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08/05/2018

Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

 
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Sétif, Guelma, l'autre 8 mai 1945

Rappel des faits, par Hassane Zerrouky. Le 8 mai 1945, les premiers tirailleurs algériens qui débarquent du croiseur Gloire font une entrée triomphale à Alger.

La presse coloniale fait sa une sur la défaite du nazisme. Le jour même, débutent les manifestations organisées par le PPA à travers les principales villes algériennes.

Brandissant des drapeaux alliés, y compris celui de la France mais aussi l'emblème algérien, scandant des mots d'ordre revendiquant l'indépendance de l'Algérie, portant des gerbes de fleurs devant être déposées devant les monuments aux morts, plusieurs centaines de milliers d'Algériens répondent à l'appel du PPA.

À Sétif et Guelma, cependant, l'événement prend une tournure dramatique. Le matin du 8 mai, avant que ne débute la marche, les manifestants sont invités par les organisateurs à déposer cannes, bâtons et couteaux devant la mosquée de Sétif. Le cortège, précédé par des scouts, devait se rendre au monument aux morts de la ville pour déposer une gerbe de fleurs en hommage aux soldats algériens tombés face au nazisme. Mais c'était sans compter avec le préfet de Constantine, Lestrade-Carbonnel, qui a ordonné aux forces de police :

« Faites tirer sur tous ceux qui arborent le drapeau algérien. »

Le commissaire de police Lucien Olivier ne se fait pas prier : il fait tirer sur les manifestants.

Les colons, organisés en milices, participent à la répression.

De pacifiques, les manifestations deviennent violentes. Elles échappent au contrôle des nationalistes, tournent à l'émeute et embrasent tout l'Est algérien. Devant l'ampleur des cortèges de Sétif, mais aussi Kherrata et Guelma, l'administration coloniale fait intervenir l'armée.

Légionnaires, tirailleurs sénégalais et même des prisonniers allemands et italiens sont engagés pour réprimer la révolte : manifestants fusillés sommairement par centaines, femmes violées...

L'aviation mitraille et bombarde les villages de montagne. Le croiseur Duguay-Troin qui se trouvait dans la baie de Bougie bombarde les douars de la montagne kabyle. À Périgotville, près de Guelma, on fusille tous ceux qui savent lire et écrire.

À Chevreuil, Petite Kabylie, c'est par groupes de vingt que des Algériens sont passés par des armes.

Des prisonniers fusillés sont jetés dans les gorges de Kherrata. Parmi eux, Rabah Hanouz, membre de la Ligue des droits de l'homme, et ses trois enfants. À son frère Lounis, juste démobilisé à son retour de France, qui faisait partie du Comité pour l'amnistie des prisonniers, le ministre de l'Intérieur, André Le Troquet, lui demande d'oublier et de tourner la page.

Les dizaines de milliers de manifestants qui ont été arrêtés seront libérés suite à une campagne du PCA qui avait pourtant condamné auparavant ce soulèvement populaire.

Officiellement cette répression a fait 1 500 morts algériens et 110 européens.

Mais selon le général Duval qui a organisé cette répression, il y a eu 7 500 morts.

Quant au général Tubert, membre de la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur ces événements, il avance le chiffre de 15 000.

Mais selon les nationalistes algériens, elle a fait 45 000 morts. Au-delà de cette querelle des chiffres, le fait est que les manifestations du 8 mai 1945 ont été durement réprimées et que les auteurs de ce massacre relevant du crime de guerre n'ont jamais été inquiétés. Pis, le général Duval, qui a poussé le cynisme jusqu'à lire une prière à la mosquée de Constantine, déclare alors : « Je vous ai donné la paix pour dix ans. »

Moins de dix ans après, le 1er novembre 1954, débutait la guerre d'Algérie !

 

"Ces événements-là resteront à jamais gravés dans sa mémoire. Lahcène Bekhouche avait dix-sept ans lors du soulèvement du 8 mai 1945 dans le Constantinois.

« Des Algériens avaient participé à la libération de la France. En contrepartie, nous demandions la liberté et l'égalité des droits », raconte le vieil homme.

Pour avoir pris une part active aux manifestations, il fut condamné à mort.

Une sentence finalement commuée en peine de prison. Lahcène Bekhouche sera incarcéré pendant dix-sept ans, jusqu'à l'indépendance, en 1962. ."

