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29/10/2015

« Octobre » de Pierre SEGHERS

 

Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le Massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s’élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S’affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des Justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l’exil et la fausse parole
D’autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés

Pierre Seghers, 1941 (repris dans La Résistance et ses Poètes. France 1940-1945, 1975)

 

Pierre Seghers, (1906 – 1987).

ECRIVAIN ET EDITEUR FRANCAIS

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Pierre Seghers (1906-1987) a passé sa vie au service de la poésie, en qualité d’auteur, de traducteur et d’éditeur.
Il entre en résistance en 1940 et participe à différentes publications clandestines. En 1939, il crée la revue P.C. 39 pour ces Poètes casqués – quand le poète se fait soldat –, qui devient l’année suivante Poésie 40, dans laquelle il publie aussi des poètes de la Résistance. De nombreux auteurs trouvent alors un lieu d’expression privilégié : Pierre Emmanuel, André Frénaud, Alain Borne, Loys Masson, Paul Éluard (Poésie involontaire et Poésie intentionnelle, 1942) et Louis Aragon (La Diane française, 1944). Seghers ose même l’édition d’anthologies de Poètes prisonniers. Fort du succès de ces publications, il décide de lancer une collection qui permettra au public de découvrir cette poésie contemporaine.
C’est ainsi qu’est créée « Poètes d’aujourd’hui », une série de monographies dont le but est de guider les lecteurs dans l’œuvre d’un poète. Sorti de l’Imprimerie du Salut public de Lyon, le premier volume, consacré à Paul Éluard, paraît le 10 mai 1944. Complété par son auteur, Parrot, juste au sortir de la guerre car il avait fallu laisser dans l’ombre toute une part de l’activité du poète, ce livre sera réédité en mars 1945. La collection connaît ensuite un bel essor avec un numéro consacré à Aragon d’un certain Claude Roy, jeune résistant qui venait d’héberger Pierre Seghers chez lui (en juillet 1944). Suivront plus de deux cents numéros qui constituent une véritable bibliothèque de la littérature poétique.
Après la guerre, Seghers fonde les éditions Seghers et en 1983, à la demande du maire de Paris, il crée, avec Pierre Emmanuel, la Maison de la Poésie de la ville de Paris.

 

 

 

01/04/2015

CAMELIA et PRUNUS

Si j’étais arbre

Je ne voudrais pas être de ces arbres utiles

Qui ont trop affaire au bûcheron

Ni sapin , ni pin pour faire du feu.

 J’accepterais d’être tilleul

Ou prunus, ou marronnier

Pour décorer le petit bois.

 J’aimerais mieux être châtaignier

Ou cerisier pour que je me régale…

                   N.A.aupieddemonarbre.free.fr/Primaire/poemeprimaire.htm

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  Les fleurs du prunus se dispersent sous la brise du printemps, et symbolisent alors le caractère éphémère de la vie et de la beauté.

  ses branches les plus anciennes refleurissent toujours.

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Le Camélia
de Illusion Perdues
Honoré de Balzac

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Chaque fleur dit un mot du livre de nature:
La rose est à l'amour et fête la beauté,
La violette exhale une âme aimable et pure,
Et le lis resplendit de sa simplicité.

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Mais le camélia, monstre de la culture,
Rose sans ambroisie et lis sans majesté,
Semble s'épanouir, aux saisons de froidure,
Pour les ennuis coquets de la virginité.

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Cependant, au rebord des loges de théâtre,
J'aime à voir, évasant leurs pétales d'albâtre,
Couronne de pudeur, de blancs camélias

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Parmi les cheveux noirs des belles jeunes femmes
Qui savent inspirer un amour pur aux âmes,
Comme les marbres grecs du sculpteur Phidias.

 

 

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07/03/2015

LA LUNE LUIT

LA LUNE BLANCHE

Paul Verlaine

 

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La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...


Ô bien-aimée.
Paul VERLAINE

LA LUNE BLANCHE

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...


Rêvons, c’est l’heure.


Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise...


C’est l’heure exquise.

 

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La lune

Sur la lune de lait caillé
On voit un bonhomme.
Il porte sur son dos
Un fagot de gros bois.

Ça doit être bien lourd
Car il n'avance pas.
Il est là chaque mois,
Bûcheron d'autrefois.

Sur la lune de néon
On voit un astronaute
Il porte sur son dos
La fusée du retour.

Il est déjà parti
Il n'y a plus personne
Entre la mer des Crises
Et la Sérénité.

Sur la lune de néon,
On a peint les yeux, la bouche,
Le nez et un gros bouton
Sur lequel dort une mouche.

