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03/11/2016

CHRONIQUES GRAPHIQUES

Mon amie Ida m'a adressé ce livre écrit par Philippe APELOIG, ce fils dont elle est tant fière ! Je la comprends.

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Ce livre, je l'ai "dévoré" et je vais en demander un autre pour offrir à Thomas, mon petit-fils qui se définit ainsi :

Thomas CRECQ

"Je suis un jeune graphiste de 24 ans. Passionné par la culture, l'histoire et de nature curieuse, j'aime diversifier mes objectifs et travailler dans différents domaines."

Je suis allée piocher sur Internet et je l'ai trouvé avec son curriculum-vitae

Actuellement : Enseignant en Graphisme et Animation // Intervenant en suivi de projet // 

 

  • Graphiste

    Analyse de brief, proposition de solutions, réalisation de solutions

  • Assistant directeur artistique

    Gestion de brief, analyse de la demande, propositions de solutions, réalisations de solutions

  • Directeur Artistique junior

    Analyse de Brief, propositions de solutions, réalisation de solutions

  • e-artsup, école de création numérique

    Design graphique, Arrêt des études pour se lancer à mon compte
  • Les causes qui importent à Thomas :

    • Arts et culture
    • Droits de l’homme
    • Enfants
    • Formation
    • Politique
    • Sciences et technologie

 Thomas CRECQ

Thomas, grâce au livre de Philippe APELOIG, j'ai bien compris ton travail, ta passion. Je ne me contenterai plus de regarder vite fait l'affiche en disant : c'est bien ! je décortiquerai les lettres, le texte, l'image, les couleurs, etc... je saurai le travail de la pensée qui a guidé la main experte.

***

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Philippe a été formé à Paris à l'Ecole supérieure des arts appliqués Duperré et à l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs. C'est aux Pays-Bas, à l'agence Total Design de Wim Crouwel, que Philippe Apeloig découvre le graphisme, la typographie, et qu'il décide d'en faire son métier.

J'ai dévoré son livre. Clair, limpide, l'écriture coule comme l'eau à la fontaine. "Chroniques graphiques", un titre qui peut paraître rébarbatif pour les non-initiés ; c'est tout le contraire, l'humanisme, la vie familiale et professionnelle de Philippe à travers ses anecdotes, ses rencontres, incite à la curiosité, nous fait tourner les pages pour en savoir plus. Les chapîtres défilent :

1. S'afficher

"Quand je crée une affiche, j'hésite tout le temps. Je vais vers l'inconnu. Rien n'est paisible. Je suis en guerre avec moi-même. Je voudrais rendre explicite le labyrinthe de mes recherches. Si je n'y parviens pas, je me console en éprouvant la poésie indissociable de la construction graphique que je façonne.

Je crains de ne pas être en adéquation  avec ce que j'espère faire. Il y a des affiches que je n'aime pas, dont j'ai honte.

Comme si cette création, précisément me faisait revivre d'épouvantables humiliations autrefois ressenties. Je me souviens des examens d'école où il fallait faire ses preuves.

Cette typographie sera-t-elle magnifique ? Ce geste sera-t-il assez audacieux ? ...

2. Jacques London imprimeur

"La première fois que je suis allée à l'imprimerie London, au 13,rue de la Grange-Batelière, c'était en automne 1985. L'adresse de cet imprimeur circulait dans les carnets d'adresses des conservateurs du musée d'Orsay, où je venais d'être recruté comme graphiste"...."Logée au coeur de Paris, l'imprimerie Jacques London bénéficiait d'une réputation sans équivalent. Qui arrivait au 13, rue de la Grange Batelière savait qu'il était entre d'excellentes mains. Leur expertise attirait les meilleurs typographes et graphistes du moment, à commencer par les suisses ..."

"Je pousse la porte d'entrée. Je pénètre dans un petit sas en verre, coupe vent. Le décor semblait avoir été conçu dans les années soixante-dix, à un moment où l'imprimerie s'était refaite une santé, boostée par le succès des publications pour les institutions culturelles"...."Dans le hall de réception, bien chauffé, une dame trône, en hôtesse d'accueil ... "C'est vous le graphiste du Musée d'Orsay ? Que vous êtes jeune, on vous croirait encore à l'école !"...

