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13/12/2007

L'ESPOIR D'UNE SOEUR ... ASTRID...INGRID..


Je veux que tu vives, que tu manges le mieux possible et que tu aies envie de vivre." Dans son message, Lorenzo cherche à redonner du courage à sa mère, apparue déprimée et amaigrie dans la vidéo diffusée la semaine dernière.
 
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 Depuis 2003, INGRID BETANCOURT est citoyenne d'honneur de la commune de La Brède, berceau et patrie de Montesquieu, un village situé à 18 km de Bordeaux où l'air de l'océan arrive, filtré par les Landes.

 

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 Chaque année son  portrait est exhibé.

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Cette année, sa soeur Astrid BETANCOURT qui travaille à Paris pour un groupe qui investit dans l'immobilier en Amérique centrale, est venue inaugurer avec ses deux enfants la foire de Sainte-Luce. En 2005 elle était déjà venue dédicacer le livre d'Ingrid à sa place.

 

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Après une émouvant lecture de la lettre de sa soeur, elle s'est adressée à la population pour la remercier de sa mobilisation -"indispensable à la garantie de vie d'Ingrid"-, émue de voir autant de monde, de solidarité, de grande chaleur humaine. 

"IL FAUT LA SORTIR DE LA, VITE ! .. INGRID EST A BOUT DE SOUFFLE ... ELLE EST EN DANGER !

 

Astrid précise qu'il faut mettre "la pression "sur le Président colombien Alvaro URIBE, qui "a si souvent fait capoter par le passé des négociations pourtant très avancées"...

et souligne que le Président Hugo CHAVEZ qui a été contacté dès 2003 est un élément essentiel de la médiation avec les FARC et ajoute que l'émissaire français qui se trouve aujourd'hui encore sur le terrain -un homme exceptionnel- a mené 23 missions auprès des FARC depuis 2004 !

Elle espère que les rencontres du Premier Ministre Français "contraindront M. URIBE à négocier avec la guerilla".

 

LA LIBERATION D'INGRID EST UNE PRIORITE.

 

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MAIS LA MEDIATION EN FAVEUR D'UN ECHANGE DE PRISONNIERS DOIT SE POURSUIVRE.

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NO MAS SECUESTROS

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UN SPECTACLE INSPIRE PAR INGRID BETANCOURT ET LES 3 000 AUTRES OTAGES

 

DANS LES LANDES, A MONT-DE-MARSAN, une jeune montoise de 21 ans, Lucie Labadie a créé sa compagnie de danse et son premier spectacle sur Ingrid BETANCOURT et les 3 000 autres otages, intéressée par "son combat, la femme politique, sa détermination à lutter contre la corruption dans son pays"

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et le livre de son mari Juan Carlos Lecompte qui évoque sa vie depuis qu'elle est otage, son combat pour ne pas qu'on l'oublie et surtout ce qu'il ressent : le manque, le vide, la solitude".

 

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C'est ce "ressenti" là que la jeune danseuse veut exprimer avec son corps.

 

"Je ne me sers pas d'Ingrid BETANCOURT et de son histoire. Je mets juste ma petite pierre à l'édifice,pour qu'on ne l'oublie pas. C'est tout".

 

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Plusieurs associations pour la libération d'Ingrid Betancourt se sont manifestées aujourd'hui à Paris et à Bruxelles pour demander à Bogotá de permette à nouveau la médiation du président vénézuélien Hugo Chávez, pour un accord humanitaire éventuel avec la guérilla des FARC.

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Colombie
 
Uribe annonce la création d'une "zone de rencontre" avec les FARC
 

Le gouvernement colombien va créér une "zone de rencontre" dans une région rurale pour négocier avec la guérilla des FARC l'échange de 45 otages des rebelles contre 500 guérilleros, a annoncé vendredi le président Alvaro Uribe.
 
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"L'Eglise catholique nous a proposé la création d'une zone de rencontre et le gouvernement a manifesté sa disposition à l'accepter"
 rencontre » où il n'y aurait présence armée ni de l'armée colombienne ni de la guérilla.
 
a déclaré le président Uribe...

 

 

 

 Otages 

 

Après Sarkozy, Lula et Kirchner veulent intervenir Lundi et mardi prochains, à Buenos Aires, seront ainsi représentées toutes les parties ayant des intérêts dans cette tragique affaire (la France, la Colombie, le Venezuela, la famille d'Ingrid Betancourt ainsi que l'Argentine et le Brésil, entrés récemment dans les négociations), toutes déterminées à relancer le dialogue interrompu depuis la dispute entre le président colombien Alvaro Uribe et le chef d'Etat Vénézuélien Hugo Chávez.

