13/06/2009
SOLEIL .. SOLEIL ..
Pas de samedi sans soleil.
On dit qu'il y a toujours un rayon de soleil le samedi
pour que la Sainte Vierge puisse faire sécher la chemise du dimanche
du petit Jésus
Comme c'est mignon !
Aujourd'hui la Sainte-Vierge
pouvait en faire sécher plus d'une !
Quelle chaleur !
Le soleil fait par excellence
le samedi la révérence
En hiver comme en été,
Jamais samedi ne s'est passé
Que le soleil n'y ait mis son nez.
A vérifier.
Soleil rouge promet de l'eau
et soleil blanc fait le temps beau.
Là où entre le soleil,
Le médecin n'entre pas.
Alors, vite au soleil !
C'était juste en passant
La chaleur m'a mis K.O.
18:56 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : soleil, dictons
19/04/2009
PARLER français AU QUEBEC c'est comme ça
J'ai quitté ma douillette (couette, édredon)
et me voilà pour apprendre la langue du QUEBEC !
J'irai mettre ma laveuse (machine à laver) en route
mais je ne vais pas passer la balayeuse (aspirateur) de suite
car Marina, Solène et Alan dorment comme un ours
mais ne se sont pas couchés en mouton
(se coucher tout habillés comme le mouton garde sa laine sur son dos)
***
Julien vient de partir pour la gare de DAX
Il se trouvera un désennui (passe-temps) dans le train avec un jeu
et il prendra une bouchée à midi (manger sur le pouce)
C'est chouette, il ne mouille (pleut) ni ne mouillasse (pleut par intermittence) aujourd'hui
***
Les Québécois parlent français, c'est ce qui les distingue des Canadiens anglophones.
Mais ce français-là s'est enrichi de mots, d'intonations et de tournures propres à la culture québécoise
ou un maillot de bain est un costume de bain
une amie de coeur, une blonde
quelle que soit d'ailleurs la couleur de ses cheveux
et une liqueur, une boisson gazeuse non alcoolisée.
C'est surtout dans la langue populaire, plus imagée et plus colorée que le français conventionnel
(langue officielle du Québec depuis la loi 101, votée en 1977)
qu'apparaissent ces particularités, alors que le français officiel se rapproche davantage du français standard.
C'est cette langue populaire qu'on désigne comme le parler joual,
un mot obtenu à partir de la déformation du mot cheval pour dénoncer une certaine tendance à mal articuler
et à utiliser avec excès les jurons et les anglicismes, que répouvent les puristes.
La prononciation québécoise se distingue en effet par la longueur de certaines voyelles,
qui, parfois, ont tendance à devenir des diphtongues : fête se prononce faète
et par la prononciation des t et des d : t se dit ts quand il est suivi d'un i ou d'un u
petit se dit ptsi,
et de se dit dz : du se pronce dzu.
Les voyelles i et u s'effacent souvent : immensité se dit immensté.
Enfin, les voyelles nasales sont plus fermées : on prononce sang comme saint.
****
Les singularités du français parlé au Québec reflètent en effet son histoire depuis son implantation au XVIe siècle, lorsque Jacques CARTIER prit possession de ce territoire au nom du roi de France,
ou plus exactement lorsque les premiers français s'y installèrent.
Samuel de CHAMPLAIN qui a fondé la ville de QUEBEC, venait de Brouage en SAINTONGE
mais il y eut aussi beaucoup de poitevins, de normands, de bretons
sans compter ceux qui arrivèrent du Perche ou de l'Ile de France
d'où la présence de mots issus des différents patois que l'on parlait alors dans ces régions.
Ajoutons les Acadiens, qui peuplèrent aussi les rives du Saint-Laurent
après que NAPOLEON eut vendu la LOUISIANE aux Américains en 1803
Voilà pourquoi on trouve beaucoup de régionalismes dans le français que l'on parle au Québec.
Avoir la fale basse est une expression normande qui traduit un air piteux
On dit aussi, comme on le dit encore en Normandie, qu'une porte est barrée quand elle est verrouillée
Lorsque l'on vous propose une chaudière pour y mettre de l'eau, on parle d'un seau en métal.
***
Beaucoup de tournures et d'expressions viennent également du vieux français :
on entendra à cause que et durant que,
plus que parce que et pendant que.
On pourra gager (parier)
prendre un breuvage (une boisson) à la brumante (tombée du jour)
souffler des chandelles sur un gâteau d'anniversaire et non des bougies
avant d'ouvrir des cadeaux que certains jugeront dispendieux s'ils ont coûté cher.