Derrière le mur où est accrochée l'oeuvre de Jouffroy, une porte s'ouvre et apparaît un homme de petite taille, qui a l'air à la fois fragile et plein d'énergie. Dandy, Monsieur London soigne sa tenue ...d'une main ferme il me salue et m'entraîne dans son bureau ...avant de regarder mon projet, il se montra curieux de connaître ma formation, et comment j'étais arrivé au Musée d'Orsay.

Encore inscrit à l'Ecole des arts décoratifs, boursier, je cherchais du travail. J'avais un formidable appétit d'apprendre. Je vendais des illustrations à foison dans la presse, mais je me préoccupais sérieusement de mon avenir. .. Le musée d'Orsay, alors en construction, recrutait un graphiste avec deux années d'expérience. J'avais tenté ma chance et envoyé une lettre de motivation accompagnée de mon CV. En attendant une hypothétique réponse, dès le mois de juin, j'étais reparti à Amsterdam en stage chez Total Design."...

"... Il ouvrit la porte de son bureau. Sa forte poignée m'écrasa les phalanges. Il me confia à son épouse. Revenez vite, vous êtes ici chez vous, dit Madame Perreau. Quand je fus dans la cour, je sus que quelque chose en sourdine m'avait perturbé l'ouïe. Subrepticement j'avais remarqué que le léger accent de Monsieur London ressemblait à celui de mes grands-parents. A la sortie de l'immeuble, pensif, je traînais les pieds.

Je revins plusieurs fois à l'imprimerie...

"Une fois, pris d'audace, je lui posai la question : venait-il d'Europe centrale ? Je suis né en Russie, enfin l'Ukraine aujourd'hui, près de Kiev et j'ai grandi en Pologne. Il remonta la manche de sa veste et de sa chemise, mettant son bras à nu, il me montra le numéro tatoué sur sa peau. 23184. J'étais désemparé. Monsieur London avait été déporté par le convoi n° 75 le 30 mai 1944"...

"Maintenant j'allais à l'imprimerie non plus seulement pour suivre les projets du musée d'Orsay mais mû par la curiosité d'en savoir plus. Deux univers s'entrechoquaient et allaient façonner mon devenir.

L'histoire de mes grands-parents, de mes ancêtres en Pologne, croisait le monde professionnel où je commençais à évoluer.

Que restait-il de leurs vies, et que ferai-je de la mienne ?"

3. Qui sommes-nous ? Que faisons-nous ? Où allons-nous ?

"Quand j'ai commencé mes études d'art, voilà plus de trois décennies, à une époque où l'outil informatique n'existait pas, je me suis inscrit dans une classe intitulée "expression visuelle", sans savoir de quoi il s'agissait. J'avais choisi cette section, trouvant que le mot "expression" offrait des perspectives semblables à l'expression picturale ou corporelle, en somme à une discipline empreinte d'improvisations et de liberté".

"Pourtant, à l'Ecole des arts appliqués, surnommée les Zarza (Arts-A), je m'entraînais à la calligraphie avec précision. Je veillais à conserver l'inclinaison régulière de ma plume métallique biseautée, tout en modulant mon écriture. J'obtenais des lignes droites ou en arabesques plus ou moins grasses, des pleines et des déliés harmonieux. Nous devions remplir des pages en Rustica, en Onciale, en Caroline, en Gothique ou en Anglaise. Ces exercices devaient nous guider vers la découverte des origines de la typographie..."

..."Nous apprenions également une technicité comme par exemple l'importance d'un gris typographique homogène, c'est-à-dire sans lézardes et sans rivières. Le réglage des approches entre les lettres, mais aussi l'interlignage, se devaient d'être exempts de blancs arbitraires ou de zones plus foncées... Il convenait aussi de veiller aux espaces avant et après les ponctuations, et bien sûr aux coquilles en tous genres.

A cet égard, il était indispensable de préparer rigoureusement la copie, le manuscrit dactylographié remis par l'auteur : indiquer le choix des polices de caractère, leur corps, les mots en italiques, les alinéas, etc. Il fallait guider l'opérateur de l'atelier de photocomposition de sorte qu'il ajuste les textes en pavés justifiés, centrés, alignés au fer à gauche, ou éventuellement au fer à droite.

