononcé par Henri GAUTIER. A chaque nom, un autre interné répond « fusillé »

Le lieu de cette tragédie fut une carrière de sable aménagée spécialement à 2 km du camp. Le long de la paroi nord, devant un rideau d’ajoncs et de genêts, 9 poteaux furent plantés de 5m en 5m.

 

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AUFFRET Jules, 39 ans
BARTHELEMY Henri, 58 ans
BARTOLI Titus, 58 ans
BASTARD Maximilien, 21 ans
BOURHIS Marc, 44 ans
DAVID Emile, 19 ans
DELAVACQUERIE Charles, 19 ans
GARDETTE Maurice, 49 ans
GRANDEL Jean, 50 ans
GRANET Désiré, 37 ans
GUEGUIN Pierre, 45 ans
HOUYNK KUONG, 29 ans
KERIVEL Eugène, 50 ans
LAFORGE Raymond, 43 ans
LALET Claude, 21 ans
LEFEVRE Edmond, 38 ans
LE PANSE Julien, 34 ans
MICHELS Charles, 38 ans
MOQUET Guy, 17 ans
PESQUE Antoine, 55 ans
POULMARC’H Jean, 31 ans
POURCHASSE Henri, 34 ans
RENNELLE Victor, 53 ans
TELLIER Raymond, 44 ans
TENINE Maurice, 34 ans
TIMBAUD Pierre, 31 ans
VERCRUYSSE Jules, 48 ans

 

 

 

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HUMANITE DIMANCHE .. Jeudi 21 octobre 2010
lls méritaient bien une note de rappel


 

21/10/2010

A QUI PROFITE LE CRIME ?

RETRAITES PAR CAPITALISATION

 

L'un saborde la retraite par répartition, l'autre empoche la retraite par capitalisation

Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites

Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris en 40 et 110 milliards d’euros.

« Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... » Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.

Nicolas Sarkozy veut-il vraiment sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle.

Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation au détriment de l’actuel système par répartition.

Du sur mesure pour les banques et sociétés d’assurance, en particulier Malakoff Médéric, un groupe issu de la fusion en 2008 de Malakoff et de Médéric, qui est devenu dès sa création le premier groupe paritaire de protection sociale en France, avec plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

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CECI EXPLIQUE CELA

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    Alors que le Sénat planche sur le dernier volet du texte concernant l'épargne retraite, les sénateurs de gauche ont dénoncé la tentative du gouvernement de vouloir développer la retraite par capitalisation au détriment de la retraite par répartition, parlant de "basculement systémique".

    "Un véritable gâteau financier"

    La semaine dernière, le site Médiapart a souligné que la réforme des retraites pourrait favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric  dont le délégué général n'est autre que Guillaume Sarkozy, le frère du chef de l'Etat . Il a aussi montré comment le frère du chef de l'Etat s'est allié avec des acteurs publics ou semi-publics pour se lancer à la conquête d'un marché prometteur.


    La réforme « va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition » et sera donc « propice à l'éclosion de ces grands fonds de pension qui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près ». Parmi lesquels figure le groupe Malakoff Médéric.


    "L'un asphyxie la retraite par répartition

    tandis que l'autre jette les bases de la retraite par capitalisation!"

    *****

    *

     

    "Cette société n'aurait jamais vu le jour sans l'appui de l'Elysée", écrit Médiapart. En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. Pour sa part, la Caisse nationale de prévoyance (CNP) est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d'Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée.

    En outre, la Caisse des dépôts gère le Fonds de réserve des retraites. "Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation?", demande Médiapart.

     

    Un petit coup de pouce pour aider le business du frangin ...

     

    ****

    Cette nuit, un amendement sur la retraite à points a été votée au Parlement.

    BRAVO !

    Des gens à très hauts revenus vont pouvoir se l'offrir

    et les autres vont tirer la langue jusqu'à ...67 ans ?

