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11/03/2017

JADOT-HAMON ... MAIS AUSSI ECOLOGISTES d'EELV avec MELENCHON

 

https://reporterre.net/Des-ecologistes-d-EELV-choisissent-La-France-insoumise-et-Melenchon

Extraits :

Même si la candidature Hamon marque la fin programmée du parti d’Épinay, elle entretient une illusion : celle qui consiste à prétendre que la gauche plurielle, cette coalition de petits partis vassalisés autour du Parti socialiste, constituerait la solution politique à la crise de la gauche et de l’écologie politique. Car Hamon a besoin d’un PS fort pour sa campagne. Or, l’espoir d’une gauche écologiste exige au contraire de s’en affranchir.

L’annonce du retrait du candidat écologiste avec celle d’un accord législatif avec le seul Hamon referme brutalement le piège tendu sur cette double aspiration à l’union et au dépassement. Car cette union à deux relève d’une erreur d’interprétation de ce qui se passe aujourd’hui, d’une sous-estimation de la volonté de changement, de la méfiance à l’égard du Parti socialiste et aussi du caractère unijambiste de la candidature Hamon.

Alors qu’il prend position contre le Ceta, le gouvernement de François Hollande se félicite de son adoption.

Alors que, notamment après le Brexit, il faut affirmer la nécessaire remise en cause des traités européens, Hamon, faute du soutien du PS, annonce un plan de relance de la construction européenne qui, dans ce cadre, n’a aucune chance d’aboutir.

Alors que le viol de Théo émeut et scandalise, la majorité parlementaire où règne un Parti socialiste sans partage vote l’ouverture du feu pour l’ensemble des polices.

Cet entre-deux est intenable. Dans tous les cas de figure, il affaiblit et décrédibilise et témoigne qu’incarner la rupture avec celles et ceux qui ont voté et soutenu ce contre quoi nous nous battons est une gageure. C’est même une aberration.

Nous participerons à la dynamique populaire et citoyenne, écologiste et sociale qui accompagne la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle 

...

Pourquoi les zadistes, les révolté.e.s contre la loi Travail et son monde, les « nuitsdeboutistes », les jeunes des quartiers populaires, les chômeuses, les chômeurs et les précaires, les « amianté.e.s », « les silicosé.e.s », et les victimes de la pollution voudraient-elles/ils prendre les mêmes pour recommencer la même chose ?

Pour autant, nous sommes comme tou.te.s les écologistes, pessimistes quand nous voyons les avancées de la catastrophe écologique qui nous guette et nous rêvons en même temps d’un futur désirable.

C’est pourquoi nous participerons à la dynamique populaire et citoyenne, écologiste et sociale qui accompagne la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle que nous considérons comme une étape importante dans l’émergence d’un mouvement politique radical, qui veut faire de l’écologie politique une matrice, capable de se déployer horizontalement et d’associer les partis sans y être soumis.

Victime d’années d’errances stratégiques de la direction d’EELV, faite de petits calculs et de renoncements, du discrédit croissant de ce mouvement chez nos concitoyen.ne.s et de la vampirisation de son contenu programmatique par d’autres candidat.e.s, la candidature EELV à l’élection présidentielle n’avait pas beaucoup d’espace ni de socle pour s’affirmer. La seule solution qui respecte à la fois le refus des militant.e.s d’EELV, exprimé au moment du Congrès, de toutes négociations avec les socialistes et notre engagement politique d’écologistes : c’est la construction partout, avec la gauche de transformation sociale et écologiste qui s’est opposée au quinquennat de François Hollande, d’une majorité alternative.

Par conséquent, si nous avons soutenu les appels au rassemblement et face à un accord EELV-Hamon, nous faisons le choix du bulletin Mélenchon et appelons tou.te.s les écologistes qui choisiraient une écologie de transformation à nous rejoindre.


Pour signer ce texte, merci d’adresser un message à :
pouruneecologieinsoumise@gmail.com

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OUI A LA CONSTITUANTE POUR SORTIR PAR LE HAUT

24/02/2017

JL MELENCHON : "NE PAS SE FAIRE TROP D'ILLUSIONS"

Rencontre avec Hamon. Mélenchon appelle à ne pas trop "se faire d’illusions"

  • Même s'il s'est déclaré ouvert à une rencontre avec Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon prévient qu'il ne faut pas compter sur une "carabistouille à la sauce Verts-PS".
    Même s'il s'est déclaré ouvert à une rencontre avec Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon prévient qu'il ne faut pas compter sur une "carabistouille à la sauce Verts-PS". | AFP

Jean-Luc Mélenchon a prévenu ce vendredi qu’il ne faudrait « pas trop se faire d’illusions » sur le résultat d’une rencontre avec Benoit Hamon qu’il a présentée comme un geste de « bonne volonté » à l’égard des électeurs.