Le but à atteindre étant que les yeux du lecteur glissent confortablement.

Mais quel lecteur reconnaissant songerait à un tel travail de fourmi, si technique, minutieux et fastidieux ?"...

4. Un stagiaire

5. Avalanche

6. Histoires d'engagement

7. D.A.  "la médiocrité m'agace, il nous faut un nouveau D.A."  -Directeur Artistique-

8. Le logo

9. C'est pas par là, c'est par ici !

10. Générique

***

Comme dactylographe il y a des sujets qui  me parlent

on aime taper avec telles ou telles lettres

sans songer que si elles existent c'est parce qu'elles ont été pensées, dessinées, créées

Dorénavant j'y songerai

J'ai tapé le texte en Trebuchet MS, Webdings, Comic sans MS

**

Quelques extraits à venir des autres chapîtres

"Philippe, mes yeux ont "glissé confortablement"

en lisant ton livre"

 

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18/09/2016

1. BANLIEUE OUEST de Blaise Cendrars, banlieue des riches et ceinture verte

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 1949 -1966 - Acheté en 1975

 

BANLIEUE OUEST

 Tous les dimanches matin de très bonne heure on peut voir le roi-soleil en bicyclette se rendre dans son jardinet.

C'est le printemps !

Un poireau magnifique a passé l'hiver dans un champ, veillé par un épouvantail qui vient d'être habillé de neuf.

"MM. les Locataires dont priés de ne pas stationner dans la loge". On comprend l'empressement qu'ont les gens d'optempérer à l'avis de la concierge quand il leur saute aux yeux par un beau dimanche matin et la hâte qu'ils mettent à quitter leur rue sans joie.

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En bâtissant Versailles et en priant ses bons sujets de venir le regarder manger et d'aller faire un tour dans les jardins avant de s'en aller, Louis XIV a donné aux parisiens le goût de la campagne. Il est en somme le premier des banlieusards, au sens décadent du mot, et, depuis, des centaines de milliers de citadins l'imitent qui, chacun, construit son pavillon et veut vivre hors des murs. Mais pour les parisiens d'aujourd'hui qui n'ont plus l'espoir de posséder jamais un carré de choux dans les fossés, depuis que l'on a démoli les fortifs, ni même la possibilité de se coucher et d'en écraser dans l'herbe des talus, Versailles commence déjà au pont de Sèvres ou au pont de Saint-Cloud où les vomissent métro, autobus et tramways, à moins qu'ils ne se croient déjà en pleine campagne dès que le train a dépassé Suresnes ou Puteaux ou franchi la Seine à Asnières !

 

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LA BANLIEUE OUEST. LA BANLIEUE DES RICHES. ON L'APPELLE AUSSI LA CEINTURE VERTE. Mais on oublie le bagne "Renault" à Billancourt et les usines de Gennevilliers, Bois-Colombes, la Garenne, Courbevoie, Nanterre, Boulogne. C'est le secteur de la voiture-aviation, "Hotchkiss, Citroën, Peugeot, la Licorne, Rosengart" qui empoisonnent les agglomérations surpeuplées coincées entre Neuilly-sur-Seine, et, rive gauche, à la population tout aussi dense, "Chenard et Walcker, Hispano-Suiza, encore La Licorne", encore "Peugeot, Ariès, De Dionbouton, Unic, Talbot, Blériot, Farman, Latil, Fiat, MatFord, Saurer", l'île Seguin, au profil avaricieux, rasé de près, du directeur général des établissements Renault, M. Lehideux, un tintamarre et un va-et-vient perpétuel de lourds camions six et dix roues chargés à bloc qui roulent jour et nuit d'une usine à l'autre à une allure vertigineuse et minutée par les ingénieurs, si bien que les gosses des écoles ne peuvent aller jouer dans la rue sans courir le risque de se faire écrabouiller d'une seconde à l'autre par une remorque, des chaudronneries, des tôleries, des ateliers de soudure autogène, de montage, d'ajustage, d'assemblage, des fours Martin, des marteaux-pilons, des fabriques de pneu, des ateliers de vulcanisation, des manufactures d'accessoires électriques, des carrossiers, des sociétés pétrolifères, des tanks, des dépôts d'essence, des garages qui font la chaîne et bouclent la boucle, et c'est tout juste si l'on peut se faufiler par le Bois de Boulogne, le parc de Saint-Cloud, la butte de Picardie (et encore la traversée de Viroflay et bien étranglée et le fameux "virage rouge" a été longtemps la terreur des vélocipédomanes !) ou le détour par Marnes-la-Coquette, la route de l'Impératrice pour gagner le parc de Versailles (ce rêve !)et encore faut-il posséder une voiture ou pédaler dur car la trotte est longuette et il y a les côtes, et la véritable campagne et les lotissements agrestes (cet autre rêve !) ne commencent qu'au-delà.

