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25/11/2006

GERARD PHILIPE ... L'HOMME... (suite)

 

TEL PERE, TEL FILS ? PAS AVEC GERARD PHILIPE. IL ETAIT RESISTANT, SON  PERE ETAIT COLLABO, CONDAMNE A MORT PAR CONTUMACE

Après avoir évoqué le comédien,  l'acteur décédé ce 25 novembre 1959, il m'était impossible de ne pas parler de l'homme et ceux qui l'aimaient au théâtre, le respectaient pour ce qu'il était dans sa vie car il ne s'est pas contenté de jouer.

De l'Ange de Sodome et Gomorrhe (Giraudoux, 1943), son premier succès à la scène, au secrétaire Vaquez, sa dernière prestation dans La fièvre monte à El Pao (Luis Buñuel, 1959), il aura traversé quinze ans de théâtre (vingt pièces) et de cinéma (trente films), alliant à des talents vite reconnus de jeune premier et de séducteur un réel goût du risque artistique, une volonté de se renouveler et un engagement d'homme public qui, à son niveau de célébrité et pour son époque, n'ont guère d'équivalent. Les témoignages de ses contemporains s'accordent à dire qu'il fut un comédien d'exception

Loin de se borner à prêter sa notoriété, il se révéla un vrai chef syndical, n'hésitant pas à intervenir sur des questions apparemment ingrates de fonctionnement intérieur. Dans la ligne d'un manifeste publié dès octobre 1957, "Les acteurs ne sont pas des chiens", où il soulignait la précarité de ce métier, il se soucia de la ré-évaluation des bas salaires, du paiement des heures de répétitions, des retraites.

Mais encore il se proposait d'"établir dans toute la France cet esprit unique au monde que Vilar a réussi à créer au TNP", car la province subissait un vrai sous-développement théâtral, la capitale accaparant l'essentiel des subventions publiques. Aussi, le 15 janvier 1959, Gérard PHILIPE, devenu Président du Syndicat Français des Acteurs (S.F.A) présentait un projet de décentralisation dramatique et lyrique constituant huit régions autonomes dotées chacune de plusieurs troupes et financées à 40 % par l'Etat. Réforme hardie pour l'époque. Jean Vilar lui - même n'y était guère favorable ; et le critique du Monde, Robert Kemp, n'hésitait pas à écrire le 17 janvier : "Est-il bien nécessaire d'exciter la province contre Paris ? N'est-il pas toujours certain que Paris est la source où boivent les théâtres de province ?" Si André Malraux, le ministre des affaires culturelles, préféra s'appuyer sur l'implantation de maisons de la culture, ces idées firent néanmoins leur chemin. Surchargé de travail, peut-être déjà atteint par le cancer fulgurant qui l'emporta, Gérard Philipe démissionna de sa fonction en avril 1959, demeurant au Conseil syndical sur les instances de ses compagnons.  Il fut remplacé par le basque Michel ETCHEVERRY.

 Gérard Philipe de son vrai nom Gérard Philip rencontre en 1943, Nicole Foucarde, une ethnologue épouse d'un diplomate. Ils tombent amoureux l'un de l'autre en 1946 et se marient le 29 novembre 1951 à la mairie de Neuilly-sur-Seine dans une totale intimité après qu'elle ait divorcé de son premier mariage. Ils deviennent tout les deux compagnons de route du parti communiste français (PCF). Il rebaptise son épouse Anne parce qu'il trouvait ce prénom plus poétique. Ils ont deux enfants ensemble : Anne Marie Philipe née le 21 décembre 1954, devenue comédienne elle aussi, puis Olivier né en février 1957 et s'installent boulevard Inkerman à Paris puis rue de Tournon.

UN PERE COLLABO ... Tout en restant en contact avec son père et l'aidant, Gérard Philipe garda toujours le silence sur ce drame familial.

A Grasse, Marcel Philip, le père de Gérard Philipe, ancien avocat, collaborait avec les Allemands : il était administrateur du Parc Palace Hôtel, lieu de rencontre des Allemands et lieu de résidence de l'état-major mussolinien; de plus, il était délégué régional et membre du comité directeur du Parti populaire français (parti créé par Jacques Doriot) pour les Alpes-Maritimes.

A l'extrême opposé, en août 1944, son fils se battit aux côtés des résistants lors de l'insurrection pour la libération de Paris. Gérard Philipe avait de nombreux amis parmi les résistants.

