logo Blog50.com
Blog 50 est un service gratuit offert par Notre Temps

16/06/2018

Mickaël Correia « Le football est un fait social à part entière »

 

Entretien réalisé par Nicolas Guillermin
Lundi, 12 Mars, 2018
L'Humanité
1882, l’équipe ouvrière de Blackburn Olympic, vainqueur du club aristocratique des Old Etonians en finale de la Cup. éditions La Découverte
1882, l’équipe ouvrière de Blackburn Olympic, vainqueur du club aristocratique des Old Etonians en finale de la Cup. éditions La Découverte
 

Journaliste indépendant, Mickaël Correia publie un livre événement intitulé Une histoire populaire du football, récit subversif et politique de plus d’un siècle de ballon rond.

Avec Une histoire populaire du football (1), Mickaël Correia propose une chronique alternative et politique du ballon rond. À contre-pied du foot-business, l’auteur raconte comment ce sport est depuis plus d’un siècle un instrument d’émancipation et de contestation aux quatre coins du monde.

Ce livre sonne comme un tacle aux clichés qui collent au football et à ceux qui le considèrent comme l’ « opium du peuple » .

mickaël correia Dans les années 1970, une théorie critique, plutôt issue des milieux libertaires, et portée par Jean-Marie Brohme, sociologue radical, expliquait avec condescendance que les ouvriers retrouvaient dans le foot la division du travail qui existe à l’usine. Eh bien non, les ouvriers jouent au football car ils y prennent du plaisir. Plus globalement, il y a aussi la figure du supporter un peu veule, chauvin, qui aime se battre, et du joueur abruti qui gagne des millions. Depuis plusieurs années, ces clichés s’épuisent avec les nombreux travaux universitaires, les débats sur la fonction sociale et politique du sport mais aussi des revues qui mettent en avant la culture football. Le foot, c’est une culture populaire et un fait social à part entière.

Le football, dites-vous, a été « conçu par les capitaines d’industrie comme un moyen de contrôler les ouvriers et de les détourner des luttes sociales »

mickaël correia Au XIXe siècle, le football est codifié par les public schools comme un moyen d’inculquer des valeurs à la jeunesse bourgeoise anglaise (esprit de compétition, virilité, respect de l’autorité…). Ces jeunes apprennent ensuite le foot à leurs ouvriers, pour les occuper, en leur transmettant ces valeurs mais cela va se retourner contre eux. À partir de 1874, les ouvriers obtiennent le droit de ne plus travailler le samedi après-midi. Issue en majorité de l’exode rural, la classe ouvrière a besoin de recréer des repères sociaux. Avec le samedi après-midi de libre, les ouvriers vont aller au stade comme on va au pub. Supporter son club, qui représente son usine, développe un sentiment de fierté et d’appartenance, constitutif de la conscience de classe, qui va être un des catalyseurs des luttes sociales de la fin du XIXe et début XXe.

Le paradoxe, c’est que le professionnalisme, qui est un des premiers jalons de la marchandisation du football, vient des ouvriers…

mickaël correia C’est exact. Contre un petit billet, les patrons vont « embaucher » leurs ouvriers. Sauf que les ouvriers vont devoir s’entraîner de plus en plus avec la Coupe d’Angleterre à partir de 1871 et le championnat vers 1880. En 1907, un syndicat naît à Manchester et les ouvriers footballeurs font grève pour être considérés comme de vrais travailleurs avec un salaire, une mutuelle et le droit de se syndiquer. La Fédération anglaise prend peur, car United est déjà une des meilleures équipes… Cette division entre amateurisme et professionnalisme va faire débat jusque dans les années 1930. Pour les aristocrates, qui détiennent les grands clubs et les fédérations, le foot doit rester amateur, c’est sale d’être payé. Et puis, il y a toute l’éthique du fair-play, issu de la chevalerie, qui met en avant l’honneur individuel, alors qu’à l’inverse les ouvriers défendent une éthique populaire qui assume la rivalité et la solidarité collective avec la passe, geste qui symbolise l’entraide propre au milieu ouvrier.

Les supporters jouent un rôle sociétal. Lors du printemps arabe de 2011, les ultras Ahlawy sont au cœur de la révolution égyptienne.

mickaël correia La culture ultra, née dans les années 1970 en Italie des groupes autonomes d’extrême gauche, est une espèce de supportérisme radical caractérisée par une culture de l’indépendance farouche vis-à-vis de la direction du club, une autonomie financière, une culture de l’anonymat et une capacité à animer les stades. À travers ces pratiques, les ultras vont être un des éléments essentiels du printemps arabe. Dans un premier temps, ils échappent à la mainmise du régime de Moubarak et le critiquent avec les premiers slogans hostiles dans les stades. En Tunisie cela va être pareil et en Turquie aussi avec les événements de la place Taksim, en 2013. Quand les manifestations de la place Tahrir éclatent en Égypte, en 2011, les ultras appellent à manifester. Réprimés régulièrement, ils sont les seuls à avoir des pratiques d’autodéfense et vont apprendre aux autres à se défendre. Leur culture des chants et leur art de la raillerie vont nourrir le mouvement et les slogans hostiles au régime.