 

 

 
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Guelma 1945, un retour de mémoire

Vendredi, 20 Février, 2009
L'Humanité

La liquidation sanglante des premières manifestations du mouvement national algérien annonçait l'explosion ultérieure de violence coloniale.

{{Guelma, 1945. Une subversion française dans l'Algérie coloniale}}, {de Jean-Pierre Peyroulou, préface de Marc Olivier Baruch. Éditions La Découverte, 2009, 408 pages, 32 euros}.

Si, trop longtemps, mai 1945 ne signifia, pour l'homme de

la rue comme pour l'historien, que la victoire sur le nazisme, ce temps est bien révolu. Se sont succédé, depuis quelques années, trois ouvrages de qualité (celui-ci étant le dernier) sur les massacres dont ont été victimes, dans la région du Constantinois, des milliers d'Algériens. Soixante années plus tard, on peut affirmer que, sauf surprise à vrai dire improbable de découverte de nouvelles sources, tous les documents sur ce drame sont désormais accessibles.

L'apport spécifique de l'ouvrage de Peyroulou (*) est la fixation sur une zone géographique unique, celle de Guelma, à l'est de Sétif. Et ce parti pris se révèle heureux. D'abord, parce que toute histoire locale, surtout lorsqu'elle est menée avec cette méticulosité, est riche d'enseignements bien plus généraux. Mais également, dans ce cas, parce que les massacres d'indigènes sont partis de presque rien, si ce n'est la peur de l'autre. Jean-Pierre Peyroulou rappelle en effet que, si à Sétif il y eut bien des Européens tués, de l'ordre d'une centaine, avant la chasse à l'homme, à Guelma, il n'y avait rien eu de tel : une dizaine d'Européens tués, certes, dans des centres isolés, aucun dans le chef-lieu. Mais le fossé entre les communautés était tel que la simple rumeur d'une insurrection générale des Arabes, savamment reprise puis orchestrée par certains administrateurs et élus coloniaux, avait littéralement plongé dans les transes la quasi-totalité de la population européenne.

D'où la constitution d'une milice (mais l'auteur révèle qu'elle avait été créée le 14 avril... trois semaines avant les premiers heurts...) ayant droit de vie et, hélas le plus souvent, de mort, les simulacres de procès par des tribunaux dits de salut public totalement illégaux... L'auteur signale au passage ce que d'autres historiens avaient souligné avant lui : la quasi-unanimité de la participation, ou au moins l'acceptation, des Européens à la répression, toutes tendances politiques, toutes classes confondues. Toutes : le lecteur d'aujourd'hui de l'Humanité parcourra avec douleur, parfois avec horreur, ces pages signalant que des communistes ont partagé ces crimes, que le PCF a qualifié les victimes de provocateurs... C'est à ce prix que la lucidité progresse.

Reste l'essentiel de l'apport de ce livre : la description, presque de l'intérieur, des mécanismes de la montée de la haine raciale. Car, faut-il le rappeler, après l'auteur : « Une grande partie des morts ne fut pas imputable à l'armée, mais aux milices de la région de Guelma. » Et sans doute ailleurs. Rien d'étonnant, dans ces conditions, que beaucoup considèrent que la guerre d'Algérie a commencé à ce moment-là.

(*) Avaient précédé l'étude de Jean-Pierre Peyroulou : Aux origines de la guerre d'Algérie, 1940-1945. De Mers-el-Kébir aux massacres du Nord-Constantinois, d'Annie Rey-Goldzeiguer (Éditions La Découverte, 2002) et Sétif 1945. Histoire d'un massacre annoncé, de Jean-Louis Planche (Éditions Perrin, 2006).

{{Alain Ruscio, historien}}

 

 
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L'autre 8 mai 1945 : massacre colonial à Sétif

Mardi, 9 Mai, 2006
L'Humanité

France-Algérie . « Des douars entiers ont été réprimés avec des moyens militaires. » L'historien algérien Mohammed Harbi revient sur une page sombre longtemps occultée.