Le 24 décembre 1945, la cour de justice des Alpes-Maritimes condamnait le père de Gérard Philipe à mort pour intelligence avec l'ennemi et appartenance à un groupe anti-national. Il fut emprisonné d'abord à Saint-Denis, puis à Grasse. Son fils tenta d'influencer ses propres relations pour l'aider et n'y arriva que partiellement. Son père s'évada en 1945 (à l'époque, son fils jouait à Paris la pièce de théâtre Caligula) et s'enfuit en Espagne ; il fut condamné à mort par contumace. Son fils mourut en 1959. Marcel Philip ne reviendra en France que 10 ans après, suite à l'amnistie.

UN AUTRE 25 NOVEMBRE ... MON AMOUR DE JEUNESSE

medium_philipe1.jpgJe me souviens de l'annonce de son décès comme si c'était hier. C'était le 25 novembre 1959. Je venais de l'apprendre alors que je me rendais à la Chorale de l'Association Laïque de GAGNY où je prenais également des cours de théâtre. Inutile de vous dire que la petite jeune fille que j'étais, pleurait, car nos professeurs nous emmenaient au T.N.P. (Théâtre National Populaire) régulièrement et en en 58/59 j'avais eu l'occasion d'assister à la représentation d'ON NE BADINE PAS AVEC L'AMOUR, LES CAPRICES DE MARIANNE, LE CID, avec  les formidables Suzanne FLON, Geneviève PAGE.medium_gerard_philipe_lorenzacio.jpg, Monique CHAUMETTE (l'épouse de Philippe NOIRET)..

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Alors que les foules l'acclament, Gérard Philipe ne se perd pas dans les méandres du star système. Sa vie privée, loin des objectifs, reste simple et sans extravagance.

Gérard et Anne PHILIPE 

 Un soir où le T.N.P. jouait Lorenzaccio, on prit au hasard dix spectateurs qui entraient au palais de Chaillot et on leur demanda de décliner leur identité. Il y avait un professeur agrégé, un tourneur-ajusteur, une retraitée des P.T.T., un ouvrier verrier, une comtesse, un journaliste, un libraire, un président honoraire à la cour des comptes, une sténodactylo et un ministre. Jamais aucun théâtre au monde n'avait réussi à rassembler un public aussi disparate"

 

Gérard aimait le contact avec le public populaire et son investissement au T.N.P. n'y est pas étranger. Malgré son statut de "vedette de cinéma" il n'y reçut aucune faveur et fut traité comme tous les autres comédiens de la troupe. Son nom était naturellement placé sur l'affiche à sa place alphabétique.

Bien sûr Gérard PHILIPE était non seulement comédien, mais il a tourné dans de nombreux films célèbres   

Le dernier, la fiève monte à EL PAO avec Maria FELIX.  "Dans un pays imaginaire d'Amérique latine, l'arrivée d'un nouveau gouverneur qui institue une discipline de fer favorise l'éclosion d'une rébellion qui va faire de nombreuses victimes". medium_gerard_philipe_la_fievre_monte_a_el_pao.jpg

On le savait gravement malade lorsque je suis allée voir le film et c'était très émouvant. Les inconditionnels de Gérard PHILIPE suivaient les bulletins de santé avec gravité. Les rumeurs faisaient état d'une maladie contractée pendant le tournage.

En 1959, le 25 novembre en pleine gloire, à l’apogée de sa popularité, doté du génie de la comédie et d'une aura artistique hors du commun, de Luis Bunuel aalors qu'il vient de finir le tournage du film La fièvre monte à El Paou Mexique et alors qu'il souffre d'un cancer du foie il est emporté par une crise cardiaque à Paris à l'âge de 36 ans, plongeant dans la tristesse ses nombreux admirateurs et surtout admiratrices. Il est enterré dans le costume du Cid, conformément à ses dernières volontés au petit cimetière de Ramatuelle, près de Saint-Tropez.

À l’image de James Dean ou Marilyn Monroe il entre dans la légende du cinéma des années 1950.

 

22/11/2006

UN AUTRE 22 NOVEMBRE QUI NE ME FAIT PAS PLEURER


Je lis : 22 novembre 1990  Démission de Madame THATCHER au poste de Premier Ministre.  Au premier coup d'oeil, j'avais cru lire l'annonce de son décès...  on peut se tromper.

