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11/02/2010

CHARONNE AUX OUBLIETTES ?

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Hommage aux victimes
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Ces photos m'ont été transmises
par G. BLONCOURT
témoin de toutes les luttes
de toutes les injustices
*
Certains ignoraient ces assassinats
***
C'était au métro CHARONNE
sur ordre du Préfet de DE GAULLE
le sinistre PAPON

HAITI sur RFI de 7 à 22 Heures

Un mois après le tremblement de terre qui a touché Haïti, après l’aide d’urgence, la question de la reconstruction est posée. RFI propose une journée spéciale le vendredi 12 février pour mieux en comprendre les enjeux. Avec nos envoyés spéciaux, Stefanie Schuler, Bertrand Haeckler et Igor Strauss, et notre correspondante, Amélie Baron.

Au programme

- de 7h à 9h : la matinale de RFI consacre ses reportages, ses chroniques et l’invité de la rédaction à Haïti.

- à 9h10 dans « Culture vive », le témoignage de l’artiste haïtien Franck Etienne.

- à 10h10 : « Appels sur l’actualité ». Florent Guignard et Daniel Vallot étaient les envoyés spéciaux de RFI juste après la catastrophe, ils seront aux côtés de Juan Gomez pour répondre aux questions des auditeurs.

- à 12h12 : « Grand Reportage ». Stefanie Schuler et Bertrand Haeckler se sont rendus à Jacmel, ville côtière située à une trentaine de kilomètres de la capitale haïtienne, inscrite au Patrimoine de l’humanité, qui a elle aussi souffert du tremblement de terre. Rediffusions à 14h11 et 19h41.

- de 13h à 14h30 : Spéciale Haïti en continu, présentée par Caroline Paré. Reportages, témoignages et directs avec nos envoyés spéciaux, et en studio notamment Gérald Bloncourt, intellectuel haïtien.
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G. BLONCOURT au café Picouly
avec le docteur Rony BRAUMAN, ancien Président de Médecins sans frontières
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- à 15h10 : « Priorité Santé ». Claire Hédon répond aux questions sur l’accès au soin, les problèmes d’amputation et le suivi psychologique.
Igor Strauss, l’envoyé spécial de l’émission, a notamment suivi La Chaine de l’espoir (Association humanitaire d'aide à l'enfance) et La Croix Rouge Française. Il a rencontré Jean-François Mattei, son Président et Alex Larsen, ministre haïtien de la santé.

- 18h à 20h : Spéciale Haïti en continu présentée par Philippe Lecaplain et Jean-François Cadet.
En ligne, Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) à Genève et Patrick Coulombel, président d’Architectes de l’urgence.
A 19h15, « le débat du jour » est consacré au futur politique d’Haïti : « Se dirige-t-on vers une tutelle internationale ? » avec René Depestre et Jean Metellus, deux intellectuels haïtiens.

- à 21h10 : « Musiques du monde ». Laurence Aloir reçoit Emmanuelle Honorin, du réseau Culture Haïti, et propose une programmation musicale spéciale.

Le site www.rfi.fr<http://www.rfi.fr/> met en ligne un dossier complet sur la catastrophe, en texte, en audio et en images, avec de nombreux témoignages et reportages.


Dernière de l’émission « Ensemble avec Haïti / Ansanm ansanm avek Ayiti »
RFI diffuse depuis le 18 janvier sur son antenne haïtienne, une émission spéciale quotidienne en français et en créole de 8h10 à 9h heure locale « Ensemble avec Haïti / Ansanm ansanm avek Ayiti ». Présentée par Jacques Allix et Eric Amiens, cette émission diffuse des messages personnels ainsi que des informations pratiques, logistiques et sanitaires apportant un soutien à la population haïtienne et une aide à la coordination des acteurs de l’urgence actuellement sur le terrain.

Partenariat avec l’ONG Internews Europe
RFI vient de passer un partenariat avec Internews Europe. A partir du 13 février, un programme spécial de 20 minutes en créole produit par l’organisation humanitaire ayant pour but d’informer et d’aider la population haïtienne, sera diffusé  sur RFI en lieu et place d’« Ensemble avec Haïti / Ansanm ansanm avek Ayiti », de 8h10 à 8h30 heure locale.

