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25/03/2014

LIBERTE

 

Œuvrer pour résister : De l’écriture à l’œuvre

Liberté

 

De Paul Eluard  (1895-1952) à  Jean Lurçat (1892 à 1966)

 http://lyc-jean-lurcat-fleury-les-aubrais.tice.ac-orleans-tours.fr/eva/sites/lyc-jean-lurcat-fleury-les-aubrais/IMG/jpg/LurcatTapisserie.jpg

 

 

Liberté (extrait)

 

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

 

 

 

Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942

Lurçat

 

La guerre de 1940 oriente Lurçat vers des sujets engagés : Es la verdad (1942) et Liberté (1943, d'après le poème d'Eluard) sont tissées clandestinement à Aubusson.

 Les symboles, souvent répétés (le coq, annonciateur de l'aurore, le soleil, symbole de vie), parfois originaux et sophistiqués, sont servis par un dessin stylisé, clair et dense où l'utilisation de l'élément végétal comme remplissage des motifs est déjà très fréquente.

 

 

Sur un fond ocre jaune se détachent, au centre, deux astres passant l'un devant l'autre telle une éclipse. Dans les quatre coins de la tapisserie, on peut lire des extraits du poème de Paul Eluard, Liberté. Les derniers mots du poème viennent s'inscrire dans le soleil : … Pour te connaître / … Pour te nommer / Liberté

Dans le soleil découpé en quatre parties : on distingue en bas à gauche, sur fond noir, un serpent et la tige d'une plante fleurie qui s'épanouit en haut à gauche sur un fond clair ; en haut à droite, sur un fond noir, se détachent des visages alignés et, en bas, sur un fond blanc, s'inscrit le mot "Liberté".

Un coq est au-dessus du soleil, installé sur un trophée de cornes de taureau ; il porte les trois couleurs - bleu, blanc et rouge - du drapeau français.

Sur le fond de la tapisserie, il y a des nuages clairs et sombres, des étoiles et des extraits du poème.

22/02/2014

DES FLEURS POUR MES AMIS BLOGUEURS ET NOS VISITEURS

Les grues sont de retour ... et ça bourgeonne !

Le printemps arrive !

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Le printemps

Les bourgeons verts, les bourgeons blancs
Percent déjà le bout des branches,
Et, près des ruisseaux, des étangs
Aux bords parsemés de pervenches,
Teintent les arbustes tremblants ;

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Les bourgeons blancs, les bourgeons roses,
Sur les buissons, les espaliers,
Vont se changer en fleurs écloses ;
Et les oiseaux, dans les halliers,
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Les bourgeons verts, les bourgeons gris,

Entre eux déjà parlent de roses ;

Reluisant de gomme et de sève

Recouvrent l’écorce qui crève
Le long des rameaux amoindris ;
Les bourgeons blancs, les bourgeons rouges,
Sèment l’éveil universel,
Depuis les cours noires des bouges

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Jusqu’au pur sommet sur lequel,
O neige éclatante, tu bouges ;
Bourgeons laiteux des marronniers,
Bourgeons de bronze des vieux chênes,
Bourgeons mauves des amandiers,
Bourgeons glauques des jeunes frênes,
Bourgeons cramoisis des pommiers,
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Bourgeons d’ambre pâle du saule,
Leur frisson se propage et court,
A travers tout, vers le froid pôle,
Et grandissant avec le jour
Qui lentement sort de sa geôle,
Jette sur le bois, le pré,
Le mont, le val, les champs , les sables,
Son immense réseau tout prêt
A s’ouvrir en fleurs innombrables
Sur le monde transfiguré.
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Auguste ANGELLIER
« le chemin des Saisons »

   




09/08/2013

L'ANE ET LE PETIT CHIEN

 

L’Ane et le petit Chien

Entrer des mots clefs


Ne forçons point notre talent,
Nous ne ferions rien avec grâce :
Jamais un lourdaud, quoi qu’il fasse,
Ne saurait passer pour galant.
Peu de gens, que le Ciel chérit et gratifie,
Ont le don d’agréer infus avec la vie.
C’est un point qu’il leur faut laisser,
Et ne pas ressembler à l’Ane de la Fable,
Qui pour se rendre plus aimable
Et plus cher à son maître, alla le caresser.