....

 

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je n'ai plus de souffle... Ouh ! la suite tout à l'heure.

15/09/2016

3. VIVE LES CONGES PAYES DU MOIS D'AOUT QUI VIDENT LES ATELIERS !

 

2016-09-14 blaise cendrars.jpg

Edité en 1966

Acheté en 1975

*

Les jeunes générations connaissent-elles Blaise CENDRARS ?

L'histoire vécue c'est bon pour les cours d'Histoire et les dictées

**

*

BANLIEUE EST

C'est une grande duperie parce que les premiers congés payés ont été ceux du mois d'août 1914, c'était même les grandes vacances, la fleur au fusil, la chanson aux lèvres, et tous les petits gars en pantalon rouge qu sont tombés sur la Marne en septembre 14, devant Paris, ne sont jamais revenus dans les ateliers du Faubourg, les petits soldats à un sou par jour, et depuis on ne sait plus travailler dans les ateliers, ça n'y est pas, on n'a plus le coeur à l'ouvrage, il y a trop d'injustice et trop de salopards, de profiteurs, on a pris conscience, une conscience de classe à la guerre, et l'on pousse à la grève, à la Révolution, ou alors on s'en fout. Que peut-on leur reprocher ? Ils ont raison de vouloir tout chahuter ou de s'en foutre. Ils ont marché une fois, ils ont donné en plein. Ca suffit. Ce qui m'étonne, c'est qu'ils croient encore en quelque chose dans l'avenir ...

 

Je leur dois trop, jamais je ne pourrai oublier mes camarades de régiment qui en étaient presque tous du faubourg Saint-Antoine, de Ménilmontant et de Belleville, de la Bastille et de la Nation, de Picpus, et dont l'accent, le rire, les chansons, les bavardages, la blague, l'esprit m'ont appris ce beau langage imagé de Paris qui monte du coeur et coule de la bouche du peuple et qu'aucun écrivain contemporain ne sait employer naturellement et avec la même abondance ou bonheur, sauf peut-être Henry Poulaille. Leur mère, leur femme, leur copine ou leur frangine qui stationnaient toute la journée devant les grilles quand nous faisions l'exercice dans la cour de la caserne de Reuilly ou qui venaient leur apporter ou leur payer à boire et à manger le soir quand nous avions fini de faire le zouave Bastion 29 sur les fortifs ou étions de service Porte de Vincennes, étaient également bien embouchées et souvent d'une drôlerie, d'une cocasserie spontanée, possédant un vocabulaire tout en saillies qui faisait mon émerveillement car tout était dit, balancé comme pour la galerie, et portait. Malgré le tragique des évènements et le ton râleur du vieux, dans ces boîte à punaises du Faubourg où l'un ou l'autre de mes camarades me menait passer le dimanche en famille, régnait la gaieté, l'insouciance. Que cela simplifie l'existence que de vivre au jour le jour. C'est une vérité. Bientôt nous allions mourir au jour le jour. C'est une autre vérité et une simplification encore plus grande.

 

Mais avant de monter au front par la route où tant de mères, de femmes, de fiancées accompagnèrent mes camarades jusqu'à Ecouen, portant qui le fusil, qui le sac de son fils ou de son homme, notre régiment alla vadrouiller dans la banlieue Est jusqu'à la mi-septembre. Je dis vadrouiller car pour la plupart de mes camarades qui allaient tomber  anonymement dans cette longue guerre de tranchées, les corvées auxquelles on nous affectait se terminaient en parties de plaisir, beuveries ou gueuletons ; ils connaissaient trop de bons coins dans cette banlieue, ils y avaient trop de bons souvenirs, la tentation était trop forte pour ne pas aller voir ce qu'un tel, une telle étaient devenus pour ne pas quitter les rangs, se barrer en douce, voire déserter un jour ou deux pour aller boire le coup ou faire l'amour, escalader une grille, fracturer la porte, décrocher un volet, si les aminches n'y étaient pas, faire au moins une descente à la cave à défaut d'un plongeons dans un lit hanté.

