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16/12/2011

GABRIEL PERI .. 14 DECEMBRE 1941

 

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GABRIEL PERI

Un homme est mort qui n'avait pour défense

Que ses bras ouverts à la vie

Un homme est mort qui n'avait d'autre route

Que celle où l'on hait les fusils

Un homme est mort qui continue la lutte

Contre la mort contre l'oubli


Car tout ce qu'il voulait

Nous le voulions aussi

Nous le voulons aujourd'hui

Que le bonheur soit la lumière

Au fond des yeux au fond du coeur

Et la justice sur la terre


Il y a des mots qui font vivre

Et ce sont des mots innocents

Le mot chaleur le mot confiance

Amour justice et le mot liberté

Le mot enfant et le mot gentillesse

Et certains noms de fleurs et cetains noms de fruits

Le mot courage et le mot découvrir

Et le mot frère et le mot camarade

Et certains noms de pays de villages

Et certains noms de femmes et d'amis

Ajoutons-y Péri

Péri est mort pour ce qui nous fait vivre

Tutoyons-le sa poitrine est trouée

Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux

Tutoyons-nous son espoir est vivant.


PAUL ELUARD 1944

*

 

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LA LEGENDE DE GABRIEL PERI

 

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C'est au cimetière d'Ivry

Qu'au fond de la fosse commune

Dans l'anonyme nuit sans lune

Repose Gabriel Péri


Pourtant le martyr dans sa tombe

Trouble encore ses assassins

Miracle se peut  aux lieux saints

Où les larmes du peuple tombent


Dans le cimetière d'Ivry

Ils croyaient sous d'autres victimes

Le crime conjurant le crime

Etouffer Gabriel Péri

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Le bourreau se sent malhabile

Devant une tache de sang

Pour en écarter les passants

Ils ont mis des garde-mobiles


Dans le cimetière d'Ivry

La douleur viendra les mains vides

Ainsi nos maîtres en décident

Par peur de Gabriel Péri


L'ombre est toujours accusatrice

Où dorment des morts fabuleux

Ici des hortensias bleus

Inexplicablement fleurissent.

 

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Dans le cimetière d'Ivry

Dont on a beau fermer les portes

Quelqu'un chaque nuit les apporte

Et fleurit Gabriel Péri


Un peu de ciel sur le silence

Le soleil est beau quand il pleut

Le souvenir a les yeux bleus

A qui mourut par violence.


Dans les cimetière d'Ivry

Les bouquets lourds de nos malheurs

Ont les plus légères couleurs

Pour plaire à Gabriel Péri

 

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A dans leurs pétales renaissent

Le pays clair où il est né

Et la mer Méditerranée,

Et le Toulon de sa jeunesse


Dans le cimetière d'Ivry

Les bouquets disent cet amour

Engendré dans le petit jour

Où périt Gabriel Péri


Redoutez les morts exemplaires

Tyrans qui massacrez en vain

Elles sont un terrible vin

Pour le peuple et pour sa colère


Dans le cimetière d'Ivry

Quoi qu'on fasse et quoi qu'on efface

Le vent qui passe aux gens qui passent

Dit un nom Gabriel Péri


Vous souvient-il ô fusilleurs

Comme il chantait dans le matin

Allez c'est un feu mal éteint

Il couve ici mais brûle ailleurs;

 

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Dans le cimetière d'Ivry

Il chante encore il chante encore

Il y aura d'autres aurores

Et d'autres Gabriel Péri


La lumière aujourd'hui comme hier

C'est qui la porte que l'on tue

Et les porteurs se substituent

Mais rien n'altère la lumière


Dans le cimetière d'Ivry

Sous la terre l'indifférence

Il bat encore pour la France

Le coeur de Gabriel Péri


Louis ARAGON, publié sous le pseudonyme de François la Colère, 1943

"Légende de Gabriel Péri" fut publié clandestinement en 1943, à l'occasion du deuxième anniversaire de la mort de Péri. Il s'agit réellement d'une légende, puisqu'on ne sait encore aujourd'hui où fut enterré Gabriel Péri."

 

En tant que journaliste à l'Humanité, Louis ARAGON '1897-1982" a travaillé à côté de Gabriel Péri au 138 rue Montmartre, pendant plusieurs mois de 1933 à 1934. Trente ans plus tard, il inaugure à ARGENTEUIL le monument élevé à la mémoire de l'ancien député de la circonscription, en qualité de Président de l'Association "Gabriel Péri". Entre temps, le poète a consacré pas moins de trois poèmes à rendre hommage à son camarade assassiné.

 

 

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01/12/2011

1er décembre.. BELLE HELENE !

POUR TOI BELLE HELENE de CAHORS...en ce grand jour qui t'a vu naître

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LA NAISSANCE DE VENUS !

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Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J'étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits .
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son oeil semblait dire : Après ?

