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11/09/2006

NE DITES PAS

Jean MOREAS (1856 - 1910)

Ne dites pas : la vie est un joyeux festin ;
Ou c'est d'un esprit sot ou c'est d'une âme basse.
Surtout ne dites point : elle est malheur sans fin ;
C'est d'un mauvais courage et qui trop tôt se lasse.

Riez comme au printemps s'agitent les rameaux.
Pleurez comme la bise ou le flot sur la grève.
Goûtez tous les plaisirs et souffrez tous les maux ;
Et dites : c'est beaucoup et c'est l'ombre d'un rêve.




ça va mieux après la lecture ?

08/09/2006

FATRAS ET FATRASIES POUR FRAMBOISINE

Hier soir, panne de courant en plein blog. Pas d'autre chose à faire que de râler, d'autant que rien n'était enregistré, et d'aller se coucher. Mais avec ma lampe électrique, comme au temps où on lisait sous les couvertures à l'internat pour ne pas se faire "piquer" par la pionne, miche a pris son livre de poésie "des origines à 1940" et tombe en arrêt sur FATRAS. Ce qui naturellement la ramène vers Framboisine, notre fatrassière paloise. Et je me suis amusée à la lecture de ces vers.

De nos jours, Fatras désigne surtout un amas confus et important. Dans la langue classique, il désigne surtout un ensemble de "choses inutiles, vaines ou frivoles"...



Voilà donc quelques fatras et fatrasies moyennâgeuses pour vous distraire. C'est-à-dire selon la définition du Robert, des pièces poétiques d'un caractère incohérent ou absurde, formées de dictions, proverbes mis bout à bout, et contenant des allusions satiriques.

FATRASIE (Baudet Herenc né au commencement du XVe siècle à Châlon-sur-Saône) - on connaît de lui quatre fatrasies, modèle du genre ci-dessous.

La chose va très mal
Où point n'a de justice

La chose va très mal,
Dit un veau de métal
Au front d'une génisse,
Qui en un orinal
Bouta un cardinal,
Qui faisait sacrifice
De l'oeil d'une écrevisse
En un four de cristal,
Pour ce que sa pelisse
Tenait état royal
Où n'a point de justice.



FATRAS (Watriquet Brassenel de Couvin - sa vie nous est presque inconnue. On pense qu'il est né près de Namur. Il a passé la plus grande partie de son existence en France, ménestrel du Comte Gui de Blois et du Connétable Gaucher de Castillon. Ses écrits se situent entre 1320 et 1330. Ses trente fatras furent composés pour faire plaisir au Roi Philippe de France. Ils sont les plus anciens semble-t-il.

Doucement me réconforte
Celle qui mon coeur a pris.

Doucement me réconforte
Une chatte à moitié morte
Qui chante tous les jeudis
Une alleluia si forte
Que les clenches de nos portes
Dirent que leur est lundi,
S'en fut un loup si hardi
Qu'il alla, malgré sa sorte,
Tuer Dieu en paradis,
Et dit : "copain, je t'apporte
Celle qui mon coeur a pris".



FATRAS (Jean Molinet 1435-1507 - né à Desvres dans le Boulonnais. Etudes à Paris. Devient historiographe de Charles le Téméraire. Il séjourne trente ans à la Cour de Bourgogne. Rhétoriqueur d'une verve admirable, aussi à l'aise dans des poèmes déclamatoires que dans les fatrasies et les jeux du vocabulaire, son "Testament de la guerre" et sa "Danse macabre" méritent également d'être tirés de l'oubli.

Fourbissez votre ferraille
Aiguisez vos grands couteaux

Fourbissez votre ferraille
Quotinaille, quetinailles,
Quoquardaille, friandeaux,
Garsonaille, ribaudaille,
Laronnaille, brigandaille,
Crapaudaille, leisardeaux,
Cavestraille, goulardeaux,
Villenaille, bonhommaille,
Fallourdaille, paillardeaux,
Truandaille et Lopinaille
Aiguisez vos grands couteaux.