Cela peut provoquer quelques brûlements d'estomac
ce qui est moins grave que d'avoir une arête dans le gorgoton (la gorge)
Mais, pour peu que la tension monte d'une coche (d'un cran)
ou que quelqu'un ait gratigné le char (éraflé la voiture)
on va gricher (grincer) des dents.
Cela peut être fâchant (navrant) mais ce n'est pas une raison pour se mettre à sacrer (jurer)
LES SACRES (LES JURONS)
Issus du vocabulaire liturgique, ces sacres furent d'abord une réaction populaire
à la domination religieuse qui pesa longtemps sur le Québec.
Mais ils sont depuis, entrés dans la langue et ne sont plus perçus aujourd'hui comme blasphématoires.
On les utilise dans la langue populaire pour exprimer son étonnement ou son mécontentement.
Les pires sont :
batême, câlisse, calvaire, crisse, ciboire, crucifix, ostie, sacrament, et tabarnak
Mais on dit couramment qu'on est en tabarnak, quand on est très en colère.
D'autres jurons sont moins vulgaires et ont valeur d'exclamation :
câline, carrosse, christophe, cristi, maudit, tabarouette ou verrat
pimentent ainsi et ponctuent les conversations.
DES EXPRESSIONS IMAGEES
Une débarbouillette c'est un gant de toilette
On se sucre le bec (on se régale de friandises)
c'est crampant ce que vous me racontez (vraiment drôle)
On en rit à avoir des crampes.
Ceux ou celles qui jacassent - mémèrent-
ceux qui font les malins font leur fin-fin
Et si en France on dit des maladroits qu'ils ont des mains de beurre (parce qu'ils laissent tout tomber)
au Québec on dit qu'ils sont les mains pleines de pouces !
Quelqu'un de paresseux est quelqu'un d'assez mou, c'est un flanc.
On appellera de même un grincheux un chialeux
un imbécile, un niaiseux
un coureur de jupons un courailleux
On dit aussi courir la galipote (déformation de galipette)
Faire l'amour, jouer aux fesses.
Et moi je rajoute qu'il faut laisser l'effet s'faire.
Beaucoup d'expressions mettent aussi en scène des animaux :
passer en belette, passer en coup de vent (allusion à la rapidité de l'animal ?)
dormir comme un ours c'est dormir profondément (comme l'ours qui hiberne)
se faire du sang de punaise, se faire du mauvais sang
faire sa pintade c'est se pavaner.
Et lorsqu'on s'énerve au Québec, on prend les mouches !
emblème floral du QUEBEC
DES FAUX AMIS
Ne nous y trompons pas
AU QUEBEC, un cartable est un classeur et une gomme un chewing-gum
Une broche n'est pas un bijou, mais une agrafe
Etre cassé, ce n'est pas être fatigué, c'est être fauché.
Des contresens plus gênants que d'autres !
des gosses ne désignent pas des enfants (les flos)
mais les testicules
(pffffffffffffff)
Et si un petit Québécois trouve débile de manger des grands-pères au dessert
c'est en fait qu'il se réjouit de manger du pudding au sirop d'érable.
Plusieurs mots sont employés à contresens pour suggérer l'émerveillement :
c'est effrayant ! signifie c'est incroyable !
c'est écoeurant ! signifie 'est génial !
*****
Oui, c'est vraiment effrayant tout cela
On ne trouve pas les même sanglicismes qu'en FRANCE
Les Québécois ne parleront pas de week-end mais de fin de semain
Ils ne portent pas de pull-over, mais des chandails
ne se garent pas dans un parking, mais dans un parc de stationnement
Le français semble donc faire de la résistance à tel point d'ailleurs que se sont construits des mots
qui n'ont pas de correspondants :
les croustilles ce sont des chips
commanditer s'emploie pour parrainer dans le sens de sponsoriser
Dans ce cas on parle de québéquismes.
Certains mots anglais sont repris tels quels
la monnaie c'est du change
mais ils prennent parfois un tout autre sens
le mot gang a ainsi perdu au Québec sa connotation péjorative,
on dit un gang d'amis comme on dirait un groupe ou une bande d'amis
D'autres mots sont francisés
l'anglais peanuts devient pinottes (cacahuètes)
on parle de bécosse pour désigner les toilettes, en déformant l'anglais back house
****
09:55 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
17/04/2009
Baragouin, jargon, javanais, argot, verlan et autres ...
