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28/10/2011

LA POESIE DU MOYEN-AGE au XVe siècle

ALAN étudie la PETITE HISTOIRE DE LA POESIE

Moi je révise avec bonheur parce que la poésie, j'adore !

 

*

1. la poésie du MOYEN AGE au XVe siècle

Les premiers textes littéraires son apparus sous la forme de poèmes. Ainsi, au Moyen Age, la poésie s'est d'abord développée sous la forme de chansons de geste, longs poèmes racontant les exploits guerriers de rois ou de chevaliers, remontant aux siècles antérieurs et récités par des jongleurs. La plus célèbre est la CHANSON DE ROLAND (fin du XIe siècle)

 

Chanson de roland.jpg

 

Ecrites en ancien français, ce sont des épopées en vers, constituées de laisses (longues strophes de longueur variable)

La geste, du latin gesta, est ici à comprendre comme « action d'éclat accomplie » de caractère guerrier ou fantastique. Tous les modes d'expression sont utilisés: la parole, le chant, le mime.

 

chanson de geste 2.jpg

 

Composées par des auteurs le plus souvent anonymes et chantées par des jongleurs qui s'accompagnaient d'une vielle, ancêtre du violon, elles célèbrent les exploits de grands personnages historiques, mêlant histoire, légende et merveilleux. Les principales chansons de geste centrées autour de Charlemagne et de Guillaume d'Orange, en lutte contre les Sarrasins (musulmans) d'Espagne et combattant pour le triomphe de la foi chrétienne.

 

chanson de geste.jpg

 

La chanson de Roland, écrite à la fin du XIe siècle, porte la signature d'un certain Turold. Elle raconte, tout en les modifiant, des évènements historiques remontant au VIIIe siècle : la destruction de l'arrière-garde de Charlemagne, conduite par le comte Roland, au col de Roncevaux.

"... Les forces des païens sont considérables, et nos Francs sont bien peu, il me semble. Ami Roland, sonnez donc de votre cor. Charlemagne l'entendra et l'armée reviendra.

-Quelle folie ! si j'agis ainsi, je perdrai toute ma gloire dans le pays de France. Non, je frapperai de grands coups de mon épée Durandal. Sa lame en sera ensanglantée jusqu'à la garde d'or. Croyez-moi, les païens félons ont eu tort de venir aux cols : ils sont condamnés à mort...."

 

ROLAND A RONCEVAUX.jpg

 

Peu à peu, apparaît dans le Midi de la France une poésie de cour, consituée de chansons d'amour chantées par les troubadours. Cette poésie se répand dans les cours du Nord et dans les villes par l'intermédiaire des trouvères.


A la fin du XIIIe siècle, la poésie n'est plus toujours mise en musique ; les poètes expriment leurs sentiments personnels (amours, joies,peines...). Ainsi Charles d'Orléans chante l'amour, célèbre la beauté de la nature ou la mélancolie de l'exil : blessé et fait prisonnier à AZINCOURT (1415), il a passé vingt-cinq ans de captivité en ANGLETERRE.

CHARLES D'ORLEANS recevant l'hommage d'un vassal.jpg
Charles d'Orléans recevant l'hommage d'un vassal

"LES FOURRIERS DE L'ETE"

Les fourriers d'ETE sont venus

Pour aménager son logis :

Ils ont fait tendre ses tapis

Tissés de fleurs et de verdure.


Etendant de moelleux tapis

D'herbe verte dans la contrée,

Les fourriers d'Eté sont venus

Pour aménager son logis.


Les coeurs qu'avait glacés l'ennui

Sont, grâce à Dieu, sains et alertes.

Allez-vous en, prenez le large,

Hiver, sans vous attarder plus :

Les fourriers d'Ete sont venus !

Rondeau 30, dans En la forêt de longue attente et autres poèmes

*

*

UN RONDEAU

c'est une forme poétique apparue à la fin du XVe siècle et mise en musique. Il est, à l'origine, chanté pour accompagner une danse (la ronde)

d'où le nom donné au poème.

Le rondeau est composé de treize ou quinze vers de huit ou dix syllables ;

il est divisé en trois strophes

le refrain (reprise du premier ou des deux premiers vers)

vient à la fin de la deuxième et de la troisième strophe.

*

Le poète Charles d'ORLEANS (1394-1465) a écrit de nombreux rondeaux : les plus célèbres sont ceux où il personnifie les saisons. Les notations tactiles et visuelles permettent d'évoquer les émotions du poète devant la nature.

 

LE TEMPS A LAISSIE SON MANTEAU

Non Alan, il n'y a pas de faute !