En Haïti, RFI est entendue en FM à Port-au-Prince (89.3 FM), Cap-Haïtien (105.5 FM), Gonaïves (90.5 FM), Las Cayes (106.9 FM), Jacmel (96.9 FM) et Jérémie (92.7 FM).
RFI peut également être écoutée en Haïti par satellite, sur le bouquet francophone CanalSat Caraïbes, ainsi que par Internet, sur www.rfi.fr<http://www.rfi.fr/>.


 

Gerald BLONCOURT
gerald.bloncourt@club-internet.fr

09/02/2010

UN 8 FEVRIER 1962... CHARONNE !

Ce qui s'est passé à Charonne, Renaud s'en rappellera toute sa vie,

 notamment dans sa chanson culte Hexagone.

Moi également.

Ils sont pas lourds, en février,
à se souvenir de Charonne ;
Des matraqueurs assermentés
Qui fignolèrent leur besogne".

***

 

Le 8 février 1962, j’avais 19 ans. Souvenir encore cuisant dans ma mémoire.

Un cri d'horreur, en apprenant  la terrible nouvelle à la Radio

Le 8 février 1962, huit personnes ont trouvé la mort à la station de métro Charonne

Elles faisaient partie des dizaines de milliers de personnes qui défilaient

à l'appel du Parti communiste français et de divers organismes de gauche

le P.S.U., la C.F.T.C., l’U.N.E.F. et la Fédération de l’Education nationale.

 en faveur de l’indépendance de l’Algérie, contre l'O.A.S. (organisation de l'armée secrète)

*

 Alors que les organisateurs donnent le signal de dispersion, les forces de l’ordre chargent le cortège. Sur ordre du Préfet Papon, il faut « disperser énergiquement » les manifestants. Les policiers chargent de façon si soudaine qu’un mouvement de panique s’empare des manifestants, qui tentent de fuir vers la station de métro la plus proche.

Les premières cibles des forces de l’ordre sont des élus communistes, frappés à la tête. Puis des manifestants, portés par la foule, trébuchent dans les escaliers du métro et s’entassent les uns sur les autres. Au lieu d’aider les gens qui suffoquent, les policiers les frappent, les insultent, et n’hésitent pas à jeter sur eux les grilles d’acier qu’ils trouvent au pied des arbres, ou encore des grilles d’aération. Le bilan de cette agression est de neuf morts (dont un mineur de quinze ans et un décès à l’hôpital).

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 Jean-Pierre Bernard, 30 ans, dessinateur,

 Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire,

 Daniel Féry, 15 ans, apprenti,

 Anne Godeau, 24 ans, employée des PTT,

 Édouard Lemarchand, 41 ans, menuisier,

 Suzanne Martorell, 36 ans, employée à « l'Humanité »,

 Hippolyte Pina, 58 ans, maçon,

 Raymond Wintgens, 44 ans, typographe

et Maurice Pochard (décédé à l'hôpital), 48 ans

Parmi les 9 victimes les 9 étaient des adhérents de la CGT(Confédération Générale du Travail)

 et 8 étaient membres du PCF (Parti Communiste Français).

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Aux P.T.T. dont j'étais,
le personnel connaissait le portrait d'Anne-Claude GODEAU
Anne-Claude Godeau avait 24 ans. Originaire de Nantes, elle était venue chercher du travail à Paris, comme tant d'autres provinciales. Elle fut bientôt mêlée au grand mouvement des travailleurs parisiens. Au soir du 8 février 1962, avec d'autres camarades des CCP, elle était allée crier sa colère contre les crimes de l'OAS, cette organisation criminelle fasciste qui entendait désespérément maintenir la domination coloniale sur l'Algérie.
**
*
*
*

La population française est largement choquée par ce déchaînement de répression

 entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes .

écrasées contre les grilles fermées de la station, chargées par les flics

du sinistre Papon, préfet de police.

**

 la charge des CRS avait fait également une centaine de blessés.

