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01/12/2006

JOYEUX ANNIVERSAIRE DOUCE HELENE

JE T'EMBRASSE AFFECTUEUSEMENT.

Merci à la vie.

Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné deux yeux et quand je les ouvre
Je distingue parfaitement le noir du blanc
Et là-haut dans le ciel, un fond étoilé
Et parmi les multitudes, l'homme que j'aime.

Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné d'entendre, oreilles grandes ouvertes
Enregistrer nuit et jour grillons et canaris,
Marteaux, turbines, aboiements, orages,
Et la voix si tendre de mon bien-aimé.

Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné la voix et des lettres
Avec lesquelles je pense les mots, et je dis
Mère, ami, frère, lumière qui éclaire
Le chemin de l'âme que j'aime.

Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné de marcher de mes pieds fatigués
Et j'ai ainsi parcouru villes et marécages,
Plages et déserts, montagnes et plaines
Jusqu'à ta maison, ta rue, ta cour.

Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné un coeur qui devient débordant
Quand je vois le fruit du cerveau humain ;
Quand je vois la distance qu'il y a entre le bien et le mal
Quand je vois le fond de tes yeux clairs.

Merci à la vie qui m'a tant donné.
Elle m'a donné le rire, elle m'a donné les pleurs.
Ainsi, je distingue le bonheur du désespoir
Ces deux éléments qui forment mon chant,
Et votre chant qui est le même chant,
Et le chant de tous, qui est encore mon chant.

Violeta Parra

 

Mon petit doigt m'avait dit et là, juste au moment de partir, je dois faire le ménage dans le blog.

Pas le temps, je file donc je suis désolée .. pas de fleurs, pas de bougies...

J'enregistre .. et voilà..  BISOUS. PASSE UNE BONNE JOURNEE.

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit,
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s'attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l'Archer soit pour la joie;
Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, Il aime l'arc qui est stable.

Khalil Gibran

(extrait du recueil Le Prophète)

Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont toutes pleines de désir
Le monde est beau
Mes yeux ne se lassent pas de regarder les arbres
Les arbres si verts, les arbres si pleins d'espoir
Un sentier s'en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie
Je ne sens pas l'odeur des médicaments
Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part
Être captif, là n'est pas la question
Il s'agit de ne pas se rendre

Voilà.

Nazïm Hikmet

(poème écrit en prison)

27/11/2006

L'ARBRE ... LA VIE ...... DE DESNOS

medium_arbre_et_iche_002.jpgVoilà un pommier en déshabillé. L'heure d'aller au lit.

Mais d'abord ce poème pour ma douce Hélène qui raffole de DESNOS. Elle a bon goût.

L'arbre...La vie

Il était une feuille avec ses lignes
Ligne de vie
Ligne de chance
Ligne de cœur
Il était une branche au bout de la feuille
Ligne fourchue, signe de vie
Signe de chance
Signe de cœur
Il était un arbre au bout de la branche
Un arbre digne de vie
Digne de chance
Digne de cœur
Cœur gravé, percé, transpercé
Un arbre que nul jamais ne vit
Il était des racines au bout de l'arbre
Racines vignes de vie
Vignes de chance
Vignes de coeur
Au bout des racines il était la terre
La terre tout court
La terre toute ronde
La terre toute seule au travers du ciel
La terre

 

POUR HUGUETTE : Une Famille d'arbres (d'après Jules RENARD)

C'est après avoir traversé une plaine brûlée que je les rencontre. Ils ne demeurent pas au bord de la route, à cause du bruit. Ils habitent les champs incultes, sur une source connue des oiseaux seuls.
De loin, ils semblent impénétrables. Dès que j'approche, leurs troncs se desserrent. Ils m'acueillent avec prudence. Je peux me reposer, me rafraîchir, mais je devine qu'ils m'observent et se défient.
Ils vivent en famille, les plus âgés au milieu et les petits, ceux dont les premières feuilles viennent de naître, un peu partout, sans jamais s'écarter.
Ils mettent longtemps à mourir, et ils gardent les morts debout jusqu' à la chute en poussière.
Ils se flattent de leurs longues branches, pour s'assurer qu'il sont tous là, comme les aveugles.
Ils gesticulent de colère si le vent s'essoufle à les déraciner. Mais entre eux aucune dispute. Ils ne murmurent que d'accord.
Je sens qu'ils doivent être ma vraie famille. J'oublierai vite l'autre.Ces arbres m'adopteront peu à peu, et pour le mériter j'apprends ce qu'il faut savoir:
Je sais déjà regarder les nuages qui passent .
Je sais aussi rester en place.
Et je sais presque me taire.

10/11/2006

BETTY ... JE TE SOUHAITE





Je te souhaite...

