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19/09/2006

LES ROSES DE LA CORRIDA (1) poésies

En cherchant quelques poèmes à lire, j'ai retrouvé ce petit recueil achevé d'imprimer en 1971, qui m'avait été remis par son auteur Maurice BRUZEAU, lors d'un Congrès de la CGT-PTT, lui-même faisant partie de cette "grande famille" d'alors. Décédé en 2000, il fut le directeur du Musée de La Poste de 8 mai 1981 à juin 1988.
Du même auteur : d'autres poèmes : Circonstances, Le soleil est à nous, L'éternel été, avec des illustrations originales de Jean Picart Ledoux. Des romans : La montée du désert, Delta, Le dieu pâle, La cocarde d'or, La rue du Temple, Les chemins de Caprera, Souvenirs sauvages.

medium_les_roses_de_la_corrida.jpg Pour miche ce sera LES ROSES DE LA CORRIDA, avec des accompagnements graphiques de Jean PICART LE DOUX et José ORTEGA. Quelques extraits

  Notre amour à nous deux a l'âge de la paix

Jamais n'auront pourtant aussi fort les chenilles

Crissé sur le pavé de leur péril épais

Tout comme au premier jour l'aube est rayée de grilles

Sommes-nous condamnés à n'être heureux jamais

Que d'un bonheur volé dans la pénombre

Quand dehors se jouent quelles corridas

Et que vole la muleta de l'ombre

Sur la rose blessée de Lerida.

 2

Nous dansons sur le damier du monde un jour noir un jour blanc

parfois même la lune se cache

Nous dansons sur la soie tranchante des épées qui fleurissent en

chardons dans l'eau trouble du Tage

Nous buvons aux sources les poisons de l'eau miroir fendu ridé

du temps qui se souvient trop mal

...

Nous faisons défaisons le temps et les saisons le ciel et le soleil

le paradis l'enfer

Et nous nous étreignons lampes éteintes rideaux allongés dans les

fanfares du silence

Et nous nous étreignons toujours comme le premier jour pour la dernière fois

Comme si nous pouvions à nous seuls labourer les continents

inonder les planètes jeter des semences de joie sur l'univers

Comme si nous pouvions arracher à sa mort la rose gangrenée au

coeur de Lerida

LES ROSES DE LA CORRIDA (2) poésies

Suite du recueil LES ROSES DE LA CORRIDA de Maurice BRUZEAU

medium_dedicace.jpg

ESPAGNE SOUTERRAINE (1958)


A Miguel Nunez Gonzalez

1
Tu poussais poussais les wagons
Chez nous à la mine de sable
Et tes mains saignaient lamentables
Tu poussais poussais les wagons

Parfois le sable s'écroulait
Et quelqu'un là-dessous gueulait
Quelqu'un crevait sous la silice
Puis tu recomptais les éclisses

Jusqu'à ce jour bleui de vignes
Où l'olivier brisa des signes
Où les guitares affamées
Grincèrent au soleil de mai

Ta terre aux rangées d'orangers
Rien du pays n'a donc changé
Contre la pulpe du calcaire
L'horizon roux se courbe clair

Par haut jusqu'au jour quadrillé
Jusqu'au jour hachuré rayé
Des barreaux
....


2

Une journée suffit
Pour apprendre le pire

3

Aux Rameaux
Ils t'ont arrêté
Aux Rameaux

Maintenant
Nous craignons l'été
Des corbeaux

Aux Rameaux
Ils t'ont accroché
Aux Rameaux

Maintenant
Ton sang doit sécher
Mantenant
Sur ta peau

...


4

Il neige en plein avril et ce n'est pas normal
Ce froid ni toute cette pluie ni tout ce mal
La nuit le givre prend aux rameaux boutonnés
Les cigognes s'en vont grands oiseaux étonnés
Par la brume et le vent les saisons égarées
Femmes aux lourds seins nus sous les soies bigarrées
La ville s'assombrit sans vos rires de ciel
Sans vos pas attachants sans vos lèvres de miel

...

medium_revolte.jpg


LA REVOLTE PAR JOSE ORTEGA


11/09/2006

NE DITES PAS

Jean MOREAS (1856 - 1910)

Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c'est d'un esprit sot ou c'est d'une âme basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ;
C'est d'un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.

Riez comme au printemps s'agitent les rameaux.
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève.
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;
Et dites : c'est beaucoup et c'est l'ombre d'un rêve.




ça va mieux après la lecture ?

08/09/2006

FATRAS ET FATRASIES POUR FRAMBOISINE

Hier soir, panne de courant en plein blog. Pas d'autre chose à faire que de râler, d'autant que rien n'était enregistré, et d'aller se coucher. Mais avec ma lampe électrique, comme au temps où on lisait sous les couvertures à l'internat pour ne pas se faire "piquer" par la pionne, miche a pris son livre de poésie "des origines à 1940" et tombe en arrêt sur FATRAS. Ce qui naturellement la ramène vers Framboisine, notre fatrassière paloise. Et je me suis amusée à la lecture de ces vers.

De nos jours, Fatras désigne surtout un amas confus et important. Dans la langue classique, il désigne surtout un ensemble de "choses inutiles, vaines ou frivoles"...



Voilà donc quelques fatras et fatrasies moyennâgeuses pour vous distraire. C'est-à-dire selon la définition du Robert, des pièces poétiques d'un caractère incohérent ou absurde, formées de dictions, proverbes mis bout à bout, et contenant des allusions satiriques.

FATRASIE (Baudet Herenc né au commencement du XVe siècle à Châlon-sur-Saône) - on connaît de lui quatre fatrasies, modèle du genre ci-dessous.

La chose va très mal
Où point n'a de justice

La chose va très mal,
Dit un veau de métal
Au front d'une génisse,
Qui en un orinal
Bouta un cardinal,
Qui faisait sacrifice
De l'oeil d'une écrevisse
En un four de cristal,
Pour ce que sa pelisse
Tenait état royal
Où n'a point de justice.



FATRAS (Watriquet Brassenel de Couvin - sa vie nous est presque inconnue. On pense qu'il est né près de Namur. Il a passé la plus grande partie de son existence en France, ménestrel du Comte Gui de Blois et du Connétable Gaucher de Castillon. Ses écrits se situent entre 1320 et 1330. Ses trente fatras furent composés pour faire plaisir au Roi Philippe de France. Ils sont les plus anciens semble-t-il.

Doucement me réconforte
Celle qui mon coeur a pris.

Doucement me réconforte
Une chatte à moitié morte
Qui chante tous les jeudis
Une alleluia si forte
Que les clenches de nos portes
Dirent que leur est lundi,
S'en fut un loup si hardi
Qu'il alla, malgré sa sorte,
Tuer Dieu en paradis,
Et dit : "copain, je t'apporte
Celle qui mon coeur a pris".



FATRAS (Jean Molinet 1435-1507 - né à Desvres dans le Boulonnais. Etudes à Paris. Devient historiographe de Charles le Téméraire. Il séjourne trente ans à la Cour de Bourgogne. Rhétoriqueur d'une verve admirable, aussi à l'aise dans des poèmes déclamatoires que dans les fatrasies et les jeux du vocabulaire, son "Testament de la guerre" et sa "Danse macabre" méritent également d'être tirés de l'oubli.

Fourbissez votre ferraille
Aiguisez vos grands couteaux

Fourbissez votre ferraille
Quotinaille, quetinailles,
Quoquardaille, friandeaux,
Garsonaille, ribaudaille,
Laronnaille, brigandaille,
Crapaudaille, leisardeaux,
Cavestraille, goulardeaux,
Villenaille, bonhommaille,
Fallourdaille, paillardeaux,
Truandaille et Lopinaille
Aiguisez vos grands couteaux.


Bande de racailles (dit miche) et je fais confiance à mes blogueuses et blogueurs pour en rajouter une couche...
Vous allez m'encombrer l'esprit, je le sens, d'un fatras de connaissances mal assimilées.


FATRAS (Guillaume Flamant "chanoise de Langres" est née vers 1455. On situe sa mort vers 1540. On connaît de lui trois fatrasies.

O poison pire que mortel,
Qui me tient en telle tutelle
Que n'ai ni force ni vigueur ;
Envieuse et fausse querelle,
Plus pute que n'est maquerelle,
Trop me plains de votre rigueur,
Où est Satan, mon gouverneur,
Qui ne vient pas quand je l'appelle ?
O folle, infernale fureur ;
Diables pleins de toute cautelle,
Me ferez-vous crever le coeur ?




Tiens ! je vais aller ranger mon fatras de vieux papiers, vieux livres

23/08/2006

IL Y A DANS MON COEUR

Puisque je suis en période de "songes étoilés", ce petit poème de Denise ANDRE, -publié en 1961-dont je vous ai récemment parlé. J'aime sa façon d'écrire. Ce petit recueil était classé et je l'avais à peine ouvert. Je répare cette injustice.

Il y a dans mon coeur un petit coin de rêve,
De songes étoilés, lumineux, merveilleux,
De songes constellés comme il est dans les cieux,
Qui transportent mon âme et doucement l'élèvent.
Je m'y laisse bercer, je m'y laisse blottir,
D'extase déborder, de bien être frémir.

Il y a dans mon coeur une douce espérance
Qui me laisse entrevoir un bonheur sans égal,
Où le monde vivrait un présent idéal
Et ne connaîtraît plus la terrible souffrance.
Cette source d'espoir, ensorceleuse un peu,
Me laisse contempler comme un coin de ciel bleu.

Il y a dans mon coeur une force étonnante
Qui me revivifie un peu plus chaque jour.
C'est au fond de mon âme un abandon d'amour
Dont j'aime en dispenser la flamme étincelante.
Et cet amour si grand, et cet amour si beau,
Est comme un doux printemps où tout semble nouveau.

Il y a dans mon coeur une place sacrée
Qui laisse percevoir des chants ailés, divins,
J'aime m'y recueillir et ce n'est pas en vain
Que j'y prie espérant en sortir éclairée.
En ce coin de mon coeur, c'est là comme un autel
Où je trouve réponse à es pressents appels.

 
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