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27/11/2006

L'ARBRE ... LA VIE ...... DE DESNOS

medium_arbre_et_iche_002.jpgVoilà un pommier en déshabillé. L'heure d'aller au lit.

Mais d'abord ce poème pour ma douce Hélène qui raffole de DESNOS. Elle a bon goût.

L'arbre...La vie

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue, signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
Cœur gravé, percé, transpercé
Un arbre que nul jamais ne vit
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vignes de coeur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre

 

POUR HUGUETTE : Une Famille d'arbres (d'après Jules RENARD)

C'est après avoir traversé une plaine brûlée que je les rencontre. Ils ne demeurent pas au bord de la route, à cause du bruit. Ils habitent les champs incultes, sur une source connue des oiseaux seuls.
De loin, ils semblent impénétrables. Dès que j'approche, leurs troncs se desserrent. Ils m'acueillent avec prudence. Je peux me reposer, me rafraîchir, mais je devine qu'ils m'observent et se défient.
Ils vivent en famille, les plus âgés au milieu et les petits, ceux dont les premières feuilles viennent de naître, un peu partout, sans jamais s'écarter.
Ils mettent longtemps à mourir, et ils gardent les morts debout jusqu' à la chute en poussière.
Ils se flattent de leurs longues branches, pour s'assurer qu'il sont tous là, comme les aveugles.
Ils gesticulent de colère si le vent s'essoufle à les déraciner. Mais entre eux aucune dispute. Ils ne murmurent que d'accord.
Je sens qu'ils doivent être ma vraie famille. J'oublierai vite l'autre.Ces arbres m'adopteront peu à peu, et pour le mériter j'apprends ce qu'il faut savoir:
Je sais déjà regarder les nuages qui passent .
Je sais aussi rester en place.
Et je sais presque me taire.

10/11/2006

BETTY ... JE TE SOUHAITE





Je te souhaite...

Je te souhaite un jour de velours,
d'iris, de lis et de pervenches,
un jour de feuilles et de branches,
un jour et puis un autre jour,

un jour de blés, un jour de vignes,
un jour de figues, de muscats,
un jour de raisins délicats,
un jour de colombes, de cygnes.

Je te souhaite un jour de diamant,
de saphir et de porcelaine,
un jour de lilas et de laine,
un jour de soie, ô ma BETTY

et puis un autre jour encore,
léger, léger, un autre jour
jusqu'à la fin de mon amour,
une aurore et puis une aurore,

car ma tendresse pour toi, ma BETTY,
ne pourra se finir jamais
comme le frisson des ramées
comme le ciel, comme la mer...

Pierre GAMARRA




J'espère que Pierre GAMARRA me pardonnera cette liberté avec le prénom de notre tendre amie...

de Nantes toujours ... avec vous... avec toi BETTY. bises de miche

30/10/2006

MA MAIN A COUPER QUE ...

J'ai serré des mains sur les blogs hier ...de toutes les couleurs chez Agathe.. en voilà une autre !


cette poésie de Xavier FORNERET, (1809-1884), né à Beaune (Côte d'Or), extirpée de mon Livre d'Or de la poésie française. FORNERET, un excentrique qui passa sa vie dans une tour gothique à jouer du violon en attendant sa mort.



UN PAUVRE HONTEUX
Il l'a tirée
De sa poche percée,
L'a mise sous ses yeux ;
Et l'a bien regardée
En disant : "Malheureux!"

Il l'a soufflée
De sa bouche humectée ;
Il avait presque peur
D'une horrible pensée
Qui vint le prendre au coeur.

Il l'a mouillée
D'une larme gelée
Qui fondit au hasard ;
Sa chambre était trouée
Encor plus qu'un bazar.

Il l'a frottée,
Ne l'a pas réchauffée.
A peine il la sentait :
Car par le froid pincée
Elle se retirait.

Il l'a pesée
Comme on pèse une idée.
En appuyant sur l'air,
Puis il l'a mesurée
Avec du fil de fer.

Il l'a touchée
De sa lèvre ridée,
D'un frénétique effroi
Elle s'est écriée :
Adieu, embrasse-moi !

Il l'a baisée.
Et après l'a croisée
Sur l'horloge du corps,
Qui rendait, mal montée,
De mats et lourds accords.

Il l'a palpée
D'une main décidée
A la faire mourir.
Oui, c'est une bouchée
Dont on peut se nourrir.

Il l'a pliée,
Il l'a cassée,
Il l'a placée,
Il l'a coupée,
Il l'a lavée,
Il l'a portée,
Il l'a grillée,
Il l'a mangée.

