logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

24/10/2011

POESIES ET SENSATIONS

Des mots, des goûts, des couleurs, des sons, des bruits

***

Cet après-midi, je révise avec Alan...qui me fait découvrir des poésies

"Mémé, j'aime bien celles là, de QUENEAU, d'HUGO et de ROUBAUD"

MOI AUSSI !

*

*

Je révise les formes

Formes nominales

avec  QUENEAU

(Battre la campagne 1968)

"Apprendre à voir"

raoul duffy.jpg

Les champs de blés mauves et les prés rouge sang

Le tronc des arbres bleu le feuillage ocre ou brun

les agneaux verts les chèvres jaunes et les vaches argentées

le ruisseau de mercure et la mare de plomb

la ferme en sucre roux l'étable en chocolat

pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas pourquoi pas

*

Qu'y a-t-il à retenir dans cette poésie ?

QUENEAU propose un autre regard sur le monde

En jouant librement avec les couleurs, il invite le lecteur à regarder autrement un paysage

 

raoul duffy.jpg

Raoul DUFY - Paysage de Provence

*

*

*

Formes verbales et nominales

avec HUGO

"FENETRES OUVERTES"

sergio-pitamitz-hook-head-lighthouse-county-wexford-leinster-republic-of-ireland-eire.jpg

"Le matin - en dormant"

J'entends des voix. Lueurs à travers ma paupière.

Une cloche est en branle à l'église Saint-Pierre.

Cris des baigneurs. Plus près ! plus loin ! non, par ici !

Non, par là ! Les oiseaux gazouillent. Jeanne aussi.

Georges l'appelle. Chant des coqs. Une truelle

Racle un toit. Des chevaux passent dans la ruelle.

Grincement d'une faux qui coupe le gazon.

Chocs. Rumeurs. Des couvreurs marchent sur la maison.

Bruits du port. Sifflement des machines chauffées.

Musique militaire arrivant par bouffées.

Brouhaha sur le quai. Voix françaises. Merci.

Bonjour. Adieu. Sans doute il est tard, car voici

Que vient tout près de moi chanter mon rouge-gorge.

Vacarmes de marteaux lointains dans une forge.

L'eau clapote. On entend haleter un steamer.

Une mouche entre. Souffle immense de la mar.

Victor HUGO. Fenêtres ouvertes, dans l'Art d'être grand-père (1877)

 

 

sergio-pitamitz-hook-head-lighthouse-county-wexford-leinster-republic-of-ireland-eire.jpg

*

Qu'y a-t-il à retenir dans cette poésie ?

Le poète perçoit la réalité quotidienne par les sens : pour évoquer les bruits du petit matin,

HUGO joue sur le rythme et sur les sonorités

créant ainsi un univers sonore

Victor Hugo fut exilé par Napoléon III et a vécu en Belgique (rappel, là aussi, de certains éléments vus précédemment). Ici, il se souvient de cette expérience : le poète au fond de son lit fait l’inventaire des bruits du monde qui montent jusqu'à sa fenêtre ouverte sur le port.

*

Victor_Hugo-Exile.jpg

Victor HUGO en exil à GUERNESEY pendant 15 ans

*

le champ lexical

qui regroupe des termes (noms, verbes, adjectifs..) qui renvoient à un même thème ou à une même notion

dans lequel on distingue trois niveaux de langage : familier, courant, soutenu

marrante, drôle, désopilante

 

*

*

Et je découvre ce poète, romancier, essayiste et ... prof de Maths, Jacques ROUBAUD (1932),

parce qu'Alan adore cette poésie

CES MENUS FANTAISISTES

Pour les mots

les couleurs

ou les goûts

?

"LE MENU ROUGE"

 

Downloads2.jpg

 

Tomates

Poivrons


Pâté de rouges-gorges

Rosbif


Fromage : Edam


Cerises, fraises, framboises, groseilles

Soleil couchant.