Je te souhaite un jour de velours,
d'iris, de lis et de pervenches,
un jour de feuilles et de branches,
un jour et puis un autre jour,

un jour de blés, un jour de vignes,
un jour de figues, de muscats,
un jour de raisins délicats,
un jour de colombes, de cygnes.

Je te souhaite un jour de diamant,
de saphir et de porcelaine,
un jour de lilas et de laine,
un jour de soie, ô ma BETTY

et puis un autre jour encore,
léger, léger, un autre jour
jusqu'à la fin de mon amour,
une aurore et puis une aurore,

car ma tendresse pour toi, ma BETTY,
ne pourra se finir jamais
comme le frisson des ramées
comme le ciel, comme la mer...

Pierre GAMARRA




J'espère que Pierre GAMARRA me pardonnera cette liberté avec le prénom de notre tendre amie...

de Nantes toujours ... avec vous... avec toi BETTY. bises de miche

30/10/2006

MA MAIN A COUPER QUE ...

J'ai serré des mains sur les blogs hier ...de toutes les couleurs chez Agathe.. en voilà une autre !


cette poésie de Xavier FORNERET, (1809-1884), né à Beaune (Côte d'Or), extirpée de mon Livre d'Or de la poésie française. FORNERET, un excentrique qui passa sa vie dans une tour gothique à jouer du violon en attendant sa mort.



UN PAUVRE HONTEUX
Il l'a tirée
De sa poche percée,
L'a mise sous ses yeux ;
Et l'a bien regardée
En disant : "Malheureux!"

Il l'a soufflée
De sa bouche humectée ;
Il avait presque peur
D'une horrible pensée
Qui vint le prendre au coeur.

Il l'a mouillée
D'une larme gelée
Qui fondit au hasard ;
Sa chambre était trouée
Encor plus qu'un bazar.

Il l'a frottée,
Ne l'a pas réchauffée.
A peine il la sentait :
Car par le froid pincée
Elle se retirait.

Il l'a pesée
Comme on pèse une idée.
En appuyant sur l'air,
Puis il l'a mesurée
Avec du fil de fer.

Il l'a touchée
De sa lèvre ridée,
D'un frénétique effroi
Elle s'est écriée :
Adieu, embrasse-moi !

Il l'a baisée.
Et après l'a croisée
Sur l'horloge du corps,
Qui rendait, mal montée,
De mats et lourds accords.

Il l'a palpée
D'une main décidée
A la faire mourir.
Oui, c'est une bouchée
Dont on peut se nourrir.

Il l'a pliée,
Il l'a cassée,
Il l'a placée,
Il l'a coupée,
Il l'a lavée,
Il l'a portée,
Il l'a grillée,
Il l'a mangée.

Quand il n'était pas grand, on lui avait dit : Si tu as faim, mange une de tes mains.


medium_fragment_de_la_statue_de_constantin_a_rome.2.jpg

moi, c'était "mange ton poing et garde l'autre pour demain". Comme quoi, il faut faire très attention à ce qu'on dit aux gamins ....

26/10/2006

LE REGRET DE LA TERRE

Pour démarrer la journée ... mais soyons plus optimistes que jULES

POEME DE JULES SUPERVIEILLE (1884-1960) : Poète, conteur et auteur dramatique. Né à Montevideo. A la fois uruguayen et français. Ses premiers recueils "Poèmes de l'humour triste (1919)" - "Débardères (1922) - "Gravitations (1925) - "le forçat innocent (1930) - "Les amis inconnus (1934) - "La fable du monde (1938) - "Oublieuse mémoire (1949) - "Naissances (1951) - "L'escalier (1956). A cette épopée "cosmique", il faut ajouter plusieurs romans : "l'homme de la Pampa (1923)" - "Le voleur d'enfants (1927)" - des contes "l'Arche de Noë (1938)" - et de charmantes fantaisies théâtrales : "Bolivar (1936)" - "Robinson" et "Shéhérazade" en 1948.

Un jour quand nous dirons ... c'était le temps du soleil,

Vous souvenez-vous, il éclairait la moindre ramille.

Et aussi bien la femme âgée que la jeune fille étonnée,

Il savait donner leur couleur aux objets dès qu'il se posait

Il suivait le cheval coureur et s'arrêtait avec lui.

C'était le temps inoubliable où nous étions sur la Terre,

Où cela faisait du bruit de faire tomber quelque chose.

Nous regardions alentour avec nos yeux connaisseurs,

Nos oreilles comprenaient toutes les nuances de l'air,

Et lorsque le pas de l'ami s'avançait, nous le savions.

Nous ramassions aussi bien une fleur qu'un caillou poli

Le temps où nous ne pouvions attraper la fumée.

Ah ! c'est tout ce que nos mains sauraient saisir maintenant.

 
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