Dans le chapitre sur les dictatures, le récit sur l’Anschlussspiel (match de l’annexion), le 3 avril 1938 à Vienne, est incroyable…

mickaël correia À cette époque, la Wunderteam (l’équipe de rêve) autrichienne est une des meilleures d’Europe avec son frêle attaquant Matthias Sindelar, surnommé Der Papierene (l’Homme de papier), originaire de Moravie (région de la République tchèque). Lors de ce match de propagande arrangé qui doit se solder par un 0-0, Sindelar obtient de jouer avec le maillot autrichien une dernière fois avant l’absorption de la Wunderteam par l’équipe allemande, nettement plus faible. Mais il est interdit aux Autrichiens de marquer. Tout se passe comme prévu mais les Autrichiens sont tellement supérieurs que le match tourne à la farce. À la 78e minute, Sindelar ouvre le score et célèbre son but pour provoquer les dignitaires nazis. Peu après, Karl Sesta, d’origine polonaise et surnommé le Gros, aggrave le score. Soit deux joueurs aux antipodes des standards physiques aryens qui brisent la machine de propagande. Sindelar vient de signer son arrêt de mort mais il est si populaire que les autorités tentent de l’utiliser pour l’équipe du Reich. À chaque fois, il invoquera une blessure ou son âge avancé pour ne pas jouer. Sa compagne étant juive, ils sont fichés par la Gestapo comme « sympathisants juifs » et seront retrouvés dans leur appartement, intoxiqués au monoxyde de carbone le 23 janvier 1939… Quinze mille personnes accompagneront son cercueil dans les rues de Vienne.

Mickaël Correia

 

Jean-Luc Mélenchon a partagé un lien.
4 h ·
 
heuredupeuple.fr
 
A l’heure de la Coupe du monde de football, Mickaël Correa publie un livre…

 

04/06/2018

"Les pauvres ne sont pas exclus, ils sont persécutés". Edouard LOUIS, sociologue et écrivain.

edouard louis 002.jpg

Je découvre ce jeune auteur dans l'HUMA DIMANCHE

Je vais filer acheter ses livres

BELLE ET SAINE DECOUVERTE QUE CET HOMME-LA

 

hum 001.jpg

hum 002.jpg

edouard l ouios 001.jpg

EDOUARD LOUIS 001.jpg

07/11/2017

AU-DELA DE L'IMMORALITE

Entretien réalisé par Pierric MarissalMardi, 7 Novembre, 2017

 

 

 

Après les Paradise Papers et la fuite de plusieurs millions de documents, le sénateur Éric Bocquet appelle à « établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux ».

Un nouveau chapitre de révélations sur l’évasion fiscale des riches, des puissants et des multinationales s’ouvre avec la fuite de plusieurs millions de documents compilés et analysés depuis un an par le Consortium international des journalistes d’investigation (Icij). Fondé aux Bermudes, le cabinet Appleby, dont proviennent les documents, se veut une institution respectable. Ses pratiques ne sont pas illégales, assure-t-il dans un communiqué offusqué. Et la première salve de publications montre que, outre la reine d’Angleterre, des personnalités au cœur du pouvoir abusent de l’optimisation fiscale. Ainsi, 13 membres de la garde rapprochée de Trump, dont le ministre de l’Économie et le vice-président de la Banque centrale américaine, sont mouillés. Preuve s’il en est que l’évasion fiscale est au cœur du système libéral. Le sénateur PCF du Nord Éric Bocquet, coauteur du livre plus que jamais d’actualité Sans domicile fisc (éditions du Cherche Midi), éclaire ces dernières révélations.

Depuis le début des révélations, on tergiverse beaucoup sur le côté immoral mais légal de l’optimisation fiscale. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Éric Bocquet Il faut dépasser ce débat entre optimisation légale et évasion illégale. J’aime citer l’ancien chancelier de l’échiquier britannique Denis Healey qui disait que la différence entre les deux résidait dans l’épaisseur du mur de la prison. Si l’optimisation était légale, pourquoi tant d’opacité et d’ingénierie pour dissimuler ces pratiques ? Dès lors qu’on opacifie à dessein, qu’on met en difficulté les États et les services publics par les ressources budgétaires qui leur échappent, on est au-delà de l’immoralité, on est dans le scandale, l’indécence. Donc il n’y a pas de question à se poser, ces pratiques doivent être combattues et interdites.

Que sont ces cabinets d’avocats dont il est à nouveau question ?

Éric Bocquet Ce sont des rouages cruciaux dans la chaîne de la responsabilité collective de l’évasion fiscale. Il y a les banques, les multinationales, les milliardaires et au milieu, ces cabinets d’audit et de conseil proposent les schémas d’évasion fiscale à leurs clients. Les Panama Papers ont révélé les documents d’un seul cabinet, Mossack Fonseca, là il s’agit d’un autre, Appleby, mais il y en a des milliers à Singapour, à Londres, à Hong Kong… Dans une île comme Chypre, qui est membre de l’Union européenne, il y a 20 000 avocats fiscalistes.

