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16/11/2018

RUGBY HABAS ... CE WEEK-END

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Samedi 17 Novembre 2018

En Championnat U16

Nouvelle Aquitaine Niveau 1

Les cadets  de P H L se déplacent à

  Navarrenx

Coup d'envoi à 14 h 00

Arbitre : M. Mendiburu Fabien de la Ligue Nord Aquitaine

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Samedi 17 Novembre 2018

En Championnat U19

Nouvelle Aquitaine Niveau 2

Les juniors  de P H L se déplacent à 

Navarrenx

Coup d'envoi à 15 h 30

Arbitre : M.  Labielle Emerick de la Ligue Nord Aquitaine

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INFO importante

Le match Habas / Pontacq

est déplacé au Dimanche 18 Novembre 2018

En Championnat Nouvelle Aquitaine

de Promotion-Honneur

Les 2 équipes de l'US Habas reçoivent Pontacq

Coup d' envoi à 14 h 00

Arbitre équipe I : M. Dubouch Olivier  de la Ligue Nord Aquitaine

Arbitre équipe II :M.  de la Ligue Nord Aquitaine

Représentant fédéral : Mme. Sabine Darrieux  de la Ligue Nord Aquitaine

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Le repas de l'USH
est reporté à une date ultérieure

 

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07/11/2018

SOLDATS OUBLIES DU COURNEAU près d'ARCACHON... 936 COMBATTANTS AFRICAINS SOUS UNE BUTTE DE SABLE

 
 

 

Le Monde diplomatique

Histoire

Soldats oubliés du Courneau

par Stephan Ferry & Philippe Lespinasse 

Engagés involontaires dans la fabrication du grand récit national, certains morts sont célébrés sur les monuments ; d’autres pèsent par leur absence et le silence qui les entoure. Sous une butte de sable en Gironde, neuf cent trente-six combattants africains gisent ainsi dans l’anonymat.

gauche de la petite route forestière qui mène de La Teste-de-Buch à la dune du Pyla, près d’Arcachon, se dresse une curieuse butte de sable, couverte de fougères et de pins maritimes. Sous ce tumulus oublié, que certains habitants appellent toujours le « cimetière des Nègres », sont ensevelis un millier de corps, pour l’essentiel des soldats africains des troupes coloniales.

Un panneau à l’entrée du mémorial évoque brièvement l’histoire du camp d’hivernage du Courneau, construit en 1916 à un kilomètre de là. Ses vestiges ont aujourd’hui disparu. Deux stèles rappellent le tragique destin des hommes qui, par centaines, y ont péri. L’une, massive, donne à voir des visages africains sculptés dans la pierre. L’autre, fichée à flanc de tertre, dit en arabe la grandeur d’Allah. La plupart de ces soldats étaient musulmans. Aucun nom n’est mentionné. Seuls figurent des chiffres : « Aux 940 Sénégalais, 12 Russes morts pour la France, 1914-1918 ». Les morts du Courneau, qu’ils soient noirs, malgaches, russes ou français, n’ont pourtant pas toujours été anonymes.

Abrité par les dunes et les pinèdes, situé à proximité d’une canalisation d’eau potable et desservi par une voie ferrée, le camp du Courneau accueille les soldats africains débarqués à Bordeaux, afin de les former au maniement des armes. Il dispose aussi d’un hôpital, où sont soignées les blessures et les maladies contractées sur le front, ainsi que les affections pulmonaires.

En 1916 et 1917, les combats font rage dans le nord-est du pays. Des bataillons de tirailleurs sénégalais (BTS), dont la formation n’est pas toujours achevée, sont envoyés à la bataille de la Somme, à l’assaut du fort de Douaumont ou sur le front d’Orient. Beaucoup s’illustrent par leur bravoure. Quelques jours après son départ du Courneau, le 61e BTS prend ainsi la tranchée de l’Entrepont sous un déluge de neige, de pluie et d’obus.

Le « sang noir » coule et, au Chemin des Dames, le général Charles Mangin gagne son surnom de « boucher des Noirs ».

