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24/05/2007

Touche a tout avec Claude ROY

"Je touche à tout parce que tout se tient."

"Ce n’est pas le passe-temps qui m’intéresse,
C’est le dépasse-temps".

Poèmes ou prose, de ses mots, naissent des images, des émotions.

Claude ROY veut dire oui à la vie sans restriction. Son sens de l’humour, des jeux de mots, lui permet de faire un pied de nez à l’approche de la mort, d’une manière déroutante et inhabituelle. À la mort qui le taquine et est présente comme une faux au-dessus de sa tête, il réagit par son envol dans le monde du rêve :

"Avec une clef de cristal
ouvrir une serrure de givre"

"Qu’il serait bon d’être comme eux
Ceux qu’on aime au secret du nid
de grandes ailes dans le ciel
et puis se cacher tout petit"

 

CLAUDE ROY : POÈTE ET HUMANISTE (1915 - 1997)

Claude ROY est né à Paris, le 28 août 1915. Il est d’ascendance charentaise et espagnole. Il fait des études de droit et en même temps de petits métiers, "gagne-pain incertains".

Prisonnier pendant la guerre de 1940, il s’évade et commence à écrire des poèmes. Il devient correspond de guerre et adhère au parti communiste (avec lequel il rompra en 1957, après l’insurrection hongroise).

À la libération, il écrit comme journaliste et côtoie des artistes et des intellectuels, par exemple Aragon, Eluard, Mauriac, Picasso, Vittorini, Paulhan, Anne et Gérard Philippe, ...

En 1958, il rencontre l’amour sous les traits de Loleh Bellon qu’il va célébrer dans ses œuvres. Il voyage : Italie, Chine, URSS, USA, Europe de l’Est, Israël. Il refuse la guerre coloniale et signe le manifeste contre la guerre d’Algérie. Puis vient le temps de la maladie ; il accède à son intime vérité et écrit des poèmes surprenants par leur profondeur et leur sérénité.

 

medium_iris.jpg

L'ENFANT QUI BATTAIT LA CAMPAGNE

Vous me copierez deux cents fois le verbe :

Je n'écoute pas. Je bats la campagne.

Je bats la campagne, tu bats la campagne

Il bat la campagne à coups de bâton.

La campagne ? Pourquoi la battre ?

Elle ne m'a jamais rien fait.

C'est ma seule amie, la campagne.

Je baye aux corneilles, je cours la campagne.

Il ne faut jamais battre la campagne :

On pourrait casser un nid et ses oeufs.medium_NID.jpg

On pourrait briser un iris, une herbe,

On pourrait fêler le cristal de l'eau.

Je n'écouterai pas la leçon.

Je ne battrai pas la campagne.

 

 

En 1985, il reçoit le premier Goncourt de poésie de l’Académie Goncourt. Il incarne la grande tradition française d’humanisme, de curiosité incessante et de culture. Sa poésie était pour certains, comparée à celle d’Éluard mais Claude ROY n’est pas que poète, il écrit aussi des romans, des essais, des chroniques, des mémoires, des récits de voyage, des livres pour enfants.

Même à la fin de sa vie, il restera amoureux de l’amour et des choses de la vie. Il aime écrire pour les enfants car il peut rêver ; les enfants ne se lassent pas de ses fables délicieuses où il sait si bien jouer avec les mots :

medium_COQUILLAGE.jpgBestiaire du coquillage

"Si tu trouves sur la plage
un très joli coquillage
compose le numéro
OCÉAN O.O

Et l’oreille à l’appareil
la mer te racontera
dans sa langue des merveilles
que papa te traduira."