La veille, dix attentats sont commis à Paris, attribués à l’OAS.

 Dix charges de plastic explosent au domicile d'universitaires,

d' élus communistes,

 de journalistes

et du ministre d’Etat chargé des Affaires culturelles André MALRAUX.

 Sept blessés. Parmi ces blessés une petite fille. 

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Elle s’appelle Delphine Renard, elle a quatre ans et demi. En attendant de retourner a l’école, elle jouait dans sa chambre après le déjeuner quand une charge de plastic destinée à André Malraux, qui habite le même immeuble, explose devant ses fenêtres. Delphine ne saura naturellement pas ce qui lui est arrivé. Quand son père la ramasse. Le visage en sang, les yeux criblés d’éclats, elle lui dit : Papa, j’ai des grains de sable dans les yeux. Ces grains de sable-là vont bouleverser la France.

Le lendemain à 18 heures dix mille manifestants convergent vers la Bastille aux cris

 de O.A.S.-assassins.

 Mais, du fait de l’état d’urgence de 1961, les manifestations sont officiellement interdites 

et on connaît la suite

CONTRE L'OUBLI

Récemment mis à jour5.jpg

Selon les sources, un demi-million ou un million de personnes se rendent au Père-Lachaise, le 13 février, pour les obsèques des victimes.

La plaque commémorative de la station Charonne est traditionnellement fleurie chaque 8 février en hommage .

Pour que l'on n'oublie pas…

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Leny Escudero a écrit, en 1968, la chanson Je t'attends à Charonne, dédiée aux victimes

 

Je t'attends à Charonne

L'automne va mourir
Et l'on entend déjà
Le printemps refleurir
Aux branches des lilas
C'est une éternité
Quand on est amoureux
Tu verras mille étés
Eclabousser ses yeux
C'est aujourd'hui l'hiver
Mais c'est encore printemps
La nature est au vert
Lorsque l'on a vingt ans

Marie oh Marie je t'aime
Tu es mon premier baptême
Marie que l'amour me pardonne
On m'appelle à Charonne

On l'appelle à Charonne
Et moi je reste là
Ni Dieu ni la Madone
N'ont plus d'amour que moi
Ca me brûle le coeur
D'une douleur si tendre
Que c'est encore bonheur
Pour moi que de t'attendre
Je t'attends je t'attends
Comme l'oiseau qui mourut
D'attendre le printemps
Où ils s'étaient connus

Marie oh Marie je t'aime
Tu restes mon seul baptême
Marie que l'amour me pardonne
J'ai si peur à Charonne

Il a peur à Charonne
Mon Dieu prends lui la main
Pour venir de Charonne
Il est long le chemin
Qu'elle est cette rumeur
Venue du fond des temps
 


J'ai si froid j'ai si peur
Daniel oh reviens t'en
Y'a notre vie à nous
Qui dort dedans mon ventre
Les fleurs s'mettent à genoux
Les fleurs te disent rentre


Marie oh Marie je t'aime
Tu es mon dernier baptême
Marie que l'amour me pardonne
Je t'attends à Charonne

29/01/2010

Au Café PICOULY, Gérald BLONCOURT

Divertissement

Café Picouly

  • Genre : Emission TV
  • Durée : 1h10
  • Tous publics

Résumé :

Depuis le «Café Charbon», dans le XIe arrondissement de Paris, le magazine hebdomadaire animé par Daniel Picouly donne une autre vision de la
culture. Au sommaire :


Mémoires du zinc
L'invité de Daniel Picouly évoque ses goûts, ses passions, ses souvenirs et son intimité.
Polémic-mac
Deux invités décryptent les différents éléments d'une polémique qui défraie l'actualité.
Ping-pong
Un auteur répond librement à une critique de son livre.
Passion d'auteur
U
n auteur contemporain évoque sa passion pour un classique.
Journal intime
Un écrivain raconte une bribe de son univers intime.
Performance
Gros plan sur une personnalité reconnue par sa profession pour son parcours et son expérience.


L'invité de ce

VENDREDI 29 JANVIER 2010

A 21 H 30

GERALD BLONCOURT


...

