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15/05/2017

MELENCHON : NE DONNEZ PAS LES PLEINS POUVOIRS A MACRON

LE PETIT JEUNOT FAIT DU NEUF AVEC DU VIEUX

14/05/2017

DISCOURS DE Jean-Luc MELENCHON A LA CONVENTION LEGISLATIVE

Ce samedi 13 mai se tient la convention législatives de la France insoumise. A 16h30, Jean-Luc Mélenchon fera un discours de conclusion. Participez sur les réseaux-sociaux avec le hashtag #LégislativesFi.

Législatives. Jean-Luc Mélenchon « Nous sommes candidats partout avec un objectif : gouverner le pays »

Julia Hamlaoui
Samedi, 13 Mai, 2017
Humanite.fr
Un millier de personnes ce samedi à Villejuif pour le lancement national de la campagne des législatives de la France insoumise. (Photo AFP)
Un millier de personnes ce samedi à Villejuif pour le lancement national de la campagne des législatives de la France insoumise. (Photo AFP)

La France insoumise est officiellement entrée en campagne pour les législatives lors de sa convention nationale, ce samedi 13 mai 2017 à Villejuif dans le Val-de-Marne.

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La France insoumise (FI) a réuni samedi à Villejuif plus de 1000 de ses candidats, titulaires et suppléants, et directeurs de campagne, selon les organisateurs, pour la deuxième convention nationale du mouvement consacrée au lancement de la campagne des législatives. Après les prises de parole de personnalités investies par FI pour le scrutin de juin, comme l'humoriste Gérald Dahan, la championne du monde de kick-boxing Sarah Soilihi ou encore le réalisateur de Merci patron ! François Ruffin, le fondateur du mouvement, Jean-Luc Mélenchon a prononcé un discours d’une heure, entre bilan de la présidentielle et entrée en campagne.

« Nous sommes candidats partout avec un objectif : gouverner le pays, constituer une nouvelle majorité », a-t-il d’emblée lancé répétant ensuite à plusieurs reprises : « nous ne sommes pas là pour une personne, ni même pour 577, mais pour un programme », l’Avenir en commun qu’il a défendu lors de l’élection présidentielle dont le résultat sera, selon lui, « un nouveau point d’appui ».

La vidéo du discours de Jean-Luc Mélenchon

Balayant les critiques à propos des « parachutages », alors que lui-même se présente à Marseille (Bouches-du-Rhône), Jean-Luc Mélenchon a estimé que « nous sommes continuellement des parachutés : personne ne choisit où il est mis au monde ».

"(VALLAUD et Najad VALLAUD-BELKHACEM iront respectivement dans une circonscription des Landes et à Villeurbanne sans que ça gêne quiconque et ce sont les mêmes qui critiquent JL M.. Ils ont la critique partisane ces pauvres malheureux de Benoît)." Miche

Il a également tenté d’évacuer les « polémiques » à propos de la signature de la charte que FI exige de ses candidats, en partie source du désaccord pour les législatives avec le PCF qui refuse de se présenter sous l’unique étiquette de ce mouvement. C’est « la garantie pour nos électeurs que ce pour quoi ils votent sera respecté par ceux qu’ils ont élus », a plaidé Jean-Luc Mélenchon envoyant au passage une pique au député Front de gauche qui a voté contre le mariage pour tous. « La condition numéro un que nous posons, à quelques exceptions près, à ceux qui veulent faire équipe avec nous c’est qu’ils déposent leur candidature en tant que France insoumise », a-t-il également insisté. Ces « exceptions », qui n’ont pas eu à signer la charte exigée  des autres candidats FI, concernent la député communiste sortante Marie-George Buffet, la porte-parole d’Ensemble !, Clémentine Autain, le député écologiste Sergio Coronado, la députée réunionnaise Huguette Bello et le journaliste François Ruffin, a listé l’animatrice du comité électoral de FI, Martine Billard. Une liste auxquels s’ajoutent les députés communistes sortant ayant parrainé Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (2) , a annoncé son directeur de campagne, Manuel Bompard.

Du "pour" le programme de la France insoumise et du "contre" Macron

L’ex-candidat à la présidentielle a également fait du nouveau président Emmanuel Macron, le « seul interlocuteur politique » valable. Et de dessiner les thèmes d’une campagne que le fondateur de la France insoumise souhaite « nationale » : contre la casse du code du travail par ordonnances, contre la réduction du nombre d’élus au parlement, contre le grand carénage de 19 centrales nucléaires, contre le Ceta ou encore les 50 milliards d’économie budgétaire… autant de projets dans les cartons du président En Marche !.

Au-delà de la constitution d’une force d’opposition, Jean-Luc Mélenchon a engagé les électeurs qui s’étaient porté sur sa candidature à voter en juin pour permettre une « cohabitation » : « Votez aux législatives pour la France insoumise. On n'a pas envie de devoir être «contre». On veut enfin pouvoir être «pour» ».

 

13/05/2017

LE MARIAGE EN CHALOSSE (Landes) : le saviez vous ?

Les prochaines rencontres inter-générationnelles auront lieu au Café de la Paix, le dimanche 14 Mai à 10H30 et le Dimanche 18 juin à 10H30.

Ces rencontres permettent à tous les passionnés de notre village et des alentours d'échanger et de se remémorer l'Histoire de Habas, d'Antan à nos jours.

Organisé par l'Association Culture et Loisirs de Habas.

RENCONTRES INTER GENERATIONS 2EME TRIMESTRE
LE THEME EN EST LE MARIAGE
apparemment
Alors j'ai pris un peu d'avance
quelques extraits de mes almanachs landais

 

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Selon la tradition en CHALOSSE, chaque demande en mariage faisait l'objet d'un repas chez la future mariée.

 

Il y a de cela un siècle, la tradition dans les Landes voulait que l'amoureux transi était convié, accompagné de ses parents, à s'attabler chez les futurs beaux-parents. Le repas se déroulait, de l'entrée au dessert. A cette issue, la décision des parents de la belle était fixée par ... une assiette de noix. Ainsi, si la demande en mariage était refusée, seuls les fruits à coque, alors disposés sur la table, pouvaient consoler le malheureux. 

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Si le père de la fille acceptait de "causer" on allait chercher la longue de vin.

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Le repas terminé, les amies de la fiancée s'amusaient à éparpiller par la cuisine les cendres du foyer, que la jeune fille devait, au fur et à mesure, balayer et ramener dans l'âtre. De là l'expression : ha brase, "faire de la cendre" signifiant "faire les accords".

C'était au temps du Carnaval que les mariages étaient les plus nombreux, le clergé exigeant pendant l'Avent et le Carême une rétribution plus élevée.

Les mariages célébrés en mai étaient, dit-on, malheureux. La coïncidence du mariage simultané de deux frères et de deux soeurs passait, également, pour être de très mauvais augure.

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Les jeunes filles devaient, avant le mariage, confectionné le trousseau. Quelques jours avant le mariage, le futur marié, se rendait au domicile de sa fiancée pour lui remettre divers cadeaux qu'il avait apporté (dé, ciseaux, etc.).

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Il lui passait alors une ceinture autour de la taille ; cela s'appelait "ceinturer la noce".

Lorsqu'une jeune fille n'était pas en mesure de se procurer les objets nécessaires à son trousseau, il était de tradition en CHALOSSE, qu'elle pouvait aller de maison en maison quêter le lin. Et, la quenouille chargée de ce lin à la main, elle filait ou avait l'air de filer le long de la route.

Les invitations au mariage se faisaient par l'intermédiaire d'un voisin ou d'un ami, le casse-can (chasse-chien). Il battait la campagne pour convier les parents, les amis, à assister à la messe et à la fête. Chaque famille invitée lui remettait un bouquet ou un ruban, signe qu'il s'était acquitté de sa mission.

C'était souvent le premier voisin "lou permé bésin" qui jouait le rôle de "cassecan" et "d'imbitedous". Ils se déplaçaient par groupes de deux, ils étaient munis de bâtons, afin de se défendre contre les chiens des diverses propriétés. D'où le nom de casse-can - chasse-chien-.

Dans les demeures, ils buvaient un verre, le traditionnel "piquepoult" et la donzelle invitée ornait la canne de "l'imbitedous" d'un ruban, généralement de la couleur de la toilette prévue pour le jour du mariage.

Deux ou trois jours avant le mariage, le "porte-leyt" ou "porte-lit" consistait en un transport du lit et de l'armoire, chez le fiancé. Le "nobi" avait fourni le bois du lit et la "nobi" la garniture. L'armoire provenait de chez la fiancée. Toutes ces cérémonies étaient agrémentées de chants en gascon.