 

Il est amoureux de la vie sous toutes ses formes, en particulier l’eau, les animaux - l’écureuil medium_ecureuil.jpgmais surtout le chat- :

"La chatte au pied de mon lit considère
l’espace vide et blanc du mur Elle voit
quelque chose que je ne vois pas"medium_CHATTE.jpg

 

 

 

 

 Sa douceur le conduit à écouter, même le silence :

 

"L’ÉCOUTE-SILENCE

Écouter ce que dit le vent quand il ne dit plus rien
( ... )
Le silence dit que le silence
écoute couler la source du chant"

 

 

17/05/2007

GUY MOCQUET ET SARKO qui rackette...

medium_GUY_MOCQUET_SOUVENIR001_modifié-1.jpg Pascal mon filston dont c'est la fête aujourd'hui (BONNE FETE PASCAL),  a pris soin de rectifier le tir (si je puis dire!) concernant Guy MOCQUET en me laissant un long commentaire sur ma note Nicolas.. Nicolas... Oui, oui Pascal je sais bien que Guy MOCQUET a été fusillé à Châteaubriant et non au Bois de Boulogne... Mais j'étais tellement troublée par l'attitude du magicien SARKO qui a fait sortir de son chapeau un héros de la gauche quand les siens capitulaient à l'époque devant les allemands, que je me suis mélangée les crayons. Désolée.  Sûr que tu ne risquais pas de l'oublier toi qui t'es rendu jeune ado sur le site... 
 medium_guy_mocquet.jpg
VOILA CE QUE LES JEUNES DOIVENT APPRENDRE... SARKOZY EST UN USURPATEUR !
Cette voix qui monte des fers et parle pour les lendemains », écrira Aragon. Des jeunes, mais aussi des Français et des immigrés, comme ceux de l'Affiche rouge, « vingt et trois étrangers et nos frères pourtant ». Rendre hommage à Guy Môquet est un devoir pour tous, Nicolas Sarkozy compris, mais l'instrumentalisation, pour ne pas dire l'enrôlement de son sacrifice au service d'un discours électoral, manque singulièrement de dignité. Oui, la dernière lettre de l'adolescent à ses parents doit être connue de tous les enfants d'aujourd'hui. Mais livrer ces paroles de souffrance, de courage et d'amour en pâture à un meeting électoral,au milieu des « Sarko président » et des « Je kiffe Sarkozy », relevait de la plus électoraliste impudeur. Et les jeunes gens mobilisés pour acclamer leur héros n'étaient pas habités, c'est le moins qu'on en puisse dire, par les idéaux de solidarité, de liberté et de dignité des fusillés de Châteaubriant. Ils sifflèrent comme prévu les trente-cinq heures et approuvèrent bruyamment quand l'orateur fustigea « la mode exécrable de la repentance »...
Pierre- Louis Basse, qui était mercredi dernier avec les élèves  de Châteaubriant s'était déjà exprimé dans
une lettre ouverte au candidat à laPrésidence.

Dans son édition du 20 mars, sous la plume de Ludovic Thomas : Odette Nilès, présidente de l'Amicale de Châteaubriant, dénonce l'utilisation du nom du jeune résistant.

«Les valeurs de Nicolas Sarkozy n'ont rien à voir avec celles des résistants et des résistants communistes. » Odette Nilès, présidente de l'Amicale de Châteaubriant, est autant émue que révoltée après les références répétées du candidat de l'UMP à son camarade Guy Môquet,fusillé à dix-sept ans et demi par les nazis, avec la complicité du régime de Vichy. « J'ai eu l'occasion de partager la vie de Guy au camp de Châteaubriant et de le voir partir à la mort avec ses camarades. Et 66 ans après, je n'ai jamais oublié cette journée du 22 octobre 1941. Guy, c'était un battant. C'était l'exemple du courage de cette jeunesse qui ne baisse jamais les bras. Ni même devant la mort. Il n'aurait pas accepté que Sarkozy se serve de son nom pour camoufler la politique néfaste de cet ambitieux ministre, si loin des aspirations des jeunes d'aujourd'hui qui ont manifesté contre le CPE », explique-t-elle.

Dernière femme des six témoins encore vivants sur les 600 internés du camp, Odette Nilès veut dénoncer l'usurpation du nom du jeune résistant parle ministre de l'Intérieur. « Nicolas Sarkozy, c'est tout le contraire de Guy Môquet. Il est plus proche de Le Pen que de la gauche. On ne l'aurait jamais admis avec nous s'il avait défendu ce qu'il défend aujourd'hui. Et nous l'aurions même combattu. Tout nous oppose ! »,affirme-t-elle. Espérons que les livres d'histoire n'aient jamais à le démontrer.
 
 Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

La lettre de Guy Môquet à la veille de sa mise à mort

"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c’est d’être courageuse. Je le suis et je veux l’être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j’aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c’est que ma mort serve à quelque chose. Je n’ai pas eu le temps d’embrasser Jean.
J’ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J’espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l’escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t’ai fait ainsi qu’à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j’ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m’as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j’aime beaucoup. Qu’il étudie bien pour être plus tard un homme. 17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c’est d’être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d’enfant. Courage !

Votre Guy qui vous aime.

Guy

Guy Môquet était le fils du député communiste du XVIIe arrondissement de Paris Prosper Môquet. Le parti communiste français ayant été dissous par Édouard Daladier **en septembre 1939, Prosper Môquet est arrêté le 10 octobre 1939, déchu de son mandat de député en février 1940 et plus tard déporté en Algérie. Le frère de Prosper, Henri était concierge au siège du parti communiste. À la fin de l’été 1940, il est intégré dans le dispositif clandestin du parti.

Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Après l’occupation de Paris par les Allemands et l’instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des papillons dans son quartier dénonçant le nouveau gouvernement et demandant la libération des internés. Il est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l’Est par des policiers français qui recherchaient les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu’il révèle les noms des amis de son père.

Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d’autres militants communistes.

Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d’occupation de la Loire-inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes.

Le ministre de l’Intérieur du gouvernement Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes "pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français" : 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris.

Deux jours plus tard, neuf poteaux sont dressés à la Sablière, vaste carrière à la sortie de Châteaubriant. En trois groupes, les 27 otages s’y appuient, refusent qu’on leur bande les yeux et donnent leur vie en s’écriant "vive la France". Guy Môquet est le plus jeune. Il est abattu à 16h00.

Avant d’être fusillé, il avait écrit une lettre à ses parents. Le jeune frère de Guy Môquet, Serge, âgé de 12 ans en 1941, fut traumatisé par la mort de son aîné et ne lui survécut que quelques jours.

 

 

** DALADIER.. (Carpentras, 18 juin 1884 - Paris, 10 octobre 1970 est un homme politique français, figure du Parti radical.   Le 3 septembre 1939, il déclare  la guerre à l'Allemagne, et engage une politique anticommuniste suite au pacte germano-soviétique (mise hors la loi du Parti communiste français et interdiction de parution de L'Humanité, élus communistes déchus de leurs mandats).

FALLAIT PAS M'CHAUFFER !

Ce soir je changerai de ton, ce sera musiques.... Promis.

 

12/05/2007

UN AUTRE 12 MAI 1965 ... Roger VAILLAND

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Roger Vailland décèdera à cinquante-sept ans, le 12 mai 1965, d’un cancer du poumon. Il repose depuis dans le cimetière de Meillonnas.
Né dans l'Oise en 1907, Roger Vailland sera d'abord reporter. Il voyage à travers l’Europe et le monde pour exercer son métier de reporter pour plusieurs journaux : Paris-Midi (devenu Paris-Soir en 1930), La tribune des Nations, Libération, Humanité-Dimanche, etc.

Mais il se fera essentiellement connaître pour son talent d'écrivain et pour son engagement dans la Résistance. En 1945, il recevra le prix Interallié ; en 1957, le prix Goncourt.
Libertinage, refus de toutes contraintes morales ou religieuses, quête d'une liberté absolue passant par toutes les extrêmes (drogue, alcool, sexe, vitesse) guideront ses romans.

il écrit une série de romans "engagés" : Les mauvais coups (1948) -l’histoire d’un couple qui se défait-, Bon pied bon œil (1950) -la découverte du militantisme-, Beau masque (1954) -le thème de la fraternité syndicale et de la lutte contre l’aliénation-, 325 000 francs (1955) -pamphlet contre le capitalisme qui a recueilli moins de votes des jurés du Goncourt que Les Eaux mêlées, de Roger Ikor. La lutte des classes n’est pas son unique thème de prédilection. Il crée des personnages assez cyniques, voire libertins.

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Cette évolution thématique marque un changement dans son œuvre littéraire : ainsi dans La loi (Prix Goncourt 1957), il dresse le portrait stendhalien d’un héros dominateur, dans La fête (1960), celui d’un héros donjuanesque, dans La truite (1964) celui d’une jeune femme décidée à exploiter les hommes sans rien leur concéder. Vailland consacre également deux essais à des libertins célèbres : Laclos (1953) et Éloge du Cardinal de Bernis (1956).