Et bien je profiterai de ce 22 novembre 2006 pour parler  de l'époque héroïque ou la Madame THATCHER, surnommée la DAME DE FER, m'a laissé de douloureux souvenirs. Impitoyable elle a laissé mourir  un par un Bobby SANDS et ses frères de combat, grévistes de la faim pour obtenir le statut de prisonnier politique. Il y a eu des manifestations dans le monde et à Paris. J'en étais avec mon Minou et je n'oublierai jamais...

1981 Bobby Sands, militant de l'IRA, meurt dans sa cellule de Long Kesh (Irlande du Nord) après 66 jours de grève de la faim. Il espérait obtenir le statut de prisonnier politique. Il est le premier des 10 grévistes de la faim à mourir.

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Bobby SANDS est né à RATHCOOLE un quartier de Newtownabbey en Irlande du Nord. Sands rejoint les forces de l'IRA en 1972 après une enfance très marquée par les affrontements entre les communautés protestantes et catholiques. Avant la fin de l'année il est arrêté et emprisonné jusqu'en 1976.

A sa libération, il retourne auprès de sa famille et vit à Twinbrook à l’ouest de Belfast. Sands devient rapidement un des activistes principaux de sa communauté. Il ne reste en liberté qu’une année. Il est arrêté avec quatre de ses compagnons dans une voiture en possession d’un revolver. Lors de son proces en septembre 1977, il est accusé d’avoir commis un attentat. Cette charge contre lui est rapidement abandonnée faute de preuves. Il est néanmoins condamné pour possession d’une arme et envoyé en prison pour une durée de 14 années.

Il est emprisonné à la prison de Maze qui est surnommée Long Kesh par les républicains. En prison, Sands devient journaliste et poète. Ses écrits sont publiés dans le journal de l’IRA An Phoblacht.

La seconde grève de la faim commence le 1er mars lorsque Bobby Sands refuse de s’alimenter. L’organisation prévoit cette fois un début progressif des grèves de la faim afin de faire un maximum de publicité à leur mouvement avec un étalement de la déterioration physique voire de la mort des prisonniers sur plusieurs mois.

Peu de temps après le début de la grève, un député républicain du Fermanagh et du sud Tyrone meurt et des élections anticipées sont provoquées. La vacance soudaine de ce siège obtenu avec une faible majorité catholique est l’opportunité pour les supporters de Sands et de son combat d’unir toute la communauté catholique dans leur campagne. Ils proposent donc Sands comme candidat à l’élection législative anticipée. Après une campagne électorale fortement médiatisée, Sand remporte le siège le 9 avril 1981 par 30 492 votes contre 29 046 au candidat de l’Ulster Unionist Party, Harry West.

La gouvernement changea la loi électorale en amendant le Representation of the Peole act. Cet amendement interdit aux prisonniers de se présenter à des élections et requiert une période de 5 ans entre la fin de la condamnation et la possibilité de se présenter.

Neuf autres membres de l’IRA impliqués dans cette grève de la faim moururent après Bobby Sands. La plupart des républicains irlandais et des sympathisants de l’IRA voient en Sands un martyr qui resta ferme face à l’intransigeance de Londres. Beaucoup de nationalistes qui s’opposent à l’IRA ont été choqués par la position du Gouvernement britannique. La couverture médiatique qui accompagna l’agonie puis la mort de Sands et de ses compagnons provoqua une nouvelle montée de l’activité de l’IRA, le groupe terroriste vit le nombre de ses membres augmenter sensiblement et les dons vers l’organisation affluer.

 http://wikepedia.org/ 

La Dame de FER  m'oblige à dire qu'en politique ce n'est pas le costume qui fait le larron. HOMME ou FEMME... On est de droite, de gauche, à droite de la gauche, à gauche de la droite, au centre droit, au centre gauche, aux extrêmes mais le sexe ne change rien. La différence en politique ne réside que dans  les objectifs, les priorités qu'on se fixe pour répondre aux besoins, aux attentes des personnes, des familles et les choix financiers qu'on fait pour concrétiser les belles promesses électorales. Du moins, c'est mon avis et je le partage.

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J'ai fouillé dans ma boîte à chaussures et j'ai revu mon petit maire-adjoint préféré (à gauche !) , le Minou de miche, lors d'un rassemblement à la mémoire des 10 jeunes hommes. C'était à GAGNY en mai 81.

 Pas un sourire. Il y avait beaucoup d'émotion dans la salle ce jour-là au discours du maire.

