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23/10/2018

BASHING ININTERROMPU A L'ENCONTRE DE MELENCHON

Le bashing (mot qui désigne en anglais le fait de frapper violemment, d'infliger une raclée) est un anglicisme utilisé pour décrire le « jeu » ou la forme de défoulement qui consiste à dénigrer collectivement une personne ou un sujet. Lorsque le bashing se déroule sur la place publique, il s'apparente parfois à un « lynchage médiatique ». Le développement d'Internet et des réseaux sociaux a offert au bashing un nouveau champ d'action, en permettant à beaucoup plus de monde de participer dans l'anonymat à cette activité collective.

 

 

Au cours d'une conférence de presse vendredi, le député de La France insoumise a dénoncé un "bashing ininterrompu" depuis quatre jours contre sa personne et son parti. Il a demandé une "désescalade" aux journalistes. 

04/10/2018

JL MELENCHON EN DIRECT DE L'ASSEMBLEE à 19 H sur Youtube

 

Capture JL M.JPG

Jean-Luc Mélenchon prévoit de diffuser en direct de l'ASSEMBLEE NATIONALE à 19 Heures
 

EN DIRECT - PARTAGEZ - Institutions : le changement inévitable

Retrouvez cette vidéo sur YouTube : https://youtu.be/cc0tlAPkcG8

Partagez sur Twitter avec le hashtag #6eReplique

 

20/06/2018

PAMPELUNE ET HEMINGWAY / une histoire d'amour

2018-06-17 SORTIE PAMPELUNE80.jpg

 
 Dimanche, lors d'une sortie en ESPAGNE avec les AMIS du rugby DE L'U.S.H.
j'ai visité un quartier de PAMPELUNE (PAMPLONA ou IRUNA en basque)
et  je me suis demandée en voyant le buste de Ernest HEMINGWAY :
 
"Mais pourquoi HEMINGWAY ?
Qu'est-ce qu'il a fait à PAMPELUNE pour avoir sa statue ?".
 
Je ne cherche plus. Maintenant je sais.

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un bloc de granite de quelques 8 tonnes situé devant les arènes.
 

Lors de sa première visite en 1923, Ernest Hemingway couvre les fêtes pour le journal canadien Toronto Star. Le jeune journaliste tombe amoureux de la San Fermin, mêlant fête, corridas et "encierros", des dangereux lâchers de taureaux, pendant neuf jours.

Il y revient au moins neuf fois et y décrit l'ambiance dans son roman "Le soleil se lève aussi" (1926).

"Il a beaucoup apporté aux fêtes de la San Fermin et les fêtes lui ont aussi beaucoup apporté", assure M. Hualde, qui a écrit plusieurs livres sur le romancier.

"Hemingway était très ami avec certains toreros, qui lui permettaient de monter dans leur chambre pour assister au rituel de l'habit de lumière".

Dès sa première visite il a parcouru ses rues, bu dans ses tavernes et ses cafés, adoré la cuisine locale, l'encierro, les corridas et la gaieté. Outre Pampelune, d'autres zones de la Navarre l'ont enchanté et ont inspiré le prix Nobel pour leur paysage et leur tranquillité. Les touristes qui voyagent sur les traces de l'écrivain en quête des lieux qu'il a fréquentés peuvent suivre cet itinéraire touristique qui rappelle et rend hommage à Ernest Hemingway.

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Si quelqu’un a contribué à forger la renommée de la terre de Navarre, c’est bien le romancier, journaliste et aventurier américain Ernest Hemingway. L’écrivain a assisté aux fêtes de San Fermín pendant neuf ans, et c’est précisément la culture tauromachique, la gastronomie et le caractère des Navarrais qui lui ont inspiré son roman « Le soleil se lève aussi » (« The sun also rises »).

