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04/06/2015

Réunion secrète /// L'ALLEMAGNE convoque sur la GRECE

 

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Patrick le Hyaric : "Sortez du secret ! Mettez cartes sur table sur la situation de la Grèce"

Patrick Le Hyaric
Mardi, 2 Juin, 2015
Humanite.fr

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Photo AFP
Par Patrick Le Hyaric, Député, Vice-président de la GUE/NGL au Parlement européen.
Ainsi, la chancelière allemande a convoqué nuitamment hier, dans son bureau, le Président de la République française, en compagnie de dirigeants du Fonds monétaire international, de la Banque centrale européenne et de la Commission de Bruxelles pour décider des nouvelles contraintes à imposer à la Grèce.
 
Au nom de quel principe de démocratie ou de solidarité européenne, organise-t-on désormais, secrètement, des réunions en dehors des dirigeants de la Grèce et même du Conseil et du Parlement européen ? De quel mandat dispose le Président français pour s’y rendre ?  
 
La preuve vient d’être une nouvelle fois donnée que ce sont les dirigeants allemands qui mènent la danse.
Le Président français n’a pas à se prêter à ce jeu dangereux. Il doit au contraire se placer du côté du gouvernement grec et l’aider à respecter ses engagements vis-à-vis de son peuple.
 
Il doit peser en faveur d’une réelle restructuration de ce qui est baptisé « la dette grecque » et ne doit pas se rendre complice des exigences des banques, des dirigeants allemands et de Mme Lagarde qui pousse à une plus grande dérégulation du travail et à une baisse des pensions de retraite.
 
C’est l’exigence exprimée dimanche dernier à Paris, lors d’un grand forum européen, qui a été marqué par le soutien au peuple grec et la demande du respect de sa volonté de changement. 
 
Que l’on place le débat au grand jour et que l’on permette aux peuples de donner leur avis. Nul doute qu’ils refuseront le sort réservé aux travailleurs, aux jeunes de Grèce pour ne pas avoir à le supporter demain.
En ce sens, soutenons les travaux de la Commission d’audit public de la dette grecque. Au nom d’une Europe solidaire, sortez du secret, mettez toutes les cartes sur la table sur la situation de la Grèce.
 
Alexis Tsipras a présenté un programme, rien ne s’oppose à ce que l’on aide financièrement la Grèce.

03/06/2015

LES MEDIAS MUETS sur le forum européen des alternatives.

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Médiatisation du forum européen des alternatives : Pierre Laurent interpelle le Président du CSA

Pierre Laurent
Mardi, 2 Juin, 2015
Courrier de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et Président du Parti de la gauche européenne, adressé à Olivier Schrameck, Président du CSA.

"Monsieur le Président,
 
Ce week-end à Paris, place de la République,  le PCF, le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne ont organisé un événement politique d'une très grande portée pour la vie politique française et pour l'avenir de l'Europe, aujourd'hui à la croisée des chemins.
 
Cinq mille personnes, dont 200 invités venus de 20 pays, 42 organisations politiques, 18 organisations syndicales et 80 associations ont débattu pendant 2 jours, dans 3 plénières et 30 ateliers, des alternatives à l'austérité. Toutes les forces de la gauche française était présentes dans une ambiance de travail et d'écoute. Le samedi soir, un concert a donné un caractère populaire et festif à cette initiative et a rassemblé beaucoup de jeunes et de parisiens en solidarité avec les migrants.
 
Nous avons accueilli Giorgos Katrougalos, Ministre grec de la fonction publique et de la réforme de l’État, Zoe Konstantopoulou, Présidente du Parlement grec, ainsi que plusieurs membres de la direction de Syriza et des personnalités emblématiques de la lutte du peuple grec. Tous étaient à la disposition des citoyens pour expliquer la politique du gouvernement d'Alexis Tsipras, et débattre d'une alternative européenne commune.
 
Je ne peux m'expliquer l'absence totale des grands médias de l'audiovisuel de notre pays. Comment un tel événement a-t-il pu être passé sous silence ? Et je me permets la remarque suivante issue de mon expérience de Président du Parti de la gauche européenne : cette situation de blackout médiatique n'existe dans aucune autre démocratie européenne.
 
