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20/04/2016

LA BACCHANTE - CHANSONS DE P.-J. DE BERANGER

J'ai ressorti ce vieux bouquin du coffre de Mamie

****

 

OEUVRES COMPLETES DE P.J. DE BERANGER

Description de cette image, également commentée ci-après

Nouvelle Edition - ornée de 44 gravures sur acier

TOME PREMIER

PARIS - PERROTIN, LIBRAIRE, Editeur de la Méthode Wilhem

1843

-*-*-*-*-*-*-

LA BACCHANTE  1813

 AIR : Fournissez un canal au ruisseau

 

Cher amant, je cède à tes desirs :
de champagne enivre Julie.
Inventons, s' il se peut, des plaisirs ;
des amours épuisons la folie.
Verse-moi ce joyeux poison ;
mais sur-tout bois à ta maîtresse :
je rougirais de mon ivresse,
si tu conservais ta raison.
 
Vois déja briller dans mes regards
tout le feu dont mon sang bouillonne.
Sur ton lit, de mes cheveux épars,
fleur à fleur vois tomber ma couronne.
Le cristal vient de se briser
dieux ! Baise ma gorge brûlante,
et taris l' écume enivrante
dont tu te plais à l' arroser.
 
Verse encor ! Mais pourquoi ces atours
entre tes baisers et mes charmes ?
Romps ces noeuds, oui, romps-les pour toujours :
ma pudeur ne connaît plus d' alarmes.
Presse en tes bras mes charmes nus.
Ah ! Je sens redoubler mon être !
à l' ardeur qu' en moi tu fais naître
ton ardeur ne suffira plus.
 
Dans mes bras tombe enfin à ton tour ;
mais, hélas ! Tes baisers languissent.
Ne bois plus, et garde à mon amour
ce nectar où tes feux s' amortissent.
De mes desirs mal apaisés,
ingrat, si tu pouvais te plaindre,
j' aurai du moins pour les éteindre
le vin où je les ai puisés.

 

Fournissez un canal au ruisseau

 Cliquez ici (midi) ou ici (MP3) pour entendre cet air

Fournissez un canal au ruisseau est donné, avec le titre alternatif vaudeville de Rose et Colas, par la Clé du Caveau sous le n° 814. C'est le vaudeville final de cette comédie de Sedaine et Monsigny. On en trouve la partition complète à la p. 147 de ce pdf.

On trouve une partition équivalente dans le recueil Musique des chansons de Béranger publié à Paris (chez Perrotin) en 1853 (6e édition). Béranger l'a en effet utilisé pour sa chanson La Bacchante (n° 2, p. 1) :

 

Cet air fut réutilisé en 1847 par un auteur de Louisiane dans les Epaves

 chanson(s) de ce site utilisant cet air : 1

 _*_*_*_*_*_

 http://www.cndp.fr/entrepot/baccalaureat-musique/le-timbre/biographies/pierre-jean-de-beranger.html

 

CHANSONS P.-J. DE BERANGER --- LE ROI D'YVETOT mai 1813

J'ai ressorti ce vieux bouquin du coffre de Mamie

****

 

OEUVRES COMPLETES DE P.J. DE BERANGER

Description de cette image, également commentée ci-après

Nouvelle Edition - ornée de 44 gravures sur acier

TOME PREMIER

PARIS - PERROTIN, LIBRAIRE, Editeur de la Méthode Wilhem

1843

-*-*-*-*-*-*-

LE ROI D'YVETOT mai 1813

 AIR : Quand un tendron vient ces lieux

 

 

Il était un roi d'Yvetot

Peu connu dans l'histoire ;

Se levant tard, se couchant tôt,

Dormant fort bien sans gloire,

Et couronné par Jeanneton

D'un simple bonnet de coton,

Dit-on,

oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quel bon petit roi c'était là !

La, la

 

Il faisait ses quatre repas

Dans son palais de chaume,

Et sur son âne, pas à pas,

Parcourait son royaume.

Joyeux, simple et croyant le bien,

Pour toute garde il n'avait rien

Qu'un chien.

Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quel bon petit roi c'était là !

La, la

 

Il n'avait de goût onéreux

Qu'une soif un peu vive ;

Mais en rendant son peuple heureux

Il faut bien qu'un roi vive.

Lui-même, à table et sans suppôt,

Sur chaque muid devait un pot

D'impôt.

Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quel bon petit roi c'était là !

La, la

 

Aux filles de bonnes maisons

Comme il avait su plaire,

Ses sujets avaient cent raisons

De le nommer leur père ;

D'ailleurs il ne levait de ban

Que pour tirer quatre fois l'an

Au blanc.

Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quel bon petit roi c'était là !

La, la

 

Il n'agrandit point ses Etats,

Fut un voisin commode,

Et, modèle des potentats,

Prit le plaisir pour code.

Ce n'est que lorsqu'il expira

Que le peuple qui l'enterra

Pleura.

Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quel bon petit roi c'était là !

La, la

 

On conserve encor le portrait

De ce digne et bon prince ;

C'est l'enseigne d'un cabaret

Fameux dans la province.

Les jours de fête, bien souvent,

La foule s'écrie en buvant

Devant :

Oh ! Oh ! Oh ! Oh ! Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Quel bon petit roi c'était là !

La, la

 

 

 

 

 

 

Pierre-Jean de Béranger

(1780-1857) - Auteur

Pierre-Jean de Béranger

Pierre-Jean de Béranger naît à Paris le 19 août 1780. Jusqu’à la Révolution, il est élevé par son grand-père paternel, tailleur, rue Montorgueil. Il rejoint ensuite une tante paternelle à Péronne dans la Somme. Il y suit des études primaires, sans toutefois apprendre le latin et entre chez un imprimeur comme apprenti. Il s’initie à la poésie. De retour à Paris en 1795, il aide son père, agent d’affaires. Il écrit ses premiers poèmes. Il fréquente une académie de chanson. En 1799, républicain convaincu, il voit avec soulagement la prise du pouvoir par Bonaparte. En 1804, il envoie un courrier à Lucien Bonaparte, second frère de Napoléon, avec deux poèmes dont Le Déluge. Ce dernier le reçoit et lui accorde un traitement de membre de l’Institut. Béranger peut dès lors se consacrer pleinement à l’écriture. Fin 1813, il entre au Caveau moderne, société de chansonniers parisiens qui se retrouvent chaque semaine. Le Caveau publie chaque année un recueil de chansons de ses sociétaires, La Clé du Caveau, ce qui permet de faire connaître leurs œuvres au plus grand nombre. En 1813, Béranger est déjà connu avec Les Gueux et Le Roi d’Yvetot. Les gens les chantent dans la rue, au café. Après le retour de Louis XVIII, en 1815, Béranger se sert de la chanson comme d’une arme politique. Dès 1814, il défend la liberté d’expression dans La Censure. Il attaque la Restauration avec sa Requête présentée par les chiens de qualité, s’en prend à l’ordre jésuite dont il se moque dans Les Révérends Pères (1819). La publication de son second recueil de chansons, à la fin de l’année 1821, lui vaut un procès. On lui reproche surtout ses chansons égrillardes, qui apparaissent à l’époque antireligieuses. Il est condamné à trois mois de prison. Cette condamnation le rend encore plus populaire. Il continue d’attaquer la royauté avec Nabuchodonosor, en 1823, et Sacre de Charles le Simple, en 1825, dans lequel il ridiculise le couronnement de Charles X. Il ne cache pas par ailleurs son bonapartisme (Paillasse en 1817, Les Souvenirs du peuple en 1828).

Condamné une nouvelle fois en 1828, il passe neuf mois en prison. Victor Hugo, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve viennent lui rendre visite. Avec la Révolution de juillet 1830, l’influence de Béranger est à son apogée. Toutefois, participant aux comités restreints qui permettent à Louis-Philippe d’accéder au trône, Béranger refuse honneurs et pensions. Désireux de conserver son indépendance et sa liberté, il refuse également d’entrer à l’Académie française.

En 1830, Pierre-Jean de Béranger écrit Les Cinq Étages. Cette chanson narre l’ascension et le déclin d’une femme légère dans un immeuble parisien. Elle naît au rez-de-chaussée et finit sa vie dans la mansarde. Chaque étage correspond à un niveau social. Les étages nobles à cette époque étant le premier et le deuxième.

Déçu par le nouveau régime, Béranger quitte Paris pour la province en 1834 avec sa compagne Judith. De retour à Paris en 1840, il refuse lors de la révolution de 1848 de siéger à la Chambre des députés. Il décède le 16 juillet 1857. Le gouvernement impérial redoute des manifestations lors de son enterrement. Celui que l’on surnommait « l’immortel Béranger » ou « le chansonnier national » est enterré dès le 17 juillet à midi, sous forte escorte militaire. Considéré comme le père de la chanson moderne, Béranger en a exploré tous les styles, de la chanson bachique à la satire, de la romance à la chanson sociale, sans oublier la chanson politique.