 Romancier et prix Nobel, Ernest Miller Hemingway est né en 1899 aux États-Unis. Considéré comme l'un des meilleurs écrivains du XXe siècle, il a donné vie à une foule de personnages dans une vingtaine d'œuvres littéraires. Citons notamment The sun also Rises (Le soleil se lève aussi), le roman définitif pour l'internationalisation des fêtes de San Fermín

La notoriété de Pampelune provient certainement en partie de son fils adoptif, Ernest Hemingway, qui séjourna longtemps en Navarre pendant la Guerre Civile espagnole, et qui était également un grand amateur des Fêtes de San Fermin. Il mentionne d’ailleurs ces festivités et ces « encierros » (courses de taureaux) dans son livre « Le soleil se lève aussi ». Malgré "ce que l'on a pu écrire, Hemingway n'a jamais couru les encierros, car il avait très peur des taureaux".

 La première partie du roman dresse un tableau fidèle du Paris des écrivains de l’entre-deux-guerres et surtout de sa vie nocturne, dans les établissements à la mode où se pressent artistes, fêtards et expatriés. Il rappelle également la condition d’une "génération perdue”, celle des jeunes vétérans de la première guerre mondiale, qui n’échappent pas à leur passé.

L’action se déroule ensuite en Espagne, d’une partie de pêche dans le pays basque aux fameuses fêtes de San Fermin à Pampelune. Décrites avec soin, elles sont le cadre d’un durcissement des tensions affectives, amoureuses et amicales entre les différents protagonistes.

Les Fêtes de Pampelune commencent le 6 juillet et durent une semaine. Durant cette période là, la ville est envahie par plus d’un million de visiteurs et devient l’une des plus importantes fêtes populaires au monde. Parmi les festivités, ont lieu naturellement les traditionnelles courses, durant lesquelles une centaine de personnes se font poursuivre chaque matin par des taureaux dans une rue étroite de la vieille ville, jusqu’à ce que les bêtes atteignent l’arène quelques minutes plus tard. Outre cette périlleuse épreuve, les Fêtes de Pampelune se caractérisent par des défilés, des compétitions de sports traditionnels et des concours de feux d’artifices.

 

Navarre : la terre rêvée par Ernest Hemingway






Ses récits ont drainé vers la capitale de Navarre des générations de jeunes anglo-saxons, Américains, Britanniques, Australiens, Néo-zélandais ou Canadiens.

Hemingway s'est suicidé le 2 juillet 1961. Quelques jours auparavant, il avait annulé sa réservation pour la chambre 217 de l'hôtel La Perla.

Histoire

Les origines des fêtes de San Fermín, qui remontent au Moyen-Âge, sont liées à trois célébrations : les actes religieux en hommage à saint Firmin ' prenant de l'importance au XIIe siècle ', les foires commerciales et les corridas, attestées dès le XIVe siècle. À l'origine, la fête commémorative de saint Firmin avait lieu le 10 octobre mais en 1591, les Pamplonais, lassés du mauvais temps, décident de l'avancer au mois de juillet et de la faire coïncider avec la foire. C'est ainsi que les Sanfermines sont nées. Lors de la première édition, elles se prolongent pendant deux jours et incluent discours publique, musiciens, théâtre et corridas. Ultérieurement, d'autres activités ' telles que feux d'artifice et danses ' sont ajoutées et les fêtes se prolongent jusqu'au 10.

Les chroniques des XVIIe et XVIIIe s. parlent d'actes religieux ainsi que de musiciens, danseurs, géants, tournois, saltimbanques, encierros et taureaux et de l'inquiétude du clergé face à l'abus de la boisson et au libertinage des jeunes. Elles évoquent également la présence d'étrangers qui, grâce à leurs spectacles, rendaient « la ville plus amusante ». En effet, au cours du XIXe siècle, de surprenantes attractions ' telles que la femme canon, les animaux exotiques ou les figures en cire ' sont annoncées, tandis que les grosses têtes, les kilikis et les zaldikos font partie, pour la première fois, du Cortège des Géants. D'autre part, l'absence de double clôture le long de l'encierro fait que les taureaux s'échappent dans les rues de la ville à plusieurs reprises.

