logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

10/10/2007

Poèmes d'amour - Pierre DE RONSARD

medium_poèmes_d_amour_439.12.jpgJe vous envoie un bouquet que ma main

Vient de trier de ces fleurs épanies ;

Qui ne les eust à ce vespre cueillies,

Chutes à terre elles fussent demain.

 

 

Cela vous soit un exemple certain

Que vos beautés, bien qu'elles soient fleuries,

En peu de temps cherront toutes flétries,

Et, comme fleurs, périront tout soudain.

 

Le temps s'en va, le temps s'en va, ma dame,

Non pas le temps, mais nous nous en allons,

Et tost seront étendus sous la lame.

 

Et des amours desquelles nous parlons

Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.

Pource aimez-moi, cependant qu'estes belle.

 

Né à La Possonnière (Vendômois) en 1524

Mort au prieuré de Saint-Come (Touraine) en 1585 

 

miniature tirée du roman du chevalier Tristan et de la reine Iseult : comment Galaad alla en Cornouailles et emmena la reine Célide. 

medium_Tristan_et_Yseult_0579.2.jpg

09/10/2007

poèmes d'amour - CHARLES D'ORLEANS

Je ne prismedium_poèmes_d_amour_439.11.jpge point telz baisiers

Qui sont par contenance,

Ou par manière d'acointance ;

Trop de gens en sont personniers.

 

On en peut  avoir par milliers,

A bon marchié, grant abondance : 

Je ne prise point telz baisiers

Qui sont donnez par contenance.

 medium_0571.jpg

Mats savez-vous lesquelz sont chiers ?

Les privez, venans par plaisance ;

Tous autres ne sont, sans doubtance,

Que pour festier estrangiers :

Je ne prise point telz estrangiers :

Je ne prise point telz baisiers.

 medium_0572.jpg

 

 

 

Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,

Puisqu'il me fault loing de vous demorer,

Je n'ay plus riens, a me reconforter,

Qu'un souvenir pour retenir lyesse.

 

En allegant, par Espoir, ma destresse,

Me convendra le temps ainsi passer,

Ma seule amour, ma joye et ma maistresse,

Puisqu'il me fault loing de vous demorer.

 

Car mon las cueur, bien garny de tristesse,

S'en est voulu avecques vous aler,

Ne je ne puis jamais le recouvrer,

Jusques verray vostre belle jeunesse,

Ma seule amour, ma joye et ma maistresse. 

 né en 1391 - mort en 1465 

 medium_0573.jpg

 

06/10/2007

Poèmes d'amour - HENRI IV

medium_poèmes_d_amour_439.10.jpg

Viens Aurore

Je t'implore

Je suis gai quand je te vois

La bergère

Qui m'est chère

Est vermeille comme toi

 

De rosée

Arrosée

La rose a moins de fraîcheur

Une hermine

Est moins fine

Le lait a moins de blancheur.

 

Pour attendre

Sa voix tendre

On déserte le hameau

Et Tityre

Qui soupire

Fait taire son chalumeau.

 

Elle est blonde

Sans seconde ;

Elle a la taille à la main

Sa prunelle

Etincelle

Comme l'astre du matin.

 

D'ambroisie

Bien choisie,

Hebé la nourrit à part

Et sa bouche

Quand j'y touche

Me parfume de nectar.

 

Né à Pau en 1153, mort à Paris en 1610 

medium_Lucas_CRANACH_ADAM_ET_EVE_0567.2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lucas CRANACH - ADAM ET EVE 

02/10/2007

Charles CROS

 medium_poèmes_d_amour_439.8.jpg

medium_CHARLES_CROS_0532.jpg

 

 

 

 

 

 

 medium_chagall_LES_AMOUREUX_SOUS_UN_ARBRE_ROUGE_0533.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Cueillette

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 les amoureux sous un arbre rouge : CHAGALL

 medium_courbet_les_amans_heureux_0534.2.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

COURBET : les amants heureux 

29/09/2007

Poèmes d'amour - Dante ALIGHIERI et DESNOS

medium_poèmes_d_amour_439.6.jpg

 SAPHO, MAROT, MUSSET, APOLLINAIRE, VERLAINE, SHAKESPEARE et maintenant DANTE ALIGHIERI et Robert DESNOS.

 

 

 

 

 

 

 Né à Florence en 1265 - Mort à Ravenne en 1321

 

Deux dames sont venues ensemble au faîte

De mes pensers pour tenir cour d'amour :

L'une a en soi courtoisie et valeur,

Prudence et honesté en compagnie ;

L'autre a beauté avec riante grâce,

Gentillesse aornée lui fait honneur :

Et, par douce merci de mon seigneur,

Je sers agenouillé leur seigneurie,

A mon âme Vertu et Beauté parlent,

Disputant comme puisse un coeur rester

Avec amour parfaite entre deux dames.

La fontaine du gent parler répond

Qu'on peut beauté aimer pour sa plaisance,

Et pour droite faisance aimer vertu.

 

Traduit de l'italien par André Pézard 

 medium_Le_mauvais_lieu_0489.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Image facétieuse du XVIème siècle: le mauvais lieu

gravure sur bois/Bibliothèque Nationale 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ROBERT DESNOS

  Né à Paris en 1900 - Mort en 1945 

 

J'ai rêvé tellement fort de toi,

J'ai tellement marché, tellement parlé,

 

Tellement aimé ton ombre,

Qu'il ne me reste plus rien de toi.

Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres

D'être cent fois plus ombre que l'ombre

D'être l'ombre qui viendra et reviendra

dans ta vie ensoleillée.

 

 le dernier poème -adaptation par Adolf Kroupa d'après les papiers trouvés sur DESNOS lors de sa mort du typhus

au camp de concentration de Terezin  (Tchecoslovaquie)           

                                

                       

... deux prisonniers SS avaient porté le corps de Desnos sur le bûcher. Entre ses bras croisés sur sa poitrine on avait mis une branche d’églantier en fleurs. Le feu, puis le vent, avait emporté l’homme des sommeils.        

 

 

Dans son commentaire, Hélène a cité ceci ... qui ne figurait pas dans mes extraits de poèmes d'amour. 

J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant et de baiser  sur cette bouche la naissance de la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués, en étreignant ton ombre, à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante et me gouverne depuis des jours et des années, je deviendrais une ombre sans doute.
(...)

J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme qu'il ne me reste plus peut-être, et pourtant, qu'à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois que l'ombre qui se promène et se promènera allégrement sur le cadran solaire de ta vie.        

 Pour l'histoire ....

.... Robert est seul au milieu de ses frères, décharné et presque nu, il frissonne dans le printemps. À peine s’il devine de ses yeux myopes au loin la colline, le fort et les fumées qui stagnent. Celui qu’il a été il l’a oublié, les mots ne lui prêtent plus secours, la boite de fer où il gardait ses poèmes s’est perdue en voyage. Bientôt il ne restera rien.

Cet été là, pourtant, un journal de Prague honorant le disparu publie en tchèque son dernier poème.             

Le dernier poème, qui semblait dicté au-delà de la tombe, courut invinciblement, se répandant de langue en langue et bouleversant les cœurs : la mort rêvée par avance donnait un sens tragique « au seul poème trouvé sur lui… »  Robert Desnos quittait le monde par la porte des légendes.

 

miniature persane - photo  Babey Bâle medium_Miniature_persane_-_photo_Babey_Bâle_0490.jpg

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique