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22/06/2009

Tristesse d'été


Tristesse d'été


Le soleil, sur le sable, ô lutteuse endormie,

En l'or de tes cheveux chauffe un bain langoureux

Et, consumant l'encens sur ta joue ennemie,

Il mêle avec les pleurs un breuvage amoureux.


De ce blanc flamboiement l'immuable accalmie

T'a fait dire, attristée, ô mes baisers peureux

"Nous ne serons jamais une seule momie

Sous l'antique désert et les palmiers heureux !"


Mais la chevelure est une rivière tiède,

Où noyer sans frissons l'âme qui nous obsède

Et trouver ce néant que tu ne connais pas.


Je goûterai le fard pleuré par tes paupières,

Pour voir s'il sait donner au coeur que tu frappas

L'insensibilité de l'azur et des pierres.


Stéphane MALLARME

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NUITS DE JUIN

L'été, lorsque le jour a fui, de fleurs couvertes

La plaine verse au loin un parfum enivrant :

Les yeux fermés, l'oreille aux rumeurs entrouverte,

On ne dort qu'à demi d'un sommeil transparent.


Les astres sont plus purs, l'ombre paraît meilleure ;

Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;

Et l'aube douce et pâle, en attendant son heure,

Semble toute la nuit errer au bas du ciel.


Victor HUGO

17/05/2009

QUI POURRAIT BIEN ME DIRE

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EN REVENANT DE MA BALADE EN SOLITAIRE
ce dimanche après-midi
J'ai songé à ce beau texte
de ce poète
ALLAN BLECK
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Qui pourrait bien me dire (Allan Bleck)

Qui pourrait bien me dire où mènent toutes ces routes
Où les hommes s’en vont le cœur empli de doutes ?
Où mènent ces chemins, bordés d’incertitudes,
Dans les matins blafards loin de nos habitudes ?
Qui peut le dire, sans me mentir ?
Est-ce, en écoutant le vent,
Que je le saurai vraiment ?

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Qui pourrait bien me dire où vont tous ces nuages
Où les oiseaux se perdent, au cours de longs voyages ?
Où mènent ces cieux bleutés, par-delà les montagnes
Quand les heures sont passées et que le jour s’éloigne ?
Qui peut le dire sans me mentir ?
Est-ce en écoutant le vent,
Que je le saurai vraiment ?

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Qui pourrait bien me dire où mènent ces rivières
Qui s’en vont en chantant, parcourir la terre ?
Où mènent ces grands fleuves et vers quels pays
Ont-ils donc emporté mes amours mes amis ?
Qui peut le dire sans me mentir ?
Est-ce en écoutant le vent,
Que je le saurai vraiment ?

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Qui pourrait bien me dire où se perdent nos rêves,
Vont-ils jusqu’à la lune, à la nuit qui s’achève ?
Suivent-ils un sentier, au-delà de nos cieux,
Vers un monde oublié où veillerait un dieu ?
Qui peut le dire sans me mentir ?
Est-ce en écoutant le vent
Que je le saurai vraiment ?

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Qui pourrait bien me dire où s’en va mon refrain,
Va-t-il trouver refuge dans le cœur d’un gamin ?
Que deviendront les notes sorties de ma guitare
Quand elles auront fini de vibrer dans le soir ?
Qui peut le dire sans me mentir ?
Est-ce en écoutant le vent
Que je le saurai vraiment ?
Oui est-ce en écoutant le vent
Que je le saurai vraiment ?

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Poète - Auteur - Compositeur - Interprète
(Citoyen du monde)

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Envie de le lire et de l'écouter à nouveau
C'est gratuit
IL DONNE
Pour écouter les chansons, il suffit de cliquer sur "mp3" en bout de ligne.

1. L'exilé mp3
2. Pierrot mp3
3. Entre deux guerres mp3
4. Petite ballade pour ma Bretagne mp3
5. Fleurette mp3
6. Si la mémoire te fait défaut mp3
7. Trois saisons sont passées mp3
8. La légende de Roland mp3
9. La fille du marché mp3
10. Il y a comme ici mp3
11. Pauvre Sophie mp3
12. La fille de la lande mp3
13. La colombe mp3
14. Les lilas sont fanés (à Cécilia) mp3
15. Jimmy mp3
16. L'hiver irlandais mp3
17. Qui pourrait bien me dire mp3
18. La ballade de Marianne mp3
RENDEZ-VOUS SUR SON SITE
A consommer sans modération
Je t'aime .. un peu... beaucoup ...
 