Mais c'est au XXe siècle que les Sanfermines connaissent leur plus grande popularité. Le roman The sun also rises (« Le soleil se lève aussi »), écrit par Ernest Hemingway en 1926, incite de nombreuses personnes, venues des quatre coins du monde, à prendre part aux fêtes.

Ce dernier siècle a également vu l'introduction de nouveaux éléments tels le Riau-Riau, suspendu depuis 1991, le Chupinazo ou le programme culturel.

02/05/2018

1968 / IL Y A CINQUANTE ANS LA GREVE CHEZ PEUGEOT... « Le but est de faire connaître aux générations d’aujourd’hui les motivations et la détermination des générations d’hier »

FROID DANS LE DOS ... LA VIOLENCE ELLE EST OU ? A VOUS DE VOIR

 

 Film du groupe Medvedkine sur la grève à Peugeot Sochaux (film de 1970) :

 

Extrait du livre « Une milice patronale : Peugeot » de Claude Angeli et Nicolas Brimo, éditions Maspéro, 1975 :

Le lundi 10 juin, dès quatre heures du matin, les deux cent cinquante cars Peugeot déversent leurs cargaisons d’ouvriers sur les parkings de l’usine. Les drapeaux rouges ont été enlevés, les murs rapidement badigeonnés et les slogans vite effacés du bitume. Les machines se remettent à tourner mais le coeur n’y est pas. Dans les ateliers, des bruits courent : les chefs s’apprêtent à accélérer les cadences; la direction va exiger dix-sept samedis de travail supplémentaires pour rattraper les pertes à la production. Une fois de plus, la base a le sentiment d’avoir été piégée.

A neuf heures du matin, le climat devient lourd. la grogne s’étend. A la carrosserie, ça discute ferme. »J’en ai marre, dit un ouvrier, je m’en vais chez moi ». D’autres se mettent à remonter la chaîne des « 404 », poste après poste, ouvrier après ouvrier: « Viens, on va au bureau ». Bedonnant et chauve, le directeur de la « carrosserie » voit bientôt arriver cinq ouvriers dont deux délégués : « Vous n’allez pas recommencer, non? »

Ils vont recommencer. Ils sont très vite soixante-quinze qui font le tour des ateliers voisins du leur. Des jeunes : le plus âgé doit avoir à peine trente ans. Et leur groupe grossit, de bâtiment en bâtiment. A dix heures, on ne travaille plus guère dans l’usine. La maîtrise fait ce qu’elle peut mais il est déjà trop tard. Des ouvriers quittent l’usine et s’installent au long de l’avenue d’Helvétie qui relie Sochaux à Montbéliard et sur laquelle s’ouvrent les grilles de l’usine. En petits groupes compacts, on y attend l’arrivée des délégués syndicaux.

A quinze heures, tout est joué: dix mille ouvriers de la première et de la seconde équipe votent « la grève avec occupation ». On réinstalle les drapeaux rouges sur les portes de l’usine.

Quand tombera la nuit, quelques centaines d’ouvriers seulement resteront sur place. Répartis aux quatre coins de l’usine, ils assureront la sécurité et les piquets de grève.

Le tableau de chasse des CRS

A trois heures du matin, l’assaut est donné. Sur deux fronts. Des gendarmes mobiles investissent les portes de l’usine tandis qu’un commissaire de police somme les grévistes d’évacuer les lieux.

Au même moment, les CRS franchissent les murs d’enceinte. L’opération est bien menée, la souricière bien tendue. L’effet de surprise a joué à plein : les policiers matraquent même ceux qui dorment. Personne ne les attendait et les grévistes fuient en ordre dispersé. CRS et gendarmes seront rapidement maîtres du terrain.

Tout s’est réglé à Paris. La reconquête de l’usine a été décidée dans la soirée par la direction générale de Peugeot et Raymond Marcellin avec, naturellement, le feu vert de Georges Pompidou. Pour assurer le succès de l’opération, il fallait rester discret : ni la direction de l’usine de Sochaux, ni le préfet du Doubs n’étaient au courant de ce qui se tramait à quatre cents kilomètres de là. Il fallait frapper fort et vite comme chez Renault, à Flins, en finir avec ces ouvriers qui avaient eu l’impudence de « recommencer ». A l’aube, c’est chose faite.