Engagé dans la Résistance dès 1942 et en mission au domicile de Daniel Cordier, un agent de la Résistance, il découvre un exemplaire de Lucien Leuwen, se plonge dans sa lecture... et se lance aussitôt dans l’écriture de Drôle de jeu qui paraît à la Libération et recevra le prix Interallié en 1945. Vailland y a mis le quotidien de la vie d’un résistant communiste, partagé entre ses convictions politiques et son âme de séducteur.


Se conduire en politique, c'est agir au lieu d'être agi, c'est faire l'histoire, faire la politique au lieu d'être refait par elle".


Lorsque les crimes de Staline sont révélés en 1956, après le soulèvement de Budapest, Vailland se détache du communisme, mais reste toujours fidèle à son idéal révolutionnaire.

06/05/2007

Ne m'abandonnez pas !

Ibujo...merci à vous blogueur inconnu qui avez pris la peine de me renseigner ce jour, sur un tableau qui m'intriguait et que j'aime particulièrement, publié le 12.09.2006 dans la rubrique Mes goûts et mes couleurs.

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Je trouve cette histoire douloureuse... comme la photo !

L'abandonnée est un des derners tableaux de botticelli et représente Sandra Lippi(fillede filipo Lippi,maitre de botticelli)sandro B. Alors qu'il était homosuel il eut une liaison avec Sandra il avait + de 40 ans et elle 22ou 23 ans.Mais lorsqu'il apprit qu'elle était enceinte il ne put assumer cette responsabilité, et refusa de la revoir .
Elle se maria et ils ne se revirent plus pendant 15 ans.
Aprés la mort de son mari,il découvre enfin son fils et revoit celle qu'il na jamais cessé d'aimer.
C'est alors qu'il peint ce tableau, sorte de méa culpa de son ignoble conduite. Je crois qu'ils finirent leurs jours ensemble.
J'ai appris tous ces détails dans le livre de sophie Chauveau:" le rêve botticelli "que je viens de lire et qui m'a passionné, on y retouve le genèse de toute son oeuvre.
je ne comprends pas grand chose aux blogs, ce commentaire arrive un peu d'un façon incongrue,mais j'avais envie d'en parler. Je ne sais pas ou se trouve ce tableau!

Vous avez rudement bien fait d'en parler et je vous en suis
infiniment reconnaissante. C'est ça les blogs.. Apporter et recevoir.

30/04/2007

PREMIER MAI DES TRAVAILLEURS

LE PREMIER MAI N'EST PAS NE DE RIEN .. qui s'en souvient ? Ne L'oublions pas... medium_PREMIER_MAI.3.jpg


A la mémoire d'Engel, Fisher, Lingg, Parsones, Spies mort en 1887

Le 1er mai 1886, les syndicats américains IWPA et AFL, ainsi que le journal anarchiste The Alarm lancèrent une grève pour la journée de 8 heures sans perte de salaire. La gréve se poursuivit à Chicago les 2 et 3 mai. La police tuera quatre manifestants. Le 4 mai, durant un meeting de protestation à Haymarket square, une bombe explosa. Des militants anarchistes (George Engel, Adolf Fisher, Louis Lingg, Albert R. Parson et Auguste Spies) seront arrêtés et condamnés à mort après un procès truqué. Lingg se suicidera dans sa cellule. Les cinq innocents seront réhabilités..
.

Le 1er mai 1886 ainsi que les événements dramatiques qui ont secoué le mouvement ouvrier américain sont à l’origine de la célébration de la Fête du Travail, jour chômé et réservé aux manifestations des travailleurs. Comme, plus tard, le cas de Sacco et Vanzetti et l’affaire Rosenberg, le procès des martyrs de Chicago reste un exemple de la justice à la solde des possédants dans l’Amérique capitaliste. Les dernières paroles d’August Spies, à ce propos, sont prophétiques :
« Il viendra un temps où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui »medium_PREMIER_MAI_2.3.jpg

Les débuts du premier mai en France

Paris connut le premier mai 1890 son premier « premier mai ». Une tradition allait naître, mais, pendant longtemps encore, sa célébration va se faire contre les forces de répression et 1er mai va signifier affrontements, brutalités et sanctions de tous ordres. En 1901, le syndicaliste Pouget propose dans son journal Le Père Peinard : « Fixons nous une date et proclamons qu’à partir du jour que nous aurons choisi pour rien au monde nous ne consentirons à faire plus de huit heures ! ».