Le candidat de la France insoumise s’est réjoui devant les journalistes « de voir que le fait qu’il ait dit que la porte n’était pas fermée a été entendu » par Benoit Hamon qui a répondu ce vendredi matin favorablement à la demande de rencontre « dimanche ou lundi » formulée par Jean-Luc Mélenchon.

« Il ne faut pas qu’on aille non plus ici ou là se faire trop d’illusions, je suis toujours le même homme, aussi exigeant », a-t-il déclaré à l’issue d’un déjeuner avec le secrétaire national du Parti communiste, Pierre Laurent.

 

 

 

 

« Carabistouille à la sauce Verts-PS »

 

 

 

« Je le fais avec bonne volonté. Ce ne serait pas compris qu’on n’ait pas cette démarche […] Les gens ont besoin de comprendre », a-t-il indiqué.

 

« Mais il ne faut pas trop compter sur nous pour une carabistouille à la sauce Verts-PS », se disant un peu « amusé » de la reconstitution d’une « majorité PS-Verts de 2012, ce qui n’est pas de la première fraîcheur ».

À ses côtés, Pierre Laurent, que Benoit Hamon a proposé d’associer à cette rencontre tout comme Yannick Jadot, a indiqué que pour les communistes « la boussole restait l’exigence d’un contenu qui garantisse une politique de changement ». Il a indiqué ne pas avoir connaissance du texte d’accord Jadot-Hamon, déplorant un manque « de transparence ».

 

**

*

"Faut pas compter sur nous pour aller faire l'appoint d'une force politique

qui a du mal à remonter sur le cheval"

Jean-Luc Mélenchon

à franceinfo

 

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Qu'iraient faire les Insoumis dans cette galère ?

L'UNION POUR QUOI FAIRE ? LA SOUPE ??? NON C'EST L'OIGNON et il fait pleurer

 

L' OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE DES ACCORDS PS/EELV

Que vaut l'accord en 4 pages entre le PS et Jadot ? Quelles garanties ce dernier a-t-il reçues ? À part les circonscriptions, bien sûr. Il en faudrait car le bilan de l'accord de 2012 n'est pas brillant.

Voici quelques uns des pires reniements de ce document en 18 pages signé par EELV et le PS en 2012.

Liste partielle de ce qui n'a pas été tenu :

1. séparation des activités de dépôt et de financement et des activités spéculatives
2. limitation de la rémunération des traders
3. plafonnement des frais bancaires
4. interdiction du travail de nuit et des tâches physiques pour les travailleurs de plus de 55 ans
5. rétablir la hiérarchie des normes (merci la loi El Khomri)
6. permettre la présence des salariés et de leurs représentants dans les instances de décision et de rémunérations des grandes entreprises
7. rétablir le repos dominical
8. réaliser l’égalité salariale femmes-hommes
9. retour au barème de l’impôt sur la fortune d’avant 2007
10. réforme de la fiscalité sur les grosses successions
11. mise à plat des niches fiscales et sociales
12. 20% de la surface agricole utilisée en bio (6 % aujourd’hui!)
13. création d’un ministère de la Mer
14. taxe européenne sur les transactions financières de 0,05 %
15. abolition du secret bancaire
16. repenser le rôle et les missions de la Banque centrale européenne (BCE) afin de l’autoriser à racheter des emprunts d’États
17. salaire minimum européen
18. aide publique au Développement à 1 % du PIB d’ici à la fin de la législature
19. reconnaissance de l’État de Palestine
20. droit de vote et éligibilité aux élections locales pour les étrangers résidant en France depuis cinq ans et plus

Alors ? Stop ou encore ? L'obsolescence programmée des accords est une spécialité du PS.

JLM

 

Je n'en reviens pas ... Ouvrez grandes vos mirettes braves gens !...

Qu'iraient faire les Insoumis dans cette galère ?

