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06/02/2016

le ciel est par-dessus les arbres, si bleu, si calme

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Il fait trop beau pour travailler... allons marcher le nez en l'air !

les yeux levés vers le ciel

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De la route de Lahontan à la route de Saubusse

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"Le ciel est par-dessus les arbres

si bleu si calme"

 

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Le nez en l'air pour admirer le ciel, les cîmes des arbres parfois arthosiques, rhumatisants

enfin ! aux branches noueuses, quoi !

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l'ouïe en éveil pour le chant des oiseaux

et la tête baissée pour écouter le murmure des sources

QUE DU BONHEUR !

J'ai bien fait de prendre mon pied ... euh ! mes pieds pour marcher

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Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! - vous m'avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d'eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m'occupent tout un jour.
La contemplation m'emplit le coeur d'amour.
Vous m'avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l'esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l'oeil dans l'herbe profonde,
L'étude d'un atome et l'étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m'avez vu fuir l'homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s'élance,
Et je suis plein d'oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, - je vous atteste, ô bois aimés du ciel! -
J'ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des autres sourds,
Ravins où l'on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m'entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu'un de grand qui m'écoute et qui m'aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c'est dans votre ombre et dans votre mystère,
C'est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m'endormirai.

 

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Légendes, croyances et rites anciens

Comment pouvait-on ne pas être mystifié par une plante si singulière, si énigmatique? Plante aérienne… Plante des esprits. Pour les Celtes et les Gaulois, la plante était magique et surtout sacrée, seul l'était, cependant, le gui parasitant le chêne. Lors d'une cérémonie religieuse tenue six lunes après le solstice d'hiver, un druide vêtu de blanc grimpait à la cime d'un chêne et récoltait à l'aide d'une serpe en or touffes et rameaux, ceux-ci devaient être recueillis dans un drap blanc avant qu'ils ne touchent le sol pour conserver leur pouvoir magique.

Le rite était consacré par le sacrifice de deux bœufs blancs. Le grand prêtre distribuait alors les rameaux aux participants en criant : « Au gui l'an neuf », la nouvelle année débutait. On suspendait le gui dans les maisons ou on le portait sur soi. C'était une panacée: le gui chassait les mauvais esprits, purifiait l'âme, guérissait le corps, neutralisait les poisons, assurait la fécondité des troupeaux, permettait de voir les fantômes et de les faire parler! Tout comme pour le houx, conserver cette plante dans la maison en hiver était une invitation aux bons esprits de la forêt à venir y trouver refuge. De là, peut-être, la coutume de suspendre le gui dans les maisons au temps des fêtes.

À une autre époque, les moines nommaient le gui « bois de la Sainte-Croix ». Il aurait été réduit d'arbre en buisson parasitique à la suite de l'utilisation de son bois pour la construction de la croix du Christ! Voilà encore une manière élégante d'expliquer l'inexplicable. Une légende serbe racontait qu'un trésor était caché au pied de l'arbre portant du gui. En France et en Angleterre, il fallait couvrir la table de rameaux de gui pour s'assurer d'une moisson abondante et de troupeaux féconds. Des pouvoirs magiques étaient reconnus au gui chez les Grecs également, où il était associé à Hermès, grand messager de l'Olympe mais aussi dieu de la santé. Une légende scandinave (dont on trouve différentes versions) veut que le dieu soleil Baldut, supposé invulnérable, ait été tué par une flèche fabriquée avec une tige de gui par le démon Loki. La mère du dieu soleil, Preyla, implorant aux autres dieux son retour à la vie, promit d'embrasser quiconque passerait sous le gui. Celui-ci devint le symbole de l'amour et du pardon. De là vient peut-ètre la coutume de s'embrasser sous le gui.

 

 

.... Sa dispersion est principalement liée aux oiseaux. Les grives (justement nommées Turdus viscivorus par Linné) raffolent des fruits du gui. Les graines non consommées collent à leur bec avec des restes de la pulpe visqueuse. L'oiseau frottera son bec sur la branche et, mine de rien, il réalisera un semis. Paradoxalement, les fruits cuits donnent une colle fine et très adhésive qui sert de glu (« birdlime », en anglais) pour attraper des petits oiseaux chanteurs! La propagation du gui peut aussi se faire par la fiente des grives ayant ingurgité les graines avec les fruits. On dit que certaines mésanges interfèrent avec le cycle de cette propagation : elles sont friandes des graines.