 

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Dans une rue de Bogota. Une commission internationale sur les droits de l'homme dénonce dans un rapport un nombre croissant d'exécutions de paysans par l'armée colombienne en les faisant passer pour des rebelles marxistes tués au combat.


http://www.lepoint.fr/content/monde/

 

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La Colombie, c'est surtout un pays magnifique dont la grande majorité des 44 millions d'habitants n'aspirent qu'à une chose : vivre en paix

Malheureusement, le conflit armé qui y règne depuis plus de 40 ans et qui fait chaque année des dizaines de milliers de morts ne semble pas prêt de s'arrêter.

 Dans ce pays, les victimes de la violence sont bien sûr les milliers d'otages politiques retenus par la guerilla, mais aussi les 10 à 31.000 "disparus" - probablement assassinés pour leur présumée sympathie envers la guérilla; les près de 4 millions de personnes qui ont été chassées de leurs villages par la violence; et toutes les personnes qui sont menacées de mort en Colombie pour leurs idées ou pour leurs opinions : journalistes, défenseurs des Droits de l'Homme, enseignants, syndicalistes, responsables de communautés paysannes...

 

 *****

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 Non seulement les forces paramilitaires font la guerre contre les guérillas mais aussi contre toute personne suspectée d’être un de leurs sympathisants (membres des syndicats, représentants paysans, défenseurs des droits humains et activistes religieux).
 
Quelques leaders  ont même étendu les paramètres de cette guerre aux toxicomanes, aux alcooliques, aux prostituées, aux petits malfaiteurs et aux sans abris dans une tentative de « nettoyage » de la société colombienne.

Au fil des années, plusieurs présidents ont tenté de traiter les problèmes (injustices sociales, politiques et économiques) que les guérillas considèrent comme la cause principale du conflit.
 
Néanmoins, ces efforts ont été contrecarrés à plusieurs reprises par les États-Unis et leur guerre contre la drogue ainsi que par les élites politiques, économiques et militaires colombiennes qui essaient désespérément de préserver une « démocratie » qui a marginalisé une grande partie de la population.


RISAL - Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine
URL: http://risal.collectifs.net/
Source : Znet (www.zmag.org), 2 mars 2003
Traduction : Frédéric Lévêque, pour le RISAL.


 

** 

 

Colombie: Mettre fin à la guerre idéologique et armée en Colombie

 

sortez-la de là

 

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02/12/2007

LA LOI.. Un 2 Décembre 1957

Ce roman est le lauréat du prix Goncourt (1957), officiellement fondé en 1902,  - prix littéraire français, récompensant les auteurs de langue française (pas forcément de nationalité française), créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1896.

Le 2 décembre 1957, Roger VAILLAND recevait le prix GONCOURT pour son livre : LA LOI

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Dans cet ouvrage, Roger Vailland révèle les rapports de force qui se forment entre les diverses classes sociales, en se référant aux habitants du sud de l'Italie.  

"La loi" est celle d'un village d'Italie du Sud, permettant au vainqueur d'un affrontement d'humilier son adversaire. Marietta la met en oeuvre pour mesurer ses prétendants.

  Ce livre a donné lieu à une adaptation au cinéma, réalisée par Jules DASSIN 

 

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  Marcello Mastroianni.
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 Mélina Mercouri,

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 Pierre Brasseur

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Yves Montand 
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Il est l'auteur de nombreux ouvrages : 

Drôle de jeu, Prix Interallié, Éditions Corrêa, Paris, 1945
Les Mauvais coups, Éditions Sagittaire, 1948
Bon pied bon œil, Éditions Corrêa, Paris, 1950
Un Jeune homme seul, Éditions Corrêa, Paris
Beau masque, Éditions Gallimard, Paris, 1954
325 000 francs, Éditions Corrêa, Paris, 1955
La Loi, Prix Goncourt 1957, Éditions Gallimard, Paris

La Fête, Éditions Gallimard, Paris, 1960
La Truite, Éditions Gallimard, Paris, 1964
La Visirova, Messidor, Paris, 1986
Cortès, le conquérant de l'Eldorado, Messidor, Paris, 1992

 

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Je ne commence à écrire ma scène que quand j’ai parfaitement imaginé tous les détails [...] je ne suis content que si le décor imaginaire de la scène est devenu tellement précis que je ne peux pas changer par l’imagination un meuble de place sans que toute la scène, y compris le comportement des personnages, en soit modifiée..." Roger Vailland, archives personnelles. (Cf. la biographie d’Yves Courrière, p. 604-605.)