RENIEMENTS... RENIEMENTS ... EST-CE QUE J'AI UNE GUEULE DE RENIMENTS ?

aurait pu dire Arletty

QUELLE DROLE D'ATMOSPHERE TOUT DE  MEME !

PUJADAS ET SA CLIQUE : JEU DANGEREUX

Conjurer Mélenchon par Le Pen: le jeu dangereux de Pujadas et sa clique

Face à Jean-Luc Mélenchon, hier 23 février, Pujadas et sa clique ont exécuté tous les pas de leur danse habituelle : Poutine, Cuba et surtout, à toutes les sauces et jusqu’à l’écoeurement, Marine Le Pen. Que l’on soutienne ou non le candidat de la France Insoumise, chacun devrait s’inquiéter que France 2 se risque, pour l’abattre, à faire le jeu du Front National. Retour sur une sale soirée.
 

Hasard ou connivence, l’émission tombait au bon moment puisque Yannick Jadot venait d’annoncer au journal de 20h qu’il se retirait de la campagne présidentielle au profit de Benoît Hamon, concluant par un appel vibrant à Mélenchon : parlons-nous, rejoins la grande aventure ! Sous-entendu : Mélenchon refuse de parler. Jadot se mettait ainsi d’emblée au service de la stratégie du PS qui n’a bien sûr jamais eu l’intention de faire alliance avec Mélenchon – on imagine l’apoplexie des Valls, Cazeneuve et autres Cambadélis. Depuis le début, la mise en scène du rassemblement ne vise qu’à marginaliser Mélenchon en le faisant passer pour un mégalomane irréductible. Pujadas et Salamé se font les relais complaisants de cette stratégie mais Mélenchon s’en tire bien : il lui suffit de souligner que c’est lui qui a fait à Hamon, par écrit, une proposition précise à laquelle celui-ci n’a pas répondu. Une lettre « un peu rude » s’empresse de commenter Pujadas. Le coup ne porte pas mais Pujadas prévient : « On en reparlera tout à l’heure, vous verrez ». Il fait référence à l’intervention de Philippe Torreton, proche de Jadot, dont il s’attend à ce qu’il redouble d’exhortations à Mélenchon.

Torreton avait visiblement souscrit à la thèse médiatique selon laquelle le problème réside dans l’égo surdimensionné de Mélenchon : c’est pourquoi il avait prévu de lui lire une page de Giono sur l’altruisme, trait caractéristique des grands hommes. Mais Torreton n’est pas en service commandé : les explications de Mélenchon l’ont convaincu. Puisque ce n’est pas lui qui empêche le rassemblement, il devient inutile de l’y exhorter. Pujadas et Salamé ne l’entendent pas de cette oreille et poussent Torreton à faire la besogne pour laquelle ils l’ont invité avec une telle impudeur que le public éclate de rire. Un coup dans l’eau pour les torpilleurs. Pas de panique, il reste deux cartouches : le binôme Castro/Poutine et surtout l’atout maître, Marine Le Pen.

La séquence Castro/Poutine est introduite par un tour de bonneteau si grossier qu’on peine à y croire. Mélenchon est invité à choisir entre trois images : Castro, Poutine et Amnesty International. S’il avait choisi la première, Pujadas l’aurait bien sûr tancé sur les violations des droits de l’homme à Cuba. S’il avait choisi la deuxième, sur leurs violations en Russie. Mais s’il choisit la troisième – ce qu’il fait – cela revient au même, puisqu’Amnesty International défend les droits de l’homme. Pujadas commence par accuser Mélenchon de n’avoir pas d’intérêt pour les droits de l’homme, ce qui est quasi diffamatoire. Mélenchon proteste et Pujadas d’enchaîner : pourquoi, dans ce cas, ne condamne-t-il pas Poutine ? Bravo l’artiste ! Pour la millième fois, Mélenchon expose sa conception des relations entre la France et la Russie, condamnées à être des partenaires pour préserver l’équilibre du continent.

C’est à François Lenglet qu’il reviendra d’ouvrir la séquence lepéniste. Il arrive avec une paire de Nike pour développer un argument proprement sidérant contre le programme économique de Mélenchon. Ce dernier veut augmenter les salaires mais, la France ne produisant plus rien, les Français n’achètent plus que des produits étrangers ; si l’on augmente les salaires, on ne fera donc qu’augmenter les importations. Jamais Shaddock n’a aussi bien tiré les conséquences de la mondialisation ! Il faut, nous dit Lenglet, se faire une raison : pour préserver la balance commerciale, les Français ne doivent pas acheter davantage à l’étranger qu’ils ne produisent en France et comme il ne s’y produit plus rien, ils ne doivent rien acheter. Il faut donc les maintenir dans la pauvreté pour les en empêcher.

