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20/10/2018

Poète : Pierre-Jean de Béranger (1780-1857)

J'ai l'honneur de détenir dans ma bibliothèque ce livre donné "à son lit de mort" à la famille de "ma moitié".

 

OEUVRES COMPLETES P.J. DE BERANGER

Tome Premier

1843

 

Oeuvres Completes De J.-P. De Beranger - Contenant Les Dix Chansons Nouvelles. Edition Elzevirienne.   de DE BERANGER J.-P.

 

J'ai plaisir à le feuilleter les livres de poésie

pour calmer mes ardeurs "révolutionnaires"

quand l'actualité me donne la nausée...

mais aussi la frite, la patate, la pêche

 

 

 

Pierre-Jean de Béranger, né le 19 août 1780 à Paris, et mort dans cette même ville le

16 juillet 1857, est un chansonnier français prolifique

qui remporta un énorme succès à son époque. 

 

 

https://www.plumedepoesies.org/t21928-pierre-jean-de-branger

 

Les premières années


P.-J. de Béranger descendait d’une branche déchue de l’antique Maison des marquis de Bérenger. Pâlot et chétif, il n’est envoyé que tardivement à l’école où il ne se sent pas à l’aise. Ses vrais instituteurs et éducateurs sont les grands-parents Champy. On le conduit parfois chez sa mère qui, aimant le théâtre, les bals, les parties de campagne, l’emmène avec elle.
Début 1789, après avoir couru les routes, Béranger de Mersix se fixe de nouveau à Paris et fait entrer son fils comme pensionnaire chez l’abbé Chantereau. Le père de Pierre-Jean était un agent d’affaires, ardent royaliste, qui se compromit pendant la Révolution française et fut obligé de se cacher. Il rencontre alors Charles-Simon Favart, fondateur de l’opéra-comique. Malgré ses 79 ans, celui-ci porte encore avec orgueil le titre de « chansonnier de l’armée » que lui avait donné le maréchal de Saxe. Plus tard, Béranger verra dans cette attirance la marque de sa vocation.

 

Las de payer le prix de la pension, son père décide de l’envoyer chez sa tante qui tient une auberge à Péronne. L’état de garçon d’auberge ne lui convient pas et il passe chez un notaire devenu juge de paix. Savant, disciple fervent de Rousseau et passionnément éducateur, M. de Ballue de Bellenglise recrute les gamins de Péronne qu’il endoctrine dans une école primaire gratuite l’Institut patriotique. Il travaille à faire de cette jeunesse des citoyens utiles à la patrie. Après la rhétorique « rousseauiste » et révolutionnaire, les recrues entonnent des chants républicains. Jamais Pierre-Jean n’a senti aussi profondément la puissance de la chanson. Il y puisa quelques instructions, mais sans s’initier aux langues anciennes. Pour compléter son éducation, il entre à 14 ans comme apprenti chez l’imprimeur Laisney où il parvient à s’initier à la poésie. La nostalgie de son séjour à Péronne inspirera à Béranger Souvenirs d’enfance.

 

De retour à Paris en 1795, Pierre-Jean, pour être commis chez son père, qui faisait alors de la banque, fait immédiatement l’apprentissage de prêteur sur gages. Son père se repose sur lui pour faire prospérer ses affaires alors qu’il prépare le retour du roi, mais la maison fait faillite. Avec les débris de sa fortune, il achète un cabinet de lecture. Pierre-Jean trouve une mansarde au sixième étage. Il passe des heures au cabinet de lecture et, revenant à sa vocation antérieure, aligne des rimes, glorifie de son mieux l’amour, les femmes, le vin, tente la satire… Il se livre à la poésie, s’essayant successivement dans l’épopée, l’idylle, le dithyrambe, la comédie, et ne s’attache qu'assez tard au genre qui devait l’immortaliser. Le soir, il remonte dans sa mansarde : « Le Grenier ».