Bande de racailles (dit miche) et je fais confiance à mes blogueuses et blogueurs pour en rajouter une couche...
Vous allez m'encombrer l'esprit, je le sens, d'un fatras de connaissances mal assimilées.


FATRAS (Guillaume Flamant "chanoise de Langres" est née vers 1455. On situe sa mort vers 1540. On connaît de lui trois fatrasies.

O poison pire que mortel,
Qui me tient en telle tutelle
Que n'ai ni force ni vigueur ;
Envieuse et fausse querelle,
Plus pute que n'est maquerelle,
Trop me plains de votre rigueur,
Où est Satan, mon gouverneur,
Qui ne vient pas quand je l'appelle ?
O folle, infernale fureur ;
Diables pleins de toute cautelle,
Me ferez-vous crever le coeur ?




Tiens ! je vais aller ranger mon fatras de vieux papiers, vieux livres

23/08/2006

IL Y A DANS MON COEUR

Puisque je suis en période de "songes étoilés", ce petit poème de Denise ANDRE, -publié en 1961-dont je vous ai récemment parlé. J'aime sa façon d'écrire. Ce petit recueil était classé et je l'avais à peine ouvert. Je répare cette injustice.

Il y a dans mon coeur un petit coin de rêve,
De songes étoilés, lumineux, merveilleux,
De songes constellés comme il est dans les cieux,
Qui transportent mon âme et doucement l'élèvent.
Je m'y laisse bercer, je m'y laisse blottir,
D'extase déborder, de bien être frémir.

Il y a dans mon coeur une douce espérance
Qui me laisse entrevoir un bonheur sans égal,
Où le monde vivrait un présent idéal
Et ne connaîtraît plus la terrible souffrance.
Cette source d'espoir, ensorceleuse un peu,
Me laisse contempler comme un coin de ciel bleu.

Il y a dans mon coeur une force étonnante
Qui me revivifie un peu plus chaque jour.
C'est au fond de mon âme un abandon d'amour
Dont j'aime en dispenser la flamme étincelante.
Et cet amour si grand, et cet amour si beau,
Est comme un doux printemps où tout semble nouveau.

Il y a dans mon coeur une place sacrée
Qui laisse percevoir des chants ailés, divins,
J'aime m'y recueillir et ce n'est pas en vain
Que j'y prie espérant en sortir éclairée.
En ce coin de mon coeur, c'est là comme un autel
Où je trouve réponse à es pressents appels.

20/08/2006

SI J'ETAIS ... QUE S'ENVOLENT MES VERS

En feuilletant quelques poèmes pour une lecture au lit, j'ai ouvert ce petit bouquin. Et j'ai envie de vous livrer deux jolies poésies. AU FIL DES JOURS c'est le recueil de poèmes de Denise ANDRE, une inconnue pour moi, mais pas pour maman qui l'avait reçu en cadeau par son auteur en novembre 1966, alors qu'elles étaient toutes les deux en maison de repos après une opération du coeur. La seconde pour maman décédée quelques mois plus tard en mars 1967. "A ma gentille camarade de misères, que chacun de ces feuillets lui dise mes voeux de complet rétablissement et de profond bonheur".

Dans la préface de son recueil, le second, R. Lacroix de l'Isle, alors secrétaire général de la société des poètes français, parle d'elle ainsi : "Jamais nous ne la voyons révoltée ; en face du mauvais sort, c'est toujours sa Foi en Dieu qui lui fait accepter avec un optimisme inébranlable tout ce que le Ciel envoie ..."Voilà qui devrait plaire à Huguette et Hélène, n'est-ce pas ? et il termine ainsi par quelques vers de l'auteur cités plus bas "Que s'envolent mes vers, même au sein des taudis, Pour transformer ces lieux en coins de paradis".

Si j'étais l'oiselet, sous le bord de ton toit

 J'aimerais faire un nid pour être auprès de toi.

Et j'aimerais chanter au bord de ta fenêtre

Lorsque je te verrais dès l'aurore apparaître.

