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18/11/2008

2. LES BALLADES de François VILLON

 on se fait encore du vieil françois avec François

 Celle-là vous la connaissez

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La ballade des pendus a été écrite alors que le poète condamné à mort s'attendait à être pendu, à moins que son appel ne fût accepté. Il le fut, finalement, mais Villon se vit condamner à dix ans d'exil hors de Paris. Et en 1463, en exécution de la sentence, il disparaît, sans qu'aucun document ultérieur fasse mention de lui.

 

LA BALLADE DES  PENDUS OU L'EPITAPHE DE F. VILLON

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

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Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 

 


 

 

 

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Motif de la vignette de couverture

DANSE MACABRE  

publiée en 1485 par Guy Marchand à Paris 

 Je congnois que pauvres et riches,

Sages et fous, prêtres et lais,

Nobles, vilains, larges et chiches,

Petits et grands, et beaux et laids,

Dames à rebrassé collets,

De quelconque condition,

Portant atours et bourrelets,

Mort saisit sans exception.

Le Testament, XXXIX 

 

 

 

 

 

 

 


1. LES BALLADES de François VILLON

Ce soir ce sera poésie avant d'aller au lit

Trois ballades de François VILLON, tirées de ses Oeuvres

un vieux bouquin déjà lu en son temps.

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 BALLADE DES MENUS PROPOS

Je connois bien mouches en lait,

Je connois a la robe l'homme,

Je connois le beau temps du laid,

Je connois au pommier la pomme,

Je connois l'arbre a voir la gomme,

Je connois quand tout est de mêmes, 

Je connois qui besogne ou chomme,

Je connois tout, fors que moi mêmes.

 

Je connois pourpoint au collet,

Je connois le moine a la gonne,

Je connois le maître au valet,

Je connois au voile la nonne,

Je connois quand pipeur jargonne,

Je connois fous nourris de cremes,

Je connois le vin a la tonne, 

Je connois tout, fors que moi mêmes.

 

Je connois cheval et mulet,

Je connois leur charge et leur somme,

Je connois Biatris et Belet *,                    *Isabel

Je connois jet * qui nombre et somme,   * jeton

Je connois vision et somme,

Je connois la faute des Boemes,

Je connois le povoir de Rome,

Je connois tout, fors que moi mêmes.

 

Prince, je connois tout en somme,

Je connois coulourés et blêmes,

Je connois mort qui tout consomme,

Je connois tout, fors que moi mêmes. 

 

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BALLADE DES PROVERBES                                                                          

Tant gratte chèvre que mal gît,                                                                    

Tant va le pot à l'eau qu'il brise,

Tant chauffe on le fer qu'il rougit,

Tant le maille on qu'il se débrise,

Tant vaut l'homme comme on le prise,

Tant s'éloigne il qu'il n'en souvient,

Tant mauvais est qu'on le déprise,

Tant crie l'on Noël qu'il vient.

 

Tant garde on qu'on se contredit,

Tant vaut bon bruit que grace acquise,

Tant promet on qu'on s'en dédit,

Tant prie on que chose est acquise,

Tant plus est chere et lus est quise*,  * cherchée

Tant la quiert on qu'on y parvient, 

Tant plus commune et mions requise,

Tant crie l'on Noël qu'il vient.

 

Tant aime on chien qu'on le nourrit,

Tant court chanson qu'elle est apprise,

Tant garde on fruit qu'il se pourrit,

Tant bat on place qu'elle est prise,

Tant tarde on que faut l'entreprise,

Tant se hâte on que mal advient,

Tant embrasse on que cher la prise,

Tant crie l'on Noël qu'il vient.

 

Tant raille on que plus on en rit,

Tant dépent on qu'on n'a chemise,

Tant est on franc * que tout y frit,   *exempt de payer

 Tant vaut "Tiens !"que chose promise,

Tant aime on Dieu qu'on suit l'Eglise,

Tant donne on qu'emprunter convient,

Tant crie l'on Noel qu'il vient.

 

Prince, tant vit fol qu'il s'avise,

Tant va il qu'après il revient,

Tant le mate on qu'il se ravise,

Tant crie l'on Noël qu'il vient.

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BALLADE DES CONTRE-VERITES

 

Il n'est soin que quand on a faim

Ne service que d'ennemi,

Ne mâcher qu'un botel de fain*,   * foin

Ne fort guet que d'homme endormi,

Ne clemence que felonie,

N'assurance que de peureux,

Ne foi que d'homme qui renie,

Ne bien conseillé qu'amoureux.

 

Il n'est engendrement qu'en boin *    * bain

Ne bon bruit * que d'homme banni,    * bon renom

Ne ris qu'après un coup de poing,

Ne lots que dettes mettre en ni*,       * nier ses dettes

Ne vraie amour qu'en flatterie,

N'encontre * que de malheureux,      * rencontre

Ne vrai rapport que menterie,

Ne bien conseillé qu'amoureux.

 

Ne tel repos que vivre en soin,

N'honneur porter que dire : "Fi !"

Ne soi vanter que de faux coin,

Ne santé que d'homme bouffi,

Ne haut vouloir que couardie,

Ne conseil que de furieux,

Ne douceur qu'en femme étourdie,

Ne bien conseillé qu'amoureux.