Concernant le costume de mariage, les hommes se mariaient toujours en béret.

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Les femmes portaient soit un mouchoir, soit une couronne de fleurs d'oranger ou de fleurs artificielles.

Le père de l'épouse place la couronne sur la tête de sa fille, en présence des donzelles et des donzelons désignés par le fiancé. Le premier donzelon du fiancé procède ensuite, au cintrage de la nobi : il attache une belle ceinture de soie blanche à la taille de l'épouse.

Il était de coutume de cacher une pièce de monnaie dans l'empeigne du soulier de l'époux, et neuf grains de mil dans celle de la chaussure de l'épouse (ce geste symbolique signifiait que le mari devait subvenir aux besoins du ménage et la femme soigner la basse-cour).

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Les grains de mil constituaient également un rite de défense contres les sorcières qui ne pouvaient nuire à l'épousée qu'après avoir compté les grains, opération qui les occupait jusqu'à la fin de la cérémonie, écartant ainsi les sortilèges.

 Au passage du cortège, en direction de l'église, des amis ou des parents offraient des rasades de piquepoult.. La fiancée entrait dans l'église au bras de son parrain et s'agenouillait à côté de son fiancé, en prenant soin de placer, sous les genoux du nobi, un peu de sa robe.

Durant le repas de noce, les nouveaux époux faisaient le tour de la table et trinquaient avec tous les invités.

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Dès qu'ils avaient regagné leur place, le parrain et la marraine, profitant  de l'inattention générale, subtilisaient les verres des mariés et jetaient le vin qui avait servi à trinquer, afin que quelque ami malveillant ne puisse l'utiliser pour quelque sortilège.

Le festin avait lieu soit dans la maison, soit dans les chais, pour les familles aisées.

C'était l'occasion de montrer aux invités que l'on possédait quelques biens. Draps blancs, fleurs, guirlandes de buis et de feuilles de laurier, décoraient à merveille la salle de réjouissances.

Dans certaines familles, chaque invité pouvait apporter son "écot" sous forme de victuailles ou de vin. Le menu se composait souvent d'un potage gras -avec le jus de poule farcie-, du boeuf aillé, d'un plat de sauce relevé "L'alicot" préparé avec des foies, des gésiers et les abattis de volaille. Venaient ensuite les rôtis, le tout arrosé de vieilles bouteilles mises en réserve dans les métairies. Le banquet se terminait par la tarte feuilletée et le pastis.

Après le repas très copieux, pendant que les invités dansaient tard dans la nuit, au son de l'accordéon et du tambourin, avec polka, mazurka, scottisch, quadrille... la mariée était conduite à la chambre nuptiale par un ou deux contre-époux (invités) et par la couturière, qui l'aidaient à se déshabiller.

Une heure après le coucher des mariés, les contre-époux (invités) frappaient à la porte et pénétraient dans la chambre, apportant un saladier contenant du vin chaud agrémenté de sucre et de cannelle, dans lequel nageait une tranche de pain grillé, la roste, pour retrouver quelques vigueurs.

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Les époux buvaient ce vin et trinquaient avec les contre-époux. Plus tard le vin a été remplacé par du thé.

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Un concert bruyant "le charivari" était offert aux veufs ou veuves remariés avec casseroles et chaudrons.

DES CAVALIERS DU FROID AUX SAINTS DE GLACE / le saviez-vous ?

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Qui n'a jamais dit "Mi-mai, queue d'hiver".

Ces résidus, on les appelle les saints de glace

et le tiercé gagnant se situe les 11,12 et 13 mai

avec Mamert, Pancrace et Servais.

Cavaliers du froid

Appelés aussi grands chevaliers. Ils s’échelonnent du 23 avril au 6 mai.

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En mai, si à l'horizon se dessinent les douces températures du printemps, quelques résidus de la rude saison sont susceptibles par surprise de nous jouer de vilains tours. Ils n'ont pas été froids cette année. Mais il est vrai qu'en général un certain abaissement de la température se produit au milieu de mai.

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Les météorologistes expliquent cela, comme ils expliquent aussi tous les autres phénomènes atmosphériques. Il sont, on le sait, réponse à tout et, si leurs commentaires sont parfois aussi arbitraires que leurs pronostics sont hasardeux, du moins ne restent-ils jamais coi.