FABRIQUER DES LANGUES A PARTIR D'UNE LANGUE EXISTANTE
DES LANGUES QUI N'EXISTENT PAS
MELANGER DES LANGUES,
INVENTER DES MOTS
EN FAIRE DEVINER
Voilà des jeux vieux comme le monde
**
Si ça vous tente
***
IL BARAGOUINE
Dans le dictionnaire des idées reçues de Gustave FLAUBERT
on trouve la définition suivante :
BARAGOUIN
manière de parler des étrangers. Toujours rire de l'étranger qui parle mal français".
Le saviez-vous ?
Le baragouin et créé avec deux mots bretons
(bara : pain ; gwin : vin)
que les natifs de cette province prononçaient quand ils entraient dans une auberge.
On n'y comprenait rien ... On les imitait : le baragouin était né !
***
CHARABIA
Son cousin germain, le charabia
est à l'origine d'un sobriquet qui désignait un émigrant auvergnat au XVIIIe siècle
parce que sa manière de parler semblait incompréhensible.
Le terme vient de l'espagnol algarabia
lui-même pris à l'arabe
***
LE SABIR LE SABIR... LE SABIR ... LE SABIR ...
Si tu sais, tu réponds
---
Le sabir parlé en Afrique du Nord, était une langue de communication rudimentaire,
où se mêlaient français, arabe, berbère, espagnol et italien.
Son nom vient d'un mot arabe passé en espagnol (saber, qui signifie "savoir");
Molière - le Bourgeois Gentilhomme
Monsieur JOURDAIN se couvre de ridicule en acceptant la (fausse) dignité
de "grand Mamamouchi"
Et c'est en sabir que les faux Turcs qui viennent de le duper
célèbrent l'évènement
Se ti sabir,
Ti respondir ;
Se non sabir,
Tazir, tazir.
Mi star Mufti :
Ti qui star ti ?
Non intendir :
Tazir, tazir.
Le louchébem ou loucherbem, désigne l'argot des bouchers et lyonnais de la première moitié du
Le Louchébem reste de nos jours connu et usité dans cet univers professionnel.
On « camoufle » des mots existants en les modifiant suivant une certaine règle.
La première consonne est déplacée à la fin et remplacée par un « L », puis on ajoute un suffixe argotique au choix, par exemple -aisse, -ème, -ji, -oc, -ic, -muche
Il s'agit d'abord d'un langage oral, et l'orthographe est très souvent phonétisée.
- boucher = louchébem
- café = lafécaisse
- cher = lerche (employé communément dans sa forme négative: pas lerche) ou lerchem
- douce = loucedé ou loucedoc
- femme = lamfé ou lamdé
- fou = loufoque
- gigot = ligogem
- porc = lorpic
- monsieur = lesieumic
- patron = latronpuche
- maquereau = lacromuche
- pardon = lardonpem
- portefeuille = larfeuille (lortefeuillepem)
- sac = lacsé
- pardessus = lardeuss (lardeussupem)
12:16 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
16/04/2009
ANAGRAMME et PALINDROME
On continue à faire joujou .. vu le temps !
***
L'anagramme d'un mot est un autre mot, obtenu à partir des mêmes lettres que le premier,
mais disposées dans un autre ordre.
Par exemple, avec le mot chien on peut former niche (ce qui convient au chien) ou Chine.
Les poètes ont toujours apprécié ce jeu, et Ronsard, poète du XVIe siècle, s'adresse ainsi à sa maîtres Marie :
"Marie, qui voudrait votre beau nom tourner, il trouverait aimer".
***
CELIA ... ALICE
*
Le palindrome est une variété un peu plus compliquée d'anagramme : un groupe de mots (ou un seul mot) peut être lu indifféremment de gauche à droite ou de droite à gauche.
On peut donner comme exemples
le mot ressasser
et le groupe de mots
élu par cette crapule
(ouah ! )
sacré palindrome ! j'ignorais ce mot juqu'alors
***
AMUSEZ-VOUS AVEC LES ENFANTS ET PETITS-ENFANTS
et donnez-m'en d'autres
C'est sympa
09:40 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
CONTREPETERIES... Femme folle à la messe
Allez ! on joue avec miche et les enfants
?
Entre anagrammes, contrepèteries et autres jeux linguistiques
on peut rire un peu et faire travailler la tête
***
*
UNE CONTREPETERIE c'est par exemple
l'inversion de deux syllabes ou de deux mots
Femme folle à la messe .... Femme molle à la fesse (Rabelais)
ce qui produit une autre phrase, le plus souvent drôle, voire obscène !