Une fois collée sur une branche, la graine germe et développe un cône de fixation pourvu en son centre d'une racine suçoir qui s'enfonce dans le cortex de l'arbre-hôte, à la recherche des tissus conducteurs de sève. L'extension du suçoir peut se faire sous l'écorce, ce qui permettra l'apparition de plusieurs touffes de gui à partir d'une seule graine. Cette extension provoque évidemment une désorganisation anatomique qui hypertrophie la branche et la fragilise.

Le gui est considéré comme un fléau par les forestiers; il provoque l'affaiblissement de l'arbre-hôte, ralentit sa croissance et diminue la qualité du bois. Avec l'effet combiné de mauvaises conditions climatiques, l'arbre très parasité peut en périr. Depuis le XIXe siècle, avec l'introduction en Europe d'arbres en provenance d'Amérique par exemple, on s'est aperçu que le gui s'était adapté à de nouveaux hôtes : l'érable argenté, le noyer noir, le robinier, le peuplier baumier, et d'autres encore. En Amérique du Nord, le gui fait des ravages particulièrement chez les conifères. Présentement, aucun produit chimique n'existe pour contrôler le gui sans nuire à la plante hôte. Les branches parasitées doivent être taillées : médecine radicale.

 

 

ON NE MANQUE PAS D'AIR à HABAS

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29/10/2015

« Octobre » de Pierre SEGHERS

 

Le vent qui pousse les colonnes de feuilles mortes
Octobre, quand la vendange est faite dans le sang
Le vois-tu avec ses fumées, ses feux, qui emporte
Le Massacre des Innocents
Dans la neige du monde, dans l’hiver blanc, il porte
Des taches rouges où la colère s’élargit ;
Eustache de Saint-Pierre tendait les clefs des portes
Cinquante fils la mort les prit,
Cinquante qui chantaient dans l’échoppe et sur la plaine,
Cinquante sans méfaits, ils étaient fils de chez nous,
Cinquante aux regards plus droits dans les yeux de la haine
S’affaissèrent sur les genoux
Cinquante autres encore, notre Loire sanglante
Et Bordeaux pleure, et la France est droite dans son deuil.
Le ciel est vert, ses enfants criblés qui toujours chantent
Le Dieu des Justes les accueille
Ils ressusciteront vêtus de feu dans nos écoles
Arrachés aux bras de leurs enfants ils entendront
Avec la guerre, l’exil et la fausse parole
D’autres enfants dire leurs noms
Alors ils renaîtront à la fin de ce calvaire
Malgré l’Octobre vert qui vit cent corps se plier
Aux côtés de la Jeanne au visage de fer
Née de leur sang de fusillés

Pierre Seghers, 1941 (repris dans La Résistance et ses Poètes. France 1940-1945, 1975)

 

Pierre Seghers, (1906 – 1987).

ECRIVAIN ET EDITEUR FRANCAIS

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Pierre Seghers (1906-1987) a passé sa vie au service de la poésie, en qualité d’auteur, de traducteur et d’éditeur.
Il entre en résistance en 1940 et participe à différentes publications clandestines. En 1939, il crée la revue P.C. 39 pour ces Poètes casqués – quand le poète se fait soldat –, qui devient l’année suivante Poésie 40, dans laquelle il publie aussi des poètes de la Résistance. De nombreux auteurs trouvent alors un lieu d’expression privilégié : Pierre Emmanuel, André Frénaud, Alain Borne, Loys Masson, Paul Éluard (Poésie involontaire et Poésie intentionnelle, 1942) et Louis Aragon (La Diane française, 1944). Seghers ose même l’édition d’anthologies de Poètes prisonniers. Fort du succès de ces publications, il décide de lancer une collection qui permettra au public de découvrir cette poésie contemporaine.
C’est ainsi qu’est créée « Poètes d’aujourd’hui », une série de monographies dont le but est de guider les lecteurs dans l’œuvre d’un poète. Sorti de l’Imprimerie du Salut public de Lyon, le premier volume, consacré à Paul Éluard, paraît le 10 mai 1944. Complété par son auteur, Parrot, juste au sortir de la guerre car il avait fallu laisser dans l’ombre toute une part de l’activité du poète, ce livre sera réédité en mars 1945. La collection connaît ensuite un bel essor avec un numéro consacré à Aragon d’un certain Claude Roy, jeune résistant qui venait d’héberger Pierre Seghers chez lui (en juillet 1944). Suivront plus de deux cents numéros qui constituent une véritable bibliothèque de la littérature poétique.
Après la guerre, Seghers fonde les éditions Seghers et en 1983, à la demande du maire de Paris, il crée, avec Pierre Emmanuel, la Maison de la Poésie de la ville de Paris.