Au début de chaque hiver, les « Sénégalais » sont retirés des zones de combat, et regagnent les camps d’hivernage de Fréjus, d’Afrique du Nord ou du Courneau pour se reposer, se soigner et reformer des bataillons avant d’être renvoyés au front. Quand ils ne meurent pas de leurs blessures, ou des maladies contractées au camp. A l’occasion d’une visite d’observation à la fin de l’été 1916, le médecin inspecteur Blanchard s’inquiète déjà d’une possible hécatombe : « Bientôt viendront les pluies d’automne, qui tombent ici en abondance. Les conditions seront alors déplorables : les affections respiratoires deviendront infiniment fréquentes et on verra s’abattre sur les troupes noires une effroyable mortalité  ! » La suite lui donnera raison. Avec les premières pluies, ce terrain, qui accueillait autrefois des rizières, se transforme en marécage à l’automne, malgré les drainages entrepris avant l’implantation des baraquements. « Le bruit court que l’intendance aurait passé un marché par adjudication, pour l’achat de milliers d’échasses  », écrit, non sans ironie, le journal humoristique du camp.

Particulièrement sensibles au pneumocoque, les « Sénégalais » tombent malades par milliers. Les six cents baraques de type « Adrian », où séjournent simultanément jusqu’à vingt mille hommes, sont sommaires, impuissantes à faire obstacle aux courants d’air. Des poêles bois-charbon assurent le chauffage, et des lampes à carbure et pétrole permettent un éclairage rudimentaire ; la lessive et les ablutions se font dans le canal ; il n’y a pas d’électricité, sauf pour l’hôpital. Des conditions de guerre, aggravées par l’insalubrité ambiante de ces cahutes au sol en terre battue.

Au total, une cinquantaine d’unités passeront par le Courneau. Un premier soldat meurt le 28 avril 1916, suivi de treize autres en mai. Parmi eux, le 2e classe Dakpé du 42e bataillon, « fils de père et mère dont les noms ne nous sont pas connus », décède le 23 mai ; Mory Bakilé, né à Lambatara, cercle (3) de Bafoulabé, périt le 1er juin ; Moriba Keita, 2e classe né en 1891, originaire de Manikoura, cercle de Bamako, perd la vie le 1er juillet… Trois soldats d’une liste longue et funeste, dont les matricules et les noms sont tous répertoriés.

Alors que le rythme des inhumations s’accélère, quelques hommes politiques s’inquiètent du sort des soldats africains, en particulier Blaise Diagne, premier député noir français. Devant la Chambre des députés, le 9 décembre, il dénonce vigoureusement l’insalubrité et la précarité du Courneau. Mais le « cimetière des Nègres », aménagé à quelques encablures du camp, continue de se remplir.

Un rapport d’enquête fait état de cent neuf décès entre le 1er et le 22 décembre 1916, tous imputables à des affections pulmonaires. Au moins quatre cent vingt et un tirailleurs sénégalais meurent cette année-là, et les tentatives de vacciner les troupes noires contre le pneumocoque se soldent par un échec. Transférés finalement au camp de Fréjus, les « Sénégalais » sont remplacés en octobre 1917 par des soldats russes. Recrutés pour combattre aux côtés de la France avant la révolution bolchevique, ceux-là se sont déchirés en deux camps, et ont dû être retirés du front puis séparés. Onze d’entre eux périssent au Courneau. Puis, les Russes sont remplacés par des unités américaines. Entre mai 1918 et février 1919, quatre-vingt-huit soldats venus des Etats-Unis perdent la vie, victimes pour la plupart de pneumonie et d’influenza.Après la guerre, soixante-six corps sont rapatriés outre-Atlantique et enterrés avec les honneurs militaires ; les autres sont transférés au cimetière américain de Suresnes.

Les soldats africains, décédés entre avril 1916 et octobre 1917 dans les hôpitaux du Courneau et du bassin d’Arcachon, n’ont pas eu droit à de tels égards : neuf cent trente-six reposent encore sous la butte de sable de la nécropole de La Teste-de-Buch, au côté de onze Russes, cinq Malgaches et quatre Français. Soit neuf cent cinquante-six soldats « morts pour la France » dont on connaît les noms depuis longtemps, mais que les autorités ont oublié d’honorer.

Gisant encore, en 1924, dans des sépultures individuelles, avec leur patronyme inscrit sur une planchette, ces soldats tombent ensuite dans l’oubli. A la fin de la seconde guerre mondiale, les dépouilles sont regroupées, et recouvertes de sable et de terre. Une première stèle, très sommaire, est remplacée en 1967 par le monument actuel.