 

  

 

LA GORGE SERREE ... CLAUDE REVA

 

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Communiqué du Patriote... sur le Net 

Nous apprenons ce soir la triste nouvelle du décès de Claude Réva, ce matin, 29 Novembre 2007. Artiste, auteur-compositeur, interprète, et ..collaborateur pendant de nombreuses années pour le Patriote, il avait sorti son premier album chez Barclay en 1968.. Dans la dernière période , redécouvrant lui-même le plaisir des planches, avec les récitals "Aragon", son public avait pu retrouver sa voix chaude et vibrante. Acteur de la vie niçoise dans la plus belle acception du terme, il participait activement au Club des nageurs, au Festival du "Pilo", au Secours Populaire Français, à la vie mutualiste, et à bien d’autres choses qui rendent la vie de nos concitoyens un peu plus digne d’être vécue. Nous informerons plus amplement des hommages qui lui seront rendus ultérieurement.
Un livre d’or sera ouvert à tous pour y apposer un mot, une photo, autre chose...
Plutôt que des fleurs, pour prolonger l’engagement auquel il tenait, nous proposerons à ceux qui le souhaitent, de faire un don destiné au Secours Populaire Français.

 

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Il est des disparitions qui me touchent.

Ce n'était pas une relation intime, non, c'était un chanteur engagé rencontré dans les années 70, les années où miche était engagée elle aussi dans des luttes pour conquérir la liberté, la justice, la dignité, l'égalité des hommes et des femmes.  

On revendiquait, on exigeait le droit d'avoir un emploi, une formation, le droit à des salaires décents, le droit à la santé, le droit au logement, le droit aux transports, le droit aux loisirs. Le droit de vivre tout simplement.

 

SUR NOS PANCARTES on écrivait : "des retraités, pas des chômeurs" "Augmentez nos salaires". 

 

On voulait du temps pour vivre et aimer...

Les femmes le criaient haut et fort.

C'était au temps où les femmes en avaient ....

 

des batailles à mener, des exigences à satisfaire.

C'est à cette époque, dans les années 70 que j'ai rencontré Claude REVA à l'occasion d'une fête locale du Parti Communiste à GAGNY.

Il était là parmi les siens, parmi les nôtres. Je suis vraiment touchée en évoquant tous ces souvenirs, ces combats qu'il a menés à sa façon, à travers ses chansons et autres engagements.

 

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MOI AUSSI
 
Une ville après l'autre et toujours la méfiance
Interdit aux nomades c'est écrit là en gros
Nous voilà repartis pour l'éternelle errance
La roulotte et les chiens la douzaine de marmots
Ce qu'ils sont sales tout de même ils n'ont qu'à travailler
Ils voudraient qu'on les loge et ils paient pas d'impôt
N'écoute pas Romani laisse-les bien gueuler
Et rejoue-moi un peu la ballade de Django
Je suis gitan moi aussi, je suis gitan
 
Paraît qu'aux USA certains noirs sont traqués
Matraqués quelquefois on leur lâche les chiens
Ici on est plus tendre avec nos étrangers
Trois bidonvilles sur quatre sont peuplés d'Algériens
Ils déparent quelque peu notre belle harmonie
Je sais bien ma bonne dame mais pour nous consoler
Dites-vous bien que s'ils retournent dans leur lointain pays
Où c'est-y qu'on trouvera la main d'oeuvre bon marché
Je suis Bicot moi aussi je suis Bicot
 
Quand on parle des Juifs, personne n'a rien contre eux
On leur trouve pourtant de curieuses façons
Commerçants et avares un soupçon prétentieux
La dernière guerre des ders n'a pas servi de leçon
Etoile jaune croix gammé et autres catastrophes
N'ont pas terni la race parfois même on dirait
Qu'il y en a plus qu'avant ah si j'étais Adolf
Enfin n'en parlons plus mais j'allais oublier
Je suis Youpin moi aussi, je suis Youpin
 
Tout ce que je viens de dire c'est histoire de causer
Et je ne voudrais pas vous donner des ulcères
Je suis un bon Français, bon époux et bon père
Et soigneusement aussi j'ordonne ma charité
Mon cerveau prend du ventre ma maison est chauffée
J'ai une large oreille un grand traversin
J'les mets sur ma conscience et j'dors à poings fermés
Advienne que pourra je ne suis pas Caïn
Je suis comme vous moi aussi je suis comme vous 
 
Paroles et musique : Claude REVA
C'était en 1973
  
 
34 ans plus tard ! Où en est-on ?
 