 

Après avoir lu Léonard et Gessner, il tâche de composer des idylles et en réussit une, « Glycère », qui parait dans « Les Saisons du Parnasse ». Après, c’est le grand poème qui l’attire et il esquisse un « Clovis », puis c’est la comédie satirique. Son goût n’est pas encore très sûr et les modèles lui manquent. Dans les appartements du docteur Mellet à Montmartre, une académie de chanson se fonde où Pierre-Jean, suivant la veine du XVIIIe siècle, développe ses dons et essaie sa muse. Son ami Wilhem (1782-) adapte ses airs (comme « les Adieux de Marie Stuart ») sur ses romances dolentes.

 

Courant Paris à la recherche d’un « protecteur », il s’adresse en 1804 à Lucien Bonaparte. Il joint à sa lettre quelque cinq cents vers, dont « Le Déluge ». Bonaparte lui donne procuration pour toucher son traitement de membre de l’Institut. En 1809, sur les recommandations d’Arnault, il est attaché comme expéditionnaire aux bureaux de l’Université. Tout en s’acquittant de sa besogne de copiste, il fait de joyeuses et piquantes chansons. Au début des années 1810, il est déjà célèbre à Péronne. On l’appelle pour présider des banquets et égayer le dessert par ses chansons. Il retrouve une veine gaillarde, libre des fadeurs de la mode, ainsi la chanson « Les Gueux », inspirée d’un refrain bohème du XVIIe siècle.

 

Du Caveau au peuple

Fin 1805, l’ancien Caveau ressuscite. La Clé du Caveau est publiée chaque année. Ce recueil de chansons et d’airs permet à Béranger (entré au Caveau moderne fin 1813), Désaugiers et leurs amis de faire connaître leurs chansons au peuple, mais des copies circulent déjà, et Béranger est connu pour Le Sénateur, Le Petit Homme gris, et surtout Le Roi d’Yvetot. En novembre 1815, Béranger hasarde la publication de quelques airs : Les Chansons morales et autres. Le succès lui donne de l’assurance et il prend position dans le libéralisme.
 

En 1820, le Vieux Drapeau est clandestinement répandu dans les casernes. Béranger devient vraiment la voix du peuple ou « l’homme-nation » comme le dira Lamartine. Son œuvre de poète pamphlétaire est déjà considérable : il a attaqué les magistrats dans Le Juge de Charenton, les députés dans Le Ventru, les prêtres et les jésuites partout. Ses chansons paraissent en deux volumes le 25 octobre 1821. En huit jours, les dix mille exemplaires sont vendus et l’imprimeur Firmin Didot prépare une nouvelle édition.

 

Après le retour du roi Louis XVIII en 1815, Béranger va exploiter les thèmes du respect de la liberté, de la haine de l’Ancien Régime, de la suprématie cléricale, du souvenir des gloires passées et de l’espoir d’une revanche.

Alors que la presse n’est point libre, il renouvelle la chanson dont il fait une arme politique, un instrument de propagande : il attaque la Restauration et célèbre les gloires de la République et de l’Empire.

C’est le temps de La Cocarde blanche et du Marquis de Carabas.

Béranger apporte la poésie dont ont besoin ceux qui ont déserté la cause royale. Le cercle de ses amitiés s’élargit et on le voit dans de nombreux salons. Il accepte de collaborer à la Minerve avec Étienne de Jouy, Charles-Guillaume Étienne et Benjamin Constant.

 


Il est en 1821 privé de son modeste emploi. Au début de décembre de la même année, poursuivi et condamné à trois mois de prison et 500 francs d’amende, il entre en prison à Sainte-Pélagie pour y occuper la cellule quittée quelques jours plus tôt par le pamphlétaire Paul-Louis Courier.

En 1828, il se voit condamner de nouveau, mais cette fois à neuf mois de prison et 10 000 francs d’amende.

Ces condamnations ne font que rendre son nom plus populaire ; l’amende est acquittée par souscription. C'est à cette époque que le peintre Ary Scheffer, un de ses sympathisants, brosse son portrait (1828, Musée de la Vie romantique, Paris) - et que le sculpteur David d'Angers grave son profil en médaillon (même collection).

Après la révolution de 1830, il traite surtout des sujets philosophiques et humanitaires.

Jaloux de son indépendance, il ne veut accepter aucun emploi de la monarchie de Juillet.

Fatigué et souffrant, il se retire à Bagneux en juin 1830 dans un petit pavillon dont il donne la description suivante, dans une lettre à une amie datée du 23 juin: j'ai loué à Bagneux un petit pavillon pour 150 francs, pour toute la saison. Le prix vous donne une idée de la beauté de ce local et le 20 juillet, de préciser : Je me trouve à merveille dans le chenil que j'ai loué à Bagneux:cusine au rez-de-chaussée; chambre à coucher, servant de salon, de salle à manger et de cabinet de travail, au premier; chambre de domestique au second; enfin un appartement complet dans un pavillon isolé.... Cette maison aujourd'hui disparue était située dans l'actuelle rue Pablo-Neruda, en face de la Maison des Maronniers

 

 

VOCATION

Jeté sur cette boule,

Laid, chétif et souffrant ;

Etouffé dans la foule,

Faute d'être assez grand ;

Une plainte touchante

De ma bouche sortit :

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

Le char de l'opulence

M'éclabousse en passant ;

J'éprouve l'insolence

Du riche et du puissant ;

De leur morgue tranchante

Rien ne nous garantit.

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

D'une vie incertaine

Ayant eu de l'effroi,

Je rampe sous la chaîne

Du plus modique emploi.

La liberté m'enchante,

Mais j'ai grand apptit,

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

L'Amour dans ma détresse,

Daigna me consoler ;

Mais avec la jeunesse

Je le vois s'envoler.

Près de beauté touchante

Mon coeur en vain pâtit.

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

Chanter, ou je m'abuse,

Est ma tâche ici-bas.

Tous ceux qu'ainsi j'amuse

Ne m'aimeront-ils pas ?

Quand un cercle m'enchante,

Quand le vin divertit,

Le bon Dieu me dit : Chante,

Chante, pauvre petit !

 

 

 

 

 

AIR DES TROIS COULEURS

Toujours prophète, en mon saint ministère,
Sur l’avenir j’ose interroger Dieu.
Pour châtier les princes de la terre,
Dans l’ancien monde un déluge aura lieu.
Déjà, près d’eux, l’Océan sur ses grèves
Mugit, se gonfle: il vient, maîtres, voyez !
Voyez, leur dis-je. Ils répondent: Tu rêves.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

 


Que vous ont fait, mon Dieu, ces bons monarques !
Il en est tant dont on bénit les lois.
Des jougs trop lourds si nous portons les marques,
C’est qu’en oubli le peuple a mis ses droits.
Pourtant les flots précipitent leur marche
Contre ces chefs jadis si bien choyés.
Faute d’esprit pour se construire une arche,
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Qui parle aux flots ? un despote d’Afrique,
Noir fils de Cham, qui règne les pieds nus.
Soumis, dit-il, à mon fétiche antique,
Flots qui grondez, doublez mes revenus.
Et ce bon roi, prélevant un gros lucre
Sur les forbans à la traite employés,
Vend ses sujets pour nous faire du sucre.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Accourez tous ! crie un sultan d’Asie:
Femmes, vizirs, eunuques, icoglans.
Je veux des flots, domptant la frénésie,
Faire une digue avec vos corps sanglants.
Dans son sérail tout parfumé de fêtes,
D’où vont s’enfuir ses gardes effrayés,
Il fume, il baîlle, il fait voler des têtes.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Dans notre Europe, où naît ce grand déluge,
Unis en vain pour se prêter secours,
Tous ont crié: Dieu, soyez notre juge.
Dieu leur répond: Nagez, nagez toujours.
Dans l’Océan ces augustes personnes
Vont s’engloutir; leurs trônes sont broyés;
On bat monnaie avec l’or des couronnes.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

Cet Océan, quel est-il, ô prophète ?
Peuples, c’est nous, affranchis de la faim,
Nous, plus instruits, consommant la défaite
De tant de rois inutiles enfin.
Dieu fait passer sur ces fils indociles
Nos flots mouvants si longtemps fourvoyés.
Puis, le ciel brille et les flots sont tranquilles.
Ces pauvres rois (bis), ils seront tous noyés.