 

 

 

01/04/2015

CAMELIA et PRUNUS

Si j’étais arbre

Je ne voudrais pas être de ces arbres utiles

Qui ont trop affaire au bûcheron

Ni sapin , ni pin pour faire du feu.

 J’accepterais d’être tilleul

Ou prunus, ou marronnier

Pour décorer le petit bois.

 J’aimerais mieux être châtaignier

Ou cerisier pour que je me régale…

                   N.A.aupieddemonarbre.free.fr/Primaire/poemeprimaire.htm

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  Les fleurs du prunus se dispersent sous la brise du printemps, et symbolisent alors le caractère éphémère de la vie et de la beauté.

  ses branches les plus anciennes refleurissent toujours.

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Le Camélia
de Illusion Perdues
Honoré de Balzac

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Chaque fleur dit un mot du livre de nature:
La rose est à l'amour et fête la beauté,
La violette exhale une âme aimable et pure,
Et le lis resplendit de sa simplicité.

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Mais le camélia, monstre de la culture,
Rose sans ambroisie et lis sans majesté,
Semble s'épanouir, aux saisons de froidure,
Pour les ennuis coquets de la virginité.

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Cependant, au rebord des loges de théâtre,
J'aime à voir, évasant leurs pétales d'albâtre,
Couronne de pudeur, de blancs camélias

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Parmi les cheveux noirs des belles jeunes femmes
Qui savent inspirer un amour pur aux âmes,
Comme les marbres grecs du sculpteur Phidias.

 

 

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07/03/2015

LA LUNE LUIT

LA LUNE BLANCHE

Paul Verlaine

 

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La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée...


Ô bien-aimée.
Paul VERLAINE

LA LUNE BLANCHE

L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure...


Rêvons, c’est l’heure.


Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise...


C’est l’heure exquise.

 

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La lune

Sur la lune de lait caillé
On voit un bonhomme.
Il porte sur son dos
Un fagot de gros bois.

Ça doit être bien lourd
Car il n'avance pas.
Il est là chaque mois,
Bûcheron d'autrefois.

Sur la lune de néon
On voit un astronaute
Il porte sur son dos
La fusée du retour.

Il est déjà parti
Il n'y a plus personne
Entre la mer des Crises
Et la Sérénité.

Sur la lune de néon,
On a peint les yeux, la bouche,
Le nez et un gros bouton
Sur lequel dort une mouche.

Toujours on a eu l'impression
Que cet objet astronomique
Etait à portée de la main
Familier, mélancolique.

Raymond Queneau

 

 

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06/01/2015

AIGRETTE GARZETTE

 En balade autour du lac

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"Mémé, c'est quoi cet oiseau sur la route ?"

A ESTIBEAUX, sur la route ... A l'aise, une aigrette !

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 www.oiseaux-birds.com/poeme-aigrette-garzette.html

L’aigrette garzette

 

Marchant à pas comptés dans les ondes limpides,
Elle fixe le lac d’un regard attentif.
Accélérant soudain, elle avance intrépide
Vers la zone profonde en un geste instinctif.

 

Un poisson argenté glisse sous la surface.
En déployant son cou d’un mouvement brutal,
Elle plonge son bec vers le reflet fugace,
Le transperce aussitôt, coup de poignard fatal!

 

D’une rare élégance arpentant son domaine,
Son image racée accompagne ses tours.
Dans le miroir des eaux son double se promène,
Copiant à satiété l’éclat de ses atours.

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Le blanc immaculé de ses plumes si fines,
En volutes neigeux danse autour de son corps.
Elle ne bouge pas, mais la brise mutine
Soulève son manteau, dérangeant le décor.

 

L’aigrette qui la coiffe est tellement légère,
Qu’au moindre courant d’air elle s’agite un peu.
Et l’oiseau trace ainsi un sillon éphémère
Mélangeant les couleurs des flots et du ciel bleu.

 

En longeant les roseaux, elle gagne la rive,
Et monte sur le sable, évitant les graviers.
Nos yeux suivent longtemps cette ébauche furtive
S’enfonçant doucement dans les buissons côtiers.