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Un clin d'oeil à Christian
http:/legrillonheureux.blog50.com
qui l'a découvert avec plaisir également
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Extraits
ALLAN BLECK 

"Lorsque dans la nature, je contemple la beauté des arbres, la douceur des fleurs, lorsque j’écoute à en frémir le chant du ruisseau, quand je m’émerveille en regardant simplement au ciel passer les nuages, quand un homme me tend la main et m’offre son amitié, quand une femme me permet de trouver dans ses yeux la lueur qui troublera mon cœur, personne ne me dit… « Tu dois payer pour cela ».

Hors d’où vient l’inspiration du poète si ce n’est de tout ce qui nous entoure, que ce soit de la beauté ou de la laideur, que ce soit du grand bonheur ou de la misère humaine, d’où viennent ces mots qui disent les choses qui nous habitent ? Ne nous viennent-ils pas par le biais de cette osmose entre l’univers et nous ? Ils nous viennent comme ça, comme un cadeau. La poésie traverse notre esprit et se meut en longues phrases que l’encre déverse sur le papier. Il en est de même de la musique qui accompagne ces mots et font de l’ensemble une chanson. Elle naît comme cela, gratuitement... Devrions-nous payer pour cela ?

Quand vibrent les cordes de ma guitare, quand l’accordéon et le violoncelle de mes deux amis parfument de leurs notes l’aura qui nous entoure et que mon chant porté comme une barque sur l’océan de leur mélodie vogue vers vous… Devez-vous payer pour entendre cela ?"

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 vous comprenez pourquoi il est en lien sur mon blog ?

12/05/2009

LA FLEUR QUI FAIT LE PRINTEMPS

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Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d'où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d'argent.

La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d'hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.

Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.

Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l'aube arrose,
S'épanouit dans sa candeur
.

 

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La véronique s'aventure
Près des boutons d'or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.

Il me faut retourner encore
Au cercle d'enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d'éclore
Et d'éblouir mes yeux ravis.

Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.

Par pitié, donnez cette joie
Au poëte dans ses douleurs,
Qu'avant de s'en aller, il voie
Vos feux d'artifice de fleurs.

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Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d'été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.

Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d'or.

je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d'argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.

Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j'ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.

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Adieu, je pars lassé d'attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.

Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l'âme et pour l'abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.

Par le ciel d'azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !

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 THEOPHILE GAUTIER

 ***

photos : jardin de mémé

27/04/2009

PREMIER MAI

Un peu en avance pour vous offrir ces brins de muguet

Mais sait-on de quoi sera fait demain ?

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Premier mai

Tout conjugue le verbe aimer. Voici les roses.
Je ne suis pas en train de parler d'autres choses.
Premier mai ! l'amour gai, triste, brûlant, jaloux,
Fait soupirer les bois, les nids, les fleurs, les loups ;
L'arbre où j'ai, l'autre automne, écrit une devise,
La redit pour son compte et croit qu'il l'improvise ;
Les vieux antres pensifs, dont rit le geai moqueur,
Clignent leurs gros sourcils et font la bouche en coeur ;
L'atmosphère, embaumée et tendre, semble pleine
Des déclarations qu'au Printemps fait la plaine,
Et que l'herbe amoureuse adresse au ciel charmant.
A chaque pas du jour dans le bleu firmament,
La campagne éperdue, et toujours plus éprise,
Prodigue les senteurs, et dans la tiède brise
Envoie au renouveau ses baisers odorants ;
Tous ses bouquets, azurs, carmins, pourpres, safrans,
Dont l'haleine s'envole en murmurant : Je t'aime !
Sur le ravin, l'étang, le pré, le sillon même,
Font des taches partout de toutes les couleurs ;
Et, donnant les parfums, elle a gardé les fleurs ;
Comme si ses soupirs et ses tendres missives
Au mois de mai, qui rit dans les branches lascives,
Et tous les billets doux de son amour bavard,
Avaient laissé leur trace aux pages du buvard !
Les oiseaux dans les bois, molles voix étouffées,
Chantent des triolets et des rondeaux aux fées ;
Tout semble confier à l'ombre un doux secret ;
Tout aime, et tout l'avoue à voix basse ; on dirait
Qu'au nord, au sud brûlant, au couchant, à l'aurore,
La haie en fleur, le lierre et la source sonore,
Les monts, les champs, les lacs et les chênes mouvants,
Répètent un quatrain fait par les quatre vents.