La plupart des jeux de mots permettent de faire rire
en contournant les tabous majeurs de la vie sociale :
l'argent, le sexe, la mort
**
D'autres jouent sur deux syllabes
comme Alphonse ALLAIS, racontant le baptême de CLOVIS
par l'évêque Saint-Remi qui avait ordonné au roi des Francs :
"Courbe-toi vieux Sicambre" et inventant la réplque de Clovis : "Cambre-toi, vieux si courbe !"
Moins facile !
Glisser dans la piscine ... Pisser dans la glycine
**
La berge du ravin ... la verge du rabin
***
Je vous fais confiance pour m'en apprendre des vertes et des pas mûres
***
J'ai trouvé les deux dernières, pas la première
Eclairez ma lanterne !
Les physiciens voient le monde conique
Le clerc du notaire ne peut atteindre son but
La cuvette est pleine de bouillon
09:00 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
22/05/2008
LA CHIENLIT ! LA CHIENLIT !
Un jeudi gras, vers les trois heures après midi, flânant sur les boulevards de Paris, j'aperçus au coin du faubourg Poissonnière, au milieu de la foule, une de ces petites figures enfantines dont l'artiste peut seul deviner la sauvage poésie. C' était un gamin, mais un vrai gamin de Paris ! .... Cheveux rougeâtres bien ébouriffés, roulés en boucle d'un côté, aplatis ça et là, blanchis par du plâtre, souillés de boue, et gardant encore l'empreinte des doigts crochus du gamin robuste avec lequel il venait peut-être de se battre; puis, un nez qui n'avait jamais connu de pacte avec les vanités mondaines du mouchoir,un nez dont les doigts faisaient seuls la police ; mais aussi une bouche fraîche et gracieuse, des dents d'une blancheur éblouissantes; sur la peau, des tons de chair vigoureux, blanc et bruns, admirablement nuancés de rouge. Ses yeux, pétillants dans l'occasion, étaient mornes, tristes et fortement cernés. Les paupières, fournies de beaux cils bien recourbés, avaient un charme indéfinissable... Ô enfance ! ....
Vêtu à la diable, insouciant d'une pluie fine qui tombait, assis sur une borne froide et laissant pendre ses pieds imparfaitement couverts d'une chaussure découpée comme le panneton d'une clé, il était là ne criant plus:-- 'A la chienlit ! ... lit !.. lit ! ...., reniflant sans cérémonie. Pensif comme une femme trompée, on eût dit qu'il se trouvait là -- chez lui. Ses jolies mains, dont les ongles roses étaient bordés de noir, avaient une crasse presque huileuse... Une chemise brune, dont le col, irrégulièrement tiré, entourait sa tête, comme d'une frange, permettait de voir une poitrine aussi blanche que celle de la danseuse la plus fraîche figurant dans un bal du grand monde...
Il regardait passer les enfants de son âge ; et toutes les fois qu'un petit bourgeois habillé en lancier, en troubadour, ou vêtu d'une jaquette, se montrait armé de la batte obligée, sur laquelle était un rat de craie... Oh ! alors... les yeux du gamin s'allumaient de tous les feux du désir !... L'enfance est-elle naïve ? me disais-je. Elle ne sait pas taire ses passions vives, ses craintes, ses espérances d'un jour !...
Je m'amusai pendant quelques minutes de la concupiscence du gamin. Oh ! oui; c'était bien une batte qu'il souhaitait. Sa journée avait été perdue. Je vis qu'il gardait l'empreinte de plusieurs rats sur ses habits noirs. Il avait le coeur gros de vengeance... Ah ! comme ses yeux se tournaient avec amour vers la boutique d'un épicier dont les sébiles étaient pleines de fusées, de billes ; et où, derrière les carreaux, se trouvaient deux battes bien crayeuses placées en sautoir.
-Pourquoi n'as-tu pas de batte? ... lui dis-je.
Il me regarda fièrement, et me toisa comme M. Cuvier doit mesurer M. Geoffroy-Saint-Hillaire quand celui-ci l'attaque inconsidérément à l' Institut.
-Imbécile ! ... semblait-il me dire, si j'avais deux sous, ne serais-je pas riant, rigolant, tapant, frappant, criant ? ... Pourquoi me tenter?...
J'allai chez l' épicier. L'enfant me suivit attiré par mon regard qui exerça sur lui la plus puissante des fascinations. Le gamin rougissait de plaisir, ses yeux s'animaient... Il eut la batte...
Alors, il la brandit ; et, pendant que je l'examinais, il m'appliqua, dans le dos d'un habit tout neuf,le premier exemplaire d'un rat, en criant d'une voix railleuse :
-'A la chienlit!...lit!...lit!...
Je voulus me fâcher. Il se sauva en ameutant les passants par ses clameurs rauques et perçantes... -'A la chienlit!...lit!...lit!...
Dans cet enfant il y a tous les hommes !.....
Honoré de Balzac (La caricature, 11 novembre 1830)
ZOLA EN 1830
DE GAULLE
On se souvient que Charles de Gaulle s’était exclamé en mai 1968 : « La réforme oui, la chienlit, non ! ».
C’était le 19 mai, lors d’une entrevue entre le Général et quelques-uns de ses ministres, dont le premier d’entre eux, Georges Pompidou, qui a rapporté cette phrase aux journalistes à sa sortie de l’Élysée
"LA REFORME, OUI ; LA CHIENLIT, NON"
1. Masque de carnaval
2. Fig. Mascarade, déguisement grotesque.
la chienlit ou CHI-EN-LIT
A l'origine, le mot chienlit désignait le costume traditionnel du Carnaval de Paris
qui consistait en une chemise de nuit, avec le postérieur barbouillé de moutarde.
10:24 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
25/11/2007
SACREES FEMELLES !
Dix-sept heures ! le ciel s'assoupit légèrement et moi également. Alors, une petite lecture et quelques musiques et chansons sur le multimédia...
Une petite fiche récréative sur les femelles des animaux, ça vous va pour un jeu en famille ?
Le lion, la lionne .. le bélier, la brebis ... le lapin, la lapine ... le cheval, la jument ... le coq, la poule ... le bouc, la chèvre ... le chameau, la chamelle... le loup, la louve ...
vous avez gagné le droit de continuer. Jusque là c'était facile !
Alors, la femelle du poney ? votre langue au chat ? C'est la ponette ; celle du paon, la paonne.
Une jeune vache adulte n'ayant pas eu son premier veau, ça s'appelle comment ? Allez ! .. une taure.
Et les demoiselles chiennes, à part la levrette (ouf ouf), compagne du lévrier et la lice qui est celle du chien de chasse, on dit quoi ? On les siffle ? Eh bien non ! on accole femelle au nom du mâle : un pitt-bull femelle ... un caniche femelle ...
une exception parmi les animaux de la ferme. Il y en a un qui est toujours désigné par le nom de la femelle : c'est celle qu'on gave pour NOÊL : l'OIE. On n'entend pas souvent dire le jars. Pour une fois qu'on ne privilégie pas le nom du mâle on ne va pas s'en plaindre. ça me fait penser qu'on mange des dindes à NOÊL et rarement des dindons !
Il faudra que je me penche sur la question...
Il y en a un qui est quasi asexué, c'est le porc ou le cochon. C'est seulement quand on veut préciser le sexe qu'on emploie les termes de truie (ou coche) pour la femelle et verrat pour le mâle.
Ils ont tous les deux la queue en tire-bouchon ? Il faudra que je demande à Betty la cochonne.
APRES LES ANIMAUX DOMESTIQUES, LES BETES SAUVAGES
vous connaissez le cerf et la biche mais on emploie plus souvent le nom de renard que de renarde, de chevreuil que de chevrette, de daim que de daine, de sanglier que de laie. Toujours le mâle qui domine ! sale bête !
Le chasseur lui, sait très bien que la hase est la femelle du lièvre.
Le berger redoute l'ourse pour ses troupeaux.
Quant au loup-cervier (vous connaissez ?) qui n'est autre que le lynx, il a pour femelle la loup-cerve, mot rarement utilisé.
Eh blaireau ! comment elle s'appelle ta femme ? La blairelle... Hé..risson, la tienne elle se nomme comment ? Hérissonne...
La rate, c'est la femelle du rat bien sûr. La bufflonne, c'est la chérie du buffle (non pas du bufflon espèce de bouffon) .
On peut rencontrer des manchots et des manchotes, des phoques et des phoquesses mais là encore on parle plutôt des "mecs".
Dans les pays tropicaux, l'éléphante et la tigresse ont droit de cité par contre, de même que la gueunon chérie du singe.
En réfléchissant je me dis que y'a pas qu'chez les bêtes sauvages qu'on est traitée de guenon ou tigresse.. Pas vrai ?
La guenon s'aplique à toutes les variétés, de l'orang-outan de Sumatra au tamarin d'Amazonie. Il n'y a que la ouistitite qui a un nom particulier pour couler des jours heureux auprès de son ouistiti.