Entrer des mots clefs


“Comment ? disait-il en son âme,
Ce Chien, parce qu’il est mignon,
Vivra de pair à compagnon
Avec Monsieur, avec Madame ;
Et j’aurai des coups de bâton ?
Que fait-il ? il donne la patte ;
Puis aussitôt il est baisé :
S’il en faut faire autant afin que l’on me flatte,
Cela n’est pas bien malaisé. ”

Entrer des mots clefs


Dans cette admirable pensée,
Voyant son Maître en joie, il s’en vient lourdement,
Lève une corne toute usée,
La lui porte au menton fort amoureusement,
Non sans accompagner, pour plus grand ornement,
De son chant gracieux cette action hardie.
“Oh ! oh ! quelle caresse ! et quelle mélodie !
Dit le Maître aussitôt. Holà, Martin bâton! ”
Martin bâton accourt ; l’Ane change de ton.
Ainsi finit la comédie.

Jean de La Fontaine

*

*

Il en va tout autrement des ânes de "Maître" Pierre

qui reçoivent, eux, des caresses

 

Entrer des mots clefs

Elles leur sont données, qu'ils le veulent ou non,

par ces charmantes petites filles

Stella, Kim ou Morgane

Entrer des mots clefs

 

Entrer des mots clefs

 

Entrer des mots clefs

 

Entrer des mots clefs

 

Entrer des mots clefs



LA CHEVRE DE M. SEGUIN

 

 

 

chevre,m. seguin

"Clouée" dans mon fauteuil la jambe en l'air ou appuyée sur ma béquille, je suis dans l'impossibilité de prendre des photos de vacances, sauf de la famille attablée. Alors j'ai toujours une petite-fille charmante qui se propose à jouer les reporters à la place de "memerazzi".

Entrer des mots clefs

Entrer des mots clefs

Comme de coutume, elles et il vont saluer leurs amies les chèvres

de M. SEGUIN... sans craindre le bouc qui les surveille de près

Entrer des mots clefs

Entrer des mots clefs

Entrer des mots clefs

La chèvre de Monsieur Seguin
M. Seguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres. Il les perdait toutes de la même façon :un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup lesmangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. [...]M. Seguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce quec'était... Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois
:
« - Écoutez, monsieur Seguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.
- Ah ! mon Dieu ! Elle aussi ! » cria M. Seguin stupéfait, et du coup il laissa tomber son écuelle; puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa chèvre :
« Comment, Blanquette, tu veux me quitter ! »
Et Blanquette répondit :
« Oui, monsieur Seguin.
- Est-ce que l'herbe te manque ici ?
- Oh ! non ! monsieur Seguin.
- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j'allonge la corde ?
- Ce n'est pas la peine, monsieur Seguin.
- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux aller dans la montagne, monsieur Seguin.
- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?
- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Seguin.
- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangédes biques autrement encornées que toi...Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l'a mangée.

 

Entrer des mots clefs

- Pécaïre ! Pauvre Renaude ! ... Ça ne fait rien, monsieur Seguin, laissez-moi aller dans la
montagne.
- Bonté divine! ... dit M. Seguin ; mais qu'est-ce qu'on leur fait donc à mes chèvres ? Encore une
que le loup va me manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t'enfermer dans l'étable et tu y resteras toujours. »
Là dessus monsieur Seguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour. Malheureusement, il avait oublié la fenêtre, et à peine eut-il le dos tourné, que la petite s’en alla.
[...]
En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Seguin. Vers le milieu du jour, en courant de droite et de gauche, elle tomba dans une
troupe de chamois en train de croquer une lambrusque*à belles dents. Notre petite coureuse en robe blanche fit sensation. On lui donna la
meilleure place à la lambrusque, et tous ces messieurs furent très galants...
Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette; c'était le soir.
« Déjà! » dit la petite chèvre ; et elle s'arrêta fort étonnée. En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de M. Seguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle écouta les clochettes d'un troupeau qu'on ramenait, et se sentit l’âme toute triste... Un gerfaut*, qui rentrait, la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit... puis ce fut un hurlement dans la montagne :
« Hou! hou ! »
Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n'y avait pas pensé... Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C'était ce bon M. Seguin qui tentait un dernier effort.
« Hou ! hou !... faisait le loup..
- Reviens ! reviens !... » criait la trompe.