*

*

 

Downloads4.jpg

 

"LE MENU JAUNE"'

Oeuf à la coque (jeter le blanc)


Lieu jaune, beurre, citron

Poivrons

Banane, melon, pomme de Chine

Crème renversée


Rayon de soleil  (au miel)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

22/10/2011

LES FUSILLES DE CHATEAUBRIANT

Martyrs_de_Chateaubriant_-_Photo_12_-_hac00097_p2000143.jpg

« Les Fusillés de Châteaubriant »

Ils sont appuyés contre le ciel
Ils sont une trentaine appuyés contre le ciel
Avec toute la vie derrière eux
Ils sont pleins d’étonnement pour leur épaule
Qui est un monument d’amour


Ils n’ont pas de recommandations à se faire
Parce qu’ils ne se quitteront jamais plus
L’un d’eux pense à un petit village
Où il allait à l’école


Un autre est assis à sa table
Et ses amis tiennent ses mains
Ils ne sont déjà plus du pays dont ils rêvent
Ils sont bien au-dessus de ces hommes
Qui les regardent mourir


Il y a entre eux la différence du martyr
Parce que le vent est passé là ils chantent
Et leur seul regret est que ceux
Qui vont les tuer n’entendent pas

Le bruit énorme des paroles

Ils sont exacts au rendez-vous

Ils sont même en avance sur les autres
Pourtant ils disent qu’ils ne sont pas des apôtres
Et que tout est simple
Et que la mort surtout est une chose simple
Puisque toute liberté se survit.

René-Guy Cadou, Pleine Poitrine, 1946

repris dans Les Fusillés de Châteaubriant in Pierre Seghers, La Résistance et ses Poètes.

 

 

plaque-commemorative-des-martyrs.jpg

24/07/2011

LE CONDAMNE A MORT en AVIGNON

AU FESTIVAL D'AVIGNON

la lettre du condamné à mort

avec Jeanne MOREAU qui était déjà là en 1947

et Etienne DAHO qui chante à merveille ce poème de Jean GENET

*

A l'occasion du centième anniversaire de la naissance de Jean Genet, Etienne Daho et Jeanne Moreau s'étaient donnés rendez-vous sur la scène du théâtre de l'Odéon à Paris. Ils avaient choisi de lire et chanter

le "Condamné à mort".

"Hier" ils étaient au Festival d'AVIGNON.


*

LE CONDAMNE A MORT

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve,
Laisse tes dents poser leur sourire de loup.

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne,
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain.
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main,
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne.

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir,
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire,
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir.

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort.
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords,
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde.

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour.
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes.
On peut se demander pourquoi les cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour.

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger,
Vole dans l’escalier, plus souple qu’un berger,
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes.

Ô Traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière,
Use de la menace, use de la prière,
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort.

 

 

09/06/2011

2. BOHEME

Parmi les 7 poésies choisies par CELIA

pour son devoir sur la poésie AVEC POUR THEME ..... PARIS

*

*

 

BOHEME


La rue avec ses maisons blêmes,
Ses débits, ses trottoirs luisants
Et ses hasards toujours les mêmes,
Nous savons trop pourquoi il l’aime,
Depuis le temps de sa bohème,
D’un cœur qui muse et va gueusant ...

L’aigre bise aux soirs de misère,
Montmartre, l’hiver, le printemps,
Fleur mâchonnée entre les dents
Des gigolettes de quinze ans
Et des marlous au cœur de pierre
Qui le guettaient en complotant …

Sous le métro de la Chapelle,
Près des garnis à vingt-cinq sous,
C’est toujours lui, cet homme saoul,
Qui bat les murs et qui appelle
On ne sait qui, d’on ne sait où.

Son étoile était de la fête.
Il la voyait dans le ruisseau
Trembler comme un regard de bête
Battue et portant bas la tête
Sous les coups qui tombent d’en haut,
Sans se douter qui c’était cette
Pauvre étoile, dans le ruisseau,
Qui le suivait, comme un poète.