Dans son projet de 1961, l’architecte Henri-Louis Pfihl plaide pour « l’inscription indispensable [des noms des morts] pour éviter un anonymat par trop facile ». Sa proposition, jugée trop coûteuse, reste lettre morte. Dès lors, personne ne se soucie plus officiellement de l’identité des victimes.

Presque partout en France, à Arcachon, Lectoure, Fréjus, ou dans les nécropoles du Nord-Est, le nom des soldats, qu’ils soient blancs, noirs, annamites ou maghrébins, est inscrit sur les sépultures. Pas au Courneau, pourtant un des plus importants ossuaires de tirailleurs sénégalais identifiés en France. « Un particularisme local, suggère Mar Fall, sociologue et universitaire d’origine sénégalaise.

Bordeaux est une ville de consensus politique, où l’on évite d’aborder les sujets qui fâchent. Si nous ouvrons la boîte de Pandore avec les soldats africains de la première guerre mondiale, ou ceux de la seconde guerre, nous arriverons très vite au passé colonial de la ville. »

Et le sociologue de rappeler les débats homériques qui ont secoué la métropole quand il s’est agi d’ouvrir des salles consacrées à l’esclavage au musée d’Aquitaine.

« Bordeaux, ville classée à l’Unesco, a un rapport très compliqué à son histoire, un peu honteux. On n’aime pas trop gratter le vernis, et l’historien qui a travaillé sur la traite [Eric Saugéra] n’est pas bordelais. »

Une explication idéologique pour justifier un déni historique ? « Je ne puis vous donner de réponse, concède M. Alain Rousset, président du conseil régional d’Aquitaine. C’est indigne et contraire aux valeurs de la République. » « Une injustice et une grave erreur, qui sera réparée rapidement, après étude », assure pour sa part M. Alain Marchandeau, directeur du pôle d’entretien des nécropoles nationales et des hauts lieux de mémoire, rattaché au ministère de la défense.

Africains des colonies enrôlés avec la promesse d’obtenir la citoyenneté française, Russes, Malgaches, Français, tous morts pour la France, les neuf cent cinquante-six soldats du Courneau devront peut-être attendre les célébrations du centenaire de la déclaration de guerre pour obtenir la reconnaissance et le respect dus à leur dévouement.

Stephan Ferry

Journaliste.

Philippe Lespinasse

Réalisateur.

08/05/2018

Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

 
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Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

Rappel des faits, par Hassane Zerrouky. Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger.

La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes.

Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l'emblème algérien, scandant des mots d'ordre revendiquant l'indépendance de l'Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d'Algériens répondent à l'appel du PPA.

À Sétif et Guelma, cependant, l'événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux soldats algériens tombés face au nazisme. Mais c'était sans compter avec le préfet de Constantine, Lestrade-Carbonnel, qui a ordonné aux forces de police :

« Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. »

Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants.

Les colons, organisés en milices, participent à la répression.

De pacifiques, les manifestations deviennent violentes. Elles échappent au contrôle des nationalistes, tournent à l'émeute et embrasent tout l'Est algérien. Devant l'ampleur des cortèges de Sétif, mais aussi Kherrata et Guelma, l'administration coloniale fait intervenir l'armée.

Légionnaires, tirailleurs sénégalais et même des prisonniers allemands et italiens sont engagés pour réprimer la révolte : manifestants fusillés sommairement par centaines, femmes violées...

L'aviation mitraille et bombarde les villages de montagne. Le croiseur Duguay-Troin qui se trouvait dans la baie de Bougie bombarde les douars de la montagne kabyle. À Périgotville, près de Guelma, on fusille tous ceux qui savent lire et écrire.

À Chevreuil, Petite Kabylie, c'est par groupes de vingt que des Algériens sont passés par des armes.

Des prisonniers fusillés sont jetés dans les gorges de Kherrata. Parmi eux, Rabah Hanouz, membre de la Ligue des droits de l'homme, et ses trois enfants. À son frère Lounis, juste démobilisé à son retour de France, qui faisait partie du Comité pour l'amnistie des prisonniers, le ministre de l'Intérieur, André Le Troquet, lui demande d'oublier et de tourner la page.

