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31/08/2010

UN 31 AOUT ... BAUDELAIRE

     mort le 31 août 1867 à Paris

***

Je reprends mes lectures du soir

*

*

LES PHARES

 Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,
    Oreiller de chair fraîche où l'on ne peut aimer,
    Mais où la vie afflue et s'agite sans cesse,
    Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer ;

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    Léonard de Vinci, — miroir profond et sombre,
    Où des anges charmants, avec un doux souris
    Tout chargé de mystère, apparaissent à l'ombre
    Des glaciers et des pins qui ferment leur pays ;
   
  
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    Rembrandt, — triste hôpital tout rempli de murmures,
    Et d'un grand crucifix décoré seulement,
    Où la prière en pleurs s'exhale des ordures,
    Et d'un rayon d'hiver traversé brusquement ;
   
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    Michel-Ange, — lieu vague où l'on voit des Hercules
    Se mêler à des Christs, et se lever tout droits
    Des fantômes puissants, qui dans les crépuscules
    Déchirent leur suaire en étirant leurs doigts ;
  
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    Colères de boxeur, impudences de faune,
    Toi qui sus ramasser la beauté des goujats,
    Grand cœur gonflé d'orgueil, homme débile et jaune,
    Puget, mélancolique empereur des forçats ;

   
   
    Watteau, — ce carnaval, où bien des cœurs illustres,
    Comme des papillons, errent en flamboyant,
    Décors frais et légers éclairés par des lustres
    Qui versent la folie à ce bal tournoyant ;
   
  
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    Goya, — cauchemar plein de choses inconnues,
    De fœtus qu'on fait cuire au milieu des sabbats,
    De vieilles au miroir et d'enfants toutes nues
    Pour tenter les Démons ajustant bien leurs bas ;
   
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    Delacroix, — lac de sang hanté des mauvais anges,
    Ombragé par un bois de sapins toujours vert,
    Où, sous un ciel chagrin, des fanfares étranges
    Passent, comme un soupir étouffé de Weber ;
   
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    Ces malédictions, ces blasphèmes, ces plaintes,
    Ces extases, ces cris, ces pleurs, ces .
    Sont un écho redit par mille labyrinthes ;
    C'est pour les cœurs mortels un divin opium.
   
   
    C'est un cri répété par mille sentinelles,
    Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
    C'est un phare allumé sur mille citadelles,
    Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois !
   
   
    Car c'est vraiment, Seigneur, le meilleur témoignage
    Que nous puissions donner de notre dignité
    Que ce long hurlement qui roule d'âge en âge,
    Et vient mourir au bord de votre éternité !
   

******** 

**

*

  Bohémiens en voyage

 La tribu prophétique aux prunelles ardentes
    Hier s'est mise en route, emportant ses petits
    Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
    Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.
   
   
    Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
    Le long des chariots où les leurs sont blottis,
    Promenant sur le ciel des yeux appesantis
    Par le morne regret des chimères absentes.
   

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Van Gogh
   
    Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
    Les regardant passer, redouble sa chanson ;
    Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,
   
   
    Fait couler le rocher et fleurir le désert
    Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
    L'empire familier des ténèbres futures.
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Jacques CALLOT

 

01/04/2010

POISSON D'AVRIL

Que peut-il ? Tout.

Qu’a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance,

en huit mois un homme de génie

eût changé la face de la France,

de l’Europe peut-être.


Seulement voilà, il a pris la France et n’en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène :
il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;

ne pouvant créer, il décrète ;

il cherche à donner le change sur sa nullité ;

c’est le mouvement perpétuel ;

mais, hélas ! Cette roue tourne à vide.


L’homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère

est un carriériste avantageux.


Il aime la gloriole, les paillettes,

les grands mots, ce qui sonne,

ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.

Il a pour lui l’argent, l’agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.

Il a des caprices, il faut qu’il les satisfasse.

Quand on mesure l’homme

et qu’on le trouve si petit

et qu’ensuite on mesure le succès et qu’on le trouve énorme,

il est impossible que l’esprit

n’éprouve pas quelque surprise.