 

En plein cœur des marais sa frêle silhouette
Dont les duvets soyeux animent les contours,
Disparaît lentement, et l’aigrette garzette
Va rejoindre les siens quand s’alanguit le jour...

Nicole Bouglouan - Le 7 Juin 1999

 

 

L'aigrette garzette se trouve dans une large variété de zones humides ouvertes, à l'intérieur des terres Aigrette garzette ou en zone côtière, dans des eaux peu profondes autour des lacs, près des rivières, des fleuves et dans les estuaires.

 

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L'aigrette garzette est la plus répandue des aigrettes. Corps élancé et élégant au plumage blanc. Long cou et bec noir très allongé. Longues pattes noires aux doigts jaunes. Lors de la reproduction, 2 ou 3 plumes ornent sa nuque et de fines plumes d'environ 20 cm naissent sur ses épaules, s'étendent sur le dos et retombent de chaque côté de la queue en panaches élégants. Ce sont ces plumes, appelées crosses, autrefois très convoitées par les femmes pour leur valeur ornementale, qui ont valu à ces oiseaux le nom d'aigrettes.

 

 

 

***

**

La Grande Aigrette (Ardea alba) est une espèce d'oiseaux échassiers de la famille des Ardeidae. La Grande Aigrette est le plus grand de tous les hérons et aigrettes présents en Europe. Elle a failli disparaître, décimée par les chasseurs ou piégeurs qui en revendaient les longues plumes nuptiales pour décorer les chapeaux des dames de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.

Ce sont ensuite la destruction des zones humides, les pesticides et la destruction des mangroves qui ont rendu sa survie difficile. Elle est maintenant protégée et reconstitue lentement ses populations. Elle est partiellement migratrice dans l'hémisphère nord.

***

*

 

 

La plume, matière première d’origine animale, a toujours été utilisée, en France et ailleurs, par les professionnels de la mode et du spectacle pour garnir et embellir les vêtements et leurs accessoires. Ce sont les plumassiers qui ont charge de transformer l’oiseau ou la plume en parure. Leurs savoirs techniques semblent traverser le temps, malgré des contextes sociaux et économiques en mutation. Les artisans d’aujourd’hui sont les héritiers des artisans d’hier. C’est le constat de cette pérennité qui a incité l’auteur, Anne Monjaret, ethnologue, à un retour en arrière, afin de mieux cerner leur héritage et de mieux saisir les conditions de sa constitution. La Belle Époque semble en cela une période charnière, une période de tension qui aura un effet sur la pratique de ce corps de métier.

En effet, au tournant du XIXe et XXe siècles, les oiseaux, sauvages et exotiques, ont été exploités massivement à des fins commerciales, en particulier par la mode parisienne pour garnir les chapeaux des femmes. Cet usage est très vite contesté. Détracteurs (journalistes ou hommes de lettres) et partisans s’affrontent autour de la production de l’industrie plumassière. C’est à partir de leurs écrits, et par là, des discours qu’ils ont émis à l’époque que l’auteur analyse la contestation des uns et la justification des autres. Les professionnels incriminés font alliance avec des ornithologues pour désamorcer la critique. Ils vont également promouvoir l’élevage, adapter techniquement leurs productions, transformer les plumes domestiques et leur donner une apparence exotique, fabriquer de faux oiseaux. Ils contrent ainsi en partie les conventions qui se mettent en place progressivement pour réglementer les circulations internationales d’une faune menacée d’extinction. Cet exemple montre la façon dont les intérêts humains fabriquent le destin des animaux.

Aujourd’hui encore, selon les dires des professionnels enquêtés, ce contexte passé où s’expriment respect de la nature et protection animale modèle les pratiques contemporaines des rares plumassiers qui travaillent sur la place de Paris. Si le poids des traditions reste lourd pour ces héritiers, l’invention et l’innovation passent pour eux par l’acte de création, par l’originalité des motifs plus que par les moyens mobilisés pour les réaliser. Il reste qu’une page de l’histoire est tournée ; les plumes de la mode ne soulèvent plus, depuis longtemps, de controverses ; ces dernières sont enterrées, oubliées. Ce sont les danseuses de music-hall avec leur « truc en plume », ou les mannequins lors des défilés de haute couture, qui sont désormais les seules à arborer de telles créations, souvent ostentatoires. Les femmes de la rue ne se parent plus de plumes. La plume d’ornement a été largement supplantée par la plume de spectacle, insolente et érotique.

 

 

 

 
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