 

RENAUD : madame THATCHER


podcast

21/11/2006

UN AUTRE 21 NOVEMBRE : MARIA CASARES

DIX ANS DEJA ! Née un 21 novembre, décédée un 22 novembre. Il m'était impossible de ne pas rendre hommage à cette grande actrice de théâtre que fut Maria CASARES.  Je n'ai pu m'empêcher d'aller faire un tour dans les coulisses du Théâtre National Populaire (TNP) que j'avais eu l'occasion de fréquenter dans les années 58 et 59 et 60, avec mes professeurs de théâtre où je l'avais applaudie dans "PHEDRE".  Je n'ai jamais oublié cette voix à nulle autre pareille, cassée et chevrotante disent certains, mais oh combien envoûtante. Et ce rire !.....

Chassée par la guerre civile espagnole et exilée en France avec sa mère depuis 1936, Maria Casarès Quiroga (21 novembre 1922-22 novembre 1996), originaire de Galice, fait ses études d’art dramatique au Conservatoire national de Paris.

Chevalier de la Légion d’honneur, Commandeur des Arts et des lettres, Maria Casarès écrit dans Résidente privilégiée, son livre de souvenirs : « Je suis née en novembre 1942, au théâtre des Mathurins…Ma patrie est le théâtre

Maria Casares est, sans aucun doute, la plus grande tragédienne française de la seconde moitié du XX° siècle.

EN 1948 Elle joue La chartreuse de Parme de Christian-Jaque d'après Stendhal avec le beau Gérard Philipe.

Elle est successivement Lady Macbeth, Phèdre, Marie Tudor, Médée, Mère Courage. Mais aussi la Mère dans les Paravents de Genet. Une première fois en 1966, dans la mise en scène de Roger Blin, une seconde fois dans celle de Patrice Chéreau en 1983. En 1986, elle joue dans Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès. Au théâtre de Gennevilliers, Bernard Sobel lui confie l’Hécube d’Euripide (1988). Où elle bouleverse l’assistance dans le rôle poignant de la vieille reine meurtrie par la chute de Troie. Le public la rencontre en 1991 au Théâtre de la Colline, dirigé par Jorge Lavelli. Elle joue dans Comédies barbares de Ramón del Valle-Inclán. En 1993, elle interprète un rôle masculin : elle incarne le Roi Lear, dans Threepenny Lear.


Elle a été avec Jean Vilar au TNP, l'une des premières à donner au Festival d'Avignon ses lettres de noblesse.

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Elle fut la comédienne de théâtre la plus marquante des années 50/60 - Passant de l'horrible drame shakespearien à la primesauterie de Marivaux, de Camus à Tchekhov... seuls restent ses films, hélas !

Pour remercier la France d’avoir été une terre d’asile, Maria Casarès a décidé de faire don de son domaine de La Vergne à la commune d’Alloue.

Ainsi est né le projet de « la Maison du Comédien Maria Casarès », il sera officialisé par une association loi 1901, le 19 octobre 1999, sous la présidence du comédien François Marthouret. Ni musée, ni festival, ni école permanente. La Vergne doit devenir une « Résidence Privilégiée ». Cette maison doit rester un lieu de vie et de travail ouvert toute l’année où l’art du comédien prend le temps de s’expérimenter, de se renouveler, de se partager, de se transmettre

Les Premières Rencontres d'été sont organisées en juin 2000. Le projet initial prend de l'ampleur et la Maison du Comédien se transforme en résidence. D’année en année,  les animations théâtrales en milieu scolaire et l’assistance aux groupes amateurs, conduites par des comédiens professionnels prendront de l’ampleur.
Ainsi,
 des auteurs, des metteurs en scène, des comédiens, des musiciens se succèderont en résidence. Ainsi que des grandes écoles de théâtre ( TNS, Montpellier, Chaillot… ). D’autres pays ( le Portugal, La Sicile ) seront invités même si l’Espagne, chaque fois que possible, demeurera la bienvenue.

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« Femme tellurique », selon les mots de l’écrivain mexicain Carlos Fuentes, Maria Casarès, qui n’a jamais renoncé à la nationalité espagnole, est le dernier « monstre sacré » du théâtre français.

 

 

11/11/2006

PAROLES DE POILUS... UN DEVOIR DE MEMOIRE

Ils avaient dix-sept ou vingt-cinq ans, se prénommaient Gaston, Louis, René. Ils étaient palefreniers, boulangers, colporteurs, bourgeois ou ouvriers,. Ils devinrent soudainement artilleurs, fantassins, brancardiers ... voyageurs sans bagage, ils durent quitter leurs femmes et leurs enfans et revêtir l'uniforme mal coupé, chausser les godillots cloutés ...