Un traitement, fut-il critique de l’événement, aurait été normal. Compte tenu de l'actualité européenne, de l'enjeu des négociations en cours entre la Grèce et ses partenaires, le Forum européen des alternatives et ses participants étaient un espace d'explications et de décryptages indispensables à l'information de nos concitoyens. Quel manque à gagner pour le pluralisme, la démocratie et le droit à l'information de nos concitoyens. Il y avait samedi deux actualités politiques. La première porte de Villette avec le congrès d'une UMP relookée; la seconde, place de la République, avec un rassemblement très large des forces progressistes françaises et européennes. Médiatiquement, il ne fut question que de la première alors qu'il y avait la possibilité de faire vivre le pluralisme. 10 ans près la victoire du "Non" au référendum sur le Traité constitutionnel européen, et alors que les grands médias avaient tous fait leur mea culpa, les leçons ne sont toujours pas tirées.
 
Monsieur le Président, je souhaite vous rencontrer pour échanger avec vous et réfléchir aux moyens d'empêcher qu'une telle situation ne se reproduise."

29/05/2015

Réponse de JL MELENCHON à C. DUFLOT sur le "Hareng de Bismarck"

 

Réponse à la tribune critique de Cécile Duflot sur le "Hareng de Bismarck" par Jean-Luc Mélenchon, député 
au Parlement européen, 
Parti de gauche.

Chère Cécile, pourquoi avoir donné ce ton soudainement si agressif à ta critique de mon nouveau livre, le Hareng de Bismarck  ? Puisque tu dénonces les « invectives » et les « injures », quoiqu’il ne s’en trouve nulle part dans mon livre, pourquoi m’offenser aussi gravement en me comparant à Déroulède, l’un des fondateurs de l’extrême droite française ? Je lave l’affront en te parlant depuis le journal de Jean Jaurès, figure tutélaire de ma gauche, que Déroulède voulait voir mort et qu’il provoqua même en duel.

Il est difficile de dialoguer avec ton texte. En effet, aucune des thèses que tu m’attribues ne se trouve dans mon livre. Ainsi, il n’est pas vrai que je présente les Allemands comme un « bloc compact » qui nous serait entièrement opposé. Au contraire. L’origine de classe de la politique de Mme Merkel est clairement décrite. Non, ma vision de l’universalisme n’est pas « enfermée » dans les frontières de la France. Et ainsi de suite. Tout cela est démenti expressément par mon texte. Sur chaque point, ce livre, les précédents, mes articles, mes discours démontrent tout le contraire. Et si tu ne m’as pas lu, peut-être as-tu écouté mon discours de Marseille dans la campagne présidentielle. Dirais-tu que j’y ai exprimé une vision « corsetée », « étroitement hexagonale et sépia » de la nation française et de sa République ? De même pour ce qui est de l’écologie politique. Chère Cécile, amie du débat théorique, tu sais bien que les dix-huit thèses sur l’écosocialisme, dont je suis l’un des auteurs, et mon livre l’Ère du peuple montrent comment le paradigme de l’écologie politique refonde en les confirmant les intuitions du communisme, du socialisme et du républicanisme issu de la grande Révolution de 1789. Finalement, tes critiques ne s’adressent ni à mon livre ni à moi mais à ma caricature que répètent avec lourdeur les griots du système. Qu’ai-je fait pour mériter cette vilenie de ta part ? Toi-même n’as-tu jamais eu à souffrir de tels rabâchages ? Tu sais alors ce que coûte la réplique. Car l’interpellation porte non sur ce que tu es mais sur ce que les autres ont décidé que tu devrais être. Tel est le sort réservé à ceux qui ne restent pas « à leur place ». Ceux qui m’ostracisent ne font que tracer une frontière de caste. Dès lors, comme Cyrano, je n’abdique pas l’honneur d’être leur cible.

Ta tribune a été interprétée comme une rupture politique et personnelle. D’aucuns s’en sont frotté les mains. On comprend pourquoi. Pour eux, tu fais mourir l’espoir d’un autre chemin à gauche. Nous étions d’accord pour dire qu’il fallait imaginer un nouveau mouvement citoyen, animé et contrôlé par lui-même. Un mouvement politique où se fédèrent le peuple lui-même et ses revendications. La formule vient de triompher en Espagne. Mais tu as changé d’avis sans crier gare et en ouvrant le feu. Tu préfères les listes solitaires de ton parti. C’est une faute. Calculer en cynique que le « sommet climat » va améliorer vos résultats est une privatisation étroite d’un tel thème. Seul EELV pourrait stopper le productivisme qui menace l’équilibre climatique ? Ce n’est pas à la hauteur de la mobilisation qu’il faut construire. Sur le terrain, heureusement, ce sectarisme n’est pas suivi. Partout nos amis respectifs dialoguent sans s’offenser et souvent ils s’accordent pour impulser les convergences citoyennes en vue des régionales. Ils auront le dernier mot. La convergence se fera. Avec toi et avec plaisir, ou sans toi, hélas, mais non moins résolument. Rassembler n’est pas normaliser. Je n’exige pas de toi que tu aimes notre patrie républicaine à ma façon. Ni que tu trouves autant d’attrait pour la culture universaliste qui identifie notre pays que pour le nationalisme ukrainien que tu soutiens ou les coutumes des Indiens de l’Amazonie que nous défendons. Chaque peuple apporte sa contribution à l’humanité universelle. Je suis fier de la nôtre. De ton côté, ne me demande pas de te ressembler pour nous rassembler. La rage brune gagne en Europe. Le sectarisme nous tuerait tous.