 

 

 

06/02/2016

le ciel est par-dessus les arbres, si bleu, si calme

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Il fait trop beau pour travailler... allons marcher le nez en l'air !

les yeux levés vers le ciel

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De la route de Lahontan à la route de Saubusse

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"Le ciel est par-dessus les arbres

si bleu si calme"

 

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Le nez en l'air pour admirer le ciel, les cîmes des arbres parfois arthosiques, rhumatisants

enfin ! aux branches noueuses, quoi !

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l'ouïe en éveil pour le chant des oiseaux

et la tête baissée pour écouter le murmure des sources

QUE DU BONHEUR !

J'ai bien fait de prendre mon pied ... euh ! mes pieds pour marcher

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Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

 

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Légendes, croyances et rites anciens

Comment pouvait-on ne pas être mystifié par une plante si singulière, si énigmatique? Plante aérienne… Plante des esprits. Pour les Celtes et les Gaulois, la plante était magique et surtout sacrée, seul l'était, cependant, le gui parasitant le chêne. Lors d'une cérémonie religieuse tenue six lunes après le solstice d'hiver, un druide vêtu de blanc grimpait à la cime d'un chêne et récoltait à l'aide d'une serpe en or touffes et rameaux, ceux-ci devaient être recueillis dans un drap blanc avant qu'ils ne touchent le sol pour conserver leur pouvoir magique.

Le rite était consacré par le sacrifice de deux bœufs blancs. Le grand prêtre distribuait alors les rameaux aux participants en criant : « Au gui l'an neuf », la nouvelle année débutait. On suspendait le gui dans les maisons ou on le portait sur soi. C'était une panacée: le gui chassait les mauvais esprits, purifiait l'âme, guérissait le corps, neutralisait les poisons, assurait la fécondité des troupeaux, permettait de voir les fantômes et de les faire parler! Tout comme pour le houx, conserver cette plante dans la maison en hiver était une invitation aux bons esprits de la forêt à venir y trouver refuge. De là, peut-être, la coutume de suspendre le gui dans les maisons au temps des fêtes.

À une autre époque, les moines nommaient le gui « bois de la Sainte-Croix ». Il aurait été réduit d'arbre en buisson parasitique à la suite de l'utilisation de son bois pour la construction de la croix du Christ! Voilà encore une manière élégante d'expliquer l'inexplicable. Une légende serbe racontait qu'un trésor était caché au pied de l'arbre portant du gui. En France et en Angleterre, il fallait couvrir la table de rameaux de gui pour s'assurer d'une moisson abondante et de troupeaux féconds. Des pouvoirs magiques étaient reconnus au gui chez les Grecs également, où il était associé à Hermès, grand messager de l'Olympe mais aussi dieu de la santé. Une légende scandinave (dont on trouve différentes versions) veut que le dieu soleil Baldut, supposé invulnérable, ait été tué par une flèche fabriquée avec une tige de gui par le démon Loki. La mère du dieu soleil, Preyla, implorant aux autres dieux son retour à la vie, promit d'embrasser quiconque passerait sous le gui. Celui-ci devint le symbole de l'amour et du pardon. De là vient peut-ètre la coutume de s'embrasser sous le gui.

 

 

.... Sa dispersion est principalement liée aux oiseaux. Les grives (justement nommées Turdus viscivorus par Linné) raffolent des fruits du gui. Les graines non consommées collent à leur bec avec des restes de la pulpe visqueuse. L'oiseau frottera son bec sur la branche et, mine de rien, il réalisera un semis. Paradoxalement, les fruits cuits donnent une colle fine et très adhésive qui sert de glu (« birdlime », en anglais) pour attraper des petits oiseaux chanteurs! La propagation du gui peut aussi se faire par la fiente des grives ayant ingurgité les graines avec les fruits. On dit que certaines mésanges interfèrent avec le cycle de cette propagation : elles sont friandes des graines.

Une fois collée sur une branche, la graine germe et développe un cône de fixation pourvu en son centre d'une racine suçoir qui s'enfonce dans le cortex de l'arbre-hôte, à la recherche des tissus conducteurs de sève. L'extension du suçoir peut se faire sous l'écorce, ce qui permettra l'apparition de plusieurs touffes de gui à partir d'une seule graine. Cette extension provoque évidemment une désorganisation anatomique qui hypertrophie la branche et la fragilise.

Le gui est considéré comme un fléau par les forestiers; il provoque l'affaiblissement de l'arbre-hôte, ralentit sa croissance et diminue la qualité du bois. Avec l'effet combiné de mauvaises conditions climatiques, l'arbre très parasité peut en périr. Depuis le XIXe siècle, avec l'introduction en Europe d'arbres en provenance d'Amérique par exemple, on s'est aperçu que le gui s'était adapté à de nouveaux hôtes : l'érable argenté, le noyer noir, le robinier, le peuplier baumier, et d'autres encore. En Amérique du Nord, le gui fait des ravages particulièrement chez les conifères. Présentement, aucun produit chimique n'existe pour contrôler le gui sans nuire à la plante hôte. Les branches parasitées doivent être taillées : médecine radicale.

 

 

ON NE MANQUE PAS D'AIR à HABAS

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29/10/2015

« Octobre » de Pierre SEGHERS

 

Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le Massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s’élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S’affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des Justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l’exil et la fausse parole
D’autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés

Pierre Seghers, 1941 (repris dans La Résistance et ses Poètes. France 1940-1945, 1975)

 

Pierre Seghers, (1906 – 1987).

ECRIVAIN ET EDITEUR FRANCAIS

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Pierre Seghers (1906-1987) a passé sa vie au service de la poésie, en qualité d’auteur, de traducteur et d’éditeur.
Il entre en résistance en 1940 et participe à différentes publications clandestines. En 1939, il crée la revue P.C. 39 pour ces Poètes casqués – quand le poète se fait soldat –, qui devient l’année suivante Poésie 40, dans laquelle il publie aussi des poètes de la Résistance. De nombreux auteurs trouvent alors un lieu d’expression privilégié : Pierre Emmanuel, André Frénaud, Alain Borne, Loys Masson, Paul Éluard (Poésie involontaire et Poésie intentionnelle, 1942) et Louis Aragon (La Diane française, 1944). Seghers ose même l’édition d’anthologies de Poètes prisonniers. Fort du succès de ces publications, il décide de lancer une collection qui permettra au public de découvrir cette poésie contemporaine.
C’est ainsi qu’est créée « Poètes d’aujourd’hui », une série de monographies dont le but est de guider les lecteurs dans l’œuvre d’un poète. Sorti de l’Imprimerie du Salut public de Lyon, le premier volume, consacré à Paul Éluard, paraît le 10 mai 1944. Complété par son auteur, Parrot, juste au sortir de la guerre car il avait fallu laisser dans l’ombre toute une part de l’activité du poète, ce livre sera réédité en mars 1945. La collection connaît ensuite un bel essor avec un numéro consacré à Aragon d’un certain Claude Roy, jeune résistant qui venait d’héberger Pierre Seghers chez lui (en juillet 1944). Suivront plus de deux cents numéros qui constituent une véritable bibliothèque de la littérature poétique.
Après la guerre, Seghers fonde les éditions Seghers et en 1983, à la demande du maire de Paris, il crée, avec Pierre Emmanuel, la Maison de la Poésie de la ville de Paris.

 

 

 

01/04/2015

CAMELIA et PRUNUS

Si j’étais arbre

Je ne voudrais pas être de ces arbres utiles

Qui ont trop affaire au bûcheron

Ni sapin , ni pin pour faire du feu.

 J’accepterais d’être tilleul

Ou prunus, ou marronnier

Pour décorer le petit bois.

 J’aimerais mieux être châtaignier

Ou cerisier pour que je me régale…

                   N.A.aupieddemonarbre.free.fr/Primaire/poemeprimaire.htm

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  Les fleurs du prunus se dispersent sous la brise du printemps, et symbolisent alors le caractère éphémère de la vie et de la beauté.

  ses branches les plus anciennes refleurissent toujours.

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Le Camélia
de Illusion Perdues
Honoré de Balzac

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Chaque fleur dit un mot du livre de nature:
La rose est à l'amour et fête la beauté,
La violette exhale une âme aimable et pure,
Et le lis resplendit de sa simplicité.

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Mais le camélia, monstre de la culture,
Rose sans ambroisie et lis sans majesté,
Semble s'épanouir, aux saisons de froidure,
Pour les ennuis coquets de la virginité.

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Cependant, au rebord des loges de théâtre,
J'aime à voir, évasant leurs pétales d'albâtre,
Couronne de pudeur, de blancs camélias

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Parmi les cheveux noirs des belles jeunes femmes
Qui savent inspirer un amour pur aux âmes,
Comme les marbres grecs du sculpteur Phidias.

 

 

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