 

Ces corvées en banlieue auxquelles on employait le régiment sur un coup de téléphone venu du Commandant de la Place étaient absurdes. Aménager le polygone de Vincennes pour y installe des canons datant du siège de 70 et déménager les soutes du Fort de Nogent pour alimenter les pièces en munitions, c'est tout ce que MM. les militaires avaient trouvé pour tirer sur les premiers "Taubes" qui survolaient Paris. Ah ! si vous nous aviez vus chacun un obus de fonte sur l'épaule. On se marrait, et les quolibets d'éclater au nez de nos officiers. Voyez prestige ! Cependant les forts de Liège tenaient toujours et les Boches avançaient sur Pairs. Alors on nous fit abattre les arbres, Porte de Vincennes, dresser des barricades sur la chaussée et tendre deux, trois barbelés. Je me souviens qu'au lendemain de la bataille de la Marne on nous fit creuser des tranchées sur le modèle allemand, Porte de Saint-Mandé. Il était temps ! Un brillant officier d'état-major déroulait des plans et un vieux sergent d'Afrique dirigeait les travaux. On nous avait distribué des pelles et des pioches, mais nous ne nous acharnions pas outre mesure et d'autant moins que le galonnard chronométrait notre avance et avait l'air de vouloir s'impatienter. Alors, le vieux médaillé nous traita de "sales poilus". Des poilus, qu'est-ce que c'est que ça ? Nous ne comprenions pas. Le mot n'était pas dans notre vocabulaire et, par ailleurs, nous étions pour la plupart imberbes.

- Pourquoi poilus ? se risqua à demander un jeune soldat.

- Parce que vous avez tous un sacré poil dans la main. On voit bien que vous êtes des Parisiens, répondit le vieux sergent. Mais on vous dressera.

 

Je suis très fier de raconter cette étymologie qui a été si souvent controversée dans les journaux de l'époque. Mais le jeu en valait-il la chandelle ? C'était à l'avant-dernière. Mais à la dernière, MM. les militaires ont trouvé mieux. Ils se sont motorisés pour pouvoir ficher le camp et s'envoler de l'autre côté de l'eau, d'où ils sont revenus avec du renfort bombarder du haut des airs les populations lâchement abandonnées, ces "sales civils". Cela promet pour la prochaine. On ne comptera plus. Zéro.

 

En septembre 14, nous effectuions aussi des marches militaires, de jour et de nuit et de jour et de nuit encore, des patrouilles de police, et c'est ainsi que j'ai pu parcourir, dans tous les sens, godillots aux pieds et Lebel sur l'épaule, cette aimable banlieue de l'Est, mais alors en pleine pagaye. Des réfugiés paysans encombraient les routes, des fuyards, des éclopés, des blessés, piétons civils et militaires campant dans les jardins des villas qu'ils dévalisaient, cambriolant les pavillons, pillant, saccageant tout pour bouffer, des masses surprises par l'évènement, prises de frousse, ivres de fatigue, de panique et de vin, une préfiguration de ce que l'on devait voir, mais à une plus grande échelle et dans un train d'enfer, autos et camions ravageant tout le pays, en juin 40, durant l'exode, toute la nation qui se ruait vers le sud, les gens quittant leurs lares, chacun ne pensant qu'à sauver sa peau, les responsables du désastre en tête qui gueulaient qu'il fallait abandonner la France : un vrai cinéma ! Le moins qu'on en puisse dire c'est que ce n'était pas beau, d'autant plus que c'était idiot. Et depuis, personne ne retrouve plus sa place en France ...

14/09/2016

1. VIVE LES CONGES PAYES DU MOIS D'AOUT QUI VIDENT LES ATELIERS !


 

 

 

Jacques PREVERT hier... Blaise CENDRAS aujourd'hui ...

un vrai bonheur que de les lire ou relire !