V. HUGO

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11/04/2009

LA TOINON et JEAN-LOU LE SORCIER

 

Paraît qu'la Toinon qu'est partie coumme bonne

Pour aller sarvi' cheu des gens d'Paris

S'appelle à pesent "Mame la Baronne"

Moué, je suis resté bêtement au pays
Ça ne m'a jamais v'nu dans la caboche
Ed' coller un "De" par devant mon nom
Et pourtant, du temps qu' j'étais tout p'tit mioche,
J'allais à l'école avec la Toinon !

A ses "tous les jours" all' porte robe ed soie
All' sait s'parlotter à chaque mot qu'all' dit
Moué, je suis resté bête coumme eune oie
J' porte la même blouse l' dimanche et l' samedi
Toute la s'maine, all' mange d' la dinde à la broche
Moué, toute moun année, j' bouffe que du cochon
Et dire que, du temps qu' j'étais tout p'tit mioche,
J'allais à l'école avec la Toinon !

All' reçoué cheu-z-elle des moncieux d' la ville,
Des gens coumme y faut qui li font la cour
Et qui la fournissent de bieaux billets d'mille
Moué, j'suis un pauv' gâs sans l' sou, sans amour !
Elle, du moins, all' vit sans que l' monde y r'proche
Moué, quand que j' bracounne, on m' fout en prison
Et dire que, du temps qu' j'étais tout p'tit mioche,
J'allais à l'école avec la Toinon !

Ça m' gêne d' la vouer riche et d'me vouèr si pauve,
Ça m' saigne ed songer qu'alle aime un tas d' gàs
Qu'entrent avec leu' sous au fond d' soun alcôve
Et qu'ont les bécots qu'all' me baill'ra pas
Aussi, j' dounn'rais ben tout c' que j'ai en poche
Ma pipe, mon coutieau, mes collets d' laiton,
Pour ét' 'core au temps oùsque, tout p'tit mioche,
J'allais à l'école avec la Toinon !

 

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Gaston COUTE  né à BEAUGENCY (Loiret) 1880-1911

 

 

Jean-Louis BONCOEUR né à LA CHATRE (Indre) 1911 - 1997
 
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extrait ...Contes et Légendes du BERRY et de la SOLOGNE
 
C'est Jean-Lou le sorcier
Il est là, là-bas, ailleurs... et partout !
D'un mot l'mal est fait : d'un geste y peut tout.
Par l'feu... l'poison, l'mauvais sort va vite !
Que l'curé y venne an'c son goupillon
Sa crouéx, ses perières et son iau bénite
Pour exorciser - qu'y dit - la maison !
L'Grand Albert et l'Aut'e qu'on dit pas son nom...
Qu'on appelle seul'ment Chouse ou bin Gorgeon.
Savons bin qu'une chouse maudite rest' maudite
Goupillonnez don', curé, tout vout' saoul !
Y en a yun qui s'amuse à vous vouèr, Bon Diou !
C'est Jean-Lou !...

Qui qu'a rigolé l'soir de la Sainte-Anne
Qu'on a mis en terre la Jeannette Filloux
A s'avait pendue la veille par l'cou...
L' curé l'est pas v'nu : l'Eglise aile condamne
C'te façon d'mouri' : tant pis pour la Jeanne !
All'tait c'pendant bin pour les dévotions !
A fallu arrié qu'alle y soye pourtée
A faire une fin d'y elle dans ceux... conditions !
Y a p'tète un quèque z'un que l'ara... poussée !
On peut-y savouèr ? l'monde est si jaloux !
Qui qu'a rigolé, l'soir de la Sainte-Anne ?
C'est Jean-Lou !...
 
 
***
*
 
 
 

Deux patoisants

du 

CENTRE de la FRANCE

 

Comme j'ai plaisir à relire leurs textes


 
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