Sur huit millions de mobilisés entre 1914 et 1918, plus de deux millions de jeunes hommes ne revirent jamais le clocher de leur village natal. Plus de quatre millions subirent de graves blessures...

Des lettres et carnets du front 1914-1918 recueillis dans un ouvrage "Paroles de Poilus", lus ce soir pour la première fois par miche témoignent de toute l'horreur vécue par ces jeunes hommes qui croyaient revenir dans les plus brefs délais :

le 26 juillet 1915 : j'ai vu de beaux spectacles ! D'abord les tranhées de Boches défoncées par notre artillerie malgré le ciment et les centaines de sacs de terre empilés les uns au-dessus des autres ; ça c'est intéressant. Mais ce qui l'est moins, ce sont les cadavres à moitié enterrés montrant, qui un pied, qui une tête ; d'autres, enterrés, sont découverts en creusant les boyaux. Que c'est intéressant la guerre ! On peut être fier de la civilisation ! Pierre RULLIER


le 23 mai 1915 : Je ne sais plus comment je pourrai vivre. Déjà avec la chaleur, nous commençons à ne plus avoir d'appétit. Comme nourriture nous avons à 10 heures du bouillon dont le gout de suif nous empêche de le boire et du bouilli. Le soir du singe (viande de conserve) avec des patates en sauce. Rien n'est appétissant, et lorsque vous allez au repos vous êtes au milieu des taillis. Il vous est impossible d'acheter des vivres". Emile SAUTOUR


"19 juillet 1915 : je ne suis plus qu'un squelette où la figure disparaît sous une couche de poussière mêlée à la barbe déjà longue. Je tiens debout comme on dit en langage vulgaire parce que c'est la mode." Emile SAUTOUR


16 avril 1917 : Chère femme et chers parents et chers tous
Je suis bien blessé. Espérons que ça ne sera rien. Elève bien les enfans, chère Lucie. Léopold t'aidera si je ne m'en sortais pas. J'ai une cuisse broyée et suis seul dans un trou d'obus. Je pense qu'on viendra bientôt me sortir. Ma dernière pensée va vers vous.
Jean-Louis CROS


Sur l'étagère de la chambre que j'occupe actuellement à Ste Luce sur Loire, deux tomes parmi d'autres, de l'auteur de la magistrale épopée de la Grande guerre, la sale guerre. Né à Montluçon, comme ses héros, Pierre MIQUEL raconte cette épopée dont certains ignorent presque tout de ce cauchemar enduré par des hommes semblables à tous les jeunes d'Europe qui, pris dans la tourmente, n'ont pas eu d'autre choix que le courage ou la mort brute au fond d'une tranchée.


Dans "les pantalons rouges", Il met à nu les hantises ordinaires de ces jeunes gens hagards, épuisés au combat : la faim, la boue, l'atroce agonie des soldats transpercés par la ferraille des obus, l'impuissance des officiers mal informés, la peur impossible à tromper, l'amitié, l'héroïsme et les trahisons. L'amour aussi....

Huriel, 1er août 1914 : léon AUMOINE se marie avec Marguerite, une fille Bigouret. Ils ont vingt ans. Mais la messe est à peine finie que le tocsin résonne au loin. Le lendemain, après une nuit de noces à l'hôtel Terminus, Léon embarque à Montluçon. C'est la guerre..

Dans "La tranchée", on croyait tout savoir, on découvre ici la souffrance psychique de ces infortunés, la torture imposée continûment aux sens : vacarme deds canonnades, lumières aveuglantes, paysages d'apocalypse où les membres humains pendent aux arbres déchiquetés, miasmes des milliers de corps en décomposition.

"Septembre 1914 : Léon est mort au front. Il laisse une épouse, une mère, désormais seule pour diriger l'exploitation agricole de l'Allier, et trois frères frappés par l'injustice de son sort. En France, trois cent cinquante mille foyers sont déjà endeuillés..."

C'est parce qu'il les aime, ces braves et humbles poilus, sacrifiés du champ d'honneur, que Pierre MIQUEL leur redonne vie. ... Il livre des pans secrets de cette funeste épopée - commerce de femmes, évacuation de populations indésirables, dénonciations. ...

Il reste "Le serment de Verdun" et "le Plateau de Craonne"... Dès à présent, je vais aller entamer le premier tome de cette Histoire à ne pas manquer, pour la mémoire...

 
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