Un vrai bonheur de contemples les photos de DOISNEAU

 

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Imprimé en 1966 - Acheté en 1975

 

 

BANLIEUE EST

 

VIVE LES CONGES PAYES DU MOIS D'AOUT QUI VIDENT LES ATELIERS !

Après les bals en plein air du 14 Juillet, le Tout-Paris des ouvriers de ces admirables quartiers populaires que sont pour un flâneur le XIXe, le XXe, le XIIe, le XIe, le IIIe arrondissements, se rue vers la proche banlieue Est, car c'est la canicule, et les robinsonnades commencent aux portes mêmes de Paris, campeurs, campeuses au Bois de Vincennes, baigneurs, baigneuses à Charenton, et aussi loin que l'on peut remonter en amont dans la vallée de la Seine, dans la vallée de la Marne et le long des berges paresseuses du canal de l'Ourcq, un populo en liesse qui s'ébat sous les ombrages, fait l'amour dans l'herbe, fait trempette entre les saules, pique-nique sur les plages, mange de la friture, danse et rit dans les guinguettes et les bouchons du bord de l'eau, voyage en périssoire, sans rien dire des pêcheurs à la ligne, ces passionnés, qui préfèrent des eaux plus tranquilles, connaissent les bons coins et s'éloignent, s'éloignent jusqu'à l'île du Saussaye, l'île Verte, les étangs Fleuris dans la vallée de l'Essonne et les vallons écartés d'autres petites rivières et cours d'eau.blaise cendrars pleiade voyage

 

 

VIVE LES CONGES PAYES DU MOIS D'AOUT QUI VIDENT LES ATELIERS ! Dans les bleds de banlieue tout nouvellement bâtis des pavillons en mâchefer, à Chevilly-Larue, au Petit-Vitry, à Charentonneau, à Mesly, à Créteil où tout un lotissement semble être occupé exclusivement par des chauffeurs de taxis amateurs de pêche qui viennent y passer le week-end en famille et se lèvent avant l'aube, la ligne, l'épuisette sur l'épaule, la musette ou le panier sur la hanche qui contient la précieuse boîte aux asticots sélectionnés, vont désamarrer leur bachot ou chargent tout un attirail compliqué dans leur voiture quand, leur passion les pousse au loin,jusqu'à Ballencourt, au brochet, et que l'on peut voir le mardi matin laver leur bagnole à grande eau, l'éponger, l'astiquer pour enlever toute trace d'écailles, d'algues, de sang et d'odeur de poisson avant de retourner jusqu'au vendredi soir à Paname embarquer les touristes étrangers qui viennent visiter le Gay-Paris l'été, du tombeau du Soldat inconnu au tombeau de Napoléon, de Montmartre au Panthéon et à la Tour-Eiffel, à Fontenay-sous-Bois,à Montreuil-sous-Bois, aux Pavillons-sous-Bois (ce "Bois" qui figure pour mémoire dans tant de noms de cadastre de la région est tout ce qui reste de la sinistre forêt de Bondy où les malandrins attaquaient les diligences il y a cent ans), à Nonneville, aux Petits-Ponts, à Beau-Site, au Blanc-Mesnil, partout, depuis les annonces du printemps, les nouveaux occupants se sont empressés de donner un dernier coup de pinceau et durant tout le mois d'août ces veinards reçoivent à table des amis, des parents et connaissances venus de Ménilmontant, de Belleville, de la Nation, de la Bastille, de Picpus et du Faubourg, des voisins du quartier moins chanceux, des copains d'atelier plus pauvres, et l'on trinque dans tous les jardinets, et l'on arrose le lapin sauté, et l'on mange les frites et la salade, et l'on prend le café et le pousse-café et l'on cause, et les hommes vont faire un tour, et les femmes vont les rejoindre à l'heure de la baignade ou de l'apéritif, et l'on rentre se remettre à table à moins qu'un des copains paye la friture, et l'on traîne alors dans un bastringue où l'on danse avec le monde, sinon l'on rentre dîner, et après le repas du soir l'on fait une partie de cartes et les femmes chantent et potinent en essuyant la vaisselle, elles sont heureuses, et l'on envoie les gosses au pieu, et l'on remet la radio si on l'a ou l'un  ou l'autre attrape son accordéon, qu'il avait rapporté, et l'on danse entre soi en rigolant, et l'on va se coucher en plaisantant, planter un gosse(r sur des paillasses improvisées dans tous les coins et même en plein air si l'on est trop nombreux ou l'on couche à trois en se pagnotant.