Gérald BLONCOURT est né à Bainet, en Haïti, le 4 Novembre 1926, d’une mère française et d’un père guadeloupéen -

1927 : La famille s’installe à Jacmel (sud d’Haïti).

1936 :Départ pour Port-au-Prince, la capitale, à la suite d’un terrible cyclone qui ruina la région -

1944 : Peintre et graveur, il participe à la fondation du Centre d’Art haïtien.-

1946 : Un des leaders, aux côtés de Jacques Stephen Alexis, des "Cinq Glorieuses", journées révolutionnaires qui entraînent la chute du gouvernement Lescot. - Expulsé du pays. - Après un séjour en Martinique, départ pour la France. - Prépare le professorat de dessin de la Ville de Paris, travaille à la Grande Chaumière et au 80 Montparnasse, avant d’entamer une carrière de reporter photographe qu’il poursuit parallèlement à la lutte contre la dictature haïtienne, sans cesser pour autant de graver et de peindre.-

1986 : Retour en Haïti après le déchoukage de Duvalier. Auteur d’un livre sur la peinture haïtienne (Nathan), de "Yeto, le Palmier des neiges" (Deschamps et réédition à l’Arcantère), de nombreuses plaquettes poétiques : "Dialogue au bout des vagues", "J’ai rompu le silence", "Poèmes sahariens", "Retour d’exil", "J’ai coupé la gorge au temps" etc... Il poursuit sa création dans toutes ces directions qu’il qualifie lui même de crénaux pour tenir contre les vicissitudes de la vie. Ses oeuvres se retrouvent au Musée National d’Art Haïtien et dans de nombreuses collections étrangères.

En 1988, Citoyen d’Honneur de la ville de New-Orléans (USA), il y fait une conférence sur la Peinture Haïtienne et y expose des oeuvres. Plusieurs voyages au pays, une dizaine de fois, à ce jour. Il expose notamment à plusieurs reprises à la Galerie Antoinette Jean,à Paris, et participe à différentes expositions en compagnie de peintres antillais.

En juin 1994, il s’est vu décerner le "1er Prix pour l’ensemble de son oeuvre" au 2ème Salon d’Art Contemporain de Le Mée. Maintes expositions en Haïti, aux USA et en France, notamment à l’UNESCO à Paris, où il expose trois fois.

Isabelle REPITON

http://www.bloncourt.net/

 

ru ce mail ce matin de Gérald BLONCOURT ... Un texte douloureux de SYTO CAVE...

Ma
place parmi les vivants.

 

C'était ça, Thurgeau? Une plaisanterie!
L'ancienne maison a vacillé, puis est tombée de toutes
ses colonnes et de son grand balcon, comme quelqu'un
ayant l'air de demander pardon au temps. C'est ce
qui s'appelle un séisme, un vrai! Il a parcouru la
ville et une bonne part du pays. Il a mangé plein de gens.
Mangé! Littéralement! C'est-à-dire: Moulu! Avalé!
Ceux qu'il a laissés dehors, les autres morts, sont
alignés sur les trottoirs, certains à découvert, dautres
enveloppés dans des draps ou du platic
blanc.

 


Les
églises aussi sont agenouillées: La Cathédrale,
Saint-Anne, Saint-Louis-Roi-De-France, Saint Joseph.
Quelques fidèles prient haut et fort. Une prière en
colère, d'autres le font à voix basse, dans leur
coeur. Le Christ, qu'on croyait en équilibre précaire,
est resté perché sur son socle au fond de l'église du
Sacré-coeur, impassible solitaire au milieu des
ruines.

 


Rue
Thoby, dans la zone de Frères, on a recueilli le corps de
deux de mes tantes paternelles sous des décombres.
L'une d'elles qui était aussi ma marraine
s'apprétait à fêter son centenaire. “ Il ne me
reste qu'une dent, disait-elle. En mars, si Dieu me
prête vie, je vous la montrerai dans un large sourire”
Adieu ma belle!

 


Il fait
lourd. Difficile de marcher. On a la tête encombrée de
morts. Chaque jour, le nombre augmente. Et les secousses
n'arrêtent pas. On est sur le qui-vive. Elles peuvent
s'étendre jusqu'à trois mois, six mois, un an. Qui
sait?