 
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28/11/2007

RITA MITSOUKO... LE ROCK EN DEUIL

Décédé des suites d'un cancer fulgurant à 53 ans.  

 Rock en deuil après le décès de Fred Chichin, des RITA MITSOUKO

 

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ILS FORMAIENT UN GROUPE, UN COUPLE A PART ... ET MOI JE LES AIMAIS BIEN CES DEUX-LA...

Catherine RINGER et Frédéric CHINCHIN tombent amoureux au cours de l'année 1979. Ils font quelques concerts avec la danseuse argentine MARCIA MORETTO, qui décédera des suites d'un cancer.... Leur look est comme leur musique, original et décalé et attire l'attention.

A noter que le nom de Rita Mitsouko est choisi pour rappeler leurs références musicales extrêmement variées : Rita se rapporte à la musique sud-américaine (et à l'actrice culte Rita Hayworth), et Mitsouko est un mot japonais signifiant « mystère » (et un parfum de Guerlain). Au départ simplement appelé « Rita Mitsouko », le groupe s'est rebaptisé « Les Rita Mitsouko » dès 1985, quand il se sont aperçus que beaucoup de gens pensaient que le nom du groupe était en fait celui de la chanteuse.

Arrivent enfin quelques singles suivis de l'album Rita Mitsouko dont sera extrait le tube de l'année 1985 : Marcia Baila (en hommage à Marcia MORETTO), morceau new wave ainsi que le clip Andy. C'est le début du succès public, les tubes s'enchaînent : C'est comme ça, Les Histoires d'A

Le duo garde depuis 25 ans, sur disque comme sur scène, l'image d'un couple créatif et énergique, d'une grande originalité, qui ne se prend pas au sérieux et qui explore tous les courants musicaux, s'intéressant tour à tour au PUNK, à la NEW-WAVE, au HIP-HOP ou au JAZZ qu'ils réinventent sans complexes.

 wiképédia.org

 

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FRED CHICHIN

Frédéric Chichin était né en 1954 à Clichy, dans la banlieue parisienne, d'un père cadre et passionné de cinéma, qui avait créé dans les années 60 la revue "Miroir du cinéma". De ses parents italiens et communistes militants, il apprend le même goût de la liberté et de l'indépendance, qu'il exprime dès son plus jeune âge par le biais de la création artistique.

Cinéma, musique et théâtre le passionnent, et Fred fait son école dans les voyages et les groupes de rock éphémères. L'un d'eux, en pleine mouvance punk, le mènera même sur la scène du Gibus, célèbre boîte parisienne.

Lorsqu'il rencontre Catherine, il en tombe rapidement amoureux. Le couple forme un premier projet professionnel en commun, celui d'accompagner la danseuse Marcia Moretto. Le décès tragique de cette dernière est à l'origine de l'immense succès du duo qui naît en novembre 1980.

Jazz, rap, chanson française, rock, tous les styles cohabitent avec splendeur pour créer une musique unique et de renommée internationale. Rita Mitsouko est désormais un groupe reconnu, qui n'a plus rien à prouver et dont le rythme de production n'obéit plus qu'à deux impératifs: le plaisir et l'éclectisme.

 

24/11/2007

UN AUTRE 24 NOVEMBRE / le piéton de PARIS

 ou LEON PAUL FARGUE
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Léon Paul FARGUE. Né le 4 mars 1876 à PARIS, il est frappé d'hémiplégie en 1943 et meurt le 24 novembre 1947 à Montparnasse, au domicile de sa femme, le peintre CHERIANE, sans avoir cessé d'écrire cependant. Il fut membre de l'Académie Mallarmé dès 1937.medium_images.9.jpg

Fils d'un ingénieur qui ne le reconnut légalement qu'à l'âge de seize ans, il fit ses études au collège Rollin , où il eut Mallarmé comme professeur d'anglais. Bon vivant il arpente le Paris de la Belle Epoque en compagnie de son camarade Alfred JARRY tout en lisant abondamment. Il fut très tôt introduit dans les salons littéraires, où il rencontra Claudel, Valéry, Gide et Debussy ; d'une mémoire prodigieuse et d'une vivacité d'esprit exceptionnelle, il fut partout remarqué. Léon-Paul FARGUE adopte la prose concise ou le vers libre pour dire avec une simplicité émouvante et un lyrisme contenu sa tristesse désabusée. Dans une langue riche d'images insolites et de trouvailles, il privilégie les motifs les plus simples. 