J’achève sur l’Allemagne. La France ne peut se diriger avec naïveté sur la scène mondiale. Répliquer à la politique allemande assumée par le PS et la droite de ce pays et du nôtre au cri de « vive l’Europe » est une futilité. C’est se couper des millions d’Européens qui n’en peuvent plus de cette imposture. Mais aussi des syndicalistes et des économistes allemands qui la critiquent durement. Comme mon ami Oskar Lafontaine. Ou comme Cohn-Bendit, préfacier du livre Non à l’Europe allemande. Ou des électeurs qui ont mis Mme Merkel en minorité. Ceux qui auraient pu avoir un autre gouvernement si le PS n’avait fait la grande coalition avec la droite et si les Verts n’avaient pas refusé l’accord avec Die Linke. L’Europe actuelle n’existe que dans et par les traités que tu condamnes toi aussi. Demain au pouvoir nous devrons leur désobéir et refonder une tout autre Europe où la violence que subit le peuple grec ne sera plus possible. Une union libre de peuples libres.

13/05/2015

LE VIN ENTRE EN RESISTANCE AVEC J.Luc MELENCHON AU PARLEMENT EUROPEEN

À l'heure où le Grand Marché Transatlantique menace la viticulture française, défendre le vin naturel est une question de civilisation.
 
 

initiative vin

Le 20 mai, j’organise au Parlement européen

une initiative sur le vin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le mercredi 20 mai à 14h00, j'organise au Parlement européen à Strasbourg une projection du film « Résistance naturelle » de Jonathan Nossiter (salle S.21, bâtiment Louise Weiss).

La projection sera suivie d'un débat avec le réalisateur ainsi qu'avec Jean-Pierre Frick, vigneron résistant.

Enfin, une dégustation de vins naturels est proposée à l'issue de la projection et du débat (salle C.31, bâtiment Louise Weiss).

 

Attention : les inscriptions sont obligatoires !

Inscrivez-vous en cliquant ici !

 

Au programme : projection du film « Résistance naturelle » de Jonathan Nossiter et débat avec le réalisateur ainsi que Jean-Pierre Frick, vigneron résistant, puis dégustation de vins naturels.

Réunis sous le soleil de l’Italie, une poignée de vignerons et un directeur de Cinémathèque partagent leur passion du vin et du cinéma.
En quelques années, des agriculteurs libres ont transformé la conception du vin ainsi que son marché en produisant un vin dit « naturel ». Par goût de la liberté, de la transmission, de l’honnêteté artisanale et de la santé de la planète (et de ses habitants), ils sont entrés en résistance. Contre la tyrannie du marché et des gouvernements qui le servent.
Stefano Bellotti, le Pasolini des vignes (poète et rebelle !) dans le Piémont et Elena et Anna Pantaleoni, deux générations de femmes Émiliennes, ré-imaginent, souvent avec leur ironie, comment contester. Rejoins par Corrado Dottori dans les Marches et Giovanna Tiezzi en Toscane, ils partent tous à la recherche de la prochaine bataille.
Mais un engagement écologique envers la nature ne sert à rien s’il n’y a pas également une écologie de la culture.
Comme le vin, la transmission vitale et le rôle contestataire de la culture cinématographique sont menacés de disparition.
Dix ans après MONDOVINO, Jonathan Nossiter part à la rencontre en Italie de ses quelques résistants, de ces passeurs de vie.