A quatre heures trente du matin, les CRS chargent pour la première fois. Maintenant on se bat. De la ville viennent les premiers renforts, des ouvriers, mais aussi des lycéens. Certains se joignent aux secouristes déjà débordés, d’autres se battent derrière et devant les barricades.

Aux pierres que les ouvriers lancent par-dessus les murs, les CRS ripostent à coup de grenades lacrymogènes et offensives. Chacune de leurs salves est suivie d’une sortie et d’une charge. Chaque fois, les ouvriers reculent d’une centaine de mètres, se regroupent derrière leurs barricades et repartent à l’assaut.

A plusieurs kilomètres de l’usine, dans cette agglomération qui s’étend autour de Sochaux et de Montbéliard, et où vivent près de cent mille personnes, chacun entend les explosions des grenades. « Dix éclatements à la minute », note un journalise local.

Vers dix heures du matin, les grévistes rendent aux CRS la monnaie de leur pièce. Ils pénètrent dans l’usine. « On a franchi le petit mur d’enceinte près de la porte « J », raconte un ouvrier qui combattit dans les rangs des FTP pendant la Résistance. Et les CRS se sont mis à foutre le camp. Alors, j’ai vu leur gradé qui sortait son revolver et qui tirait. Et nous, on continuait à avancer. Il a couru rejoindre les autres à cent mètres de là, peut-être. Alors, ils ont pris leurs fusils. On était « fin-fous ». On a bondi vers un command-car qui était là, vide. On a trouvé deux mousquetons. On a cassé les crosses. Puis, on a mis le feu au réservoir et on est vite ressorti de l’usine ».

Mais trois balles des CRS ont fait mouche. Près de la cabine des gardiens, Pierre Beylot, 24 ans, est en train de mourir. Deux autres de ses camarades sont blessés par balle. Les CRS s’affolent et emploient les grands moyens. Ils visent les manifestants avec leurs fusils lance-grenades, Henri Blanchet, 49 ans, « soufflé » par l’explosion, tombe du mur sur lequel il était monté. Il meurt sur le coup : fracture du crâne. Serge Hardy, 36 ans, atteint à la jambe par une grenade, devra être amputé dans la soirée, au-dessus du genou. Une troisième grenade fait mouche: Joël Royer, 18 ans, militant des jeunesses communistes, perdra son pied droit.

A quatorze heures trente les combats reprendront. L’arrivée des renforts des CRS rallume les bagarres. Un motard est lapidé par les grévistes. En s’enfuyant, il abandonne sa moto qui flambe aussitôt.

A la nuit, après dix-huit heures de combats, c’est enfin la trève. Les responsables syndicaux ont pu rencontrer la direction et les CRS se retirent à l’intérieur de l’usine. Peugeot cède. Seule concession des délégués ouvriers : l’usine ne sera plus occupée. A vingt et une heures, ordre est donné aux policiers de quitter l’usine et Sochaux.

Les CRS ne manqueront pas leur sortie. Ils arrosent leur départ. A la grenade. Sur la route de Belfort, les policiers épuisent leurs stocks. Contre la foule, contre des boutiques. Et même en passant, sur la place de l’Eglise, à Vieux-Charmont, au moment où le curé raccompagne les enfants après le catéchisme.

Les CRS regagnent leurs départements d’origine, les Bouches-du-Rhône, le Haut-Rhin et le Rhône. Ils laissent à Sochaux deux cadavres et deux infirmes…

Le drapeau rouge flotte sur l’usine

Libération, 30 juin 2008 : Juin meurtrier à Sochaux

Les événements tirent à leur fin. La grève des usines Peugeot se conclut par des acquis sociaux et salariaux. Un bilan endeuillé par la mort de deux ouvriers.