     

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    ***

    Comme le rappelle MELENCHON

    IL Y A DES ELECTIONS A VENIR

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    *

    Pas obligés d'être d'accord les amis

    Mais moi je suis en parfaite harmonie avec moi-même

    pfff

    Je me regarde avec tendresse dans mon miroir en ce moment

    pfff

    **

     

     

    09/10/2010

    BREL et la colombe

    9 octobre : anniversaire de la disparition de Jacques BREL

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     Alors ce fut l'occasion de réentendre quelques chansons du grand Jacques et de me replonger dans le passé ; un passé que j'ignorais complètement concernant son attitude sacrément courageuse pendant la guerre d'Algérie. Oser se montrer solidaire de la souffrance du peuple algérien, solidaire des appelés du contingent qui refusaient de faire cette sale guerre, en composant une chanson contre la guerre en Algérie, il fallait le faire.

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    *
    *

    "Brel a une longue histoire avec la guerre d´Algerie. Durant la visite de Brel en Algérie en 1954,il fut contacté par les dirigeants du CRUA, qui deviendra plus tard le FLN qui lui ont exposé la justesse de leur combat pour la liberté ; Brel a montré bien sa compréhension.

    Des ultras au courant de cette entrevue, avaient longuement scandé"Algerie Francaise"au cours de son concert,il a eu simplement cette réponse:"je m´en fous,je suis Belge".

     C´est durant cette visite qu´il a rencontré Jojo, Georges Pasquier de son vrai nom qui exercé dans le pétrole au Sahara. Il abandonnera sa carrière pour l´amitié de Brel,amitié que beaucoup compareront à celle de Damon et Pythias de l´antiquité.

    Jojo deviendra le confident de Brel,son chauffeur,son régisseur,son homme de confiance,son ami le plus proche et le plus intime.

    En 1956 et en pleine guerre d´Algerie,Brel écrira et composera "Quand on a que l´amour"; chanson qui sera reprise aux Etats-Unis:"if we only have love"dans les manifestations contre la guerre du Vietnam.

     En 1959, il écrira et composera sa célèbre"Colombe",chanson anti militariste contre la guerre d´Algerie,chanson qui sera reprise elle aussi aux Etats-Unis par la célèbre Joan Baez et Juddy Collins"

     

    **

    LA COLOMBE

    Pourquoi cette fanfare
    Quand les soldats par quatre
    Attendent les massacres
    Sur le quai d'une gare
    Pourquoi ce train ventru
    Qui ronronne et soupire
    Avant de nous conduire
    Jusqu'au malentendu
    Pourquoi les chants les cris
    Des foules venues fleurir
    Ceux qui ont le droit d'partir
    Au nom de leurs conneries

    Nous n'irons plus au bois, la colombe est blessée
    Nous n'allons pas au bois, nous allons la tuer

    Pourquoi l'heure que voilà
    Où finit notre enfance
    Où finit notre chance
    Où notre train s'en va
    Pourquoi ce lourd convoi
    Chargé d'hommes en gris
    Repeints en une nuit
    Pour partir en soldats
    Pourquoi ce train de pluie
    Pourquoi ce train de guerre
    Pourquoi ce cimetière
    En marche vers la nuit

    Nous n'irons plus au bois, la colombe est blessée
    Nous n'allons pas au bois, nous allons la tuer

    Pourquoi les monuments
    Qu'offriront les défaites
    Les phrases déjà faites
    Qui suivront l'enterrement
    Pourquoi l'enfant mort-né
    Que sera la victoire
    Pourquoi les jours de gloire
    Que d'autres auront payés
    Pourquoi ces coins de terre
    Que l'on va peindre en gris
    Puisque c'est au fusil
    Qu'on éteint la lumière

    Nous n'irons plus au bois, la colombe est blessée
    Nous n'allons pas au bois, nous allons la tuer

    Pourquoi ton cher visage
    Dégrafé par les larmes
    Qui me rendait les armes
    Aux sources du voyage
    Pourquoi ton corps qui sombre
    Ton corps qui disparaît
    Et n'est plus sur le quai
    Qu'une fleur sur une tombe
    Pourquoi ces prochains jours
    Où je devrais penser
    A ne plus m'habiller
    Que d'une moitié d'amour

    Nous n'irons plus au bois, la colombe est blessée
    Nous n'allons pas au bois, nous allons la tuer

    *

     ***

     Oui il fallait oser ! On l'a passée sous silence pendant des années ...

    A se demander si cette guerre avait eu lieu !

    mais il y avait bien des raisons de la cacher

     

    Quand on a que l'amour/Brel
    podcast

     
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