Entrer des mots clefs

Blanquette eut envie de revenir ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu'il valait mieux rester.
La trompe ne sonnait plus...
La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles. Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient... C'était le loup.
Énorme, immobile, assis sur son train de derrière,
il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.
« Ha ! ha ! la petite chèvre de M. Seguin » ; et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d'amadou*
.

 

Entrer des mots clefs

 

Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l'histoire de la vieille Renaude, qui s'était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu'il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite ; puis, s'étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de
M. Seguin qu'elle était... Non pas qu'elle eût l'espoir de tuer le loup, -
les chèvres ne tuent pas le loup, - mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la renaude.
Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
Ah! la brave chevrette, comme elle y allait de boncœur ! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d'une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine... Cela dura toute la nuit.
De temps en temps la chèvre de M. Seguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair, et elle se disait :
« Oh! pourvu que je tienne jusqu'à l'aube... ?
 

Entrer des mots clefs

L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents... Une lueur pâle parut dans l'horizon... Le chant du coq enroué monta d'une métairie.
« Enfin! » dit la pauvre bête, qui n'attendait plus que le jour pour mourir ; et elle s'allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang...
Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.

Entrer des mots clefs

 
Mais ces biquettes-là, ce sont les chèvres de M. TUQUOI et elles n'ont nulle envie de prendre la poudre d'escampette.

01/07/2013

AU HASARD DES OISEAUX

J'ai appris très tard à aimer les oiseaux

je le regrette un peu

mais maintenant tout est arrangé

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on s'est compris

ils ne s'occupent pas de moi

je ne m'occupe pas d'eux

je les regarde

je les laisse faire

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tous les oiseaux font de leur mieux

ils donnent l'exemple

pas l'exemple comme par exemple Monsieur Glacis

qui s'est remarquablement courageusement conduit

pendant la guerre ou l'exemple du petit Paul qui était si

pauvre et si beau et tellement honnête avec ça et qui est

devenu plus tard le grand Paul si riche et si vieux et

honorable et si affreux et si avare et si charitable et si

pieux

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ou par exemple cette vieille servante qui eut une vie et

une mort exemplaires jamais de discussions pas ça

l'ongle claquant sur la dent pas ça de discussion avec

monsieur ou avec madame au sujet de cette affreuse

question des salaires

non

 

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les oiseaux donnent l'exemple

l'exemple comme il faut

exemple des oiseaux

exemple les plumes les ailes le vol des oiseaux

exemple le nid les voyages et les chants des oiseaux

exemple la beauté des oiseaux

exemple le coeur des oiseaux

la lumière des oiseaux.

Jacques PREVERT

 

 

 

*

CHANSON DE L'OISELEUR

L'oiseau qui vole si doucement

L'oiseau rouge et tiède comme le sang

L'oiseau si tendre l'oiseau moqueur

L'oiseau qui soudain prend peur

L'oiseau qui soudain se cogne

L'oiseau qui voudrait s'enfuir

L'oiseau seul et affolé

L'oiseau qui voudrait vivre

L'oiseau qui voudrait chanter

L'oiseau qui voudrait crier

L'oiseau rouge et tiède comme le sang

L'oiseau qui vole si doucement

C'est ton coeur jolie enfant

Ton coeur qui bat de l'aile si tristement

Contre ton sein si dur si blanc

 

Jacques Prévert

 
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