 

Voulez vous que verté vous die ?

Il n'est jouer qu'en maladie,

Lettre vraie qu'en tragedie*,       * sincérité qu'en mensonge

Lâche homme que chevalereux,

Orrible son que melodie,

Ne bien conseillé qu'amoureux.

 

 LA BALLADE DES PENDUS CE SERA POUR DEMAIN ... POINT TROP N'EN FAUT

 

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 Extraits de wikipedia.org

François de Montcorbier dit Villon (né en 1431 à Paris, disparu en 1463) est un poète français de la fin du Moyen Âge. Il est probablement l'auteur français le plus connu de cette période. Les romantiques en firent le précurseur des poètes maudits.

 ...

Villon a écrit au moins onze ballades dites "en jargon", où il parle aux coquillards dans leur argot et dans le rôle d'un affilié. 

Le sens des ballades "en jargon"  a été l'objet de nombreuses conjectures. L'interprétation la plus récente est celle de Thierry Martin, qui fait du jargon des Coquillards un argot homosexuel.

 ...

Villon n'a pas tant renouvelé la forme de la poésie de son époque que la façon de traiter les thèmes poétiques hérités de la culture médiévale, qu'il connaît parfaitement, et qu'il anime de sa propre personnalité[30]. Ainsi, il prend à contre-pied l'idéal courtois, renverse les valeurs admises en célébrant les gueux promis au gibet, cède volontiers à la description burlesque ou à la paillardise, et multiplie les innovations de langage.


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Dans l'argot du XVe siècle, ce terme désigna d'abord les escrocs et les faussaires avant d'être adopté par une bande de brigands organisés qui sévit en Bourgogne du milieu des années 1440 à 1455, date du procès de quinze des leurs à Dijon. C'est par ce procès et notamment par l'instruction qui compile le jargon coquillard que l'on connaît cette bande et son mode opératoire.

Il semble avéré, notamment par les écrits postérieurs à cette date de François Villon qui semble les avoir fréquentés, que la bande a subsisté et essaimé après ce procès pour former des pègres locales. Le terme « coquillard » se généralise à toutes ces bandes locales.

 ***

**

 

 Ce qui excita, et excite encore, le plus les imaginations dans l'existence de Villon, c'est sa brusque et totale disparition après son départ de Paris en 1463. A-t-il rejoint la Coquille ? S'est-il « rangé », trouvant un emploi honnête, continuant peut-être d'écrire ? A-t-il sombré dans la misère, se diluant dans la masse des gueux ? Combien de temps a-t-il survécu ? Quelques mois ? De longues années ? Toutes ces questions restent jusqu'à présent en suspens, puisque après 1463 on perd toute trace, tant documentaire que littéraire, de François Villon. Ce mystère a fortement contribué à créer la légende de Villon.

Je suis François, dont il me poise
Né de Paris emprès Pontoise
Et de la corde d'une toise
Saura mon col que mon cul poise

« Je suis Français et cela me pèse
Né à Paris près de Pontoise
Et de la corde d'une toise
Mon cou saura ce que pèse mon cul »

 

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12/11/2008

LE PETIT CHEVAL

LE PETIT CHEVAL

Le petit cheval dans le mauvais temps
Qu'il avait donc du courage
C'était un petit cheval blanc
Tous derrière et lui devant
 

Dans ce pauvre paysage
Il n'y avait jamais de beau temps
Ni derrière ni devant


Mais toujours il était content
Menant les gars du village
A travers la nuit noire des champs
Tous derrière et lui devant

Sa voiture allait poursuivant
Sa  belle petite queue sauvage
C'est alors qu'il était content
Tous derrière et lui devant

Mais un jour dans le  mauvais temps
Un jour qu'il était si sage
Il est mort dans un éclair blanc
Tous derrière et lui devant

Il est mort sans voir le beau temps
Qu'il avait donc du courage
Il est mort sans voir le printemps
Ni derrière ni devant
Paul FORT






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C'est un petit pays

 
LE PAYS
 
 
C'est un petit pays qui se cache parmi
ses bois et ses collines ;
il est paisible, il va sa vie
sans se presser sous ses noyers
il a de beaux vergers et de beaux champs de blé,
des champs de trèfle et de luzerne,
roses et jaunes dans les prés,
par grands carrés mal arrangés ;
il monte vers les bois, il s'abandonne aux pentes
vers les vallons étroits où coulent des ruisseaux
et, la nuit, leurs musiques d'eau
sont là comme un autre silence.
 

Charles-Ferdinand Ramuz
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11/11/2008

AUTOMNE

L’automne
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On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C’est une branche, tout à coup,
Qui s’effeuille dans votre cou.
C’est un petit arbre tout rouge,
Un, d’une autre couleur encor,
Et puis, partout, ces feuilles d’or
Qui tombent sans que rien ne bouge.
Nous aimons bien cette saison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.
 
Lucie DELARUE-MARDRUS

 
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Automne
 

Dans le brouillard s’en vont un paysan cagneux
Et son bœuf lentement dans le brouillard d’automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un cœur que l’on brise
Oh ! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises
 
 
Guillaume APOLLINAIRE


 
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