Les dizaines de milliers de manifestants qui ont été arrêtés seront libérés suite à une campagne du PCA qui avait pourtant condamné auparavant ce soulèvement populaire.

Officiellement cette répression a fait 1 500 morts algériens et 110 européens.

Mais selon le général Duval qui a organisé cette répression, il y a eu 7 500 morts.

Quant au général Tubert, membre de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur ces événements, il avance le chiffre de 15 000.

Mais selon les nationalistes algériens, elle a fait 45 000 morts. Au-delà de cette querelle des chiffres, le fait est que les manifestations du 8 mai 1945 ont été durement réprimées et que les auteurs de ce massacre relevant du crime de guerre n'ont jamais été inquiétés. Pis, le général Duval, qui a poussé le cynisme jusqu'à lire une prière à la mosquée de Constantine, déclare alors : « Je vous ai donné la paix pour dix ans. »

Moins de dix ans après, le 1er novembre 1954, débutait la guerre d'Algérie !

 

"Ces événements-là resteront à jamais gravés dans sa mémoire. Lahcène Bekhouche avait dix-sept ans lors du soulèvement du 8 mai 1945 dans le Constantinois.

« Des Algériens avaient participé à la libération de la France. En contrepartie, nous demandions la liberté et l'égalité des droits », raconte le vieil homme.

Pour avoir pris une part active aux manifestations, il fut condamné à mort.

Une sentence finalement commuée en peine de prison. Lahcène Bekhouche sera incarcéré pendant dix-sept ans, jusqu'à l'indépendance, en 1962. ."

 

 

 
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Guelma 1945, un retour de mémoire

Vendredi, 20 Février, 2009
L'Humanité

La liquidation sanglante des premières manifestations du mouvement national algérien annonçait l'explosion ultérieure de violence coloniale.

{{Guelma, 1945. Une subversion française dans l'Algérie coloniale}}, {de Jean-Pierre Peyroulou, préface de Marc Olivier Baruch. Éditions La Découverte, 2009, 408 pages, 32 euros}.

Si, trop longtemps, mai 1945 ne signifia, pour l'homme de

la rue comme pour l'historien, que la victoire sur le nazisme, ce temps est bien révolu. Se sont succédé, depuis quelques années, trois ouvrages de qualité (celui-ci étant le dernier) sur les massacres dont ont été victimes, dans la région du Constantinois, des milliers d'Algériens. Soixante années plus tard, on peut affirmer que, sauf surprise à vrai dire improbable de découverte de nouvelles sources, tous les documents sur ce drame sont désormais accessibles.

L'apport spécifique de l'ouvrage de Peyroulou (*) est la fixation sur une zone géographique unique, celle de Guelma, à l'est de Sétif. Et ce parti pris se révèle heureux. D'abord, parce que toute histoire locale, surtout lorsqu'elle est menée avec cette méticulosité, est riche d'enseignements bien plus généraux. Mais également, dans ce cas, parce que les massacres d'indigènes sont partis de presque rien, si ce n'est la peur de l'autre. Jean-Pierre Peyroulou rappelle en effet que, si à Sétif il y eut bien des Européens tués, de l'ordre d'une centaine, avant la chasse à l'homme, à Guelma, il n'y avait rien eu de tel : une dizaine d'Européens tués, certes, dans des centres isolés, aucun dans le chef-lieu. Mais le fossé entre les communautés était tel que la simple rumeur d'une insurrection générale des Arabes, savamment reprise puis orchestrée par certains administrateurs et élus coloniaux, avait littéralement plongé dans les transes la quasi-totalité de la population européenne.

D'où la constitution d'une milice (mais l'auteur révèle qu'elle avait été créée le 14 avril... trois semaines avant les premiers heurts...) ayant droit de vie et, hélas le plus souvent, de mort, les simulacres de procès par des tribunaux dits de salut public totalement illégaux... L'auteur signale au passage ce que d'autres historiens avaient souligné avant lui : la quasi-unanimité de la participation, ou au moins l'acceptation, des Européens à la répression, toutes tendances politiques, toutes classes confondues. Toutes : le lecteur d'aujourd'hui de l'Humanité parcourra avec douleur, parfois avec horreur, ces pages signalant que des communistes ont partagé ces crimes, que le PCF a qualifié les victimes de provocateurs... C'est à ce prix que la lucidité progresse.