 

 

 Le sénateur

Mon épouse fait ma gloire :
Rose a de si jolis yeux !
Je lui dois, l'on peut m'en croire,
Un ami bien précieux.
Le jour où j'obtins sa foi,
Un sénateur vint chez moi !
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

De ses faits je tiens registre :
C'est un homme sans égal.
L'autre hiver, chez un ministre,
Il mena ma femme au bal.
S'il me trouve en son chemin,
Il me frappe dans la main.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

Près de Rose il n'est point fade,
Et n'a rien d'un freluquet.
Lorsque ma femme est malade,
Il fait mon cent de piquet.
Il m'embrasse au jour de l'an ;
Il me fête à la Saint-Jean.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

Chez moi qu'un temps effroyable
Me retienne après dîner,
Il me dit, d'un air aimable :
« Allez donc vous promener ;
Mon cher, ne vous gênez pas,
Mon équipage est là-bas. »
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

Certain soir, à sa campagne
Il nous mena par hasard.
Il m'enivra de Champagne ;
Et Rose fit lit à part.
Mais de la maison, ma foi,
Le plus Beau lit fut pour moi.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

A l'enfant que Dieu m'envoie,
Pour parrain je l'ai donné.
C'est presqu'en pleurant de joie
Qu'il baise le nouveau-né ;
Et mon fils, dès ce moment,
Est mis sur son testament.
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

A table il aime qu'on rie ;
Mais parfois j'y suis trop vert.
J'ai poussé la raillerie
Jusqu'à lui dire au dessert :
On croit, j'en suis convaincu,
Que vous me faites cocu !
Quel honneur !
Quel bonheur !
Ah ! monsieur le sénateur,
Je suis votre humble serviteur.

 

11/05/2018

ELOGE DE LA GREVE

 

Une fois de plus, une séquence de communication politique s’est ouverte ces derniers jours en France pour dénoncer par avance la prétendue « prise en otages des usagers du train ». Mais on peut aussi ne pas s’abandonner à ce refrain démagogique et se dire que la grève pourrait être un beau moment de respiration, individuelle et collective.

Ils ont de la chance, les managers de la République. Les gens ordinaires n’ont pas encore ressenti l’intérêt de faire la grève et d’en savourer les fruits. Pourtant, il y aurait de quoi s’offrir de belles journées. Il y aurait de quoi s’offrir à soi-même une belle émotion, libératrice, gentiment subversive, brève et forte. Faire la grève, ce serait, disons-le comme ça, une grande, une belle petite joie, j’en suis sûr. Ne serait-ce que d’un petit point de vue personnel, au ras du quotidien.

Pensons aux matins d’hiver, dans les grandes villes. Au métro bondé, aux odeurs de cheveux, de déodorant, à l’étouffoir des petites angoisses, de la lassitude résignée des salariés « qui ne sont rien », d’après ce qu’en dit le grand manager des Français. Coincé entre les épaules et les soupirs des inconnus, on se prend à rêver. Et si aujourd’hui, on ne se laissait pas faire ? Et si on n’avait pas à subir les mille servitudes du travail aujourd’hui ? Oui, on se prend à rêver. Et on repense, avec un peu d’anxiété peut-être, mais aussi une jubilation secrète, à nos journées d’école buissonnière.

Il y a des jours comme ça. Des jours où la farandole des imposteurs, à la télévision, à la radio, au bureau, sur le chantier, exaspère plus que de raison. Des jours où on nous en demande trop, en tout cas plus que ce qu’on est en mesure de donner. Et d’un seul coup, c’est étrange n’est-ce pas ?, le refus, la ruse, le demi-tour nous appellent. Et nous disent : là, vraiment, non. Hier d’accord, demain je ne dis pas. Mais aujourd’hui : non.

Parfois, ce n’est pas notre faute. Un enfant est malade, la salle de bain du voisin fuit à travers le plafond, la neige encombre les routes, la grippe nous saute à la gorge. Alors on reste à la maison, secrètement libéré, secrètement rebellé contre les agendas partagés, les réunions hebdomadaires, les problèmes en suspens, les directions des ressources humaines, les premiers de cordée.