Deux hommes sont morts pendant la grève de mai-juin 1968 aux usines Peugeot de Sochaux (Doubs). Ils s’appelaient Pierre Beylot et Henri Blanchet. Ils avaient 24 et 49 ans. Le premier a été tué d’une balle tirée par un CRS, le second a chuté d’un mur. Cela s’est passé le 11 juin, au cours de violents affrontements entre ouvriers et forces de l’ordre chargées de «libérer» l’usine. Dans un petit square, près de l’actuelle entrée de l’immense site industriel, une stèle marque le souvenir des deux victimes : «A la mémoire de Pierre Beylot et Henri Blanchet, tombés pour le libre exercice du droit de grève.»

En 1968, Peugeot emploie 25 000 salariés à Sochaux. Dans la première quinzaine de mai, il ne se passe rien. «Le 17 mai, on nous a présenté le nouveau modèle 504, se souvient Gilbert Marion, ajusteur outilleur et syndicaliste CFDT à l’époque. C’était bizarre d’être dans cette atmosphère feutrée alors que tout le pays était en grève.» La grève avec occupation est finalement votée le 20 mai. Pour expliquer ce déclenchement tardif du mouvement, les syndicalistes invoquent le cuisant échec de la grève de 1965 pour une augmentation de 20 centimes de l’heure. En fait, «les ouvriers de Peugeot sont un peu en retard sur ceux de Renault, mais ils sont tout à fait en phase avec la grève générale», explique l’historien Nicolas Hatzfeld, qui vint s’«établir» chez Peugeot entre 1971 et 1975 : «Ils sont en grève dans leurs têtes avant de passer à l’acte.»

A l’intérieur de l’usine, l’occupation s’organise. «A la forge, à l’emboutissage, à la carrosserie, des comités de base se mettent en place pour former les piquets de grève», rappelle Gilbert Marion. Dans les ateliers, les occupants jouent aux cartes et aux boules, suivent les événements à la radio. La direction est reléguée à l’extérieur et la prise de contrôle de l’usine se nourrit de symboles : une mitraillette factice perchée sur le toit d’une loge de «garde-chiourme», des fresques peintes sur les murs d’enceinte, montrant un métallo terrassant un lion – emblème de Peugeot.

La parole libérée

Les occupants sont entre 200 et 300, parfois moins les week-ends. Chaque soir, ils tiennent un «comité central de grève».«Petit à petit, ces réunions sont devenues des forums. C’est là que la parole s’est libérée, explique Gilbert Marion. On discutait de ce qui se passait au niveau national, de la politique, du devenir de la société. Mai 68, je l’ai vécu comme une révélation. Ça a fait évoluer ma conscience politique.» Les jeunes ouvriers «gauchistes» qui prennent la parole ne sont pas toujours en phase avec les syndicats qui ont transmis une liste de revendications à la direction. «Le jour où j’ai entendu Séguy dire à la radio que les ouvriers de Renault pouvaient reprendre le travail parce qu’ils avaient obtenu des augmentations, je n’y comprenais rien du tout», se souvient Noël Hennequin, encarté CFDT à l’époque et sensible aux idées des «révolutionnaires» : «On n’était pas là pour se battre pour nos 20 centimes comme en 1965 , on était là pour tout changer, pour prendre le contrôle de l’usine à la place du patron qui nous exploitait.»

«Le comité de grève devait faire la part des choses entre ce que souhaitaient quelques-uns des 200 occupants et ce que voulaient les 25 000 autres ouvriers qui n’étaient pas présents aux forums», explique Jean Cadet, technicien au service exportation en 1968 et secrétaire à la propagande de la CGT. Les négociations avec la direction débutent le 31 mai mais n’avancent pas. Deux scrutins sont organisés qui donnent une courte majorité pour la reprise, prévue le 10 juin au matin. «A midi, l’usine était à nouveau occupée. Personne n’avait envie de reprendre. De toute façon, on n’avait rien obtenu, ou trois fois rien», raconte Noël Hennequin. «C’est reparti de la base, poursuit Jean Cadet. Et cette fois, il y avait beaucoup de monde qui occupait.» Qui a pris la décision de faire intervenir les forces de l’ordre à ce moment ? «Tout se joue à Paris, répond Nicolas Hatzfeld. Il y a une volonté gouvernementale de forcer à la reprise dans l’automobile, une branche symbolique, en évitant de toucher à Billancourt, qui est trop proche du quartier Latin.»