 

 
Résistance Naturelle
Résistance Naturelle Bande-annonce VO

 
Résistance Naturelle
Natural Resistance - EXTRAIT VOST ''Corriger la couleur''

 
Résistance Naturelle
Natural Resistance - EXTRAIT VOST ''Beaucoup de lumière''


Résistance Naturelle
Natural Resistance - EXTRAIT VOST ''La nourriture et la société''

 
Résistance Naturelle
Natural Resistance - EXTRAIT VOST ''Être positif''''

www.cinemas-utopia.org/bordeaux/index.php?id=2570&mode=film

RÉSISTANCE NATURELLE

Jonathan NOSSITER - documentaire Italie 2014 1h23mn VOSTF -

 

RÉSISTANCE NATURELLEQuel régal ! Résistance naturelle est plus qu’un nouveau film sur le vin et la viticulture, c’est un véritable appel à la rébellion ! Mais une rébellion douce, sereine, avec un verre de Chianti naturel à la main. Jonathan Nossiter (qui avait déjà réalisé en 2004 le fameux Mondovino) est allé les rencontrer, ces vignerons pas comme les autres, qui résistent aux assauts de l’agro-chimico-industrie, du marché et de la mondialisation, en s’entêtant à produire un vin artisanal et naturel.
Ils sont quatre, vivent et cultivent en Italie, en Toscane, en Emilie-Romagne ou dans le Piémont, s’appellent Elena Pantaleoni et Stefano Bellotti - personnage principal du film et figure impressionnante, porteur d’un immense savoir, capable de vous convaincre en moins de deux que la nourriture industrielle est un pas vers le totalitarisme… savoureux ! – Giovanna Tiezzi et Stefano Borsa.

Tous, à leur manière, sont remontés contre ce monde qui continue à foutre en l’air la planète avec les pesticides et autres produits chimiques divers et variés. Contre ces papes de l’œnologie et vignerons suppôts du profit-roi qui jouent le jeu des actionnaires pour imposer toujours plus leurs lois et leurs pinards au goût sucré ou boisé… Contre ces normes industrielles et administratives absurdes appliquées à leurs produits de terroir (le mot, paraît-il, n’existe pas en italien), comme la DOC (Denominazion di Origine Controllata – l’équivalent des AOC, Appellations d’Origine Contrôlée françaises), qui bannissent de leur appellation des vins merveilleux comme par exemple le Chianti de Giovanna Tiezzi et Stefano Borsa, réalisé selon la tradition toscane, à partir des cépages historiques, et qui ne peut pas s’appeler Chianti car issu de vignes non traitées chimiquement… entre autres. On croit rêver…

Évidemment, on ne peut s’empêcher de penser à Emmanuel Giboulot, notre vigneron bourguignon qui, début avril de cette année, s’est vu condamné à 500 euros d’amende pour avoir refusé de traiter ses vignes chimiquement contre la flavescence dorée…
On connaît tous ce processus qui veut nous entraîner dans une docilité, une standardisation des productions dans tous les domaines, y compris le cinéma, et Jonathan Nossiter lance d’ailleurs des passerelles réjouissantes entre les vins et les films… Des extraits (Pasolini, Chaplin…) viennent nourrir les démarches des uns et des autres, y compris celle du réalisateur. De ce rapprochement entre culture, viticulture, agriculture, il résulte un film unique et riche, tonique et mobilisateur, aussi artisanal, naturel et joyeux que les vins qu’il défend.

C'EST QUOI, UN VIN NATUREL ? C’est le résultat d’un choix viticole et philosophique visant à retrouver l’expression naturelle du terroir. Il est issu de raisins travaillés en Agriculture Biologique, sans désherbants, pesticides, engrais ou autres produits de synthèse. Les vendanges sont manuelles et lors de la vinification, le vigneron s’efforce de garder la caractère vivant du vin. Les interventions techniques pouvant altérer la vie bactérienne du vin sont proscrites, ainsi que tout ajout de produit chimique, à l’exception, si besoin, de sulfites en très faible quantité. Les doses maximales de SO2 total tolérées sont de 30mg/l pour les rouges, 40mg/l pour les blancs.

 

Capture jlm vins.JPG

 

   

 

 

 

 

 

 

Le poison allemand


Mélenchon : «La réussite, ce n’est pas de... par lepartidegauche

 

 

 

 

 

   
 
 
 
     

Le hareng de Bismarck

(le poison allemand)

Jean-Luc MELENCHON

Le « poison allemand » est celui que la politique du gouvernement Merkel diffuse dans l'économie de ses voisins. Un poison asphyxiant qui condamne ceux-ci à la misère, au chaos social et politique. Dans ce pamphlet, Jean-Luc Mélenchon appelle à assumer une confrontation franche des points de vue avec l'Allemagne actuelle pour stopper la marche au chaos en cours.