Toujours on a eu l'impression
Que cet objet astronomique
Etait à portée de la main
Familier, mélancolique.

Raymond Queneau

 

 

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06/01/2015

AIGRETTE GARZETTE

 En balade autour du lac

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"Mémé, c'est quoi cet oiseau sur la route ?"

A ESTIBEAUX, sur la route ... A l'aise, une aigrette !

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 www.oiseaux-birds.com/poeme-aigrette-garzette.html

L’aigrette garzette

 

Marchant à pas comptés dans les ondes limpides,
Elle fixe le lac d’un regard attentif.
Accélérant soudain, elle avance intrépide
Vers la zone profonde en un geste instinctif.

 

Un poisson argenté glisse sous la surface.
En déployant son cou d’un mouvement brutal,
Elle plonge son bec vers le reflet fugace,
Le transperce aussitôt, coup de poignard fatal!

 

D’une rare élégance arpentant son domaine,
Son image racée accompagne ses tours.
Dans le miroir des eaux son double se promène,
Copiant à satiété l’éclat de ses atours.

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Le blanc immaculé de ses plumes si fines,
En volutes neigeux danse autour de son corps.
Elle ne bouge pas, mais la brise mutine
Soulève son manteau, dérangeant le décor.

 

L’aigrette qui la coiffe est tellement légère,
Qu’au moindre courant d’air elle s’agite un peu.
Et l’oiseau trace ainsi un sillon éphémère
Mélangeant les couleurs des flots et du ciel bleu.

 

En longeant les roseaux, elle gagne la rive,
Et monte sur le sable, évitant les graviers.
Nos yeux suivent longtemps cette ébauche furtive
S’enfonçant doucement dans les buissons côtiers.

 

En plein cœur des marais sa frêle silhouette
Dont les duvets soyeux animent les contours,
Disparaît lentement, et l’aigrette garzette
Va rejoindre les siens quand s’alanguit le jour...

Nicole Bouglouan - Le 7 Juin 1999

 

 

L'aigrette garzette se trouve dans une large variété de zones humides ouvertes, à l'intérieur des terres Aigrette garzette ou en zone côtière, dans des eaux peu profondes autour des lacs, près des rivières, des fleuves et dans les estuaires.

 

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L'aigrette garzette est la plus répandue des aigrettes. Corps élancé et élégant au plumage blanc. Long cou et bec noir très allongé. Longues pattes noires aux doigts jaunes. Lors de la reproduction, 2 ou 3 plumes ornent sa nuque et de fines plumes d'environ 20 cm naissent sur ses épaules, s'étendent sur le dos et retombent de chaque côté de la queue en panaches élégants. Ce sont ces plumes, appelées crosses, autrefois très convoitées par les femmes pour leur valeur ornementale, qui ont valu à ces oiseaux le nom d'aigrettes.

 

 

 

***

**

La Grande Aigrette (Ardea alba) est une espèce d'oiseaux échassiers de la famille des Ardeidae. La Grande Aigrette est le plus grand de tous les hérons et aigrettes présents en Europe. Elle a failli disparaître, décimée par les chasseurs ou piégeurs qui en revendaient les longues plumes nuptiales pour décorer les chapeaux des dames de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.

Ce sont ensuite la destruction des zones humides, les pesticides et la destruction des mangroves qui ont rendu sa survie difficile. Elle est maintenant protégée et reconstitue lentement ses populations. Elle est partiellement migratrice dans l'hémisphère nord.

***

*

 

 

La plume, matière première d’origine animale, a toujours été utilisée, en France et ailleurs, par les professionnels de la mode et du spectacle pour garnir et embellir les vêtements et leurs accessoires. Ce sont les plumassiers qui ont charge de transformer l’oiseau ou la plume en parure. Leurs savoirs techniques semblent traverser le temps, malgré des contextes sociaux et économiques en mutation. Les artisans d’aujourd’hui sont les héritiers des artisans d’hier. C’est le constat de cette pérennité qui a incité l’auteur, Anne Monjaret, ethnologue, à un retour en arrière, afin de mieux cerner leur héritage et de mieux saisir les conditions de sa constitution. La Belle Époque semble en cela une période charnière, une période de tension qui aura un effet sur la pratique de ce corps de métier.