De l'autre côté de la Méditerranée, le 8 mai 1945 est une funeste date. Alors que la France fête la Libération, commence à Sétif l'un des plus effroyables épisodes de la répression coloniale. Tôt le matin, ce mardi-là, un cortège de plusieurs milliers d'Algériens se forme à l'entrée de Sétif, bravant l'interdiction du sous-préfet Butterlin. Des drapeaux algériens sont brandis, ainsi que des pancartes où l'on peut lire « Algérie libre », « Libérez Messali Hadj », ou encore « Indépendance ». La foule entonne Min Djibalina (« De nos montagnes »), l'hymne nationaliste. La manifestation s'engage dans la ville. Butterlin donne l'ordre de disperser les manifestants. Des coups de feu partent. Des manifestants tombent. La nouvelle se propage, mettant le feu aux poudres. La révolte gagne les régions de Guelma, Biskra, Bône, Kherata et Constantine. Des fermes coloniales et des bâtiments officiels sont attaqués. À Guelma, des arrestations et des exécutions sommaires d'Algériens inaugurent une véritable Saint-Barthélemy dans tout le Constantinois. La répression, menée par le général Duval, mobilise la marine et l'aviation. Un déchaînement de violence inouï, mobilisant des moyens militaires démesurés, s'abat pendant plusieurs semaines sur les populations algériennes. Retour sur ces événements qui inaugurent une tragique guerre de décolonisation, avec l'historien Mohammed Harbi.

Comment expliquer que ce 8 mai 1945, jour de la victoire sur les nazis, à laquelle ont contribué 144 000 combattants algériens, ait cristallisé un tel déchaînement de violence contre les populations « indigènes » ?

Mohammed Harbi. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, s'est développée une sensibilisation très forte de la population algérienne sur son statut. Certains voulaient l'autonomie, d'autres, déjà, l'indépendance. Les rapports entre les populations ont changé les comportements des Algériens. Ils manifestaient une volonté d'égalité. Cela a entraîné dans la population européenne une véritable psychose. Et la tendance à la répression a commencé à faire son chemin.

Il faut aussi souligner que les forces de gauche étaient dans une stratégie antifasciste qui faisait passer au second rang tous les problèmes posés par les coloniaux.

Peut-on parler d'insurrection en réaction à la répression aveugle conduite par les autorités

coloniales, et donc, en quelque sorte, du premier acte de la guerre d'Algérie ?

Mohammed Harbi. Au regard des documents et témoignages dont nous disposons, on ne peut pas dire qu'il y ait eu, initialement, une tendance à l'insurrection, même si des individus, ici ou là, y pensaient. Il n'y avait absolument rien de préparé, ni d'organisé.

Ces événements sont-ils le point de départ d'une prise de conscience collective plus large, populaire, sur la question nationale ?

Mohammed Harbi. Cela ne fait aucun doute. Un espoir d'émancipation traversait alors la population algérienne. C'est d'ailleurs une tendance lourde dans l'histoire de l'Algérie. Chaque fois que la France s'est trouvée aux prises avec un conflit, une guerre, émergeait chez les Algériens l'espoir du moment propice pour se libérer.

Quels sont les conséquences de ces événements de mai 1945 sur le mouvement national lui-même ?

Mohammed Harbi. On assiste, entre 1945 et 1947, à une réactivation assez rapide de la tradition de la force physique, alimentée par ceux qui pensaient que la conquête de l'Algérie s'étant faite par les armes, la voie pacifique ne pouvait rien donner, qu'il fallait donc se préparer à une lutte armée. Cette tendance, en apparence, était minoritaire. Mais dans la mesure où la population ne croyait pas dans un avenir avec la France, les choses ont pris, à ce moment-là, le chemin de l'insurrection.

Côté Français, le bilan officiel établi à l'époque s'élève à 1 500 morts algériens et 110 européens. Les nationalistes, eux, ont avancé le chiffre de 45 000 morts, un chiffre repris par l'ambassade des États-Unis. Qu'en est-il ?

Mohammed Harbi. Les batailles de chiffres sont toujours trompeuses. Mais il est indéniable que ceux donnés par les Français à l'époque sont largement sous-estimés. L'ampleur exacte de cette répression qui a duré cinq semaines a été dissimulée. Des douars entiers ont été réprimés avec des moyens militaires.

Au gré de l'avancée des recherches, le chiffre des morts a constamment été revu à la hausse. Les approximations selon lesquelles ces événements auraient fait 20 000 à 30 000 victimes algériennes sont de plus en plus crédibles. Elles se rapprochent du chiffre donné par les nationalistes.

Sétif n'est pas la première expression de la révolte contre la domination coloniale. Peut-on dire qu'une résistance s'est perpétuée de façon continue ?

Mohammed Harbi. Cette résistance a pris des formes différentes, mais elle n'a jamais cessé. À partir du début du XXe siècle, elle a revêtu des formes politiques. Mais ici et là, dans les campagnes, a perduré la tradition des rébellions contre l'administration coloniale. Sur le plan politique, le refus d'accepter le sort fait aux Algériens est une constante.