Cailloux et lacrymogènes

Vers 3 heures du matin, le 11 juin, CRS et gardes mobiles dispersent les piquets de grève. A 4 heures, les non-grévistes, invités à reprendre le travail par la direction, descendent des cars de ramassage et se retrouvent au milieu des affrontements, matraqués à leur tour. C’est l’engrenage, qui va encore se gripper quand se répand la nouvelle de la mort de Pierre Beylot, tué dans la matinée. Barricades et jets de cailloux contre grenades lacrymogènes ou offensives, parfois lancées en chapelets. Les CRS sont retranchés dans l’usine, encerclés par les ouvriers Peugeot et d’autres venus du pays de Montbéliard. «C’était la classe ouvrière qu’on attaquait», explique l’un d’eux dans le film Sochaux, 11 juin 1968.

Les CRS se retirent en début de soirée. Le bilan est lourd : deux morts et plus de 150 blessés chez les ouvriers, dont plusieurs touchés par balle. Assez vite, la nouvelle se répand – elle circule toujours autour de Sochaux – que des CRS ont aussi été tués. «J’étais persuadé que cette histoire était vraie, mais je me suis vite aperçu que ce n’était qu’une rumeur», affirme Florian Pasqualini qui, dans le cadre d’un master d’histoire contemporaine sur Mai 68 autour de Montbéliard, a consacré à cette affaire une partie de ses recherches.

L’usine reste fermée jusqu’au 20 juin. Les négociations se déroulent à l’extérieur. Au final, les grévistes obtiennent une augmentation de 14 %, l’intégration des primes de participation dans le salaire, une réduction de soixante-quinze minutes de temps de travail hebdomadaire et la reconnaissance de l’action syndicale dans l’usine. «Ce qui a été gagné, ce n’était quand même pas rien», admet Noël Hennequin, qui rêvait de «tout changer». «Ce sont des acquis concrets dont nous bénéficions encore aujourd’hui», commente Bruno Lemerle, actuel responsable de la CGT à Sochaux.

Affrontements du 11 juin 1968 à Sochaux

L’Est Républicain, 28 février 2018 – Mai 68 : ils en font un vrai feuilleton

Pour le cinquantenaire, l’union locale CGT du pays de Montbéliard multiplie, entre mai et juin, les expositions, débats, concerts. Les militants, anciens et nouveaux, ont même créé un roman à partir de la véritable histoire locale.

« Dans l’imaginaire collectif et notamment dans celui des plus jeunes, Mai 68, c’est d’abord la révolte étudiante, l’effervescence du Quartier latin… » Sous les pavés la plage donc. Sauf qu’ici, dans l’alors très industriel et industrieux pays de Montbéliard, le souffle révolutionnaire s’est lui essentiellement décliné, comme le souligne Véronique Bourquin Valzer, la responsable de l’Atelier, sous forme de luttes ouvrières encore plus fortes qu’ailleurs en France.

Notre territoire détient en outre, dans ces événements dont on célébrera le cinquantenaire dans quelques mois, une triste particularité : c’est aussi le seul endroit où l’on dénombre deux morts (Pierre Beylot, Henri Blanchet), deux ouvriers gravement blessés (ils auront le pied arraché) et 150 blessés, à l’issue d’une manifestation pacifique (et de 22 jours de grève) le 11 juin 1968 devant l’ancienne ARS à Montbéliard.