Ceci est un pamphlet. Mon but est de percer le blindage des béatitudes de tant de commentateurs fascinés par l'Allemagne.
Je prends la plume pour alerter : un monstre est né sous yeux, l'enfant de la finance dérégulée et d'un pays qui s'est voué à elle, nécrosé par le vieillissement accéléré de sa population. L'un ne serait rien sans l'autre.
Cette alliance est en train de remodeler l'Europe à sa main. Dès lors, l'Allemagne est, de nouveau, un danger. Le modèle qu'elle impose est, une fois de plus, un recul pour notre civilisation.
Ce poison allemand est l'opium des riches. Changer la donne politique et faire changer l'Allemagne sont devenus une seule et même chose. Il faut le faire avant qu'il ne soit trop tard.

 http://www.alexis-corbiere.com/index.php/
 
 C’est un livre qui se tient à distance des petites polémiques du jour qui nourrissent nos chaines d’informations continues où une info chasse l’autre avec la durée de vie du kleenex les jours de grand rhume. C’est un livre qui nous sort des débats absurdes sur le nombre de bambins supposés musulmans dans les maternelles d’ici ou là. C’est un livre qui nous extrait du commentaire sur les disputes de la famille « Bélier contre immigrés » c’est à dire les Le Pen père, fille, petite fille et gendre. C’est un livre surtout qui plonge au cœur des problèmes économiques et sociaux de notre temps et qui a pour ambition d’expliquer pourquoi l’Union européenne mène à la chlague une absurde politique d’austérité qui provoque des dégâts sociaux dans toute l’Europe.

Ce livre, c’est le dernier ouvrage de Jean-Luc Mélenchon « Le hareng de Bismarck (Le poison allemand) » (Editions Plon). Le sous-titre annonce le contenu. Pour l’auteur, l’Europe souffre de l’arrogance politique de cette droite allemande (CDU-CSU) conduite par Angela Merkel enfermée dans le corset du capitalisme d’Outre Rhin. Là bas, comme l’explique Jean-Luc, le vieillissement de la population impose ses contraintes. Du coup, les retraités forment le gros des électeurs de cette droite. A la différence de notre modèle français où notre système de retraite est un système par répartition, le modèle allemand de retraite est un système par capitalisation. Pour assurer leurs vieux jours, les retraités allemands exigent toujours plus de dividendes et le maintien d’un euros fort. Donc, moins de salaires et d'investissements. Conséquence, c’est la finance qui règne sans partage et même le SPD (le PS allemand) la défend sans complexe dans des coalitions avec la droite.

Cet ouvrage fera peut être connaître au lecteur ce que l’on nomme « l’ordo-libéralisme » qui règne en Allemagne, c’est à dire cette théorie d’un ordre libéral non discutable dans l’espace public démocratique car selon lui les règles de l’économie sont sacrées et que la politique elle, est objet de passions non rationnelles et dangereuses pour la bonne marche de l’économie.

On découvrira en parcourant ces 200 pages que l’Allemagne n’est pas ce paradis écologique dont nous parlent certains. C’est même tout le contraire, le capitalisme allemand est particulièrement pollueur. Qui le savait ? Sur le terrain social, c’est une catastrophe, plus de 16 % de la population vit sous le seuil de pauvreté ce qui représente 13 millions de personnes ! Qui le dit ? Leur système éducatif est en crise. Leur service public à l’abandon. Leur système fiscal est de plus en plus injuste et de moins en moins redistributif, etc, etc… Et pourtant presque personne n'osent l'avouer dans le débat public français et qui n'a jamais entendu à la TV ou la radio un journaliste ou un politique (UMP ou PS, ils sont là dessus aussi interchangeables) nous asséner que "l'Allemagne, elle, a eu le courage de faire les réformes nécessaires..." ? On lira donc avec intérêts pour une fois les tristes et authentiques résultats de ces réformes.