C'est la bonne vie, on voudrait que ça dure et que ça n'ait pas de fin, le mois d'août, entre sa femme, les femmes des copains et les copines, les gosses et les bons copains, et la mémère qui n'était encore jamais sortie hors des murs et qui ne s'y fait pas, et qui gronde et qui bougonne : "Oh ! cette jeunesse d'aujourd'hui je ne la comprends pas. De mon temps, on était sérieux ...", et qui se remue et qui s'agite dans sa soupente, et qui soupire : "Quand qu'c'est qu'on rentre ?...  il n'y a encore que Pantruche de vrai ...", et qui se fait de la bile pour les siens à voir comment l'argent file, car la vie est par trop chère et elle ne peut s'habituer aux nouveaux prix, et dix fois par jour elle dit à son fils, le responsable de tout cela :

- Dis,Dédé, comment est-ce que cela finira ?

-Ne t'en fais pas, mémère, lui répond sa bru. On les aura ...

*

Et nous devons lire et relire Cendrars, aujourd’hui plus que jamais. Cet écrivain du voyage qui détestait cette appellation nous apprend comment disparaître, comment partir, un de ses verbes fétiches.

*

La suite.. un peu plus tard

 

http://republique-des-lettres.fr/cendrars-9782824900193.php

Blaise Cendrars

République des lettres-3 mars 2012
Blaise Cendrars monte à Paris et rejoint Féla, sa compagne, en Amérique. .... Après La Banlieue de Paris (1949), né de la collaboration avec le photographe ...
 

La banlieue grise d'un Doisneau méconnu

Le Monde-14 janv. 2010
Contrairement à Blaise Cendrars, qui accompagnait La Banlieue de Paris d'un texte violent, le photographe n'a pas de goût pour la satire.

16/11/2015

L'ART D'ETRE GRANDS-PARENTS

CONTRE L'INCOMPREHENSION DES PARENTS,

LA JALOUSIE DES MERES ...

A LIRE ABSOLUMENT

 

 

L’art d’être grands-parents
Source: Louise Lamontagne, n.d.


Chaque fois que naît un enfant, un grand-père ou une grand-mère naît aussi. On ne choisit pas d’avoir des petits-enfants, pas plus qu’on ne choisit de naître. C’est quelque chose qui arrive, un cadeau du ciel. Pour l’enfant, c’est le cadeau de la vie, pour le grand-parent celui d’un nouveau lien rempli de tendresse.

Quand les grands-parents voient leur petit-fils ou leur petite-fille pour la première fois et le prennent dans leur bras, il s’imprime dans leur esprit et dans leur coeur, une marque indélébile. De tels instants ne sont pas seulement précieux mais leur impact affectif les fixe dans la mémoire comme des souvenirs inoubliables.

Comme un coup de foudre amoureux...
Écoutez les grands-parents...: «Ce n’est pas parce que c’est ma petite-fille, mais elle est vraiment intelligente.» ou «Ce n’est pas parce que c’est mon petit-fils, mais il est vraiment très beau.» À les entendre, on s’étonne que tous les petits-enfants du monde n’aient pas le quotient intellectuel d’un génie ou la beauté d’une déesse ou d’un Adonis. Dites-vous bien que ce sont des phrases de grands-parents tout à fait «normaux» et c’est fort bien qu’il en soit ainsi.

Un nom pour l’éternité
Avec une acuité qui s’intensifie au fil des mois de grossesse, les grands-parents se demandent: «Comment mes petits-enfants vont-ils m’appeler?» Quel que soit le nom que vous choisissez, celui-ci devient le symbole de votre relation particulière avec un enfant. Votre surnom est une marque d’amour, un terme de tendresse qui signifie que vous occuperez pour toujours une place spéciale dans le coeur d’un enfant.