Il a fallu attendre 2005 pour que l'ambassadeur de France en Algérie condamne les événements de mai 1945, qualifiés de « tragédie inexcusable ». Comment expliquer ce silence persistant des autorités françaises ?

Mohammed Harbi. Le président de la République s'est exprimé l'été dernier sur le massacre de Madagascar. Mais il n'a pas dit un mot, jusqu'ici, de celui de Sétif : ce n'est pas un hasard. De larges secteurs de la société française n'ont toujours pas digéré la séparation avec l'Algérie. Le poids des nostalgiques est encore grand. Il a toujours pesé, y compris sur les gouvernements de gauche.

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui

 

08/03/2017

LEUR LUTTE pour leur émancipation NE DATE PAS D'AUJOURD'HUI

Et les mentalités rétrogrades non plus !

 

1832 : GEORGE SAND est une femme !

D'un homme, elle a toutes les apparences : l'allure, le vêtement, le nom, l'indépendance, jusqu'à sa garçonnière du quai Saint-Michel.

Pourtant, celle qui circule dans les salons en redingote et pantalon et signe son roman Lélia George Sand, n'est autre qu'une ravissante jeune femme aux cheveux noirs, Aurore Dudevant, née Dupin.

Fuyant une union mal assortie, elle a laissé son époux dans son château de Nohant et goûte depuis un an les charmes de la bohème parisienne.

Cette femme de lettres est aussi une femme de coeur : elle doit son pseudonyme à son amant, Jules Sandeau, qui a consenti à lui prêter la moitié de son nom.

Mais les journaux n'ont pas été longs à deviner la supercherie : avec ironie, ils ont loué le style viril et délicat de ce premier roman.

 

1833- Lyon 1er octobre

UNE VOIX SOCIALISTE CHEZ LES FEMINISTES

Grande et brune, Eugénie Niboyet est journaliste. Elle sort son premier numéro du Conseiller des femmes, un hebdomadaire pour les bourgeoises et les ouvrières.

Car il faut se battre sur tous les terrains et aider les femmes à sortir de leur condition.

Leur délier l'esprit et le corps !

Elles sauront tout sur la grammaire, la politique, l'économie, la médecine, la littérature et ... la mode !

L'égérie du socialisme et du féminisme ne doute de rien et espère convaincre les timides ménagères ...

 

1837

PETITION POUR L'EGALITE CONJUGALE

La Charte de 1830 a consacré l'égalité de tous les Français et donc de toutes les Françaises.

Mme de Mauchamps, directrice de La Gazette des femmes, vient en conséquence de présenter à la Chambre une pétition visant à obtenir la suppression de l'article 210 du Code civil ainsi rédigé : "La femme doit obéissance à son mari".

Il lui semble illégitime qu'une moitié de la nation soit subordonnée à l'autre.

 

L'article 212 du même Code ne stipule-t-il pas que "les époux se doivent mutuellement secours, fidélité et assistance ?"

On a objecté à Madame de Mauchamps qu'il était nécessaire dans le mariage qu'une volonté s'impose à l'autre, faute de quoi l'attelage tirant dans deux sens opposés risquait fort de verser ...

 

1844 - Nîmes

LA CAMPAGNE FEMINISTE DE FLORA TRISTAN

Flora Tristan continue son voyage de propagande commencé en avril. Elle vient défendre son journal "L'Union ouvrière", dans lequel elle prône l'union des travailleurs, mais se heurte à l'indifférence.

Elle rencontre le poète et boulanger Jean Reboul, qui lui paraît vaniteux. Elle se fait l'apôtre du féminisme, se montre partisan de l'amour libre, du divorce et de l'abolition de l'esclavage.

Ses rencontres avec le clergé la déçoivent : ici elle s'ennuie deux heures chez le président du consistoire protestant, ailleurs elle affronte un évêque hostile.

Epuisée par la fièvre et poursuivie par la police, elle sent sa fin proche.

 

1867 - DURUY CREE DES COLLEGES DE JEUNES FILLES

Riche année pour l'instruction ! La loi du 10 avril sur l'enseignement primaire a déjà imposé, en théorie seulement il est vrai, la gratuité scolaire.