 

Paul Valéry saluait l’originalité de son art, et Rilke écrivait en 1926 «Fargue est un de nos plus grands poètes. » Saint-John Perse le situe entre Claudel et Valéry, à l’un des sommets de la poésie française

 

Léon-Paul Fargue demeure avant tout l'auteur du Piéton de Paris, qu'il publia en 1939, à l'âge de 63 ans. "Le piéton de Paris" est une oeuvre poétique si essentielle qu'elle devint le surnom de son auteur.

Poète amoureux de l'âme parisienne, éternel flâneur qui sait trouver des trésors au coin de la rue la plus anonyme, Fargue raconte sa ville dans ce livre célèbre, qui aujourd'hui nous restitue le parfum du Paris de l'entre-deux-guerres. Le quartier de prédilection de Fargue, peu exploré par d'autres écrivains, c'est le boulevard Magenta, Belleville, le boulevard de la Chapelle, la gare de l'Est et la gare du Nord, vastes music-halls où l'on est à la fois acteur et spectateur.


Poète de grand talent;  personnage affabulateur, ivrogne, insupportable et charmant. Fargue préférait le brouhaha des bistrots au silence des bibliothèques.

Fargue s'exprime le plus souvent en vers libre, voire en prose, dans un langage plein de tendresse et de tristesse, sur des sujets simples, parfois cocasses (on l'a parfois comparé au photographe Robert DOISNEAU),  Il écrit aussi la solitude oppressante et noyée de nuit et d'alcool (Haute solitude 1941).

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"Oui mon âme, tout cela que tu vois, c'est la vie, tout ce que tu examines en soupirant, c'est la vie. Restons nous deux, cent ans et plus, restons les bras sur la balustrade, le corps appuyé au bastingage, la prudence bien affûtée, restons et résignons-nous. Ne descendons pas dans cette mélopée, ne nous confondons pas à ce bruit d'âmes fausses, de coeurs mangés aux vers, d'esprits vénéneux. Oui, restons ensemble, toi au milieu de moi et moi autour de toi, toi souffrant et moi luttant. Fermons parfois les yeux, essayons de mettre entre la rue et nous, entre les autres et nous, des océans de lyrisme muet, des remparts bourrelés de coton hydrophile. Revenons à pas lents vers les souvenirs de l'école buissonnière, chuchotons tous deux à pas de loup des images glanées dans la lente adolescence. Mon âme, on nous a roulés dans la poussière des faux serments, on nous a promis non pas seulement des récompenses auxquelles nous ne tenions pas, mais des gentillesses, des "myosotis d'amour". On nous a laissé croire qu'on souriait, qu'on nous aimait, que les mains qui se glissaient dans nos mains étaient propres et sans épines. O glissade des déceptions et des tortures! Il n'y eut jamais pour nous ni justes effusions ni paumes sincères. On voulut même nous séparer, et te briser au fond de moi, mon âme, comme un élixir dans une coquille.

 
J'ai vu mentir les bouches que j'aimais ; j'ai vu se fermer, pareils à des ponts-levis, les coeurs où logeait ma confiance ; j'ai surpris des mains dans mes poches, des regards dans ma vie intérieure ; j'ai perçu des chuchotements sur des lèvres qui ne m'avaient habitué qu'aux cris de l'affection. On a formé les faisceaux derrière mon dos, on m'a déclaré la guerre, on m'a volé jusqu'à des sourires, des poignées de main, des promesses. Rien, on ne nous a rien laissé, mon âme. Nous n'avons plus que la rue sous les yeux et le cimetière sous les pieds. Nous savons qu'on plaisante notre hymen désespéré. Nous entendons qu'on arrive avec des faux de sang et de fiel pour nous couper sous les pieds la dernière herbe afin de nous mieux montrer le sentier de la fosse.
Mais nous serons forts, mon âme. Je serai le boulon et toi l'écrou, et nous pourrons, mille et mille ans encore, nous approcher des vagues ; nous pourrons nous accouder à cette fenêtre de détresse. Et puis, dans le murmure de notre attente, un soir pathétique, quelque créature viendra. Nous la reconnaîtrons à sa pureté clandestine, nous la devinerons à sa fraîcheur de paroles. Elle viendra fermer nos yeux, croiser nos bras sur notre poitrine. Elle dira que notre amour, tout cet amour qu'on n'a pas vu, tout cet amour qu'on a piétiné, qu'on a meurtri, oui, que notre amour n'est plus que notre éternité.
Alors, mon âme, tandis que je serai allongé et déjà bruissant, tu iras t'accouder à la fenêtre, tu mettras tes beaux habits de sentinelle, et tu crieras, tu crieras de toutes tes forces." HAUTE SOLITUDE