ET CHEZ LES OISEAUX ALORS ? Ah je sens que vous piaffez d'impatience.
Je sais vous aviez oublié les oiselles.
Et les moinelles alors ? ben oui, il y a les moineaux et les moinelles.
On dit l'aigle et une aigle... faisane et faisan ; mais la forme complète est la poule faisane, moins fréquemment poule faisande.. (pas très frais à mon avis)
Le merle aime la merlette. En patois dans l'ouest de la France, c'est la merlesse.
Il paraît que la pigeonne est fidèle au pigeon d'après les poètes. On peut dire qu'il ne se fait pas pigeonner celui-là..
"Un pigeon aime une pigeonne, grand scandale dans le hallier, que tous les ans mai badigeonne, une ramière aime un ramier".(V. HUGO -Toute la lyre)
On appelle chanterelle l'oiseau, souvent une perdrix femelle, que les chasseurs enferment dans une cage pour en attier d'autres par son chant et les capturer dans les filets.
Et le féminin du tiercelet dont j'ignorais l'existence jusqu'à cet instant, c'est une forme tout simplement.
Vous connaissez la cane de Jeanne morte au gui l'an neuf. L'avait fait la veille, merveille, un oeuf. (Brassens)
POUR LE RESTE DE LA CREATION, presque aucun des animaux ne porte un nom différent eu égard à son sexe.
Les souris sont des souris mâles ou femelles, le mot crapaude existe mais mais beaucoup de dictionnaires n'en font pas mention.
Chez les poissons, seuls le maquereau et le turbot ont droit à une maquerelle et à une turbote. Mais ces mots sont rarissimes et le premier a mauvaise réputation depuis qu'on l'applique à une femme vivant du proxénétisme.
Les insectes sont indifférenciés, sauf l'abeille dont les mâles sont appelés faux bourdons.
Là ce sont les femmes qui dirigent la maison : la reine d'un côté, les ouvrières de l'autre.
Et mon petit escargot alors ? ni mâle ni femelle, l'hermaphrodite !
Alors mes petites lionnes, mes petits crapauds... vous vous coucherez moins bêtes ce soir ?
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14/08/2007
BROUILLASSE, MOUILLASSE ou BOURBASSE ?
Alors, c'est quoi c'temps là ? oh ! regardez-moi ces gros nuages dans le pied du temps / Je vous parie qu'il va dracher un bon coup avant ce soir et que si vous recevez une secouée en plein champ, vous aurez bien du mal à vous recacher pour ne pas rentrer chez vous trempé comme une soupe, au risque de vous sanglacer !
Tu as bien compris Nicole de Châteauroux ? Rentre te coucher ça vaudra mieux...
Est-ce qu'il fait brave temps dans le Limousin ? Le ciel s'est nettoyé d'après les angevins. Mais pour les provençaux lors de brave lune, ils mettent leur capéou (chapeau). Mais le grillon heureux a plus souvent le cagnard quand dans l'Ouest il fait grand chaud.
La chaleur n'empêche pas le vent de bouffer (n'est-ce pas les auvergnats ?). Pendant qu'en Franche-Comté il fait de l'air ou bien il court du vent, cette brise d'été appelée vent blanc ou vent de moisson, il sèche la rosée (l'aiguail en Vendée et l'égagne en Haute-Provence) qui couvre la campagne tôt le matin, à la piquette du jour pour parler comme Renée69.
Durant la belle saison, quand vient le soir (à l'embrunie comme dit Michka), il arrive aussi que tombe une soudaine fraîcheur : c'est le serein, mot répandu partout dans l'Ouest, notamment dans le Maine où l'on craint de seriner, de prendre froid à cette occasion.
En fait, certains se croient en automne en ce moment et les matineux, ceux qui sont debout de bonne heure dans le Perche, savent que le temps à frédi. Au lever du jour, il fait froid, mot qui se prononce fré en Vendée et frette en Touraine. Quand les premières gelées blanches apparaîtront, ils diront : il blangèle comme les normands ; il gelote, comme les champenois.
Enfin, parfois le temps est pesant dans les Ardennes, l'été, et ça se termine par un orage. Dans les Vosges, il fait touffe quand l'air est étouffant. Des nuées se forment dans ce que les Cauchois nomment le pied du temps, c'est-à-dire l'horizon, du côté d'où vient le vent.