Victor Duruy, ministre de l'Instruction Publique, s'intéresse à présent à l'éducation des jeunes filles. Il a ainsi proposé la fondation de cours secondaires, mais sans financement officiel ni plan d'ensemble.

Certes, des cours de lettres, de sciences, de langues vivantes et d'histoire se sont ouverts dans une quarantaine de villes un peu au hasard et la plupart du temps sans attribution de locaux fixes.

Cette précarité ainsi que l'opposition de l'Eglise, qui détenait jusqu'alors le monopole de l'instruction des filles, ne permettent guère à ce projet de prendre corps.

 

 

1848 - Paris 25 mars

LES VESUVIENNES POUR LA REPUBLIQUE

Elles ont fière allure et les badauds se retournent sur leur passage. Défilant comme de petits soldats, des compagnies de femmes, vêtues d'un pantalon, d'une redingote à épaulettes et coiffées d'un képi, ont envahi les rues.

Le corps militaire des Vésuviennes vient d'être créé par le citoyen Borme Fils. Les demoiselles, âgées de 15 à 30 ans, s'initient au métier des armes et sont divisées en trois groupes : les ouvrières, les vivandières et les infirmières.

Elles vivent dans une communauté à Belleville où elles sont logées, nourries et payées dix francs par mois.

Leur engagement est d'un an.

Hier, elles se sont rendues à l'Hôtel de Ville pour réclamer, dans l'ordre, le droit de vote, le mariage obligatoire et la participation des hommes aux besognes ménagères.

 

1871 - LES FEMMES DANS LA LUTTE

Les femmes ne sont pas les dernières à jouer un rôle actif dans la Commune. Institutrices, blanchisseuses, lingères, femmes du peuple excédées par leur condition misérable, elles sont des milliers à vouloir se battre jusqu'au bout. Souvent, elles agissent alors que les hommes discutent.

Actives dès le début de la guerre, on les voit maintenant sur les barricades elles soignent, organisent le ravitaillement, remplacent parfois les combattants.

Dans les clubs, elles viennent entendre Louise Michel, Paule Mink, André Léo ou Elisabeth Dimitrieff. Cette aristocrate russe de 20 ans, fille illégitime d'un officier et d'une infirmière et membre de l'Internationale, demande la gestion des ateliers par les ouvrières et l'application de la formule

"A TRAVAIL EGAL, SALAIRE EGAL".

146 ans plus tard, même revendication

 

1880

UNE FEMINISTE FAIT LA GREVE DE L'IMPOT

Hubertine Auclert veut que les femmes votent, et elle le fait savoir... par la grève de l'impôt.

Elle proclame que le terme de "Français" qui désigne les hommes et les femmes quand il s'agit de payer, doit avoir le même sens quand il s'agit de voter.

L'audacieuse qui, depuis 1876, veut attirer l'attention sur les droits politiques des femmes, a réussi aujourd'hui à attirer celle ... des huissiers. Les députés resteront-ils longtemps sourds à de tels arguments ??

 

OUI ASSEZ LONGTEMPS !

 

1880

Louise MICHEL de retour de la déportation

Malgré le quadrillage policier du quartier, une foule nombreuse se presse à la gare Saint-Lazare pour accueillir Louise Michel qui revient de déportation. Pendant son absence, la militante est devenue le symbole de la Commune.

Envoyée au bagne en Nouvelle-Calédonie en 1873, avec ses compagnons de lutte, elle attendit sept ans l'amnistie générale, refusant la mesure de grâce exceptionnelle que ses amis, réunis en comités, cherchaient à obtenir pour elle.

 

Dès le premier jour, elle demanda à être traitée comme les hommes et consacra son temps à l'éducation des Kanaks qui l'adoptèrent.

Ces dures années n'ont entamé en rien sa fougue révolutionnaire et elle compte reprendre rapidement son action.

 

UN LYCEE DE JEUNES FILLES A MONTPELLIER

Le bâtiment est entouré d'un parc et derrière ses murs, les externes et les internes portent des jupes et des cheveux longs.

Pour la première fois en France, on vient d'ouvrir un lycée de jeunes filles. Les élus de la ville ont appliqué la loi votée en décembre 1880 en faveur de l'enseignement secondaire de jeunes filles.

Cette réforme est due à Camille Sée, député républicain et ami de Jules Ferry.

Mais cette ouverture ne va pas sans restrictions ; il n'est pas question d'initier ces demoiselles à la philosophie ou au latin. Et leur diplôme de fin d'études ne sera pas l'équivalent du baccalauréat.