L'imagination populaire non plus ne reste jamais coi. Elle aussi, a réponse à tout. Il fait froid au milieu du joli mois de mai. Alors, elle dit: -Ce sont les saints de glace! Les météorologistes disent: C'est la lune rousse! Il y a peut-être quelque prudence à ne pas croire l'une de ces deux explications infiniment plus démonstrative que l'autre et à réserver autour des phénomènes un peu d'incertitude, une marge où noter des restrictions.

S'il y a tant de mystère dans les événements d'ici-bas et si la pluie, le vent, l'arrivée de la neige, le froid, les belles soleillades, les splendides chaleurs n'ont pas dit à l'oreille des savants leur dernier mot, il y a une fine sagesse à considérer la nature sans arrogance. Le sage ne fait pas trop de différence entre une explication météorologique par la lune rousse et le naïf témoignage des bonnes gens qui attribuent aux saints Mamert, Pancrace et Servais des volontés habituellement glaciales.

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 Ils sont trois saints. On les rend coupables d'apporter du froid à la mi-mai. De nos jours, ces fameux saints de glace ne laissent aucun jardinier indifférent: prenez garde, attendez avant de planter tomates ou fleurs nous conseillent les experts!
Autrefois implorés pour protéger les plantations des agriculteurs et sourds à leur prière, semble-t-il, on les a soupçonnés d'être ceux qui font apparaitre les gelées tardives.

Les SAINTS DE GLACE sont aussi appelés  “marchands de vin” pour leurs mauvaises manières faites aux vignes. Saints aux patronymes peu usités : Mamert (11), Pancrace (12), Servais (13). Il faut y ajouter Boniface le 14. « Saint Servais, Saint Pancrace, Saint Mamert/Font tous les trois un petit hiver », dit un dicton du Bourbonnais. Mais attention, il y aura saint Urbain le 25, il tient l’avenir dans sa main. Soit il brise la glace et l’été vient, soit il gèle tout…

 

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La lune rousse.

C’est la lunaison qui suit le dimanche de Pâques. Elle est donc très tardive cette année, du 26 avril au 25 mai. En raison des nuits claires qu’elle promet, elle est propice à accompagner les gelées blanches à l’aube. Et on vous dira dans le Velay : « L’hiver n’est point passé/Que lune rousse n’ait décliné. » Ce sera alors Saint Urbain (le 25 mai) et son dicton réjouissant : « Soleil de Saint Urbain/ Pormet année de bien. »

 

Aujourd'hui dans le calendrier point de trace de ces saints: ils sont remplacés par sainte Estelle, saint Achille et sainte Rolande.

L'église catholique a souhaité abandonner ces saints liés aux inquiétudes agricoles, mais sur certains almanachs, on peut encore trouver les noms anciens associés aux plus récents

 

 

PROLONGER LE REFUS, RECONSTRUIRE L'ESPOIR

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Prolonger le refus, reconstruire l’espoir

Gauche absente au second tour, digues fragilisées contre le FN, faible vote de conviction pour le président, issue incertaine des législatives, opportunités pour la gauche de gauche… Roger Martelli analyse les enseignements de la présidentielle.

1. Pour la troisième fois depuis que le président de la République est élu au suffrage universel, la gauche était absente du second tour. La nouveauté est que, cette fois, la mésaventure est advenue, en même temps, à la gauche et à la droite de gouvernement. Pour les deux blocs qui se partageaient l’Assemblée nationale, la plupart de leurs électeurs se sont trouvés placés devant, au mieux, un choix par défaut.

Le résultat est dans les chiffres : au moins 25% d’abstentions et 8,8% de votes blancs ou nuls. Au total, un électeur sur trois a dit qu’on le contraignait à un choix impossible. C’est à peine moins qu’en 1969 (le total des abstentions et du vote blanc s’élevait alors à 35,6%). On retiendra cette fois le signal particulier que donne le niveau record des votes blancs, qui double presque par rapport à ses scores les plus élevés de 1995, 2012, 1969 et 2012. Alors que l’abstention est à la fois un phénomène social (la mise à l’écart des catégories populaires) et un indice d’insatisfaction politique, le vote blanc est un acte politique conscient, propre à une population souvent éduquée et politisée. Voici quelque temps que se renforce l’idée que ce vote doit être comptabilisé comme un choix à part entière : le scrutin présidentiel de 2017 renforce sans conteste cette exigence.