A cela, Mélenchon aurait pu répondre que 80% de l’économie Française est dans son marché intérieur : on ne va pas au restaurant, ni ne se coupe les cheveux, ni ne prend le train, ni ne va au cinéma en Chine. L’augmentation des salaires permettrait donc principalement de relancer l’économie française, d’autant plus que Mélenchon ne se contenterait pas d’augmenter les salaires, il développerait une politique d’investissement dirigée directement vers les TPE/PME : il prend pour exemple le plan « zéro obstacle » pour les handicapés. Certes, l’augmentation des salaires ferait également augmenter les importations de certains produits, mais cette augmentation serait compensée par la diminution d’autres importations, notamment énergétiques, puisque la politique d’investissement de la France Insoumise vise à augmenter l’indépendance énergétique de la France. Lenglet n’y comprend rien. Navré, il agite sa paire de Nike et lève les yeux au ciel. Enfin, à court d’arguments, il dégaine sa carte maîtresse : un comparatif des programmes économiques de Le Pen et Mélenchon qui sont, dit-il, identiques. Question puissante : « Comment expliquez-vous ces similitudes ? »

Mélenchon tentera tant bien que mal de montrer que Le Pen s’est contredite d’innombrables fois sur les questions économiques, ce qui n’est pas surprenant. Le programme de Le Pen vise à accomplir une improbable quadrature du cercle : emprunter des mesures à la gauche pour séduire les classes populaires tout en conservant les mesures de droite qui correspondent à son électorat naturel de commerçants et petits patrons. Eh oui M. Lenglet, ce n’est pas difficile à comprendre : si les programmes de Mélenchon et Le Pen se ressemblent superficiellement, c’est parce que vous avez choisi dans le second ce qu’elle a copié sur le premier. Ce que vous ne dites pas, c’est que Le Pen, prisonnière de son électorat de droite, ne pourrait jamais annoncer qu’elle financera ses mesures sociales par une révolution fiscale : elle est donc réduite à dire qu’elle les financera par la suppression de l’aide médicale aux étrangers, par leur exclusion des minima sociaux et l’exclusion de leurs enfants des écoles. Or cela représente des sommes dérisoires comparées aux dépenses qu’elle annonce. Dites-moi : quand avez-vous entendu pour la dernière fois un journaliste pointer cette incohérence dans le programme du Front National ? Pour moi – et je suis assez masochiste pour regarder les interviews de Le Pen et Philippot – j’ai beau fouiller dans ma mémoire, je n’en ai aucun souvenir.

Lenglet ne voulant rien comprendre, Mélenchon prend le problème par un autre bout : Quand bien même Le Pen et lui auraient le même programme économique, et alors ? La différence fondamentale entre Le Pen et Mélenchon n’a jamais tenu à l’économie mais à la conception de la République. L’une est l’héritière idéologique d’un pétainiste tortionnaire de l’OAS et défend une vision ethniciste de la France fondée sur un racisme qu’elle voile juste assez pour que ses partisans le devinent mais que les journalistes ne l’en accusent pas. L’autre est l’héritier de la conception politique de la nation née de Révolution française, fondée sur l’universalisme des droits humains. C’est ce que finira par rappeler Mélenchon à un Lenglet qui ne semble trouver à cela aucune importance. C’est que pour Lenglet comme pour toute la clique des libéraux hallucinés qui règnent sur les radios et les télés, une seule chose compte : êtes-vous pour le libre-échange ? Aller contre les lois naturelles de la mondialisation, c’est un crime d’une telle gravité qu’aucune différence éthique entre ceux qui les contestent n’a plus d’importance à leurs yeux.