 

 IL Y AURA BIEN D'AUTRES  LUTTES ..

LA LISTE EST LONGUE !

 

Julie et Jeanne... LA TOUTE PREMIERE FOIS ! Le saviez-vous ?

- 1861

Surprise au moment de l'appel ! On découvre une femme parmi les candidats au baccalauréat ! Elle s'appelle Julie Daubié, elle a 37 ans et elle est institutrice.

La première, elle a osé braver les préjugés et les interdits.

Non seulement elle s'est inscrite à une épreuve réservée aux garçons, mais, en plus, elle est reçue !

Par son exemple et son succès,  elle espère enfin ouvrir au sexe dit faible les portes de l'Université et les carrières libérales.

 

 

 PARIS - 1900

Jeanne CHAUVIN va enfin pouvoir exercer la profession qu'elle a choisie. Une loi autorise en effet désormais les femmes à devenir avocates. Elle est la première femme française à avoir soutenu une thèse de droit et ce, malgré l'hostilité dont ont fait preuve à son égard les autres étudiants.

Sa soutenance a déclenché un tel scandale à la faculté qu'elle a dû se terminer à huis clos.

Ses études achevées, elle s'était vu refuser par la profession le droit de s'inscrire au barreau. Une femme, parce qu'elle ne vote pas, ne pouvait pas avoir le sens des responsabilités.

La loi lui donne enfin raison : elle reconnaît Jeanne Chauvin aussi apte qu'un homme à défendre la vérité.

 

PARIS - 1905

PRIX FEMINA : des femmes lauréates

Par 17 voix contre 1, le jury du prix FEMINA vient d'élire la première de ses lauréats, Myriam Harry, pour son roman La Conquête de Jérusalem.

Fondé par la revue La Vie heureuse, ce nouveau prix littéraire tente de réparer une injustice : puisque les femmes sont exclues par principe du Goncourt, il entend récompenser une oeuvre de valeur, quel que soit le sexe de son auteur.

Le jury, composé de femmes de lettres, est présidé par la poétesse Anna de Noailles. Après tout, la littérature et la gloire ne sont pas l'apanage des hommes ! Ces dames ont jugé qu'il était temps de le faire publiquement savoir.

21/02/2017

LE SAVIEZ-VOUS ? LA FRANCE DE 1790 DIVISEE EN 83 DEPARTEMENTS

france 1790 .jpg

 Leur création remonte au décret du 22 décembre 1789 pris par l'Assemblée constituante de 1789, effectif à partir du

 

En trois mois de travail, le comité de constitution des départements à l'Assemblée, a bouleversé le paysage administratif français. L'ancienne mosaïque qui morcelait la France a été remplacée par quatre-vingt-trois unités de superficie à peu près égale.

Chaque département ainsi constitué a été doté d'un chef-lieu pouvant être atteint par tout administré en une journée de cheval, soit quarante kilomètres.

Le département est divisé en plusieurs districts portant le nom des principales villes.

Députés et autorités locales ont été consultés, ce qui a donné lieu à de multiples controverses, comme dans les LANDES.

DAX, MONT-de-MARSAN et SAINT-SEVER voulaient chacune devenir chef-lieu. DAX pensait s'unir à BAYONNE pour former un département excluant MONT-de-MARSAN. Cette dernière ville tentait, de son côté, d'éliminer DAX par une fusion avec BAZAS.

Après diverses manoeuvres, il a été décidé que le chef-lieu des LANDES serait MONT-de-MARSAN, bien que la ville ne compte que trois mille âmes. Pour contrebalancer cette décision, le tribunal siègera à DAX;

SAINT-SEVER, ville épiscopale, n'avait aucune chance.

 

Actuellement : 101 départements français depuis la départementalisation de Mayotte le

 

 

France_départementale.svg.png

La Restauration conservera les départements et en 1860, la France en comptait 89.

En 1902, les trois territoires civils d'Algérie deviennent 3 départements : Alger, Oran et Constantine. Entre 1955 et 1959, ces trois départements sont subdivisés, voyant la création de 12 autres départements. En 1957, le Sud-Est départementalisé avec la création de deux départements du Sahara. Tous ces départements disparaîtront avec l'indépendance de l'Algérie en 1962.