 

2. Le score du Front au premier tour et le résultat du second suggèrent que les digues existent encore, qui empêchent l’extrême droite d’accéder au pouvoir, comme elle a pu y parvenir dans d’autres pays, y compris au sein de l’Union européenne. Mais nous constatons aussi, une fois de plus, que ces digues sont moins étanches que par le passé. La peur d’une victoire du Front national est désormais contrebalancée par les colères qui se portent contre ceux que le système électoral majoritaire place face à elle au second tour. Le "tout sauf le FN" n’a plus la vigueur qui était la sienne naguère.

Le Front obtient certes un résultat inférieur à ses attentes, moins élevé que ne l’annonçaient les sondages de début de campagne, moins fort que ne le suggéraient les élections départementales et régionales de 2015. Mais il a malgré tout confirmé la conjonction préoccupante d’une influence nationale réelle et d’une implantation territoriale solide, notamment dans la France du Nord, de l’Est et du Sud-Est (voir les données citées plus loin).

Il ne sert à rien, alors, de mettre en cause ceux qui ont considéré qu’ils n’avaient pas à choisir entre la mondialisation et l’exclusion nationale. La responsabilité est à chercher du côté de ceux qui ont érodé le sens du conflit séparant historiquement la droite et la gauche, autour de la question de l’égalité et de la liberté. À force de préférer la compétitivité, la flexibilité, l’équilibre budgétaire, l’état de guerre et l’état d’urgence, on finit par nourrir l’idée que la gauche et la droite se sont rejointes en acceptant les normes de la concurrence et de la gouvernance.

L’extrême droite reste un mal absolu, aujourd’hui comme hier. Mais il n’est plus possible de continuer à gérer la France comme avant, et cela imperturbablement pendant cinq ans, pour appeler in extremis au rassemblement contre la droite extrême.

Cette stratégie est vouée à l’échec, à très court terme. Marine Le Pen a d’ores et déjà doublé le score de son père, quinze ans plus tard. La politique impulsée demain par le nouvel hôte de l’Élysée a toutes les chances d’accroître la colère et, au-delà même, de nourrir le ressentiment qui pousse aux actes désespérés. Le second tour de 2002 était un signe inquiétant ; celui de 2017 doit être pris comme le fracas d’un tocsin.

Les territoires qui se vivent à juste raison comme voués à une certaine marginalité et au déclin, les catégories populaires les plus fragilisées par le recul de l’État-providence ont fini par s’habituer, trop souvent majoritairement, à l’idée que le Front national est pour eux l’ultime recours, dans une logique de fermeture et de repli. C’est à cela qu’il convient désormais de s’attaquer, pour éradiquer les impasses de situations électorales qui, avec le temps, paraissent à beaucoup comme ouvrant sur des choix impossibles.

Le temps des apprentis sorciers, qui ont nourri cette trajectoire, devrait être résolument forclos. Le vote Mélenchon a montré qu’il est une seule façon de stopper l’avancée du Front national : en lui opposant une gauche bien à gauche, populaire, ancrée dans ses valeurs fondatrices et capable de les moderniser.

Quelle qu’ait été la configuration frustrante du second tour, c’est son résultat qui a été l’événement le plus marquant de toute la séquence électorale.

 

3. Emmanuel Macron a, sans surprise, obtenu un large écart avec son adversaire du second tour. Mais, des deux candidats, il est celui qui a recueilli la part la plus faible des votes de conviction. Le nouvel élu ne peut donc se prévaloir d’une majorité de soutien aux options qu’il a énoncées au fil des mois. Il a bénéficié du refus que suscite encore le parti frontiste ; cela ne fait pas oublier qu’au premier tour – celui, où l’on choisit en principe – il n’a pas atteint les 25% des suffrages exprimés.

En approchant les 44% des électeurs inscrits, il n’est certes pas le président numériquement le plus mal élu des annales du scrutin présidentiel (voir tableau ci-après). Il est bien au-dessus de Georges Pompidou en 1969 ou de Jacques Chirac en 1995. Mais il est loin des 60% de ce dernier en 2002. En fait, si l’on additionne la part des électeurs de François Fillon et ceux de Jean-Luc Mélenchon qui se sont portés sur lui contre Marine Le Pen (ils seraient autour de la moitié dans les deux cas), il n’est pas si loin de son pactole électoral du premier tour. Il pourrait être, dès lors, le président qui dispose des bases les plus fragiles pour le fameux "état de grâce" que l’on promettait autrefois aux nouveaux élus.