 


Ma
mère et ses deux soeurs ont été sauvées de justesse par
l'un des mes fils et un néveu qui ont dû les forcer à
sortir, car elles ont eu peine à croire que la maison
s'écroulait. Elles sont aujourd'hui à l'abri
chez l'un de mes frères, à l'abri, mais perdues,
sans repères, ne parlant jour et nuit que de retourner chez
elles.

 


Un
proche a vu mourir cinq cents de ses employés sous
l'effondrement de sa manufacture.

 


 


Un
bébé de vingt- deux jours a été repêché vivant au bout
d'une semaine sous des décombres.

 


Et
puis, il y a l'immense majorité avec ses morts, ses
sans-abri, et d'autres morts qui s'ajoutent à la
liste des morts du séisme: Ceux qui sont morts, la veille
ou après, et ne trouvent pas leur place de mort à part,
avec cette singularité qui leur est dûe: Pompe-funèbre,
convoi,  messe, chant et oraison. Toutes
les morgues sont engorgées, les cimetières dévastés. Il
faut créer des fosses communes.

 


Il y a
aussi les rats,  des gens s'échappent des
prisons, s'attaquent à la population. Le chef de la
police a promis de les traquer. Et la ministre de la culture
et de la communication leur aurait, semble t'il,
demandé, dans un appel radiophonique de regagner
gentillement leur cellule.

 


Quelqu'un m'a appelé hier pour me demander
si je suis mort. Absolument, ai-je dû
répondre.

 


Une
amie m'a suggéré d'écrire, comme pour reprendre
ma place parmi les vivants.

 


                                                                                              

Syto Cavé

 

                                                                      

Port-au-prince 23 janvier 2010

 

 

25/01/2010

SOLIDARITE AVEC HAITI

Une note empruntée à Gérald BLONCOURT dans la peine aujourd'hui avec tous les siens

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Le 11e solidaire avec Haïti

La Mairie du 11e se mobilise en faveur des victimes du séisme en Haïti et organise, en partenariat avec le secours populaire, une collecte de dons et une exposition-vente de photos de Gérald Bloncourt.

A partir de mercredi 20 janvier, le Secours populaire organisera une collecte de fonds en Mairie afin de recueillir des dons pour faire face à l'urgence sanitaire et humanitaire.

Parallèlement, une exposition-vente de photographies de Gérald Bloncourt sera organisée à partir du vendredi 22 janvier
En solidarité avec Haïti, Gérald Bloncourt a accepté, à l’invitation de la Mairie du 11e, de reverser l’intégralité des produits de la vente des œuvres exposées au Secours Populaire au profit de son action sur place.

Ses photographies et digigraphies  sont autant d’émouvants témoignages d’un artiste haïtien profondément bouleversé par le tremblement de terre du 12 janvier.
en mairie, et permettra de récolter également des fonds. Photographe, peintre, graveur, poète et militant, Gérald Bloncourt se bat pour le peuple Haïtien malgré son exil forcé hors de ses frontières natales en 1946. Ses œuvres photographiques présentent Haïti avant les ravages causés par le séisme.

Vernissage de l'exposition-vente, vendredi 22 janvier à 17h30

Collecte de dons et exposition-vente
Hall - Mairie du 11e
12, place Léon Blum
75011 Paris

Métro : Voltaire

PHOTOS GÉRARD LAVALETTE :

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Gérald, croisé dans les manifs de la C.G.T. il y a quelques années de cela
et retrouvé par hasard sur le NET.
Je t'embrasse.. et pense très fort à toi, à ta famille, à tes amis, toi le premier exilé de Haïti, contraint et forcé.