Reste l'essentiel de l'apport de ce livre : la description, presque de l'intérieur, des mécanismes de la montée de la haine raciale. Car, faut-il le rappeler, après l'auteur : « Une grande partie des morts ne fut pas imputable à l'armée, mais aux milices de la région de Guelma. » Et sans doute ailleurs. Rien d'étonnant, dans ces conditions, que beaucoup considèrent que la guerre d'Algérie a commencé à ce moment-là.

(*) Avaient précédé l'étude de Jean-Pierre Peyroulou : Aux origines de la guerre d'Algérie, 1940-1945. De Mers-el-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, d'Annie Rey-Goldzeiguer (Éditions La Découverte, 2002) et Sétif 1945. Histoire d'un massacre annoncé, de Jean-Louis Planche (Éditions Perrin, 2006).

{{Alain Ruscio, historien}}

 

 
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L'autre 8 mai 1945 : massacre colonial à Sétif

Mardi, 9 Mai, 2006
L'Humanité

France-Algérie . « Des douars entiers ont été réprimés avec des moyens militaires. » L'historien algérien Mohammed Harbi revient sur une page sombre longtemps occultée.

De l'autre côté de la Méditerranée, le 8 mai 1945 est une funeste date. Alors que la France fête la Libération, commence à Sétif l'un des plus effroyables épisodes de la répression coloniale. Tôt le matin, ce mardi-là, un cortège de plusieurs milliers d'Algériens se forme à l'entrée de Sétif, bravant l'interdiction du sous-préfet Butterlin. Des drapeaux algériens sont brandis, ainsi que des pancartes où l'on peut lire « Algérie libre », « Libérez Messali Hadj », ou encore « Indépendance ». La foule entonne Min Djibalina (« De nos montagnes »), l'hymne nationaliste. La manifestation s'engage dans la ville. Butterlin donne l'ordre de disperser les manifestants. Des coups de feu partent. Des manifestants tombent. La nouvelle se propage, mettant le feu aux poudres. La révolte gagne les régions de Guelma, Biskra, Bône, Kherata et Constantine. Des fermes coloniales et des bâtiments officiels sont attaqués. À Guelma, des arrestations et des exécutions sommaires d'Algériens inaugurent une véritable Saint-Barthélemy dans tout le Constantinois. La répression, menée par le général Duval, mobilise la marine et l'aviation. Un déchaînement de violence inouï, mobilisant des moyens militaires démesurés, s'abat pendant plusieurs semaines sur les populations algériennes. Retour sur ces événements qui inaugurent une tragique guerre de décolonisation, avec l'historien Mohammed Harbi.

Comment expliquer que ce 8 mai 1945, jour de la victoire sur les nazis, à laquelle ont contribué 144 000 combattants algériens, ait cristallisé un tel déchaînement de violence contre les populations « indigènes » ?

Mohammed Harbi. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, s'est développée une sensibilisation très forte de la population algérienne sur son statut. Certains voulaient l'autonomie, d'autres, déjà, l'indépendance. Les rapports entre les populations ont changé les comportements des Algériens. Ils manifestaient une volonté d'égalité. Cela a entraîné dans la population européenne une véritable psychose. Et la tendance à la répression a commencé à faire son chemin.

Il faut aussi souligner que les forces de gauche étaient dans une stratégie antifasciste qui faisait passer au second rang tous les problèmes posés par les coloniaux.

Peut-on parler d'insurrection en réaction à la répression aveugle conduite par les autorités

coloniales, et donc, en quelque sorte, du premier acte de la guerre d'Algérie ?

Mohammed Harbi. Au regard des documents et témoignages dont nous disposons, on ne peut pas dire qu'il y ait eu, initialement, une tendance à l'insurrection, même si des individus, ici ou là, y pensaient. Il n'y avait absolument rien de préparé, ni d'organisé.

Ces événements sont-ils le point de départ d'une prise de conscience collective plus large, populaire, sur la question nationale ?

Mohammed Harbi. Cela ne fait aucun doute. Un espoir d'émancipation traversait alors la population algérienne. C'est d'ailleurs une tendance lourde dans l'histoire de l'Algérie. Chaque fois que la France s'est trouvée aux prises avec un conflit, une guerre, émergeait chez les Algériens l'espoir du moment propice pour se libérer.