 
 
 
Fargue était également un chroniqueur étincelant de la société parisienne (Refuges, Déjeuners de soleil,medium_FARGUE_Déjeuners_de_soleil.jpg
ou encore La lanterne magique (1944). 
"Le travail est une chose élevée, digne, excellente et morale, mais assez fastidieuse à la longue".
 

 " J'adore les huitres: on a l'impression d'embrasser la mer sur la bouche."

 
" L'intelligence est un capitaine qui est toujours en retard d'une bataille. Et qui discute après la bataille."


 "Monsieur, je suis l'offensé, j'ai le choix des armes, je choisis l'orthographe. Donc, vous êtes mort." (En réponse à une lettre d'insulte comportant beaucoup de fautes).
 

"Paix sur la terre aux hommes de bonne incohérence!"
 

"Sache souffrir. Mais ne dis rien qui puisse troubler la souffrance des autres.

 
 

 Alors que souvent la poésie n’est plus qu’« écriture », la parole de Fargue nous ouvre le cœur de l’être. Car elle est parole en acte, véritable « chasse au bonheur » dans le ressassement des événements d’une vie.

 

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« L’homme qui plonge clans l’Éternel ramène sa vie d’un coup de nasse. Du milieu de ce charbonnage, son enfance monte comme un campanile. Il se souvient d’un village plein d’hirondelles et de pioches bleues, de grands vantaux de granges, de chasseurs solides, de figures savantes de vieilles, de filles dures et tournantes comme des fuseaux. Des chiens toujours dans vos jambes et des oies battues par les enfants. La boulangerie qui sent la levure et la suie. La bouche éden-tée du four de campagne… » (Vulturne, « Joseph Aussudre »)

 

 

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CREPUSCULE RUE DE LAPPE**

Ce soir-là, j'avais eu, dans un restaurant de la place de la Bastille, où je dînais avec de chers amis, une courte altercation, "à propos d'un parapluie", avec de vagues clients venus pour des paupiettes "terminées", comme il leur fut dit. Nous n'attendîmes pas longtemps avant de nous bouder. Il y avait, dans la bande de ces dîneurs déçus, un voyou très "modern-style" qui ressemblait à une bottine jaune, et dont le parler était assez plaisant à entendre malgré l'afféterie qui s'en évaporait. Quelques instants plus tard, après avoir flâné entre des autobus, le long de la Tour d'Argent du lieu, et vidé quelques cafés tièdes chez Victor, je retrouvai mon type dans un grand bar de la rue de Lappe.

 Cet ancien joyau d'ombre du onzième arrondissement a joliment changé en quelques années. Ce n'est plus qu'une artère, une varice gluante d'enseignes électriques de la dernière heure, qui semble ouverte et de laquelle s'échappe un aigre sang de music-hall. Des voyous en melon traînent le long des voûtes come des soldats de plomb froissés. Des chats traversent le pavé suintant et ronronnent le long de la cheville des agents cyclistes. Des hommes privés de faux col, pour faire "sport", se soulagent longuement sous les portes cochères, pendant que les échantillons du haut snobisme, venus là par Delage ou Bugatti, admirent sans réserve des types humains si libres d'allure ..

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Jadis, des touffes de vérité populaire, des fusées de vice naïf montaient comme des jets d'eau vers les oreilles du promeneur. Aujourd'hui, ce sont les chansons de Chevalier, de Constantin Rossi ou de Lucienne Boyer qui passent à travers les murs, poussées par la même machinerie qui les gosille ailleurs, sur les tables de bridge de la plaine Monceau ou sur les genoux des mondaines des avenues balayées. Des haut-parleurs ont été fixés un peu partout, comme des avertisseurs d'incendie, et les couplets en dégoulinent pour créer une atmosphère à la fois moderne et canaille.