Il faudra attendre le 8ème congrès de la CGT, qui se tient à Bourges en septembre 1904, pour que l’idée soit reprise et la date fixée : ce sera le 1er mai 1906 ! Pour préparer cette journée, la CGT entame la première grande campagne de propagande de son histoire : affiches, tracts, papillons, brochures, création de comités d’action pour les 8 heures, articles dans le journal confédéral d’alors, La Voix du Peuple. On y développe toute une argumentation autour de l’idée des 8 heures : moyen pour combattre le chômage, éliminer fatigue et surmenage, supprimer les maladies professionnelles, développer les bibliothèques, élever le niveau culturel des travailleurs, etc.

C’est dans ce climat qu’arrive le 1er mai 1906, qui va être marqué par de violents affrontements avec les forces de police. Dès le matin, Paris est mis en état de siège : soldats et policiers en armes à chaque carrefour, forte concentration de policiers à cheval aux abords de la Bourse du travail, place de la République. La caserne proche a même été aménagée en « prison » temporaire...

Les divers syndicats ont convoqué leurs adhérents en plusieurs points de la capitale. Un meeting est prévu à la Bourse, mais comme tout le monde ne peut y pénétrer, c’est une manifestation de rue que la police s’efforce de disperser : il y a des charges brutales, des arrestations par centaines. A l’heure du bilan, le soir, on comptera même deux morts. Et il faudra attendre 23 heures pour que les rues de Paris retrouvent leur aspect habituel. Mais les violences continueront pendant plusieurs jours encore. Les patrons licencieront plus de deux mille travailleurs coupables d’avoir quitté leur travail le 1er mai !

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En 1884, le mouvement anarcho-syndicaliste, aux États-Unis, luttait pour la journée de travail de huit heures. Le mouvement fixa comme revendication que, à compter du 1er mai 1886, personne ne devrait plus travailler plus de huit heures. Pour faire aboutir sa revendication, une grève générale fut fixée pour le 1er mai. Le nord industrialisé des États-Unis était l'endroit où se concentraient les luttes. Ainsi, le 1er mai 1884, à Chicago, plus de 400 000 personnes manifestèrent dans les rues de la ville. Dans certains secteurs d'activité, la journée de travail fut effectivement limitée à huit heures. Une nouvelle manifestation eut lieu le 3 mai pour que la mesure fût étendue à tous les secteurs d'activité.
Cependant les forces de police et les milices patronales avaient reçu des renforts en armes et en hommes dans les semaines précédant la grève générale. Le 3 mai, la police ouvrit le feu sur les grévistes de l'usine McCormick, tuant quatre ouvriers et en blessant de nombreux autres. Les anarchistes appelèrent donc à une grande manifestation à Haymarket Square, le lendemain, en mémoire des victimes et pour protester contre les brutalités policières.
Le meeting anarchiste de Haymarket se déroula dans le calme, malgré la forte présence policière. Au moment de la dispersion, un provocateur lança une bombe au milieu des policiers, tuant l'un d'entre eux. La police riposta en faisant également une victime.
Dans les jours suivants, les autorités prirent prétexte de l'incident de Haymarket pour attaquer le mouvement anarchiste et pour mener une répression sanglante : huit militants anarchistes furent arrêtés et accusés d'avoir lancé la bombe de Haymarket (bien que seul un d'entre eux fût présent au moment des faits, et qu'il se trouvât sur la tribune !). Le 20 août 1886, les huit accusés étaient condamnés à mort par la « justice » après une parodie de procès. Albert R. Parsons, Auguste Spies, Adolf Fischer et George Engel furent pendus le matin du 11 novembre 1887. Louis Lingg s'était suicidé en prison l'avant-veille de l'exécution. Les trois autres anarchistes virent leur peine de mort commuée en perpétuité.

 
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