” J’aime ce pays dans sa totalité ses habitants et sa merde j’aime ses fantômes en lisière des pourritures-masures j’aime ses mornes et l’odeur amer-sucrée des caniveaux ses regards surdoués de beauté je colle aux murs-fresques qui en disent plus long que tous nos discours à l’avenir-espoir je marche de tous ces pas pieds-nus dans la poussière de ses rues démembrées j’aime ce pays en moi de toujours ourlant mon âme hurlant ma vie dans le ventre de ce pays sur la peau de ce pays j’ai ton nom dans mes os et ta voix dans la mienne j’ai ma main ouverte au monde pour mon pays ma colère corde-à- noeuds pour grimper aux étoiles j’ai ma lutte à contre-courant des habitudes pour mon pays sans doute ai-je vécu trop près en demeurant si loin sans doute emporterais-je ma Sabine-mémoire pour être plus près de mon pays sans doute irais-je au loin dans l’ultime décade me battre pour mon pays emmenant avec moi ses yeux-diamants et ma force invincible d’aimer… “
Delmas - 19 avril 1987 - Gérald Bloncourt

Gerald BLONCOURT
gerald.bloncourt@club-internet.fr
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Dans mes mails

Publié le 23 janvier 2010 à 11h32 | Mis à jour le 23 janvier 2010 à 11h35

La peinture en deuil

 

par Paul Journet

 
 

Il n'y a pas que le peuple haïtien qui est dévasté. Une partie de son patrimoine artistique l'est aussi. Plusieurs peintures ont fort probablement été détruites avec le séisme. Mais l'art visuel se tient encore debout, à Port-au-Prince et à Montréal, où oeuvrent plusieurs artistes de la diaspora.

 

Gérald Alexis hésite quelques secondes au téléphone. Depuis 40 minutes, l'historien nous parle de l'art visuel haïtien. Mais la réalité le rattrape maintenant. «Je ne sais pas ce qu'il reste de toutes ces oeuvres», avoue le Québécois d'adoption, auteur de Peintres haïtiens et sommité mondiale sur le sujet.

 

Depuis le séisme, il se peut que les joyaux de l'art haïtien n'existent plus que dans les livres.

Le mythique Centre d'art et sa collection nationale? Démoli. Le serment des ancêtres de Guillaume Guillon-Lethière et les autres oeuvres exposées au Palais national? Possiblement détruites avec l'effondrement de sa partie centrale. La collection de Georges Nader, une des plus importantes au pays? Fort probablement écrasée sous les décombres de sa propriété. Et on craint le pire pour le Musée d'art, dont les murs seraient lézardés.

«Ces oeuvres représentent une partie importante de l'identité de chaque Haïtien. Ça ne se mesure pas, l'identité. Mais bien sûr, l'urgence en ce moment, c'est l'humanitaire», s'empresse-t-il de relativiser.

Certains deuils sont ingrats. Il est difficile de pleurer le sort de toiles pendant que des humains se meurent peut-être encore sous les ruines de leur maison. Mais les douleurs ne s'annulent pas forcément. Elles peuvent aussi s'additionner.

Paradoxalement, l'intérêt accru pour l'art haïtien a aggravé son sort. «Si le séisme avait frappé avant 1970, les pertes auraient été moindres, explique M. Alexis. Depuis cette époque, la bourgeoisie haïtienne reconnaît la qualité de l'art de ses compatriotes, et elle a racheté des oeuvres qui étaient détenues par des étrangers. Alors le 12 janvier, il y avait beaucoup d'oeuvres importantes qui étaient revenues à Port-au-Prince.»

L'Haïtien d'origine travaille déjà sur un «plan d'action» avec ses confrères de Port-au-Prince pour restaurer les oeuvres endommagées. «On s'y mettra d'ici quelques mois, quand la situation humanitaire sera moins urgente. On sauvera ce qui peut être sauvé.»

Peuple de peintres

«Un peuple de peintres», disait André Malraux au sujet des Haïtiens. Âgé de 74 ans et très malade, l'écrivain français avait tenu à se rendre à Port-au-Prince en décembre 1975 pour rencontrer des artistes, comme Tiga, qui le fascinaient. Ce fut son dernier voyage, qu'il a décrit dans L'intemporel.

Au début du XXe siècle, la littérature haïtienne était lue en France et ailleurs. Mais sa peinture était ignorée par le reste du monde. Et aussi un peu par les Haïtiens.