Le ciel s'assombrit, s'abernaudit diront les gens du Maine. Oh lala ! on entend bourdonner (tonner en Anjou), une éluchée (un éclair en Auvergne) fend les airs et une aurisse (bourrasque dans le Centre) secoue les arbres. Voici l'orage, appelé le taureau par les Francs-Comtois et son agas d'eau (forte averse en Bourgogne, dite abat d'eau en Aquitaine).
Heureusement, une veine de soleil (un mince rayon jailli des nuages, en Bretagne) fait naître la roue de Saint-Bernard (l'arc-en-ciel des Bourguignons) et quand du bleu revient à l'horizon, les normands y voient des culottes de gendarme.
Le temps est parfois incertain, et là les Picards parlent de moyen temps. On est alors tributaire des vents. Certains sont associés au temps sec, comme l'autan blanc du Quercy, le vent blanc de Franche-Comté et le cers du Roussillon.
D'autres annoncent la pluie, tels la galerne, qui sévit de la Touraine au Béarn, et le soulair, actif dans le Bourbonnais. Le même nom recouvre parfois des réalités différentes : le vent grec est humide sur la Côte d'Azur et sec en Corse. Mais dans tous les cas ça tire, comme on dit de l'Alsace à la Belgique quand le vent souffle fort.
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le vent mais aussi la pluie ...parfois c'est une modeste bruine ; en Basse-normandie on dira : ça chagrine ; un Champenois : ça mousine ; un Angevin, ça bérouine.
Dans l'Ouest on préfèrera : ça brouillasse, ça mouillasse ou simplement ça mouille.
Ce crachin se nomme une vent-vole du côté d'Orléans (Maminie ça vent-vole chez toi ?) et une mouillanchée vers Saint-Etienne.
Quand on cherche à s'abrier (en Normandie), se recacher (en Lorraine), se mettre à l'assotte (en Franche Comté), c'est qu'il drache (il pleut très fort), verbe en usage dans le nord.
Une brève ondée quand la pluie bousine (fait des bulles, en Anjou ; des bouteilles ou des grelots en Bourgogne ; des yeux de crapaud dans le Morvan), c'est la calende lorraine, l'aigasse bourbonnaise, le cabrade languedocienne, la chaudronnée orléanaise, sans oublier la hargne et la secouée tourangelles aux noms si évocateurs !
J'espère ne vous avoir pas trop seriné. Moi ça m'a donné une sacrée secouée... et je vais me coucher.
BISES. A DEMAIN MATIN.
02:35 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
12/08/2007
CRESUS LE RUPIN OU JOB LE PUROTIN ?

J'ai retourné mes poches, je suis à sec.. dans la dèche, la mouscaille.
Et vous ? Riche comme Crésus ? Comme ce roi d'Asie Mineure qui, au VIe siècle avant notre ère, accumula de grandes richesses grâce aux sables aurifères du Pactole, une rivière qui traversait son royaume.
Je vais aller voir dans le Gave, sur les berges de l'Adour si j'aperçois quelque chose pour devenir à mon tour argentée, blindée, braisée, foncée, galetteuse ou rupin(e).
Bon, il y a d'autres expressions plus familières : être tombé dans un champ d'oseille (ou d'osier) et plein aux as, formule empruntée au poker.
Il y a d'autres tournures plus ou moins oubliées : avoir le gousset bien garni et avoir des monacos (le monaco étant une ancienne monnaie de cuivre). Plus récemment on a dit : avoir du jonc (ou de la joncaille), avoir le matelas, ou simplement avoir de quoi.
Et celui qui a de quoi peut faire l'Américain, à moins qu'il ne préfère, suivant une vieille tradition orientale, faire son nabab, son pacha...
Si j'en avais, je n'aimerais pas être moqué ou méprisé et appelé pingre ou fesse-mathieu, harpagon ou ladre.
Encore moins constipée de la morlingue, dure à la détente, ce qui veut dire que je les lâcherais avec un élastique ou que j'aurais des oursins dans le morniflard.
Non non, je ne serais pas radine, ni un vulgaire peigne-derche... AH AH AH ! et encore moins un rat.
Au diable l'avarice ! moi je le dépenserais. Je claquerais mon fric en beauté, je cracherais au bassinet ou j'enverrais la soudure ; je les alignerais, les allongerais, les lâcherais et on dirait de moi elle banque, elle casque, elle douille, bref.. elle raque.
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JOB LE PUROTIN
Si vous êtes pauvre comme Job, cet homme né près de DAMAS qui se serait dépouillé de tous ses biens dit-on, pour donner un exemple de pieuse résignation, vivant sur un tas de fumier et rédigeant le Livre de Job, qui a été inclus à l'Ancien Testament, je suis triste pour vous.