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J'allais ; j'écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.
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Moi, seize ans ; et l'air morose.

Elle vingt ; ses yeux brillaient.

Les rossignols chantaient Rose

Et les merles me sifflaient.


Rose, droite sur ses hanches,

Leva son beau bras tremblant

Pour prendre une mûre aux branches ;

Je ne vis pas son bras blanc.


Une eau courait, fraîche et creuse,

Sur les mousses de velours ;

Et la nature amoureuse

Dormait dans les grands bois sourds.

 

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Rose défit sa chaussure,

Et mit, d'un air ingénu,

Son petit pied dans l'eau pure ;

Je ne vis pas son pied nu.


Je ne savais que lui dire ;

Je la suivais dans le bois,

La voyant parfois sourire

Et soupirer quelquefois;


Je ne vis qu'elle était belle

Qu'en sortant des grands bois sourds.

- Soit ; n'y pensons plus ! dit-elle,

Depuis, j'y pense toujours.


VICTOR HUGO

*

*

HEUREUX ANNIVERSAIRE MA BELLE HELENE

ET

PRENDS SOIN DE TOI


 

 

23/11/2011

CITROUILLE à savourer

 

À l'intérieur d'une citrouille
Y'avait [vivait] un papillon géant
Fort amoureux d'une grenouille
Qui se plaignait d'un mal de dent

Oh la la que j'ai mal aux dents
La coquine, la coquine de dent
Oh la la que j'ai mal aux dents
La coquine, la coquine de dent

Mômes.net



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LE GLAND ET LA CITROUILLE

Dieu fait bien ce qu'il fait. Sans en chercher la preuve
En tout cet Univers, et l'aller parcourant,
Dans les Citrouilles je la treuve.
Un villageois considérant,
Combien ce fruit est gros et sa tige menue :
A quoi songeait, dit-il, l'Auteur de tout cela ?
Il a bien mal placé cette Citrouille-là !
Hé parbleu ! Je l'aurais pendue
A l'un des chênes que voilà.




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C'eût été justement l'affaire ;
Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.
C'est dommage, Garo, que tu n'es point entré
Au conseil de celui que prêche ton Curé :
Tout en eût été mieux ; car pourquoi, par exemple,
Le Gland, qui n'est pas gros comme mon petit doigt,
Ne pend-il pas en cet endroit ?
Dieu s'est mépris : plus je contemple
Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo
Que l'on a fait un quiproquo


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Cette réflexion embarrassant notre homme :
On ne dort point, dit-il, quand on a tant d'esprit.
Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme.
Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit.
Il s'éveille ; et portant la main sur son visage,
Il trouve encor le Gland pris au poil du menton.
Son nez meurtri le force à changer de langage ;
Oh, oh, dit-il, je saigne ! et que serait-ce donc
S'il fût tombé de l'arbre une masse plus lourde,
Et que ce Gland eût été gourde ?
Dieu ne l'a pas voulu : sans doute il eut raison ;
J'en vois bien à présent la cause.
En louant Dieu de toute chose,
Garo retourne à la maison.

Jean de La Fontaine

 

 

 

 

 

 

20/11/2011

PAPILLON VOLE

    LA FACTRICE EST PASSEE

     

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    Le papillon

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    Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
    Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
    Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

    *
    *
    *


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    Un papillon rose
    Qui vole et se pose

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    Un papillon d'or
    Qui tremble et s'endort
    Pierre Gamarra



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    03/11/2011

    ARC-en-ciel, le secret

     

    LE SECRET

    Sur le chemin près du bois
    J'ai trouvé tout un trésor :
    Une coquille de noix
    Une sauterelle en or
    Un arc-en-ciel qu'était mort.

     

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    A personne je n'ai rien dit
    Dans ma main je les ai pris
    Et j'ai tenue fermée
    Fermée jusqu'à l'étrangler
    Du lundi au samedi.

    Le dimanche l'ai rouverte
    Mais il n'y avait plus rien
    Et j'ai raconté au chien
    Couché dans sa niche verte
    Comme j'avais du chagrin.

    Il m'a dit sans aboyer
    “Cette nuit, tu vas rêver.”

    La nuit, il faisait si noir
    Que j'ai cru à une histoire
    Et que tout était perdu.

    Mais d'un seul coup j'ai bien vu
    Un navire dans le ciel
    Traîné par une sauterelle
    Sur des vagues d'arc-en-ciel !

    René de Obaldia

     

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    ARC-EN-CIEL

    Quand le soleil pleut

    Et que la pluie luit,


    Le ciel met le feu


    A son parapluie.

    Il sort d'une étoile

    Des pinceaux de poils


    Et de la blancheur,


    Sa boîte à couleurs.

    Puis il effiloche

    Un paon fabuleux


    Sur le chapeau cloche


    D'une ombrelle bleue.

    Pierre CORAN

     

     
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