Avec l'arrivée de la photo, les portraitistes avaient perdu leur boulot. Les nouveaux peintres ne réussissaient plus à vivre de leur art. Par exemple, un grand artiste comme Hector Hyppolite a dû travailler comme peintre en bâtiment et cordonnier. Philomé Obin, lui, fut commerçant de café et coiffeur.

Il faut attendre les années 40 pour que le reste du monde «découvre» l'art visuel haïtien. À cette époque, le surréaliste français André Breton visite le pays, et va plus tard écrire un texte sur Hyppolite. Et surtout, l'Américain Dewitt Peters débarque à Port-au-Prince et cofonde le Centre d'art. Plusieurs grands noms y passeront, dont le père du célèbre new-yorkais Jean-Michel Basquiat.

«Je ne pense pas qu'on exagère l'importance du Centre, soutient Gérald Alexis. Plus qu'une école, c'était un lieu de rencontre entre l'académisme et la tradition locale, qu'on qualifiait de naïve, un peu facilement et faussement d'ailleurs.»

Scènes du quotidien

Ce «naïf», c'étaient les scènes du quotidien ou de moments-clés de l'histoire (pour un bon survol, lire La rencontre de deux mondes vue par les peintres d'Haïti de Jean-Marie Drot). Toutes ces scènes étaient dépeintes avec des contours assez larges et des couleurs brutes.

Cette vivacité finit par fasciner à l'international. Des expositions s'organisent aux États-Unis, en France, à la Biennale de São Paulo et ailleurs. L'économie de l'art haïtien se développe.

Le style aussi évolue. «Comme le vaudou devenait moins ostracisé dans les années 50 et 60, on le voit apparaître davantage en peinture», explique Gérald Alexis. Il sera central dans le travail de ce qu'on nommera plus tard l'école de Saint-Soleil, fondée par Maud Robart et Tiga (Jean-Claude Garoute), le peintre qui avait attiré Malraux en Haïti.

«Il y avait la peinture vaudou plus cliché pour les touristes, et celle plus authentique, distingue M. Alexis. Elle se devine dans le côté linéaire et les cercles, qui rappellent ceux des cérémonies vaudou, et aussi dans le mouvement lié à la musique et dans l'iconographie. (...) C'est un peu comme au Québec. Il y a les artistes locaux, et ceux qui offrent des reproductions du Château Frontenac...»

Outre les Hyppolite, Obin, Robart, Tiga, il faut aussi compter Obas, Saint-Brice, Télémaque, Auguste, Duffaut et Gérald Bloncourt parmi les artistes visuels haïtiens marquants. Certains, comme Bloncourt, ont contesté les régimes autoritaires de leur époque. Malgré cela, la peinture haïtienne n'a jamais été engagée politiquement, soutient Gérald Alexis.

«La peinture n'était pas une arme. Elle renvoie au quotidien et au spirituel, aux sentiments plutôt qu'à la lutte. Par exemple, sous Duvalier, c'est l'angoisse de la dictature vécue au quotidien que Charles Obas peignait. Attaquer ouvertement le régime aurait été beaucoup trop dangereux. Mais malgré tout, il a été porté disparu en octobre 1969, et on ne l'a jamais retrouvé... Et ses oeuvres? Depuis le séisme, il y en a plusieurs qui sont peut-être aussi disparues.»

A l'encontre de ce qu'affirme Gerald Alexis : la peinture Haïtienne dans son ensemble est un acte politique de dénonciation de la misère. Les scènes historiques entre autres sont la glorification des héros de l’Indépendance. Jean René Jérôme, Duval Carrié et moi-même sont quelques exemples dont les œuvres contribuent à la dénonciation de la Dictature des Duvalier.
Il faut tout faire pour sauver ces tableaux qui sont l’expression majeure de notre culture, au même titre que les ouvrages de Jacques roumain, Jacques Stephen Alexis et la pléiade de nos merveilleux écrivains actuels.
La peinture haïtienne s’inscrit dans l’universalité de la création humaine.
Les œuvres de nos peintres sont autant de défis à la désespérance , autant d’affirmations de notre dignité.

Gérald Bloncourt 

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