Quand il n'était pas grand, on lui avait dit : Si tu as faim, mange une de tes mains.


medium_fragment_de_la_statue_de_constantin_a_rome.2.jpg

moi, c'était "mange ton poing et garde l'autre pour demain". Comme quoi, il faut faire très attention à ce qu'on dit aux gamins ....

26/10/2006

LE REGRET DE LA TERRE

Pour démarrer la journée ... mais soyons plus optimistes que jULES

POEME DE JULES SUPERVIEILLE (1884-1960) : Poète, conteur et auteur dramatique. Né à Montevideo. A la fois uruguayen et français. Ses premiers recueils "Poèmes de l'humour triste (1919)" - "Débardères (1922) - "Gravitations (1925) - "le forçat innocent (1930) - "Les amis inconnus (1934) - "La fable du monde (1938) - "Oublieuse mémoire (1949) - "Naissances (1951) - "L'escalier (1956). A cette épopée "cosmique", il faut ajouter plusieurs romans : "l'homme de la Pampa (1923)" - "Le voleur d'enfants (1927)" - des contes "l'Arche de Noë (1938)" - et de charmantes fantaisies théâtrales : "Bolivar (1936)" - "Robinson" et "Shéhérazade" en 1948.

Un jour quand nous dirons ... c'était le temps du soleil,

Vous souvenez-vous, il éclairait la moindre ramille.

Et aussi bien la femme âgée que la jeune fille étonnée,

Il savait donner leur couleur aux objets dès qu'il se posait

Il suivait le cheval coureur et s'arrêtait avec lui.

C'était le temps inoubliable où nous étions sur la Terre,

Où cela faisait du bruit de faire tomber quelque chose.

Nous regardions alentour avec nos yeux connaisseurs,

Nos oreilles comprenaient toutes les nuances de l'air,

Et lorsque le pas de l'ami s'avançait, nous le savions.

Nous ramassions aussi bien une fleur qu'un caillou poli

Le temps où nous ne pouvions attraper la fumée.

Ah ! c'est tout ce que nos mains sauraient saisir maintenant.

24/10/2006

33. FINALE - TOI et MOI de P. GERALDY

Onze strophes ... si vous avez le courage de lire ... quand il n'y a plus la passion, il y a la tendresse... on  peut faire avec non ?  C'est douloureux tout ça ! que va faire Colombine ?

Alors, adieu, tu n'oublies rien ? ... C'est bien. Va-t-en,

Nous n'avons plus rien à nous dire. Je te laisse.

Tu peux partir... Pourtant, attends encore, attends !

Il pleut ... Attends que cela cesse.

Couvre-toi bien, surtout ! Tu sais qu'il fait très froid

dehors. C'est un manteau d'hiver qu'il fallait mettre ...

Je t'ai bien tout rendu ? Ne pleurons pas ! Ce serait bête.

Quel effort il faut faire, hein ? dans nos pauvres têtes

pour revoir les amants que nous avons été !

Nos deux vies s'étaient l'une à l'autre données toutes,

pour toujours ... Et voici que nous les reprenons.

Et nous allons partir, chacun avec son nom,

recommencer, errer, vivre ailleurs ... Oh ! sans doute,

nous souffrirons... pendant quelque temps. Et puis quoi !

l'oubli viendra, la seule chose qui pardonne.

Et il y aura toi, et il y aura moi,

et nous serons parmi les autres deux personnes.

Ainsi, déjà, tu vas entrer dans mon passé,

Nous nous rencontrerons par hasard, dans les rues,

Je te regarderai de loin, sans traverser.

Tu passeras avec des robes inconnues.

Et puis nous resterons sans nous voir de longs mois.

Et mes amis te donneront de mes nouvelles.

Et je dirai de toi qui fus mon sang, de toi

qui fus ma force et ma douceur : "Comment va-t-elle ?"

Notre grand coeur, c'était cette petite chose !

Etions-nous assez fous, pourtant, les premiers jours.

Tu te souviens, l'enchantement, l'apothéose ?

S'aimait-on !... Et voilà : c'était ça , notre amour !

Ainsi nous, même nous, quand nous disons "je t'aime",

 Voilà donc la valeur que cela a ! Mon Dieu !

Vrai, c'est humiliant. On est donc tous les mêmes ?

Nous sommes donc pareils aux autres ? ... Comme il pleut !

Tu ne peux pas partir par ce temps ...Allons, reste.

Oui, reste, va ! On tâchera de s'arranger.

On ne sait pas. Nos coeurs, quoiqu'ils aient changé,

se reprendront peut-être au charme des vieux gestes.

On fera son possible. On sera bon. Et puis,

on a beau dire, au fond, on a des habitudes ...

Assieds-toi va ! Reprends près de moi ton ennui.

Moi près de toi je reprendrai ma solitude.

 

FIN

 
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