Mais vous, vous n'avez pas choisi cet état, vous êtes un Job purotin.
Si vous préférez, un pauvre hère, un déchard (filendèche), minable, miteux, panné, pouilleux...
Le mendiant c'est autre chose : c'est un mendigot et le clochard, une cloche.
Celui qui est fauché comme les blés est moins à plaindre car son indigence est souvent momentanée.
Il y a différentes façons de le dire : Je n'ai pas un sou, pas un rond, je n'ai pas une thune, je suis à sec. D'autres diront qu'ils n'ont pas un kopeck (la plus petite monnaie russe) et les plus cultivés pas un maravédis (très ancienne monnaie espagnole).
Les végétariens diront qu'ils sont sans radis pour montrer que loin d'être capables de s'en offrir une botte, ils n'ont même pas de quoi les payer à l'unité.
Les vrais pauvres, eux, sont dans la dèche, la mistouille, la mouise, la mouscaille, la panne (ou la panade), le pétrin, la purée..
Les plus misérables se trouvent en plein dans .... (le mot de Cambronne) et s'ils sont sur la paille on n'est pas loin du fumier de Job !
18:55 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
Du blé, du pognon, des radis, des ronds...
J'ai fait mes emplettes pour accueillir mes jeunes demain et je me demande s'il me reste encore du pèse.
Je plaisante bien sûr ; c'était mon entrée en matière pour sourire sur les mots familiers et argotiques pour désigner de l'argent puisque je venais de lire ma petite fiche sur le sujet et ça m'a bien amusé. Car il est vrai qu'il y a plusieurs façons de parler fric.
On en a ou pas. De la galette, de l'oseille, de l'avoine et du blé, de la blanquette, de la graisse et de la sauce !
D'autres ont en poche des fafiots ou des pépètes et parfois ils sont sur la paille, à sec, sans un rond.
L'argent a d'abord été de l'or, du moins pour les sommes les plus importantes. Les pièces d'or ont été longtemps des écus, puis on les a nommées louis parce qu'elles portaient l'effigie des rois de France ; celles de l'Empire se sont appelées napoléons pour des raisons semblables. Ces noms ont largement survécu à la disparition des régimes qui avaient mis ces pièces en service, tout comme le sou, pièce de nickel valant cinq centimes. A l'époque de l'euro, le mot est resté : "Des sous !"
La seconde moitié du XIXe siècle a vu les mots d'argot se multiplier, et le XXe siècle a été encore plus prolifique.
Parmi d'autres il y a eu : artiche, aspine, avoine, balles, beurre, biftons, blanquette, blé, braise, bulle, carbure, carme, craisbi, douille, fafiots, fifrelins, flouze, fourrage, fraîche, fric, galette, galtouse, graisse, grisbi, japonais, mornifle, os, oseille, osier, pépètes, pèse, picaillons, plâtre, pognon, radis, ronds, sauce, soudure, trèfle, thune.
j'en connaissais quelques-uns quand même mais quand même pas tous.
Certains sont tombés en désuétude depuis belle lurette, par exemple, la blanquette, le carbure, le japonais, le plâtre, le trèfle ... D'autres, les biftons, les fafiots ne s'appliquent qu'à des billets, se distinguant de la menue monnaie, appelée vaisselle de fouille. La mornifle s'emploie surtout dans l'expression fausse mornifle (fausse monnaie). La fraîche ne peut désigner que l'argent liquide, la galtouse est plus vulgaire que le fric, terme qui a perdu une grande partie de son caractère argotique.
L'instauration de l'euro a donné un coup de vieux à bon nombre de mots familiers qui du temps des francs, avaient un sens bien précis. Une pièce de cinq francs, c'était une thune, un billet de cent francs un petit format, un de mille francs un grand format une somme de dix mille francs était une barre, un bâton, une brique, un pavé, une plaque, un sac, une unité ...
Qui était KUPKA ? un peintre tchèque considéré avec Kandinsky, Mondrian ou Robert Delaunay, comme l'un des pionniers de l'art abstrait dès 1913.
Né à Bohême en 1871 - décédé à Puteaux en 1957. Il s'est installé à Montmartre près de son compatriote Mucha, où il réalisa des illustrations pour la presse, notamment des dessins satiriques et corrosifs pour la revue anarchiste "L'assiette au beurre".
18:10 Publié dans La vie des mots | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note




