La grève au fond, il faudrait l’essayer, pour voir.

La grève au fond, il faudrait l’essayer, pour voir. Allez savoir si perdre un jour de salaire, peut-être même plusieurs, n’en vaudrait pas la peine. Ne serait-ce que pour voir la tête de ceux qui trouvent ça fou, ou qui trouvent ça irresponsable. Payer pour voir, comme un coup de poker dérisoire et drôle.

Je me prends à songer à la puissance qu’aurait, dans mon beau pays malade, une grève générale faisant s’affaler en une journée tout l’ordre dominant, le gelant soudain, le faisant baisser d’un ton, le contraignant à l’immobilisme absolu, silencieux, fulminant, dans l’incompréhension générale, la stupéfaction et l’anxiété. Quelle panache ! « Mais que veulent-ils ? » se répéterait-on alors partout, sur les plateaux de télévision, dans les cabinets, dans les salles de réunion du Président. Enfin la question serait posée. Et une réponse serait attendue.

Quelle belle fiction ce serait, quel beau roman d’un jour ! Le lendemain, j’en suis sûr, quelle que soit la réaction du patron, des collègues, des confrères, au moins, avouons-le, on sourirait. Notre journée, notre semaine peut-être, et pourquoi pas notre mois d’école buissonnière, aurait eu le mérite de tout chambouler en silence. De faire peur, sans un geste violent. Et imaginons alors que nous ne soyons pas seul à nous lever le matin, à nous rendre au travail et, plutôt que de mentir pour nous tirer d’affaire, à clamer haut et fort qu’aujourd’hui, on répondra « non » à tous les ordres. Et que la loi nous protège.

Oui, vraiment, ils ont de la chance, les managers de la République.

Crédits photo
Photo de grévistes de l’ancienne Compagnie des Mines de Thivencelle dans le Nord (aujourd’hui disparue)
Auteur : Autrot

 

Le Média vous propose un court-métrage rendant hommage à la lutte. Jean-Pierre Darroussin a eu la gentillesse d’interpréter Éloge de la grève, un texte de Léonard Vincent paru il y a quelques temps sur Le Média Presse.

10/11/2017

DIFFERENT ... COMPRENDRE LE MONDE AUJOURD'HUI

DIFFÉRENT

Oui je sais je viens d’ailleurs
Et je sais que ce qui vous fait peur
Ce n’est pas ma prétendue violence
Mais c’est ma réelle différence

C’est vrai que ce que vous êtes aujourd’hui
Vous l’avez bravement conquis
Et alors ma seule présence
A pour vous une odeur de décadence

Mais je ne viens pas pour vous tuer
Mais je ne viens pas pour vous voler
Je viens pour changer de paysage
Je viens pour changer d’âge

Ce qui vous appartient
Est pour vous le plus sacré des liens
Mais celui qui n’a pas d’attache
Faut-il qu’au visage on lui crache

Toutes ces idées
Que vous avez capitalisées
Et dont vous vous croyez propriétaires
Que vous soyez nantis ou prolétaires

Mais je ne viens pas pour vous tuer
Mais je ne viens pas pour vous voler
Je viens pour changer d’éclairage
Je viens pour changer de personnage

Toutes ces idées plus que de vos nombreux biens
Vous lient le cœur et les mains
Vos plus précieuses croyances
Sont celles qui vous font croire à votre importance

Il est vrai que lorsque je squatte votre maison
Vous me donnez parfois raison
À condition que ce ne soit pas la vôtre
Mais celle d’un autre

Mais je ne viens pas pour vous aimer
Mais je ne viens pas pour vous détester
Je viens pour changer de voisinage
Je viens pour changer de rivage

Au chaud dans votre confort
Vous ne pensez jamais à la mort
L’enfant qui meurt dans la froideur crépusculaire
N’est pour vous qu’un risque identitaire

En repoussant les exilés
C’est votre monde que vous rétrécissez
Et ce qui n’est pas transformable
N’est que par la violence périssable

Mais je ne viens pas pour vous aimer
Mais je ne viens pas pour vous ressembler
Je viens pour changer de village
Je viens pour changer d’ancrage