Une grossière inexactitude dans le parallèle établi par Lenglet révéla son idologie dans toute sa pureté : selon lui, Mélenchon comme Le Pen veulent faire racheter la dette de l’Etat par la Banque de France. Mélenchon le corrige. C’est vrai de Le Pen qui est décidée à sortir de l’euro ; pour sa part, il veut changer le mandat de la Banque Centrale Européenne. Lenglet s’écrie : « C’est la même chose ! » La Banque de France et la BCE, c’est la même chose ? Bien sûr que non puisque changer le statut de la BCE doit permettre de sauver l’Europe, tandis que se rabattre sur la Banque de France n’a de sens que dans le contexte d’une sortie de l’euro. C’est en quoi Mélenchon diffère de Le Pen : il a un plan A et un plan B, elle n’a qu’un plan de sortie. C’était si absurde que j’ai mis du temps à comprendre. En définitive, peu importe à Lenglet de quelle banque on parle ; ce qui lui fait pousser les hauts cris, c’est la planche à billets. Le diable de Lenglet, c’est la création monétaire qui permettrait l’investissement public, libérerait les Etats de la tutelle des marchés et provoquerait peut-être même une légère inflation qui aurait pour saine conséquence de réduire la valeur réelle de la dette – mais aussi du capital, au service duquel s’exprime M. Lenglet.

Après Lenglet, entre en scène Karim Rissouli dont la détermination à promouvoir Le Pen fut évidente lorsque Mélenchon fut confronté à madame Valérie Gloriant, restauratrice qui dit avoir fait faillite à cause des migrants. Le choix de cette française lambda ne devait rien au hasard puisqu’elle était déjà apparue à la télévision dans un reportage sur les électeurs frontistes. Malheureusement, madame Gloriant, ayant raconté son histoire, omet l’essentiel ! Cela ne va pas. Karim Rissouli prend donc sur lui de le révéler : de parents communistes, madame Gloriant s’apprête à voter Le Pen.

Il faut mesurer tout ce que la pression exercée par Karim Rissouli a de choquant. Il fut un temps, le Front national était un parti tabou, pour l’excellente raison que c’est un parti fasciste. Ceux qui votaient pour lui n’osaient guère s’en vanter et cette autocensure réduisait la capacité du Front national à s’étendre. Il restait un peu de cette pudeur à Mme Gloriant qui le dit elle-même : son cœur n’est pas avec le Front national. Elle avait envie d’interpeller Mélenchon mais n’était pas venue faire la promotion de Le Pen. Mais Karim Rissouli s’en charge : allons, dites-le que vous votez Le Pen ! N’ayez pas honte ! C’est humain, trop humain, dans les circonstances catastrophiques où nous vivons ! Qui n’en ferait pas autant à votre place ? M. Rissouli, chacun a droit à ses convictions, quelles que soient ses origines. Je ne devrais donc pas vous le dire mais il faut que ça sorte : je trouve désolant de voir un Arabe passer les plats au Front National. Savez-vous que depuis le Brexit, les racistes Anglais se croient tout permis et cassent du Pakistanais au coin des rues? Imaginez-vous ce qui attend les Français d’origine maghrébine si Le Pen l’emportait?

Je veux bien croire que ni Karim Rissouli, ni Léa Salamé, ni David Pujadas ne votent pour le Front national. Je comprends bien que le but de l’émission était de torpiller Mélenchon – Karim Rissouli lui refera pour conclure le petit numéro du rassemblement que Mélenchon qualifiera à juste titre de comédie. Il faut refermer le cercle de la raison : Fillon, Macron et Hamon – car tout le monde sait bien qu’Hamon ne renégociera pas les traités européens et qu’ayant ainsi échoué à se donner les marges de manœuvre nécessaires à une politique écologique et sociale, il finira en piteux avatar de François Hollande. En un sens, qu’une telle énergie soit déployée contre le candidat de la France Insoumise est plutôt bon signe. Mais en utilisant le Front national comme arme contre Mélenchon, Pujadas et sa clique jouent un jeu dangereux : ils contribuent à l’invisibilisation de son fascisme et à la banalisation du racisme et du repli nationaliste qu’ils prétendent combattre.

Et tout ça pour sauver l’Europe du libre-échange ! Mais ils ne se rendent pas compte que l’Europe qu’ils défendent est, sauf transformation profonde, indéfendable. Le Brexit ne leur a pas fait comprendre que plus personne n’accepte de se rendre à la fatalité de la mondialisation malheureuse. Ils ne réalisent pas qu’il n’y a plus aujourd’hui, à plus ou moins long terme, que deux possibilités : voir l’Europe radicalement refondée par la gauche ou la voir dissoute par l’extrême droite. Si la seconde est si prêt de l’emporter, leur aveuglement en est une cause majeure.

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