 

La perte de l'Alsace-Lorraine entraînera la création d'un nouveau département, la Meurthe-et-Moselle (constituée des parties des départements de Meurthe et de Moselle restées françaises) ; ce département subsistera après le retour de l'Alsace-Lorraine en 1918. Le Territoire de Belfort, (partie du département du Haut-Rhin restée française), garda un statut spécial de 1871 à 1922, année où il devint un département.

En 1946 sont créés départements d'outre-mer (DOM) : la Guadeloupe, la Guyane française, la Martinique et La Réunion.

La réorganisation de la région parisienne en 1964, effective en 1968, transforme les deux départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en sept départements : Paris, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val d'Oise

En 1976, le département de la Corse est scindé en deux départements : Corse-du-Sud et Haute-Corse, et Saint-Pierre-et-Miquelon devient le cinquième département d'Outre-mer, statut qu'il abandonne en 1985 pour devenir une collectivité d'outre-mer.

 ****

*

*

 

En janvier 2008, la Commission pour la libération de la croissance française, dite Commission Attali, recommandait de « faire disparaître en dix ans l’échelon départemental 

  En 2014, le Premier ministre Manuel Valls au mois d'avril, puis le président de la République François Hollande le 3 juin, annoncent vouloir supprimer les conseils généraux pour 2020.

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14/02/2017

TUE-LA ! FEMME ADULTERE

 

Résultat de recherche d'images pour "LA FEMME DE CLAUDE alexandre dumas"
 
 
POUR LA FETE COMMERCIALE ET SENTIMENTALE DES AMOUREUX, j'ai eu envie de "détonner" du paysage et partager ce morceau choisi, qui n'a rien de sentimental, après lecture au hasard dans "Chroniques de la France et des Français " que j'adore feuilleter.
 
 
Paris, juin 1872, un an après l'écrasement de la Commune. Un mari meurtrier de sa femme prise en flagrant délit d'adultère est condamné (à cinq ans de prison). Cette condamnation fait scandale à une époque où, conformément au Code Civil, l'homme était toujours acquitté dans ce genre d'affaire... Une avalanche de pamphlets, d'opuscules, d'articles, vont opposer misogynes et féministes, hommes et femmes, catholiques et libre-penseurs, curés et pasteurs, légitimistes, républicains et socialistes.
 
 
 
FAUT-IL TUER LA FEMME ADULTERE ?
 
La question préoccupe écrivains et journalistes. Un fait divers, l'affaire DUBOURG, relance une nouvelle fois la polémique.
Les juges ont encore fait preuve d'une clémence que certains estiment coupable envers un mari trompé qui a tué sa femme et son amant.
Car l'opinion est de moins en moins encline à suivre sans réaction de tels jugements.
Certains trouvent ces moeurs barbares, d'un autre âge, et s'étonnent de les voir tolérées à l'aube du XXe siècle. D'autres ont le sens de l'honneur sourcilleux et, Alexandre DUMAS fils à leur tête, n'hésitent pas à crier "TUE-LA" au mari floué.
 
Les partisans du droit des femmes, de plus en plus nombreux, s'indignent et réclament le droit au divorce et l'égalité devant la loi.
 
 
TUE-LA !
 
Les arguties d’un moraliste : La Femme de Claude
d’Alexandre Dumas fils
 
 
« Tue-la » : telle est la conclusion de la brochure d’Alexandre Dumas fils, L’Homme-Femme, publiée en 1872 :
 
[…] si tu as associé ta vie à une créature indigne de toi ; si, après avoir vainement essayé d’en faire l’épouse qu’elle doit être, tu n’as pu la sauver par la maternité, cette rédemption terrestre de son sexe ; si, ne voulant plus t’écouter ni comme époux, ni comme père, ni comme ami, ni comme maître, non seulement elle abandonne ses enfants, mais va avec le premier venu en appeler d’autres à la vie, lesquels continueront sa race maudite en ce monde : si rien ne peut l’empêcher de prostituer ton nom avec son corps ; si elle te limite dans ton mouvement humain, si elle t’arrête dans ton action divine ; SI LA LOI QUI S’EST DONNÉ LE DROIT DE LIER S’EST INTERDIT CELUI DE DÉLIER ET SE DÉCLARE IMPUISSANTE, déclare-toi personnellement, au nom de ton maître, le juge et l’exécuteur de cette créature. Ce n’est pas ta femme, ce n’est pas une femme ! elle n’est pas dans la conception divine, elle est purement animale, c’est la guenon du pays de Nord, c’est la femelle de Caïn : tue-la !
 
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