On y ajoutera le cynisme

car, la France, il la foule aux pieds,

lui rit au nez, la brave, la nie, l’insulte et la bafoue !

Triste spectacle que celui du galop, à travers l’absurde,

d’un homme médiocre échappé.

Victor HUGO,
« Napoléon, le petit »

Je vous ai bien eus ... Vous pensiez qu'il s'agissait de l'autre ! 

C'était mon poisson d'avril ! pfffft

Mais en réfléchissant, il était très fort ce VICTOR HUGO

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*
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18/12/2009

NUIT DE NEIGE

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Nuit de neige
La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.

Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas
Maupassant
*
*
*
*
Pascal, sois prudent
Tu as le temps d'arriver
N'oublie pas la thermo de boisson chaude
A demain ma Cécé
*
*
Soso, Alan, j'espère que le T.G.V. qui amène Pépé vers vous
n'aura pas de retard
Vous aussi soyez prudents pour arriver gare Montparnasse
A demain mes titis
**
BONNE NUIT

Premiers flocons

Surprise en ouvrant les volets ... Une très fine couche sur les toitures

c'est la froidure

Michka envoie-moi un peu de neige

Juste pour la déco

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mon Papa Noël est gelé !
**
*
Je retournerais bien sous ma couette
mais je dois faire mes emplettes
les vacances approchent
je dois nourrir mes proches
pfff
*
*
*

La neige

E. Verhaeren

La neige tombe, indiscontinûment,
Comme une lente et longue et pauvre laine,
Parmi la morne et longue et pauvre plaine,
Froide d'amour, chaude de haine.

La neige tombe, infiniment,
Comme un moment -
Monotone - dans un moment ;
La neige choit, la neige tombe,
Monotone, sur les maisons
Et les granges et leurs cloisons ;
La neige tombe et tombe
Myriadaire, au cimetière, au creux des tombes.

Le tablier des mauvaises saisons,
Violemment, là-haut, est dénoué ;
Le tablier des maux est secoué
A coups de vent, sur les hameaux des horizons.

Le gel descend, au fond des os,
Et la misère, au fond des clos,
La neige et la misère, au fond des âmes ;
La neige lourde et diaphane,
Au fond des âtres froids et des âmes sans flamme,
Qui se fanent, dans les cabanes.

Aux carrefours des chemins tors,
Les villages sont seuls, comme la mort ;
Les grands arbres, cristallisés de gel,
Au long de leur cortège par la neige,
Entrecroisent leurs branchages de sel.

Les vieux moulins, où la mousse blanche s'agrège,
Apparaissent, comme des pièges,
Tout à coup droits, sur une butte ;
En bas, les toits et les auvents
Dans la bourrasque, à contre vent,
Depuis Novembre, luttent ;
Tandis qu'infiniment la neige lourde et pleine
Choit, par la morne et longue et pauvre plaine.

Ainsi s'en va la neige au loin,
En chaque sente, en chaque coin,
Toujours la neige et son suaire,
La neige pâle et inféconde,
En folles loques vagabondes,
Par à travers l'hiver illimité monde.

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ah ! ça remet ça ... ça floconne ..
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02/12/2009

PLAINTIVE TOURTERELLE

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Plaintive tourterelle

Plaintive tourterelle,
Qui roucoules toujours,
Veux-tu prêter ton aile
Pour servir mes amours !

Comme toi, pauvre amante,
Bien loin de mon ramier
Je pleure et me lamente
Sans pouvoir l'oublier.

Vole, et que ton pied rose
Sur l'arbre ou sur la tour
Jamais ne se repose,
Car je languis d'amour ;

Evite, ô ma colombe,
La halte des palmiers
Et tous les toits où tombe
La neige des ramiers.

Va droit sur sa fenêtre,
Près du palais du roi,
Donne-lui cette lettre
Et deux baisers pour moi.

Puis sur mon sein en flamme,
Qui ne peut s'apaiser,
Reviens, avec son âme,
Reviens te reposer.

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