Quels sont les conséquences de ces événements de mai 1945 sur le mouvement national lui-même ?

Mohammed Harbi. On assiste, entre 1945 et 1947, à une réactivation assez rapide de la tradition de la force physique, alimentée par ceux qui pensaient que la conquête de l'Algérie s'étant faite par les armes, la voie pacifique ne pouvait rien donner, qu'il fallait donc se préparer à une lutte armée. Cette tendance, en apparence, était minoritaire. Mais dans la mesure où la population ne croyait pas dans un avenir avec la France, les choses ont pris, à ce moment-là, le chemin de l'insurrection.

Côté Français, le bilan officiel établi à l'époque s'élève à 1 500 morts algériens et 110 européens. Les nationalistes, eux, ont avancé le chiffre de 45 000 morts, un chiffre repris par l'ambassade des États-Unis. Qu'en est-il ?

Mohammed Harbi. Les batailles de chiffres sont toujours trompeuses. Mais il est indéniable que ceux donnés par les Français à l'époque sont largement sous-estimés. L'ampleur exacte de cette répression qui a duré cinq semaines a été dissimulée. Des douars entiers ont été réprimés avec des moyens militaires.

Au gré de l'avancée des recherches, le chiffre des morts a constamment été revu à la hausse. Les approximations selon lesquelles ces événements auraient fait 20 000 à 30 000 victimes algériennes sont de plus en plus crédibles. Elles se rapprochent du chiffre donné par les nationalistes.

Sétif n'est pas la première expression de la révolte contre la domination coloniale. Peut-on dire qu'une résistance s'est perpétuée de façon continue ?

Mohammed Harbi. Cette résistance a pris des formes différentes, mais elle n'a jamais cessé. À partir du début du XXe siècle, elle a revêtu des formes politiques. Mais ici et là, dans les campagnes, a perduré la tradition des rébellions contre l'administration coloniale. Sur le plan politique, le refus d'accepter le sort fait aux Algériens est une constante.

Il a fallu attendre 2005 pour que l'ambassadeur de France en Algérie condamne les événements de mai 1945, qualifiés de « tragédie inexcusable ». Comment expliquer ce silence persistant des autorités françaises ?

Mohammed Harbi. Le président de la République s'est exprimé l'été dernier sur le massacre de Madagascar. Mais il n'a pas dit un mot, jusqu'ici, de celui de Sétif : ce n'est pas un hasard. De larges secteurs de la société française n'ont toujours pas digéré la séparation avec l'Algérie. Le poids des nostalgiques est encore grand. Il a toujours pesé, y compris sur les gouvernements de gauche.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

 

08/03/2017

LEUR LUTTE pour leur émancipation NE DATE PAS D'AUJOURD'HUI

Et les mentalités rétrogrades non plus !

 

1832 : GEORGE SAND est une femme !

D'un homme, elle a toutes les apparences : l'allure, le vêtement, le nom, l'indépendance, jusqu'à sa garçonnière du quai Saint-Michel.

Pourtant, celle qui circule dans les salons en redingote et pantalon et signe son roman Lélia George Sand, n'est autre qu'une ravissante jeune femme aux cheveux noirs, Aurore Dudevant, née Dupin.

Fuyant une union mal assortie, elle a laissé son époux dans son château de Nohant et goûte depuis un an les charmes de la bohème parisienne.

Cette femme de lettres est aussi une femme de coeur : elle doit son pseudonyme à son amant, Jules Sandeau, qui a consenti à lui prêter la moitié de son nom.

Mais les journaux n'ont pas été longs à deviner la supercherie : avec ironie, ils ont loué le style viril et délicat de ce premier roman.

 

1833- Lyon 1er octobre

UNE VOIX SOCIALISTE CHEZ LES FEMINISTES

Grande et brune, Eugénie Niboyet est journaliste. Elle sort son premier numéro du Conseiller des femmes, un hebdomadaire pour les bourgeoises et les ouvrières.

Car il faut se battre sur tous les terrains et aider les femmes à sortir de leur condition.

Leur délier l'esprit et le corps !

Elles sauront tout sur la grammaire, la politique, l'économie, la médecine, la littérature et ... la mode !

L'égérie du socialisme et du féminisme ne doute de rien et espère convaincre les timides ménagères ...

