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26/09/2007

Poèmes d'amour . Louis ARAGON

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 LOUIS     ARAGON


Rien n’est jamais acquis à l’homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur. Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n’y a pas d’amour heureux


Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains
Dites ces mots Ma vie Et retenez vos larmes
Il n’y a pas d’amour heureux


Mon bel amour mon cher amour ma déchirure
Je te porte dans moi comme un  oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n’y a pas d’amour heureux

Le temps d’apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n’y a pas d’amour heureux

Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs
il n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à nous deux.
 
(La Diane Française)

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25/09/2007

Poèmes d'amour. VERLAINE et SHAKESPEARE

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Paul VERLAINE - Né à Metz en 1844 - mort à Paris en 1896

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
 
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. 
 
Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
 
Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.
 
Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a,
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
 
(Mon rêve familier) 

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Inde : Couple dans un jardin (XVIIIe) Musée Guimet/Bulloz 

 

 

 

 

 

 William SHAKESPEARE - né et mort à Straford on Avon (1564-1616)

Pour les uns, ton défaut est la jeunesse,
Pour d’autres, la coquetterie ;
Pour d’autres, ta grâce est dans ta jeunesse et tes doux caprices ;
Mais grâces ou défauts, tout plaît en toi plus ou moins ;
Tu fais de tes défauts des grâces dont tu te pares.

Au doigt d’une reine qui trône le plus vil bijou
Est toujours estimé :
De même, les erreurs
Que l’on découvre en toi se transforment en qualités
Et passent pour louables.

Oh ! Combien d’agneaux attraperaient le loup cruel,
S’ils pouvaient se déguiser en agneau !
Et combien d’admirateurs tu pourrais égarer.

Si tu abusais de toute ta puissance !
Mais n’en fais rien : je t’aime de telle sorte
Que comme tu es à moi, à moi est ta réputation.
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 Miniature tirée du Roman de la Rose : Bel-Accueil montre la rose à son amant. Manuscrit du British Museum Roger Viollet
 
 
 
 
 

23/09/2007

Poèmes d'amour... MAROT et APOLLINAIRE

 je poursuis avec vous mes saines lectures..avant d'aller au lit... Deux styles CLEMENT MAROT ET APOLLINAIRE... medium_poèmes_d_amour_439.2.jpg

 

 

CLEMENT MAROT - Né à Cahors en 1496 - Mort à TURIN en 1544

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"Pour durer prenez la brunette"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 J'ai habillé Vénus de couleur

 

 

 

 

 

 

VENUS ET L'AMOUR /Lucas CRANACH 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 GUILLAUME APOLLINAIRE - Né à Rome en 1880 - mort à Paris en 1918

Poème adressé à Louise de Chatillon-Coligny ***

Si je mourais là-bas sur le front de l'armée

Tu pleurerais un jou ô Lou ma bien-aimée

Et puis mon souvenir s'éteindrait comme meurt

Un obus éclatant sur le front de l'armée

Un tel obus semblable aux mimosas en fleur.

 

Et puis ce souvenir éclaté dans l'espace

Couvrirait de mon sang le monde tout entier

La mer les monts les vals et l'étoile qui passe

Les soleils merveilleux murissant dans l'espace

Comme font les fruits d'or autour de Baratier.*

 

Souvenir oublié vivant dans toutes choses

Je rougirais le bout de tes jolis seins roses

Je rougirais ta bouche et tes cheveux sanglants

Tu ne vieilliras ponit toutes ces belles choses

Rajeuniraient toujours pour leurs destins galants. 

 

Le fatal giclement de mon sang sur le monde

Donnerait au soleil plus de vive clarté

Aux fleurs plus de couleur plus de vitesse à l'onde

Un amour inouï descendrait sur le monde 

L'amant serait plus fort dans ton corps écarté.

 

Lou si je meurs là-bas souvenir qu'on oublie

Souviens-t-en quelquefois aux instants de folie

De jeunesse et d'amour et d'éclatante ardeur

Mon sang c'est la fontaine ardente du bonheur

Et sois la plus heureuse étant la plus jolie.

 

O mon unique amour et ma grande folie

 

La nuit descend

On y pressent

Un long un long destin de sang.