Le temps a laissié son manteau

De vent, de froidure et de pluye,

Et il s'et vestu de brouderie,

De soleil luyant, cler et beau.


Il n'y a beste, ne oyseau,

Qu'en son jargon ne chante ou crie

Le temps a laissié son manteau

De vent, de froidure et pluye.


Rivière, fontaine et ruisseau

Portent, en livrée jolie,

Gouttes d'argent, d'orfaverie ;

Chacun s'habille de nouveau

Le temps a laissié son manteau.


Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie,
Et s'est vêtu de broderie,
De soleil luisant, clair et beau.

Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie.

Rivière, fontaine et ruisseau
Portent en livrée jolie
Gouttes d'argent, d'orfèvrerie;
Chacun s'habille de nouveau:
Le temps a laissé son manteau.

 

René Charles d'Orléans

 

 

 

 

25/10/2011

BELLES LETTRES ou CALLIGRAMMES

Je poursuis mes révisons avec ALAN et je suis en pleine poésie.

Je ne demande rien d'autre ! Avec ce petit rayon de soleil à travers les carreaux, que c'est bon !


Mais qu'est-ce donc  ?

Un dessin ? Une poésie ?

Une forme poétique

calligrame Apolinaire.jpg colombe.jpg

 

C'est la colombe  poignardée et le jet d'eau d'APOLLINAIRE en calligramme

J'avais déjà révisé avec Célia l'an passé les calligrammes ; me voilà de nouveau avec ces Belles Lettres  car l'adjectif grec KALI (Belle) KALLOS (beau) et le nom GRAMMA (signe d'écriture - lettre), ça donne au final calligramme.


Un calligramme est un poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin, généralement en rapport avec le sujet du texte, mais il arrive que la forme apporte un sens qui s'oppose au texte.

 


Le calligramme est un des recueils de Guillaume Apollinaire, en tout premier lieu le poète nomme ses calligrammes, des "idéogrammes lyriques".

 


calligrame Apolinaire.jpg

L'oeil (Apollinaire)

Que disent les longs cils de cet oeil ?

*

Tu es mon ciel bleu

Le soleil de tes yeux

éblouit mon coeur

 

Un calligramme est un poème visuel où les vers sont composés typographiquement de manière à former un dessin. Le dessin ainsi formé est généralement le sujet du texte. Ainsi, cette forme particulière de poésie est parfois nommée poésie graphique. Le calligramme suppose une lecture "active" car le lecteur doit chercher le sens et la direction des phrases, chose qui paraît évidente dans un texte classique.

Apollinaire Calligramme.gif

QUE DIT LA CRAVATE ?

Douloureuse que tu portes et qui t'orne

o civilisé

ote-la si

tu veux bien respirer


Si Apollinaire demeure l'auteur de calligrammes le plus reconnu par l'histoire littéraire, il n'a pas inventé le "poème-dessin" :
Les premiers seraient attribuées au poète grec Simmias de Rhodes (IVe siècle avant J.-C.) en représentant une hache, un œuf et des ailes de l'amour.

On retrouve chez lui une longueur de vers qui varie de manière a décrire le volume et les silhouettes d'un objet comme "l'oeuf" ou la "Dive bouteille".

 

bouteille.jpg

Le Minou adore !! "j'aurais pu l'écrire !" ... IVROGNE !

*

*

A la différence, le mot et l'image ne se superposent pas chez Apollinaire mais ils forment une nouvelle entité.
Rabelais au XVIe siècle avait ainsi représenté sa "dive bouteille" dans le Cinquième Livre.
Le genre fut également pratiqué à la fin du XIXe siècle, notamment par Edmond Haraucourt.

O Bouteille,
Pleine toute
De mystères,
D'une oreille
Je t'écoute :
Ne diffère,
Et le mot profère
Auquel pend mon cœur
En la tant divine liqueur,
Qui est dedans tes flancs reclose,
Bacchus, qui fut d'Inde vainqueur,
Tient toute vérité enclose.
Vin tant divin, loin de toi est forclose
Toute mensonge et toute tromperie.
En joie soit l'aire de Noach close,
Lequel de toi nous fit la tempérie.
Sonne le beau mot, je t'en prie,
Qui me doit ôter de misère.
Ainsi ne se perde une goutte
De toi, soit blanche ou soit vermeille.

*

A LA VOTRE LES AMIS !

*

Je crois bien que je vais m'exercer à .. l'exercice du calligramme

vous en aurez la primeur !

j'ai le champ lexical en tête ou le thème

*

On continue les révisions ?