 

4. On sait qu’une élection d’un nouveau président ne vaut que si elle s’adosse à des élections législatives qui lui donnent la base parlementaire dont il a besoin pour gouverner. La logique majoritaire des institutions lui assure théoriquement un avantage en ce sens et, jamais jusqu’alors, un président n’a manqué au départ du bloc nécessaire pour appliquer son programme.

Mais nous ne sommes plus dans cette époque, construite par le général de Gaulle, où l’esprit des institutions allait de pair avec l’état du dispositif politique. Pendant longtemps, le principe majoritaire s’est appuyé sur un affrontement clair entre la gauche et la droite et, dans chaque camp, une force politique pouvait jouer un rôle dominant. Or ce modèle est doublement remis en cause, par les aléas d’un clivage épuisé par les gestions suivies de part et d’autre, et par la perte de légitimité du système partisan lui-même. La présidentielle qui vient de s’achever a confirmé la crise des identifications politiques et l’éclatement du paysage général en quatre grands ensembles, à peu près équivalents en impact et par ailleurs plus ou moins cohérents.

Le caractère quasiment automatique du lien entre les consultations présidentielle et législatives n’est donc plus assuré comme par le passé. A priori, le nouveau président ne manque pas d’atouts dans la confrontation électorale qui va s’ouvrir. Il dépasse les 25% dans 190 circonscriptions métropolitaines et les 20% dans 412 d’entre elles. Arithmétiquement, la seule qui l’approche est Marine Le Pen, qui bénéficie même d’une implantation plus ancienne que la sienne. Mais l’arithmétique et la politique ne font pas toujours bon ménage.

Les quelques données de sondage disponibles laissent prévoir pour l’instant une dispersion comparable à celle du premier tour présidentiel. Selon Ipsos, une majorité de sondés ne souhaite pas qu’Emmanuel Macron ait une majorité absolue de députés pour conduire sa politique. Quant à l’Ifop et à Harris Interactive, ils testent les premières intentions de vote : 22 à 26% pour des candidats d’En marche !, 20 à 22% pour la droite gouvernementale, 20 à 22% pour le FN, 8 ou 9% pour le PS, 3% pour EE-LV.

La France insoumise est placée de 13 à 16% et le PCF à 2%.

De façon plus générale, si l’élection législative, accolée à la présidentielle depuis l’instauration du quinquennat, avantage par nature le président désigné, elle inclut des paramètres locaux qui peuvent brouiller la logique institutionnelle. Macron a ainsi pour lui sa position à la tête de l’État ; la droite gouvernementale a pour elle la densité de ses réseaux locaux.

 

5. Quant à la gauche de gauche, elle a des possibilités non négligeables que confirment les données de sondage. Elle avait mal réussi le passage de la présidentielle aux législatives en 2012. Elle peut bénéficier demain de la dynamique exceptionnelle du vote Mélenchon. Dans une quarantaine de circonscriptions, celui-ci a réuni plus de 30% des suffrages exprimés et plus de 25% dans 66 d’entre elle. D’ores et déjà, une part importante de cet électorat affirme son intention de prolonger son vote aux législatives.

Mais l’une des conditions pour passer d’un scrutin à l’autre est l’unité totale des forces qui ont soutenu la candidature du leader de la France insoumise. La force qu’il a constitué sous ce label a fait la preuve de son efficacité. À ce titre, elle est habilitée à rassembler, sans pour autant qu’il soit besoin de contraindre à se rallier à elle tous ceux qui n’ont pas fait aujourd’hui le choix de rejoindre le nouveau mouvement.

Dans une enquête réalisée par You Gov pour le Huffington Post, plus des deux tiers des personnes interrogées à la fin avril (69%) considèrent que le Front de gauche est uni, ce qui constitue un pourcentage nettement plus élevé que pour toutes les autres composantes partisanes. Le chiffre est plus important encore chez les sympathisants de la gauche de gauche (71%) et surtout chez les plus jeunes, qui ont été un noyau de la dynamique Mélenchon en 2017 (71%%).

Tous ceux-là ne peuvent être déçus : la raison doit donc l’emporter pour parvenir à un accord au plus tôt.