 

1837

PETITION POUR L'EGALITE CONJUGALE

La Charte de 1830 a consacré l'égalité de tous les Français et donc de toutes les Françaises.

Mme de Mauchamps, directrice de La Gazette des femmes, vient en conséquence de présenter à la Chambre une pétition visant à obtenir la suppression de l'article 210 du Code civil ainsi rédigé : "La femme doit obéissance à son mari".

Il lui semble illégitime qu'une moitié de la nation soit subordonnée à l'autre.

 

L'article 212 du même Code ne stipule-t-il pas que "les époux se doivent mutuellement secours, fidélité et assistance ?"

On a objecté à Madame de Mauchamps qu'il était nécessaire dans le mariage qu'une volonté s'impose à l'autre, faute de quoi l'attelage tirant dans deux sens opposés risquait fort de verser ...

 

1844 - Nîmes

LA CAMPAGNE FEMINISTE DE FLORA TRISTAN

Flora Tristan continue son voyage de propagande commencé en avril. Elle vient défendre son journal "L'Union ouvrière", dans lequel elle prône l'union des travailleurs, mais se heurte à l'indifférence.

Elle rencontre le poète et boulanger Jean Reboul, qui lui paraît vaniteux. Elle se fait l'apôtre du féminisme, se montre partisan de l'amour libre, du divorce et de l'abolition de l'esclavage.

Ses rencontres avec le clergé la déçoivent : ici elle s'ennuie deux heures chez le président du consistoire protestant, ailleurs elle affronte un évêque hostile.

Epuisée par la fièvre et poursuivie par la police, elle sent sa fin proche.

 

1867 - DURUY CREE DES COLLEGES DE JEUNES FILLES

Riche année pour l'instruction ! La loi du 10 avril sur l'enseignement primaire a déjà imposé, en théorie seulement il est vrai, la gratuité scolaire.

Victor Duruy, ministre de l'Instruction Publique, s'intéresse à présent à l'éducation des jeunes filles. Il a ainsi proposé la fondation de cours secondaires, mais sans financement officiel ni plan d'ensemble.

Certes, des cours de lettres, de sciences, de langues vivantes et d'histoire se sont ouverts dans une quarantaine de villes un peu au hasard et la plupart du temps sans attribution de locaux fixes.

Cette précarité ainsi que l'opposition de l'Eglise, qui détenait jusqu'alors le monopole de l'instruction des filles, ne permettent guère à ce projet de prendre corps.

 

 

1848 - Paris 25 mars

LES VESUVIENNES POUR LA REPUBLIQUE

Elles ont fière allure et les badauds se retournent sur leur passage. Défilant comme de petits soldats, des compagnies de femmes, vêtues d'un pantalon, d'une redingote à épaulettes et coiffées d'un képi, ont envahi les rues.

Le corps militaire des Vésuviennes vient d'être créé par le citoyen Borme Fils. Les demoiselles, âgées de 15 à 30 ans, s'initient au métier des armes et sont divisées en trois groupes : les ouvrières, les vivandières et les infirmières.

Elles vivent dans une communauté à Belleville où elles sont logées, nourries et payées dix francs par mois.

Leur engagement est d'un an.

Hier, elles se sont rendues à l'Hôtel de Ville pour réclamer, dans l'ordre, le droit de vote, le mariage obligatoire et la participation des hommes aux besognes ménagères.

 

1871 - LES FEMMES DANS LA LUTTE

Les femmes ne sont pas les dernières à jouer un rôle actif dans la Commune. Institutrices, blanchisseuses, lingères, femmes du peuple excédées par leur condition misérable, elles sont des milliers à vouloir se battre jusqu'au bout. Souvent, elles agissent alors que les hommes discutent.

Actives dès le début de la guerre, on les voit maintenant sur les barricades elles soignent, organisent le ravitaillement, remplacent parfois les combattants.

Dans les clubs, elles viennent entendre Louise Michel, Paule Mink, André Léo ou Elisabeth Dimitrieff. Cette aristocrate russe de 20 ans, fille illégitime d'un officier et d'une infirmière et membre de l'Internationale, demande la gestion des ateliers par les ouvrières et l'application de la formule

"A TRAVAIL EGAL, SALAIRE EGAL".