Il faut donc lire le livre de Jean-Luc Mélenchon pour qu’enfin nous puissions discuter démocratiquement pour savoir si l’Allemagne est bien ce modèle économique que nous resservent les libéraux du soir au matin, et sur lequel nous devons prendre exemple séance tenante. Il permet aussi de comprendre que le gouvernement Merkel n'a pas la moindre légitimité pour insulter tous ceux qui, comme le gouvernement de M. Alexis Tsipras en Grèce, veulent sortir de l’austérité et de l’absurde remboursement d’une dette illégitime. La thèse de ce livre est qu'en Europe, et un premier lieu en France, c'est tout l'inverse de l'Allemagne qu'il faut faire. A propos de la sacro-sainte dette que, selon Mme Merckel (tiens et aussi Mme Le Pen, le saviez vous ?) chaque peuple devrait rembourser aux banques au prix des pires maux, ce « Hareng de Bismarck » rappelle comment, par trois fois, l’Allemagne n’a pas remboursé sa dette au cours du 20e siècle et ce fut tant mieux pour son peuple. Ce salutaire rappel historique permet de mieux mesurer la valeur éthique de la « fermeté » de cette droite allemande qui veut imposer aux autres peuples une doxa économique lorsque ses intérêts sont en jeu, mais qui rencontra plus de clémence dans son histoire de la part de ses mêmes autres peuples lorsqu’elle traversa des difficultés.

Plutôt que de se coucher piteusement face à elle, comme le fait le gouvernement actuel malgré les promesses de campagne du candidat Hollande, il est donc temps de tenir tête à cette Allemagne dont beaucoup de responsables politiques nous insultent ouvertement et nous espionnent même, sans que cela soulève un grand débat en France. Il est temps de lui résister politiquement, de refuser qu’elle serve de référence, par un quasi terrorisme intellectuel pour nous faire baisser les yeux sitôt que nous dénonçons l’injustice de notre monde et la folie des choix économiques de l’Union européenne sous influence allemande.

Non, il n’existe pas en Europe un pays de cocagne Outre Rhin que nous devrions regarder au garde à vous comme un exemple de réussite et en conséquence, balancer par dessus bord tous les acquis sociaux et notre conception républicaine de la Nation. L’Allemagne n’est pas ce pays imaginaire que tant d’observateurs ignorants ou malveillants nous chantent si souvent.

Un dernier mot. Le livre de Jean-Luc Mélenchon est un pamphlet. C’est à dire un texte qui s’assume comme tranchant et voulant provoquer le débat. Je connais un peu l’univers médiatique et devine d’avance que dès les premières pages (ou même la couverture) certains vont avoir des vapeurs et crier au scandale, à la germanophobie ou même y voir un appel à la guerre contre le peuple allemand. Il n’a rien de cela. Je laisse les ignorants à leur ignorance et les malveillants à leur malveillance, mais tout esprit libre et épris d'un idéal d'émancipation, trouvera dans ce texte des arguments rationnels à la recherche de l'intérêt général. Une chose est certaine, nous avons toujours considéré que le peuple allemand est un peuple frère et que la paix avec lui est quelque chose de précieux à chérir et maintenir. Le peuple allemand est un grand peuple qui a beaucoup apporté à la civilisation et à la France. Il a été le berceau de la pensée socialiste et du mouvement ouvrier. C’est le combat de nos frères de Die Linke, et notre ami Oskar Lafontaine, qui nous a servi de source d’inspiration pour quitter le PS et fonder le Parti de Gauche. Donc, malheur aux crétins qui viendront nous traiter de ce je ne sais trop quoi après avoir lu ce livre, ou sans même l’avoir lu.

L’expérience des siècles précédents nous apprend que la paix est une construction politique constante car fragile et qu'à contrario l’ultra libéralisme du 21e siècle fracture le vieux continent en repassant sur les mêmes failles qu’antan. Les trois guerres qui nous ont tragiquement opposé à l'Allemagne ne sont pas nées de la seule folie d'un Hitler ou je ne sais trop quels arguments psychologisants mettant l'économie et la politique à distance. N'ayant rien appris de cette histoire tragique, l'ultra libéralisme et les fanatiques qui l'impulsent, par leurs égoïsmes, exacerbent les vieux nationalismes se qui réveillent. Danger donc. Et l'un des mérites du livre de Mélenchon est aussi de mettre le doigt sur les propos agressifs et méprisants contre la France de beaucoup de responsables allemands.

Pour éclairer les consciences et lutter contre cela aussi ce livre est utile, et même indispensable car il apporte des faits, des arguments et des analyses. Vraiment, lisez ce livre intelligent.

 

http://www.alexis-corbiere.com/index.php/

 


Débat Mélenchon-Minc sur l'Allemagne par lepartidegauche

 

Invité de Laurence Ferrari sur i>Télé Le mercredi 13 mai 2015 à 19h10

 

Invité du Grand Jury RTL - LCI - Le Figaro

Le dimanche 17 mai 2015 à 18h30

 

 

 
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