N’avez-vous donc pas compris
Que nous ne sommes pas vos ennemis
Que ce sont les frontières
Qui entretiennent la guerre

Ce pour quoi vous avez combattu
Ce pour quoi vous vous êtes défendus
Ce qui est écrit dans vos livres
Ce qui vous a permis de survivre

Mais je ne viens pas pour vous imiter
Mais je ne viens pas pour vous diminuer
Je viens pour tourner une page
Je viens pour changer d'héritage

La liberté et l’égalité
Ne sont-elles pas pour toute l’humanité
Quelles que soient les personnes
Ou ne sont-elles que des idées bouffonnes

Si de vous je suis différent
J’ai les mêmes droits cependant
Ce sont ceux de tous ceux qui pensent
Et cela ne se limite pas à la France

Mais je ne viens pas pour être aimé
Je ne viens pas pour vous voler
Je viens pour changer de paysage
Je viens pour changer d’âge


 http://www.diffusinfolivres.com/pages/20-poemes-et-chants-pour-migrants-et-autres-mal-aimes.

 

 

En septembre 2015, au plus fort de la crise migratoire, l’Union européenne mettait en place un plan d’urgence visant à répartir les réfugiés dans les pays membres. Deux ans plus tard, alors que ce programme prend fin, le bilan est très faible. Sur les 160 000 personnes qui devaient être « relocalisées » dans toute l’UE, seules 29 000 l’ont été. La France elle-même, qui devait accueillir 30 000 personnes, a respecté moins de 20 % de son engagement. Maryline Baumard, journaliste au Monde en charge des migrations, analyse les raisons de cet échec.

 

LE MONDE

29/07/2017

PAPILLON VOLE

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 il ne nous quittait plus ... Il s'est posé et est resté un bon moment ...

Nous avons eu le temps de l'admirer ...

Le papillon

Alphonse de Lamartine

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

Alphonse de Lamartine, Nouvelles méditations poétiques

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Papillon

J’aimerais, dans ma maison,
Avoir pour seul compagnon
Un très joli papillon
Qui de saison en saison
Changerait de couleur.

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Il serait vert au printemps
Comme les feuilles mignonnes,
Bleu en été, couleur du temps,
Marron dès que viendrait l’automne
Et, dans les mois d’hiver, tout blanc.

Parfois, pour la fantaisie,
Rose, violet, mauve ou gris,
Mais jamais le papillon noir
De l’ennui et du désespoir.

Jean Joubert extrait de « L’amitié des bêtes »

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Les papillons de France 

Cliquer sur les miniatures pour voir les photos en haute résolution.

Une vie de papillon
Rythme de vie
Les territoires
La nutrition
La reproduction

 

03/04/2017

En campagne chalossaise, route d'Ossages

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Comme si vous y étiez !

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ça ressemble à ça la campagne

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Je me suis arrêtée pour humer les glycines embaumantes

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A quelques vols d'oiseaux, de buses

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un village dans la brume

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J'ai battu la campagne

*

 

L’enfant qui battait la campagne


Vous me copierez deux cents fois le verbe :
Je n’écoute pas. Je bats la campagne.


Je bats la campagne, tu bats la campagne,
Il bat la campagne à coups de bâton.


La campagne ? Pourquoi la battre ?
Elle n’a jamais rien fait.


C’est ma seule amie, la campagne.
Je baye aux corneilles, je cours la campagne.


Il ne faut jamais battre la campagne :
On pourrait casser un nid et ses oeufs.


On pourrait briser un iris, une herbe,
On pourrait fêler le cristal de l’eau.


Je n’écouterai pas la leçon.
Je ne battrai pas la campagne.


Claude ROY

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Je retrouve HABAS et son clocher

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11 H 10

11 H 30 à la maison

C'est bon pour le filet mignon - 30 mn de cuisson -

A moins que je ne plume ces poules pour les mettre au pot

puisqu'hier je n'ai pas pu aller déguster la poule au pot préparée par les amis de l'USH

Trop juste pour midi ...Je viendrai les kidnapper une autre fois

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