146 ans plus tard, même revendication

 

1880

UNE FEMINISTE FAIT LA GREVE DE L'IMPOT

Hubertine Auclert veut que les femmes votent, et elle le fait savoir... par la grève de l'impôt.

Elle proclame que le terme de "Français" qui désigne les hommes et les femmes quand il s'agit de payer, doit avoir le même sens quand il s'agit de voter.

L'audacieuse qui, depuis 1876, veut attirer l'attention sur les droits politiques des femmes, a réussi aujourd'hui à attirer celle ... des huissiers. Les députés resteront-ils longtemps sourds à de tels arguments ??

 

OUI ASSEZ LONGTEMPS !

 

1880

Louise MICHEL de retour de la déportation

Malgré le quadrillage policier du quartier, une foule nombreuse se presse à la gare Saint-Lazare pour accueillir Louise Michel qui revient de déportation. Pendant son absence, la militante est devenue le symbole de la Commune.

Envoyée au bagne en Nouvelle-Calédonie en 1873, avec ses compagnons de lutte, elle attendit sept ans l'amnistie générale, refusant la mesure de grâce exceptionnelle que ses amis, réunis en comités, cherchaient à obtenir pour elle.

 

Dès le premier jour, elle demanda à être traitée comme les hommes et consacra son temps à l'éducation des Kanaks qui l'adoptèrent.

Ces dures années n'ont entamé en rien sa fougue révolutionnaire et elle compte reprendre rapidement son action.

 

UN LYCEE DE JEUNES FILLES A MONTPELLIER

Le bâtiment est entouré d'un parc et derrière ses murs, les externes et les internes portent des jupes et des cheveux longs.

Pour la première fois en France, on vient d'ouvrir un lycée de jeunes filles. Les élus de la ville ont appliqué la loi votée en décembre 1880 en faveur de l'enseignement secondaire de jeunes filles.

Cette réforme est due à Camille Sée, député républicain et ami de Jules Ferry.

Mais cette ouverture ne va pas sans restrictions ; il n'est pas question d'initier ces demoiselles à la philosophie ou au latin. Et leur diplôme de fin d'études ne sera pas l'équivalent du baccalauréat.

 

 IL Y AURA BIEN D'AUTRES  LUTTES ..

LA LISTE EST LONGUE !

 

Julie et Jeanne... LA TOUTE PREMIERE FOIS ! Le saviez-vous ?

- 1861

Surprise au moment de l'appel ! On découvre une femme parmi les candidats au baccalauréat ! Elle s'appelle Julie Daubié, elle a 37 ans et elle est institutrice.

La première, elle a osé braver les préjugés et les interdits.

Non seulement elle s'est inscrite à une épreuve réservée aux garçons, mais, en plus, elle est reçue !

Par son exemple et son succès,  elle espère enfin ouvrir au sexe dit faible les portes de l'Université et les carrières libérales.

 

 

 PARIS - 1900

Jeanne CHAUVIN va enfin pouvoir exercer la profession qu'elle a choisie. Une loi autorise en effet désormais les femmes à devenir avocates. Elle est la première femme française à avoir soutenu une thèse de droit et ce, malgré l'hostilité dont ont fait preuve à son égard les autres étudiants.

Sa soutenance a déclenché un tel scandale à la faculté qu'elle a dû se terminer à huis clos.

Ses études achevées, elle s'était vu refuser par la profession le droit de s'inscrire au barreau. Une femme, parce qu'elle ne vote pas, ne pouvait pas avoir le sens des responsabilités.

La loi lui donne enfin raison : elle reconnaît Jeanne Chauvin aussi apte qu'un homme à défendre la vérité.

 

PARIS - 1905

PRIX FEMINA : des femmes lauréates

Par 17 voix contre 1, le jury du prix FEMINA vient d'élire la première de ses lauréats, Myriam Harry, pour son roman La Conquête de Jérusalem.

Fondé par la revue La Vie heureuse, ce nouveau prix littéraire tente de réparer une injustice : puisque les femmes sont exclues par principe du Goncourt, il entend récompenser une oeuvre de valeur, quel que soit le sexe de son auteur.

Le jury, composé de femmes de lettres, est présidé par la poétesse Anna de Noailles. Après tout, la littérature et la gloire ne sont pas l'apanage des hommes ! Ces dames ont jugé qu'il était temps de le faire publiquement savoir.

 
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