 Si j'étais un refrain, je bercerais ton coeur

 D'un charme tout nouveau par un air enchanteur,

 Et je serais ces mots que prononcent tes lèvres

 Dans ton aveu si tendre, en ces moments de fièvres.

Si j'étais le zéphyr, ton visage charmant

Recevrait la fraîcheur de quelque souffle aimant.

Je te prodiguerais mainte et mainte caresses

Et pour toi je serais un courant de tendresse.

Si j'étais un rosier, j'exhalerais autour

De ta porte entr'ouverte un doux parfum d'amour ;

Je dédierais mes fleurs à ton âme fidèle

Et te réserverais, de toutes, la plus belle.

Si j'étais un secret, je me ferais petit

Je serais à toi seul et dans ton coeur blotti ;

Je ne voudrais jamais qu'à d'autres tu me livres.

En même temps que toi je cesserais de vivre .

QUE S'ENVOLENT MES VERS

Que s'envolent mes vers au-delà des frontières,

Que s'envolent mes vers dans les humbles chaumières,

Que s'envolent mes vers, même au sein des taudis,

Pour transformer ces lieux en coins de paradis.

Qu'ils soient doux et chantants ainsi que les ballades

Et comme un réconfort auprès de tous malades,

Qu'ils franchissent les murs des plus sombres prisons,

Ramenant les esprits à leurs nobles raisons.

Qu'ils disent partout, sur les mers et les terres,

Qu'ils chantent dans les coeurs des pauvres solitaires,

Qu'ils soient quelques secours pour les êtres brimés

Et de sages conseils auprès des déprimés.

Que s'envolent mes vers dans toutes les familles.

Qu'ils soient chargés d'amours et de pensées gentilles

Qu'ils montent dans les airs pour redescendre mieux

Comme des gouttes d'or, à tous coeurs soucieux.

 

imprimés en 1961

Pour la première fois, j'ai publié en couleur. Effectivement il ne faut pas être sorcier pour transformer Texte en HTLM en se rendant dans Propriétés. Merci à ma copine. Mais il n'y a plus d'interlignes et les espaces sont plus grands.. Encore une astuce ?

26/06/2006

BONNE NUIT EN POESIES !

Ce soir j'ai la tête un peu "lourde" dirons-nous. Légèrement fatiguée sans raison... donc, je ne vais pas m'attarder mais je veux tout de même vous souhaiter bonne nuit avec ces petites poésies qui me reposent. J'ai choisi la facilité et l'amour.

FACILE (Paul ELUARD)
Tu te lèves, l'eau se déplie
Tu te couches, l'eau s'épanouit

Tu es l'eau détournée de ses abîmes
Tu es la terre qui prend racine
Et sur laquelle tout s'établit

Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits
Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel,
Tu es partout, tu abolis toutes les routes.

Tu sacrifies le temps
A l'éternelle jeunesse de la flamme exacte
Qui voile la nature en la reproduisant

Femme tu mets au monde un corps toujours pareil
Le tien

Tu es la ressemblance.



L'AMOUREUSE (1923)
Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens,
Elle a la forme de mes mains,
Elle a la couleur des mes yeux,
Elle s'engloutit dans mon ombre,
Comme une pierre sur le ciel.
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils?
Me font rire, pleurer et rire,
Parler sans avoir rien à dire.



"Nous Deux" (1951)

Nous deux nous tenant par la main
Nous nous croyons partout chez nous
Sous l'arbre doux sous le ciel noir
Sous tous les toits au coin du feu
Dan la rue vide en plein soleil
Auprès des sages et des fous
Parmi les enfants et les grands
L'amour n'a rien de mystérieux
Nous sommes l'évidence même
Les amoureux se croient chez nous.




Paul Éluard de son véritable nom Eugène Émile Paul Grindel, traversa ce début de siècle et ses deux grandes guerres tout en poésie et militantisme (que ce soit au côté des surréalistes, des communistes, des patriotes de la paix, etc.) et épaulé par ses amis ( Breton, Dalí, Picasso, Man Ray, etc)

 
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