 

... Nous entrons à la Boule Rouge, toute sonore de copeaux d'accordéon. Douze garçons s'élancent à notre poursuite et nous indiquent le chemin vers les banquettes dites du fond, où il reste quelques places encore entre des soldats et des bourgeoises du peuple. On ne vous laisse même pas le temps de choisir du regard un endroit plus propre à vous recevoir, ni même le loisir de vous orienter dans ce parc colorié comme une coupe anatomique et constellé de girandoles et de pièces électriques payables par traites...

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**Dans les années 1930, 17 bals y étaient installés, dont Le Chalet, La Boule Rouge, Les Barreaux Verts, Le Bal Chambon. L'un d'entre eux ouvrit en 1936 sous le parrainage de Mistinguett : le Bal à Jo, du nom de son propriétaire, Jo France, qui avait déjà créé un petit cabaret cinq ans plus tôt, la Bastoche, dans la même rue, mais qui venait de reprendre les locaux du Bal Vernet. Au son de l'accordéon, il fera danser la java au tout-Paris.

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Francis LEMARQUE a donné le nom de cette rue à une de ses chansons : Rue de Lappe, reprise par Mouloudji.

 
Tous les sam'dis soirs on allait
Comm' ça
Dans un bal musette pour danser
Comm' ça
Dans un vieux quartier fréquenté
Comm' ça
Par les danseurs de java
Comm' ça
Rue de Lappe
Rue de Lappe
Au temps joyeux
Où les frappes
Où les frappes
Etaient chez eux
Rue de Lappe
Rue de Lappe
En ce temps là
A petits pas on dansait la java

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La rue de Lappe est toujours célèbre pour sa vie nocturne.


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MON QUARTIER
 

 
A la Chapelle, le dimanche est véritablement un dimanche, et la métamorphose du quartier est complète. Les grandes voitures, conduites par des industriels à moustache en patte de lapin, tournent autour de l'Etoile ou quittent Paris. Les boutiques sont fermées, hormis quelques charcuteries dont les patrons songent aux diners froids de leurs coadministrés. Par grappes, par pelotons, les familles de fleuristes, de crémiers, de cordonniers et de singueurs défilent entre la station Jaurès et le pont du chemin de fer du Nord, large morceau de boulevard aéré qui tient lieu de promenade des Anglais, de plage et de parc de Saint-Cloud.
 
Le mari, déjà juteux de vermouth, sifflote au derrière de ses fils. L'épouse fidèle et solide appuie sur le trottoir son pas de villageoise. La jeune fille à marier hume les fumets de l'Engadine-Express ou du Paris-Bucarest, qui emmènent son coeur loin des frontières géographiques et sentimentales. Les cafés retentissent de poules au gibier, de compétitions au billard russe. Tous ceux qui, pour une raison ou pour une autre, n'ont pas répondu aux appels de l'Humanité ou de quelque autre organisation donnent à la Chapelle une couleur bourgeoise, une atmosphère de considération que l'on ne trouve pas ailleurs ...
 
...
Un intérieur bourgeois, entrevu au second étage d'un immeuble inattaquable et rigide comme une base de pyramide, au lieu de communiquer des idées de suicide et d'obliger le promeneur à s'enfoncer dans la tristesse, fait au contraire naître en moi une singulière admiration pour des milliers et des milliers d'êtres que la vie condamne à l'appartement malsain, aux mensualités sordides et aux escaliers grouillants de bacilles, humanité que rien ne console.
 
Car ce qui manque le plus à la Chapelle, c'est une intimité. On ne peut saisir les rues ni les quartiers dont elle se compose : ils existent dans le tournoiement. On ne devine personne  on ne pince aucun type. Les gens de la Chapelle pensent à servir, à faire face aux commandes. L'oeil est au jambon, à la limande, aux poireaux.
On travaille. Et l'on y rase mieux, de plus près, plus doucement que sur les boulevards, où les coiffeurs à bagues parlent anglais et ne savent pas ce que c'est qu'une peau d'homme ....
 
Le piéton de PARIS 
 

 

 

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Ma note est longue, mais j'ai pris plaisir à me plonger dans ce VIEUX PARIS ...en compagnie de FARGUE. Vous aussi ?

 
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