Le tourbillon de la vie

Pour se souvenir des camarades tombés, victimes, dixit Bruno Lemerle, représentant des retraités, des « violences policières et de l’entêtement du patronat », la CGT, qui fut le fer de lance du mouvement, n’a pas attendu le cinquantenaire. Depuis ce funeste 11 juin, tous les ans, elle rend hommage aux disparus devant la stèle du square Dagnaux. Cela posé, le syndicat, qui n’oublie pas, a, pour cet anniversaire, la forte volonté de se tourner vers l’avenir et de toucher les jeunes. « Le but est de faire connaître aux générations d’aujourd’hui les motivations et la détermination des générations d’hier », souligne Guy Mongery. « On ne veut pas se focaliser sur le passé, mais plutôt savoir quelle empreinte ont laissé les événements. »

L’homme fait partie du « groupe 68 », qui mêle jeunes et anciens militants CGT, et qui depuis huit mois planche sur les célébrations locales. Elles se dérouleront du 28 avril au 11 juin (ci-dessous), en huit phases, trois dates emblématiques et un fil rouge. Ce dernier, c’est un feuilleton en neuf épisodes. Pas de panique, il ne s’agit pas de Dallas ! Le feuilleton en question est écrit, dans le genre popularisé, au XIXe siècle, par Eugène Sue et Maurice Leblanc.

L’histoire ? Celle de deux héros fictifs, Jeanne et Lucien. À Sochaux, et plus largement dans tout le pays de Montbéliard, le couple est plongé dans l’effervescence, parfois tragique, des événements. En ce qui concerne ces derniers, tout est vrai : les épisodes ont été écrits, à plusieurs mains, à partir des témoignages de ceux qui ont vécu Mai 68. « Chacun peut se reconnaître dans ce feuilleton, se demander ce qu’il aurait fait à l’époque », souligne Bruno Lemerle.

Le vent se lève

Ce « roman vrai », où le couple habite en face de chez Pierre Beylot à la Chiffogne, sera présenté, sous forme d’épisodes dans différentes entreprises (dont PSA à Sochaux) du pays de Montbéliard. L’initiative, inédite, a également retenu l’attention d’un éditeur : sous le titre « Jeanne et Lucien dans le tourbillon de 1968 », un livre sortira de presse à la mi-avril et sera publié aux « Belles Lettres ».

« On peut vraiment se mettre dans la peau des héros », note Aurore Métais, jeune membre du groupe 68. « C’est important car se souvenir, c’est bien mais que la lutte de nos aînés serve pour l’avenir c’est encore mieux. » Cinquante ans après, un souffle de jeunesse mais aussi un vent de fronde se lèvent sur le pays de Montbéliard. Vivifiant, non ?

 

23/04/2018

DE QUOI, DE QUI PARLE-T-ON ? REFUGIES, MIGRANTS..."accueille l'autre couleur, ouvre les frontières de ton coeur"

Ajoutée le 6 déc. 2016
 
 
Qui sont les réfugiés ? Pourquoi quittent-ils leur pays? Quels sont leurs droits? faire le tour de la question, Amnesty International vous propose des éléments pour comprendre et agir afin de défendre le seul droit qui reste quand tous les autres sont bafoués : le droit d’asile.
Protéger les personnes qui sont obligées de quitter leur pays, parfois brutalement, est une obligation. Aucun État ne peut s’y soustraire.
Le travail d’Amnesty International vise justement à rappeler ces obligations et à les faire valoir en toutes circonstances.
C’est pour cela que nous appelons les autorités à :
- respecter leur devoir de solidarité en accueillant les réfugié-e-s et en soutenant les pays qui en accueillent le plus grand nombre ;
- veiller à ce que toute personne puisse solliciter l'asile et qu’aucune ne soit renvoyé-e dans son pays d’origine si elle court le risque d’y subir des violations de ses droits ;
- mettre en place des mécanismes de surveillance pour que les droits des réfugié-e-s soient protégés ;
- agir pour que les réfugié-e-s puissent avoir accès, sans discrimination, à un travail, à un logement, à l’éducation et à la santé.
Ce travail de pression est possible parce qu’il repose sur une opinion informée qui soutient et se mobilise avec Amnesty International pour faire respecter le droit d’asile et pour protéger les réfugié-e-s.

Michel BERGER a écrit cette chanson pour les migrants de CALAIS... Le saviez-vous ?

 

 
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