Une nuit, il la ramasse
Et, l’essuyant contre sa manche,
S’aperçut bien qu’elle était blanche
Mais ne brillait pas tant que ça …

FRANCIS CARCO, La Bohème et mon cœur. Albin Michel

*

*
CARCO/ARAGON/Jean FERRAT





*

Célia, tu sais ce que veut dire

un garni, un débit,

une gigolette, un marlou ;

un coeur qui muse et va gueusant

?

 

*

Francis CARCO (1886-1958) - Né à NOUMEA (Nouvelle Calédonie)

Peintre de la bohème, Francis CARCO a mis beaucoup de poésie dans ses romans : "Jésus de la Caille"(1914), "L'Equipe" (1918), "L'homme traqué" (1922), "Rien qu'une femme" (1924), "rue Pigalle" (1927), "Brumes" (1935), "Surprenant Procès d'un Bourreau" (1943), etc.

Cependant, au pittoresque de ses descriptions et à l'aspect documentaire des romans de CARCO, on peut préférer ses oeuvres proprement poétiques : "La bohème et mon coeur" (1912), "A l'amitié", "Mortefontaine" (1946), et "Poèmes en prose" (1948).

A ces recueils, le nom de CARCO devra sa survie. Chef de l'Ecole fantaisiste, il met dans ses poèmes une tendre et mélancolique présence, une brume du coeur qui fait penser à Gérard de Nerval.

Sans jamais forcer la voix, il touche au plus secret.

 

 

1. SI JE MEURS

"Mémé, tu n'as pas un livre de poésies à me prêter ?

on a un devoir à faire sur un thème bien précis"

7 poésies à trouver d'auteurs différents, à des époques diverses

un sonnet, des vers libres, un calligramme, etc.

*

*

-Tiens ma chérie, voilà un livre sur PARIS

"Oh ! merci Mémé !"

****

Autant ravie qu'elle dès qu'on parle poésie

*

les choix de CELIA

****


SI JE MEURS


Si je meurs, qu’aille ma veuve
à Javel près de Citron.
dans un bistrot elle y trouve,
à l’enseigne du Beau Brun,

trois musicos de fortune
qui lui joueront -mi ré mi-,
l’air de la petite Tane
qui m’aurait peut-être aimé

puisqu’elle n’offrait qu’une ombre
sur le rail des violons.
mon épouse, ô ma novembre,
sous terre les jours sont lents.


AUDIBERTI. Race des hommes. Gallimard

*

*

*

Un vrai travail collectif

pour la compréhension du texte

et un grand plaisir à déchiffrer !

*

Miche : CITRON...CITRON... C'est CITROEN Quai de Javel

CITRON ... CITROEN

Bravo la Miche !

*

*

Pascal : la petite TANE... TANE... BOHEME ! TANE c'est GITANE !

Oui, il parle de la gitane

Bravo Pascal !

*

*

Catherine : De la gitane sur les paquets de cigarette

Oui, oui, Catherine, c'est ça... La Gitane qu'on fume !

Bravo Catherine !

*

*

Miche : et le Beau Brun

Brun ... C'est certainement en songeant à Paul ELUARD

Et pourquoi Paul ELUARD ?

Parce que je viens de lire qu'après la Libération, il a signé BRUN en 46 et 47

Ah oui ! la mère.. c'est sûrement ça !

*

C'est pas beau le travail collectif ?

*

 

Jacques AUDIBERTI : (1899-1965) - Poète, romancier et auteur dramatique

Auteur de poèmpes d'un lyrisme torrentiel et d'une rare richesse d'images : "L'empire de la trappe" (1930), "Race des hommes" (1937), "Des tonnes de Semence" (1941) et "la nouvelle origine", Audiberti a publié de nombreux romans : Abraxas, Cent jours, Carnage, Les médecins ne sont pas des plombiers, etc. et fait représenter diverses oeuvres dramatiques, parmi lesquelles "Quoat-quoat", "L'Ampélour", "La Fête Noire", "Le Mal Court" et "la Mégère apprivoisée."

*

 


Les feux de Paris ARAGON/FERRAT



 

 

 

 

 

 

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique