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12/11/2017

15. BASHING ANTI-MELENCHON : GAUCHISTE

bashing mediatique anti melenchon

Mélenchon = gauchiste (et aussi Lénine, Trotski, extrémiste…) | Le Figaro Magazine

Ce n’est pas souvent que Mélenchon fait la « une » du Figaro Magazine. Et quand il la fait, ça se voit de loin ! Une belle couverture rouge-sang dans laquelle on voit Lénine, Trotsky et Mélenchon. Tous les trois le doigt tendu, bien sûr. Et ce titre : « Aujourd’hui à l’Assemblée, demain dans la rue ? LE RETOUR DES GAUCHISTES ». Paf, prenez-vous ça dans la tronche, les insoumis : votre leader, c’est un COMMUNISTE ahaha ! Boum, tremblez, bourgeois : les bolchéviks sont dans l’Assemblée et demain ils seront sous vos fenêtres pour vous faire les poches. Léger, quoi.

figaro magazine gauchiste

Et à l’intérieur, ça y va (c’est moi qui souligne) : « Ce sont les arrière-petits-enfants de Léon Trotski. De lui et de Lénine, ils ont hérité le refus de la démocratie libérale, ainsi que la haine du capitalisme et de son économie de marché » ; « Plongée dans cette étrange sphère politique nourrie par les extrémismes et les radicalismes » ; « trotskiste dans sa jeunesse » ; « les mots utilisés empruntent au vocabulaire le plus extrême » ; « des expressions qui ne vont pas manquer de chauffer à blanc ses sympathisants et ses supporters, au risque de les entraîner vers des débordements » ; « Jean-Luc Mélenchon parle sans précaution de “coup d’État social”. Difficile de mener un débat serein quand [il] évoque d’emblée une prise de pouvoir illégale ! » ; « les forces de l’ordre ont du souci à se faire » ; « la violence dans les cortèges » ; « personne n’a oublié les images de ces policiers sortant de leur véhicule en feu et pris à partie par des casseurs » ; « haine anti-flics » ; « Jean-Luc Mélenchon utilise des mots pour provoquer » ; « il légitime en quelque sorte la contestation, voire les violences » ; « classique de l’extrême gauche » ; « il ne pourra pas manquer de commémorer les 50 ans de la mort de Che Guevarra, le 9 octobre » ; « similitudes entre certaines des propositions des amis de Mélenchon et le programme des socialistes révolutionnaires russes de 1917 ».

Si après ça vous n’avez pas les miquettes, on ne sait pas ce qu’il vous faut. Peu importe ici de savoir que Mélenchon a toujours condamné les violences, d’où qu’elles viennent, et qu’il ait clairement dit qu’il condamnait avec la plus grande fermeté le fait de mettre le feu à une voiture de police. Tout ça, Le Figaro Magazine n’en dit pas un mot dans la caricature qu’il dresse du combat des insoumis. Mais bien sûr, ce n’est pas de la propagande, n’est-ce pas ? C’est de l’information neutre et objective.

14. BASHING ANTI-MELENCHON : DEMAGOGUE/ Des pâtes au Palais Bourbon

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Mélenchon = démagogue | Des pâtes au Palais Bourbon

Les 17 députés insoumis arrivés à l’Assemblée, il a rapidement fallu se rendre à l’évidence pour la caste : composer avec eux pendant cinq ans ne va pas être une partie de plaisir. Parce qu’ils ont apporté une manière de faire nouvelle, qui consiste à porter le débat parlementaire hors du seul hémicycle. Avec des méthodes spectaculaires, comme celui d’articuler le travail parlementaire avec la mobilisation populaire, comme dans le cadre de la bataille sur les ordonnances. Ou encore en amenant l’équivalent d’un panier de courses de 5 euros pour dénoncer la baisse des APL.

Alors, évidemment, il a fallu trouver une manière négative de qualifier ce genre de pratiques, largement soutenues par la population si l’on en croit les divers commentaires et messages reçus à ce moment-là. Et le mot a rapidement été trouvé par Gerald Darmanin, ensuite rapidement repris en cœur par certains journaux : « démagogie ». Avec toujours ce double objectif : premièrement, disqualifier la méthode pour ne pas répondre au fond de la critique ; deuxièmement, faire des élus insoumis un repoussoir là où eux cherchent à porter des revendications populaires légitimes.

13. BASHING ANTI-MELENCHON : MACHISTE

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Mélenchon = machiste | Insoumeetic

La bataille menée par les 17 députés insoumis contre les ordonnances sur le code du travail et leurs méthodes de travail spectaculaires comme celle évoquée ci-dessus ont dû quelque peu déstabiliser en haut lieu. D’autant que, dans le même temps, les bourdes à répétition des députés « En Marche » ont commencé à donner l’impression d’une majorité « godillot », aux ordres de Jupiter. Alors, en plein cœur de l’été, la caste a trouvé un nouveau jouet pour taper sur Mélenchon et les insoumis : Insoumeetic et les propos machistes qu’on pouvait y lire.

Qu’est-ce qu’« Insoumeetic » ? Un groupe Facebook tenu par quelqu’un qui se dit insoumis, si l’on en croit les articles de presse, et sur lequel des gens célibataires s’échangent des messages pour tenter de trouver l’âme sœur (si j’ai bien compris). Et dans ce groupe, des propos « beaufs », « machistes », « sexistes » sont tenus sans qu’une modération appropriée soit effectuée pour les supprimer et les interdire, ce qui est clairement un problème.

Il n’en faut pas plus à de nombreux médias pour sauter sur l’occasion et repeindre immédiatement cette initiative en « groupe de rencontre de la France insoumise », comme s’il s’agissait d’un outil officiel. Avec deux angles principaux : premièrement, « c’est sectaiiiire », deuxièmement, les insoumis sont tous des beaufs machistes. Alors entre le 10 et le 17 août, toute la presse s’y met : Le Point, Libération, BFMTV, 20 Minutes, Le Figaro, Le Journal du dimanche, L’Obs, LCI, Le Dauphiné libéré… La palme des titres dégueulasses revenant incontestablement à France info pour « Entre commentaires graveleux et remarques sexistes, le groupe Facebook des “insoumis” dédié aux rencontres dérape », suivi de très près par Atlantico avec « Comment dit-on “est-ce que tu baises ?” dans la langue des Insoumis ? Comme en français ! »

Voilà le niveau d’information et d’investigation auquel est capable d’arriver toute la presse française : aller chercher les commentaires les plus graveleux, les plus machistes, les plus sexistes pour leur donner une audience qu’ils n’auraient pas eus sans eux. Une pratique qui n’a donc absolument rien à envier aux machistes, graveleux et sexistes qui laissaient ce genre de commentaires sur ce groupe Facebook. Mais souligner cela, j’imagine que c’est être « populiste », n’est-ce pas ?

12. MELENCHON : DICTATEUR (de type sanguinaire) / LE VENEZUELAAAAA

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Mélenchon = dictateur (de type sanguinaire) | Le Venezuelaaaaa

Après l’été, la sphère médiatique est revenue à la charge. Avec ? Le Venezuelaaaaa ! Et oui : si ça a servi avant le premier tour, on ne voit pas pourquoi ça ne pourrait pas servir après, n’est-ce pas ? Au milieu de l’été, la député En Marche Aurore Bergé et Le Huffington Post avait tenté de lancer un buzz, mais ça avait foiré. Pourtant le titre était bien violent comme il faut : « Après l’élection ensanglantée au Venezuela, ce vieux tweet de Jean-Luc Mélenchon déterré ». Mais non, le flop.

Alors après les vacances, ils sont revenus à la charge. Sauf erreur, c’est l’indépendant Laurent Joffrin dans l’indépendant journal Libération (qui avait fait une « une » indépendante ayant pour titre : « Faites ce que vous voulez mais votez Macron) qui a ouvert le bal. Avec un titre bien comme il faut : « Mélenchon et le Venezuela : l’inquiétant déni ». Paf ! Ça c’est envoyé ! Il y a « inquiétant », il y a « déni », on peut en faire quelque chose.

Et immédiatement, tout le monde embraye. Le Venezuelaaaaa est de retour sur la scène nationale. Avec toujours cette présentation sans nuance : des morts qui sont la responsabilité du pouvoir en place. Qu’importe si l’opposition utilise des cocktails Molotov ou des armes à feu artisanales. Qu’importe si le processus constituant a reçu un soutien populaire en dépit de l’appel de l’opposition à boycotter. La presse française présente les choses en allant toujours dans le même sens : Maduro est un dictateur sanguinaire. Et, par extension, Mélenchon est donc l’ami des dictateurs sanguinaires.

Où était le tollé de critiques médiatiques quand, en plein cœur de l’été, le nouvel ambassadeur de France remettait ses lettres de créances à Maduro (le sanguinaire, le dictateur) en personne ? Pourquoi personne n’a interrogé à ce moment-là le bras droit d’Emmanuel Macron, Emilien Ismaël, qui a participé activement à l’élection de Nicolas Maduro à la présidence du Venezuela, puisqu’il faisait partie de l’équipe d’Havas responsable de sa communication ?

On le voit : l’indignation sur le Venezuela est sélective. Elle est utilisée comme un outil de disqualification politique. Un peu comme la Russie il y a quelques temps (mais depuis, Macron a invité Poutine à Versailles, donc ça marche moins). Une indignation sélective qui ne touche pas, par exemple, l’Arabie saoudite. Sinon, on demanderait probablement à François Hollande ce qu’il pense du fait que les armes vendues à ce pays sous son mandat servent peut-être aujourd’hui à faire appliquer un blocus contre le Yemen dénoncé par l’ONU comme pouvant provoquer une famine qui causerait « des millions de morts ». Indignations sélectives.

11. BASHING ANTI-MELENCHON : ABRUTI comme ses 7 millions d'électeurs . E. BRUNET

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Mélenchon = abruti (comme ses 7 millions d’électeurs) | Éric Brunet

À propos d’indignations sélectives, on peut se demander une chose. Pourquoi la sphère médiatique n’a-t-elle pas dénoncé les propos d’un de ses membres, Éric Brunet, lorsqu’il a traité les électeurs de Jean-Luc Mélenchon de « 19% d’abrutis qui pensent que Hugo Chavez ou Maduro peut sauver la France » ? La réponse tient dans la question : la sphère médiatique ne s’indigne jamais pour les « outrances », « éructations », « insultes », etc. d’un de ses membres.

Et quand Jean-Luc Mélenchon a répondu à Éric Brunet dans une de ses notes de blog pour dire qu’il fallait que cesse ce genre d’insultes attisant la haine contre les insoumis, au risque de les mettre physiquement en danger, un journaliste du Canard enchaîné ayant lu ladite note en diagonale s’est mis à dire que Mélenchon en appelait à la violence contre les journalistes ! Pourquoi ? Parce qu’il avait lu cette phrase : « je mets en garde solennellement : la hargne contre les insoumis et leurs porte-paroles pourrait un jour mal tourner et inspirer des violents ». Phrase tirée de l’extrait suivant, très clair sur le sens dans lequel pèse la menace :

En fait, monsieur Brunet s’est laissé entraîner. Il a perdu son sang-froid. C’est un effet de foule. Dans une horde médiatique glapissante écumante de haine, il a été emporté ! Je suis prêt à comprendre et même à pardonner puisqu’on ne doit pas excuser de tels comportements. Mais je mets en garde solennellement : la hargne contre les insoumis et leurs porte-paroles pourrait un jour mal tourner et inspirer des violents. Je suppose que les plus orduriers diront alors que nous l’aurons bien cherché. Mais je crois connaître assez bien nombre de ceux qui nous attaquent, et en ont bien le droit, pour savoir que ce n’est pas ce que tous veulent. Alors je leur dis : pas comme ça, pas avec ces mots, pas avec cette violence. Ça va trop loin ! Depuis la quinzaine qui a précédé le premier tour de l’élection présidentielle, tous les coups sont permis contre « La France Insoumise » dans les médias. Non seulement il n’y aura pas eu un jour de pause mais, dorénavant, non seulement la violence mais les provocations ont monté d’un cran.

 
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