6. Le second tour atypique que nous venons de vivre s’est décidé au premier, dans un écart de voix somme toute modeste, les quatre premiers se situant à un niveau globalement équivalent, ce qui autorisait sur le papier toutes les hypothèses de second tour. Mais on ne peut négliger des données de fond, qui conditionnent la répartition des forces réelles. Trois d’entre elles peuvent être retenues ici : la démobilisation civique des catégories populaires, depuis le début des années 1980, après une longue phase de poussée de la participation civique ; la crise d’une droite traditionnelle perturbée par la dynamique du Front national ; la fragilité d’une gauche désarçonnée par plus de trois décennies d’hégémonie d’un socialisme en voie de recentrage permanent et, ce faisant, privée de son ancrage populaire d’hier.

La gauche de gauche peut aborder l’épisode législatif avec une confiance lucide. Elle part d’un résultat qui rappelle les scores anciens du PCF, qui s’inscrit dans sa trace historique, qui la redynamise en partie (mais pas partout) et qui en même temps la déborde, territorialement, socialement et symboliquement. Dans ce cadre, une campagne législative bien menée, de façon claire, sans ambiguïté et sans sectarisme, a toutes ses chances de porter ses fruits.

Ils ne s’avèreront toutefois durables que dans le contexte d’une recomposition d’envergure. Au début des années 1970, le Parti socialiste mitterrandien a su incarner l’esprit d’une gauche bien à gauche, mais renouvelée. On sait ce qu’il advint de ce passage de témoin entre un communisme incapable de se refonder et un socialisme qui se prit trop vite à confondre modernisation et capitulation.

Le vote Mélenchon montre, en France à l’instar de l’Espagne, du Portugal et peut-être de la Belgique, que la recomposition nécessaire peut s’appuyer enfin sur un vent de radicalité, qui rompt avec des décennies d’essoufflement socialiste. Encore faut-il que cette gauche requinquée n’oublie pas que la reconquête durable des catégories populaires ne passe par le ressentiment mais par l’espérance. Le Front national opposera le ressentiment à la logique économico-sociale d’Emmanuel Macron. La gauche bien à gauche s’attachera, elle, à raccorder la combativité nécessaire à la construction patiente d’un nouvel avenir pour une société égale, citoyenne et solidaire. Là devra se trouver le socle d’une véritable opposition à l’inacceptable. Avec lui, ce combat sera, non pas celui de deux France ou celui du "eux" contre "nous", mais l’élan du "tous ensemble" pour une nouvelle donne. Et pas seulement en France…

*** Roger Martelli est un historien du communisme. Ancien membre de la direction du Parti communiste français, il est codirecteur de la rédaction du magazine Regards et a coprésidé la Fondation Copernic avec Anne Le Strat jusqu'en 2009

 

Bibliographie

  • La Nation, éd. sociales, Paris, 1979,extes et documents, éd. sociales, Paris, 1982, 
  • Communisme français : histoire sincère du PCF, 1920-1984, éd. sociales/Messidor, 1984, 
  • mai 68, Messidor, Paris, 1988, 
  • Le rouge et le bleu : essai sur le communisme dans l'histoire française, éd. de l'Atelier, Paris, 1995, 
  • Faut-il défendre la nation ?, La Dispute, Paris, 1998,
  • Le communisme, autrement, Syllepse, Paris, coll. « Utopie critique », 1998,
  • Communisme : pour une nouvelle fondation, Syllepse, Paris, coll. « Utopie critique », Paris, 1999, 
  • Le communisme est un bon parti : dites-lui oui !, La Dispute, Paris, coll.
  • 1956 communiste : le glas d'une espérance, La Dispute, Paris, 2006,
  • Communistes, Éditions La Ville brûle, 2009
  • L'Archipel communiste. Une histoire électorale du PCF, La Dispute/éd. Sociales, Paris, coll. « Histoire », 2009
  • L'empreinte communiste. PCF et société française, 1920-2010, Éditions Sociales, Paris, 2010, totalitarisme, Éditions La ville brûle, Paris, 2012
  • La Bataille des mondes, Éditions François Bourin, 2013,
  • L'Occasion manquée. Été 1984, quand le PCF se referme, Les éditions Arcane 17, 2014,
  • L'identité, c'est la guerre, Les Liens qui libèrent, 2016

 

 

 
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