 

 

24/10/2011

POESIES ET SENSATIONS

Des mots, des goûts, des couleurs, des sons, des bruits

***

Cet après-midi, je révise avec Alan...qui me fait découvrir des poésies

"Mémé, j'aime bien celles là, de QUENEAU, d'HUGO et de ROUBAUD"

MOI AUSSI !

*

*

Je révise les formes

Formes nominales

avec  QUENEAU

(Battre la campagne 1968)

"Apprendre à voir"

raoul duffy.jpg

Les champs de blés mauves et les prés rouge sang

Le tronc des arbres bleu le feuillage ocre ou brun

les agneaux verts les chèvres jaunes et les vaches argentées

le ruisseau de mercure et la mare de plomb

la ferme en sucre roux l'étable en chocolat

pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas

*

Qu'y a-t-il à retenir dans cette poésie ?

QUENEAU propose un autre regard sur le monde

En jouant librement avec les couleurs, il invite le lecteur à regarder autrement un paysage

 

raoul duffy.jpg

Raoul DUFY - Paysage de Provence

*

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Formes verbales et nominales

avec HUGO

"FENETRES OUVERTES"

sergio-pitamitz-hook-head-lighthouse-county-wexford-leinster-republic-of-ireland-eire.jpg

"Le matin - en dormant"

J'entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.

Une cloche est en branle à l'église Saint-Pierre.

Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !

Non, par là ! Les oiseaux gazouillent. Jeanne aussi.

Georges l'appelle. Chant des coqs. Une truelle

Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.

Grincement d'une faux qui coupe le gazon.

Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.

Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.

Musique militaire arrivant par bouffées.

Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.

Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici

Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.

Vacarmes de marteaux lointains dans une forge.

L'eau clapote. On entend haleter un steamer.

Une mouche entre. Souffle immense de la mar.

Victor HUGO. Fenêtres ouvertes, dans l'Art d'être grand-père (1877)

 

 

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*

Qu'y a-t-il à retenir dans cette poésie ?

Le poète perçoit la réalité quotidienne par les sens : pour évoquer les bruits du petit matin,

HUGO joue sur le rythme et sur les sonorités

créant ainsi un univers sonore

Victor Hugo fut exilé par Napoléon III et a vécu en Belgique (rappel, là aussi, de certains éléments vus précédemment). Ici, il se souvient de cette expérience : le poète au fond de son lit fait l’inventaire des bruits du monde qui montent jusqu'à sa fenêtre ouverte sur le port.

*

Victor_Hugo-Exile.jpg

Victor HUGO en exil à GUERNESEY pendant 15 ans

*

le champ lexical

qui regroupe des termes (noms, verbes, adjectifs..) qui renvoient à un même thème ou à une même notion

dans lequel on distingue trois niveaux de langage : familier, courant, soutenu

marrante, drôle, désopilante

 

*

*

Et je découvre ce poète, romancier, essayiste et ... prof de Maths, Jacques ROUBAUD (1932),

parce qu'Alan adore cette poésie

CES MENUS FANTAISISTES

Pour les mots

les couleurs

ou les goûts

?

"LE MENU ROUGE"

 

Downloads2.jpg

 

Tomates

Poivrons


Pâté de rouges-gorges

Rosbif


Fromage : Edam


Cerises, fraises, framboises, groseilles

Soleil couchant.

*

*

 

Downloads4.jpg

 

"LE MENU JAUNE"'

Oeuf à la coque (jeter le blanc)


Lieu jaune, beurre, citron

Poivrons

Banane, melon, pomme de Chine

Crème renversée


Rayon de soleil  (au miel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22/10/2011

LES FUSILLES DE CHATEAUBRIANT

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« Les Fusillés de Châteaubriant »

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour


Ils n’ont pas de recommandations à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école


Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir


Il y a entre eux la différence du martyr
Parce que le vent est passé là ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas

Le bruit énorme des paroles

Ils sont exacts au rendez-vous

Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

René-Guy Cadou, Pleine Poitrine, 1946

repris dans Les Fusillés de Châteaubriant in Pierre Seghers, La Résistance et ses Poètes.

 

 

plaque-commemorative-des-martyrs.jpg

24/07/2011

LE CONDAMNE A MORT en AVIGNON

AU FESTIVAL D'AVIGNON

la lettre du condamné à mort

avec Jeanne MOREAU qui était déjà là en 1947

et Etienne DAHO qui chante à merveille ce poème de Jean GENET

*

A l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Jean Genet, Etienne Daho et Jeanne Moreau s'étaient donnés rendez-vous sur la scène du théâtre de l'Odéon à Paris. Ils avaient choisi de lire et chanter

le "Condamné à mort".

"Hier" ils étaient au Festival d'AVIGNON.


*

LE CONDAMNE A MORT

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

 

 

 
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