Pourquoi en France forme-t-on encore ce genre d’avocats fiscalistes dans des universités publiques ?

Éric Bocquet C’est une vraie question. Éric Vernier, qui enseigne la finance à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), alerte sur la nécessité d’introduire de l’éthique dans ces formations. Dans ses propres cours, de plus en plus d’étudiants rêvent de devenir des genres de Jérôme Kerviel et de brasser des millions. La finance leur fait miroiter des gains faciles sans jamais parler d’intérêt général.

Ces scandales à répétition peuvent-ils changer les choses ?

Éric Bocquet On en est à un scandale par an. Il y a eu HSBC, UBS, les Offshore Leaks, les LuxLeaks, les SwissLeaks, les Panama Papers… Aujourd’hui les Paradise Papers, et demain cela continuera. Tant qu’on ne s’attaquera pas en profondeur et dans la durée à ce système qui s’est installé lors de ces trois ou quatre dernières décennies. Il faut saluer le travail de l’investigation, des lanceurs d’alerte, des syndicats, des ONG comme Attac, Oxfam, le CCFD-Terre solidaire… Tous sensibilisent, se battent au quotidien et participent à créer un mouvement de fond qui pourra faire bouger les choses. Mais c’est le politique qui définit des règles. Enfin normalement, car aujourd’hui on voit des multinationales qui fixent leur propre taux d’impôt et vont le négocier avec les pays les plus accueillants… Et si on reproche à une banque française d’avoir des filiales aux Bermudes, elle répondra qu’elle est en conformité avec la réglementation française. Idem pour Monaco, Jersey ou Guernesey, qui sont pourtant aujourd’hui à nouveau mis en cause dans les Paradise Papers. Il faut donc commencer par établir une définition commune et internationale des paradis fiscaux, une liste claire et de la transparence. On l’exige chez les parlementaires, et c’est bien normal, mais on ne la demande ni aux multinationales, ni aux banques, ni à ces cabinets d’avocats. Et il faut arrêter de dire que l’évasion fiscale est un dysfonctionnement de l’économie libérale, elle est au cœur du système. Henry Morgenthau, secrétaire d’État de Roosevelt dans les années 1930 aux États-Unis, disait que l’impôt était le prix à payer pour vivre dans un monde civilisé. Et les multinationales veulent la jungle.

Peut-on espérer une réponse politique ?

Éric Bocquet On est dans un contexte où le politique a capitulé, il y a eu tellement de complicités et de renonciations. La France s’honorerait d’incarner cette résistance, d’avoir un autre rôle. Mais non, Macron repousse les discussions sur la taxe Tobin à l’échelle européenne, fait la flat tax sur les revenus du capital… Ce gouvernement est au service de l’argent et, comme le précédent, il joue le jeu du dumping fiscal mondial. L’impôt sur les sociétés était à 33 %, il est passé à 28 et sera bientôt à 25 %. Anecdote éclairante : lors d’une audition à la commission des Finances du Sénat au mois de mai, les représentants de la finance et la directrice générale du Trésor de Bercy, autrement dit les banques et la République main dans la main, ont tenu le même discours : profitons du Brexit pour attirer les institutions financières. Les banques ont mis deux conditions : pas de taxes et une réforme de fond du Code du travail. Lorsqu’on dit que c’est la finance qui fait la politique des États, il n’y a qu’à voir les réformes récentes pour voir où nous en sommes… Le combat à mener est là. Reconquérir le pouvoir concédé à la finance. On le voit bien avec Emmanuel Macron, mais c’est encore plus vrai avec Donald Trump, dont les ministres, les conseillers, les financeurs sont impliqués dans le scandale. Voilà un président des États-Unis qui peut se vanter de ne pas avoir payé d’impôt fédéral depuis vingt ans sans que cela ne gêne outre mesure et qui, dans sa première administration, a employé 3 personnes de Goldman Sachs, la plus puissante banque d’affaires du monde… On tue la politique à dessein, car on préfère gérer la société sans le peuple, et tant pis pour les taux record d’abstention aux élections. L’oligarchie, ce n’est pas une vue de l’esprit, ça existe.

Éric Bocquet

Sénateur PCF, coauteur de Sans domicile fisc

21/02/2016

LA FLEUR AU FUSIL

VERDUN LA FLEUR AU FUSIL 001.jpg

VERDUN HD 001.jpg

15/05/2015

QUI EST CHARLIE ?? Emmanuel Todd

IMG_20150515_0004.jpg

IMG_20150515_0005.jpg

IMG_20150515_0008.jpg

IMG_20150515_0007.jpg

 
Accueil Blog50 | Créez gratuitement votre blog | Avec notretemps.com | Toute l'info retraite | Internet facile | Vos droits | Votre argent | Loisirs | Famille Maison | Cuisine | Jeux | Services | Boutique