Le lien affectif
Le lien très important qui relie grands-parents et petits enfants est unique. Les conflits habituels qui apparaissent entre parents et enfants sont simplement inexistants entre ces deux générations éloignées. On dit toujours que les grands-parents n’ont que les plaisirs que peuvent apporter un enfant et aucune des responsabilités que son éducation entraîne. Ces deux générations sont donc tout naturellement à l’aise l’une avec l’autre et n’ont pas besoin de faire quoi que ce soit pour se rendre réciproquement heureux. Leur bonheur vient de ce qu’ils sont ensemble.

Maturité des grands-parents
Bien que vous ayez maintenant droit aux rabais de l’âge d’or, ce n’est pas ce qui vous qualifie pour être grand-père ou grand-mère!!! Cela demande de la maturité.

Les petits-enfants ont besoin d’exemples de grands-parents qui se conduisent de façon responsable, qui relèvent encore des défis, qui profitent au mieux de leur situation et qui vivent heureux. Les petits-enfants qui ont la chance d’avoir de tels grands-parents, ouverts et pleins d’energie, ont de la vie un exemple positif. C’est un héritage dont tout enfant a besoin.

Ce que partagent grands-parents et petits-enfants
N’en doutez surtout pas, ces deux générations-là partagent quelque chose de spécial. Observez le regard des grands-parents quand ils vous parlent de leurs petits-enfants. Ce n’est pas un regard de tous les jours; c’est un regard venu de l’âme, un regard de joie, de fierté et de reconnaissance.

Grands-parents et petits-enfants se comprennent. Ils ont une façon unique de communiquer, un sixième sens. Ils s’offrent les uns aux autres de l’espoir et de l’optimisme, de la compréhension et de la compassion.

Aimez chaque enfant
Que vous ayez deux, trois, quatre petits-enfants ou même dix, chacun est un être unique, doté de ses talents à lui, de son destin à lui.

 

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Accordez-leur toute votre attention
L’attention est un des éléments les plus importants pour le développement physique, émotionnel et spirituel des enfants. Les attentions des grands-parents sont des «vitamines» pour l’esprit des enfants.

Même si vous demeurez au loin, montrez-leur que vous pensez à eux: appelez, écrivez, envoyez de petites surprises qui feront comprendre à vos petits-enfants qu’ils comptent pour vous.

N’oubliez jamais l’instant où la vie vous a décerné cette promotion intime, plus élevée dans votre coeur que n’importe quel diplôme ou grade professionnel: devenir, pour la première fois, grands-parents. Soyez à la hauteur de cette relation privilégiée qui vous ouvre un monde de mystère, de magie et d’émerveillement.

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Dans ce nouveau livre, elle dit son bonheur à la naissance de sa petite-fille. Cette passion dévorante qui va les unir toutes les deux (...) Puis l'interdiction formelle de voir les enfants. Des portes qui se ferment. Définitivement (...)

L'histoire d'une petite mort, sur fond de vieillesse et de tristesse. Qui touchera certainement tous les grands-parents, victimes collatérales de divorces où ils perdent le droit de voir leurs petits-enfants (...) Ce n'est pas une histoire de féminisme à la noix, c'est juste une histoire d'amour. Touchante...
Gracianne Hastoy - www.critica.fr

 

Lorsque son fils aîné lui donne une petite-fille, c'est pour elle un éblouissement affectif.
Elle conçoit pour sa petite-fille, une passion, un amour fusionnel incandescent que la petite fille dans une étrange alchimie lui rend bien.
L'osmose affective est totale (...) soudain, c'est la déchirure (...) un désespoir aggravé par l'incompréhension (...) Une histoire émouvante où la passion prend le pas sur la raison.
Catherine Merveilleux - www.lejouretlanuit.net

 Mère de trois garçons, la célèbre avocate féministe découvre enfin le bonheur d'une lignée féminine. Et la farouche opposante de la résignation de décrire cette passion fusionnelle, sévignéenne qui la lie à sa petite-fille.

Une relation qu'elle analyse avec d'autant plus d'acuité et d'émotion qu'elle fut soudain interrompue, en 2002, par décision de "l'Autorité parentale" (...)
Le récit revit une succession de moments joyeux et complices, apanage des grands-parents. Et pose la cruelle question du deuil de cette relation et du pouvoir arbitraire des parents.
Il fallait oser.

 
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