En effet, au tournant du XIXe et XXe siècles, les oiseaux, sauvages et exotiques, ont été exploités massivement à des fins commerciales, en particulier par la mode parisienne pour garnir les chapeaux des femmes. Cet usage est très vite contesté. Détracteurs (journalistes ou hommes de lettres) et partisans s’affrontent autour de la production de l’industrie plumassière. C’est à partir de leurs écrits, et par là, des discours qu’ils ont émis à l’époque que l’auteur analyse la contestation des uns et la justification des autres. Les professionnels incriminés font alliance avec des ornithologues pour désamorcer la critique. Ils vont également promouvoir l’élevage, adapter techniquement leurs productions, transformer les plumes domestiques et leur donner une apparence exotique, fabriquer de faux oiseaux. Ils contrent ainsi en partie les conventions qui se mettent en place progressivement pour réglementer les circulations internationales d’une faune menacée d’extinction. Cet exemple montre la façon dont les intérêts humains fabriquent le destin des animaux.

Aujourd’hui encore, selon les dires des professionnels enquêtés, ce contexte passé où s’expriment respect de la nature et protection animale modèle les pratiques contemporaines des rares plumassiers qui travaillent sur la place de Paris. Si le poids des traditions reste lourd pour ces héritiers, l’invention et l’innovation passent pour eux par l’acte de création, par l’originalité des motifs plus que par les moyens mobilisés pour les réaliser. Il reste qu’une page de l’histoire est tournée ; les plumes de la mode ne soulèvent plus, depuis longtemps, de controverses ; ces dernières sont enterrées, oubliées. Ce sont les danseuses de music-hall avec leur « truc en plume », ou les mannequins lors des défilés de haute couture, qui sont désormais les seules à arborer de telles créations, souvent ostentatoires. Les femmes de la rue ne se parent plus de plumes. La plume d’ornement a été largement supplantée par la plume de spectacle, insolente et érotique.

 

 

 

22/12/2014

LES PINS sous le soleil

 

A LESPERON (Landes)

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Un après-midi frais mais radieux dans un stade entouré de pins majestueux

 

les  pins,landes,lesperon,stade

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Un cadre fort agréable, apprécié des supporters

qui ont eu l'occasion de se réjouir encore

les deux équipes d'HABAS ayant gagné face à LESPERON

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Mes vieux pins

O vieux pins embaumés qui chantez à la brise,
Debout, sur les coteaux, comme de fiers géants,
J'aime la nudité de votre écorce grise!
O vieux pins embaumés qui chantez à la brise,
J'aime vos bras tendus vers les gouffres béants!
Vous étiez avant moi sur la rive où je pleure,
Et quand j'aurai quitté ce monde que j'effleure,
Vous chanterez encore avec les océans,
Avec l'homme immortel qu'un souffle pulvérise,
O vieux pins embaumés qui chantez à la brise,
Debout, sur les coteaux, comme de fiers géants!

Vos troncs fermes et droits résistent à l'orage,
Quand je vois autour d'eux tant d'arbres se briser.
Ils me font souvenir des hommes d'un autre âge.
Vos troncs fermes et droits résistent à l'orage,
Et donnent à la nue un front pur à baiser.
Versant comme une pluie, au milieu des soirs calmes,
Leurs chants joyeux, les nids se bercent sur vos palmes.
A vos cimes l'hiver ne semble point peser;
Le lac vous voit frémir dans son brillant mirage;
Vos troncs fermes et droits résistent à l'orage,
Quand je vois autour d'eux tant d'arbres se briser.

Lorsque les feux du soir dorent vos fronts, la terre
Où votre ombre descend nous invite à rêver.
Le sentier où je passe est toujours solitaire.
Lorsque les feux du soir dorent vos fronts, la terre
Où ma course bientôt, hélas! va s'achever,
Me paraît toute belle! O l'étrange demeure!
Et pourquoi l'aimer tant, puisqu'il faut que l'on meure!
Puisque le jour fini ne peut se retrouver!...
J'ai soif de l'inconnu, de son profond mystère.
Lorsque les feux du soir dorent vos fronts, la terre
Où votre ombre descend nous invite à rêver.

Mon âme émue, alors, dans une vague d'ombre
Voit glisser un rayon. C'est l'espoir radieux.
Comme dans l'épaisseur de vos grappes sans nombre,
Mon âme émue, alors, dans une vague d'ombre
Voit quelque fois encor sourire un coin des cieux.
Comme le flot d'argent des urnes renversées,
Beaux arbres, le jour luit dans vos blanches percées,
Et met une auréole à mon front soucieux.
Et qu'importe après tout ce que dure un jour sombre?
Mon âme émue, alors, dans une vague d'ombre
Voit glisser un rayon. C'est l'espoir radieux.

Léon-Pamphile Le May (1837-1918)

 


 

 
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