*Baratier est une commune française, située dans le département des Hautes-Alpes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

 

*** ..... En 1914 le poète décide de s'engager, bien qu'il ne soit pas de nationalité française. Mais on n'a que faire d'étrangers dans un conflit que l'on pense bref. À Nice, il rencontre une aristocrate, Louise de Coligny-Châtillon, et lui fait la cour, en vain. Après une nouvelle demande d'engagement, il est versé au 38e régiment d'artillerie de Nîmes. Louise, qui a résisté à l'empressement du poète, cède au charme de l'artilleur.
Envoyé sur le front, il partage la vie et les souffrances de tous ceux qui se battent dans les tranchées. Cette épreuve lui inspire de nombreux poèmes qui mêlent à l'horreur des évocations de guerre l'espoir de la vie et de l'amour, et des lettres du front qu'il envoie à la bien-aimée, Louise de Coligny-Châtillon, surnommée «Lou». Il en publiera un petit nombre dans «
Calligrammes» (1918), accompagnées de «Poèmes de la paix et de la guerre» de «poèmes conversations» et d'«idéogrammes lyriques» qui associent dessins et mots sous forme de poèmes graphiques; les autres lettres feront l'objet, en 1947, d'une publication posthume sous le titre de «Poèmes à Lou»....

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Si certains n'aiment pas la poésie, je suis bien certaine qu'ils apprécieront les gravures.

22/09/2007

JOYEUX ANNIVERSAIRE MAMINIE poèmes d'amour n° 2

Je passe en vitesse te déposer ce doux baiser... c'est bien moi derrière la porte.

BON ANNIVERSAIRE cachottière ! Et je bois à ta santé le vin de Marie la Bourguignonne ! Tu reconnaîtras le joli plateau que tu as décoré et offert à miche sur lequel tu as imprimé un peu de toi à travers ces jolies fleurs.

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 Le baiser à la dérobée par Fragonard 

 

ALFRED DE MUSSET

 

Le rideau de ma voisine

Se soulève lentement.

Elle va, je l'imagine,

Prendre l'air un moment.

 

On entr'ouvre la fenêtre ;

Je sens mon coeur palpiter,

Elle veut savoir peut-être

Si je suis à guetter.

 

Mais, hélas ! ce n'est qu'un rêve ;

Ma voisine aime un lourdaud,

Et c'est le vent qui soulève

Le coin de son rideau.

(Le rideau de ma voisine)

imité de Goethe

 
un petit supplément pour le dessert à ORLEANS en compagnie de RAYMOND DEVOS ET JEANNE D'ARC

 
podcast

 

Avec GRAEME ALLWRIGHT pour la chanson, trop lourde pour la publier

Jeanne, les flammes l'ont suivie

quand elle chevauchait dans la nuit,

pas de lune pour l'éclairer,

ni personne pour la guider.

Je suis si lasse de la guerre,
j'ai tant envie des travaux de naguère,
d'une longue robe de mariée
pour habiller mon appétit grossier.

Ah, quel plaisir de te l'entendre dire,
je te guettais avec tant d'ardeur,
tu sais bien que je désire,
Jeanne, ta solitude, ta froideur.

Et qui es-tu demanda t'elle
à cette voix dans la fumée,
Je suis le feu, voyons, ma belle,
et ton orgueil de glace me fait rêver.

Alors, feu, tiédis ton corps,
je te donne le mien, sois fort.
Sur ces mots, Jeanne s'est lancée
pour l'épouser à jamais.

Le cœur de braise avait gardé
ta place, Jeanne, de mariée,
et la noce fut couronnée
de la robe tout noire et brûlée.

Le cœur de braise avait gardé
ta place, Jeanne, de mariée,
elle a compris, c'était son lot,
que pour qu'il brille, elle devait être fagot.

J'ai vu ses cris, vu sa douleur,
j'ai vu la gloire dans ses pleurs.
Je ne sais comment peuvent s'allier
tant de lumière, tant de cruauté.

 

 

21/09/2007

POEMES D'AMOUR N° 1... SAPHO

medium_poèmes_d_amour_439.jpgEn classant, j'ai retrouvé ces poèmes d'amour achevés d'imprimer en 1976, que je vais vous distiller au compte-gouttes chaque soir... Certains sont d'un accès difficile, d'autres sont impudiques et j'en rougis. Ces oeuvres sont significatives de leur auteur et de leur temps.

A côté d'auteurs connus, des poètes injustement oubliés. Ils seront illustrés par des artistes plastiques, peintres, sculpteurs.. Vous avez le droit de ne pas aimer ou de vous laisser tenter.

A vous de juger - A vous de rêver -

 

 

 

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POETESSE GRECQUE, née à LESBOS (VIème siècle avant J.-C.) 

 

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