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21/10/2017

Et ça ose donner des leçons aux CATALANS !

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Espagne: Le roi est nu

Jean Ortiz
Mercredi, 18 Juin, 2014
AFP

Par Jean Ortiz, universitaire. C'est aujourd'hui mercredi 18 juin 2014 que sa Majesté Juan Carlos de Bourbon et des Pachydermes du Botswana, signe son abdication, au cours d'une cérémonie solennelle, au Palais royal.

Jusqu'à 18h, il est "inviolable". Une fois signé son renoncement pour cause d'excès de casseroles au derche, il deviendra un simple justiciable comme les autres, donc "violable", au sens judiciaire du terme. En toute légalité, il pourrait être arrêté à la sortie du Palais Rooyaal ce soir. Article 14 de la Constitution: "les Espagnols sont égaux devant la loi". Faut croire que certains sont plus égaux que d'autres.

Il faut donc garantir à sa Majesté abdiquante, à toute berzingue, l'impunité. Les frères siamois du bipartisme, PP et PSOE, se sont mis d'accord pour présenter d'urgence au parlement un amendement dans ce sens. Il serait ajouté en catastrophe à la "Loi organique du pouvoir judiciaire", un pouvoir judiciaire aussi indépendant que lierre sur un tronc d'arbre.

Demain 19 juin 2014, le roitelet sera intronisé par le parlement. Il est, selon la loi, chef de l'Etat. Sa majesté nouvelle commencera son règne, que nous souhaitons le plus bref possible, sans passer par les urnes... Cela sent l'autocratie, le "golpe", le coup d'Etat consommé. Felipe VI et ses parrains du PP-PSOE foulent aux pieds les libertés, la démocratie, soutenus par les médias au premier rang desquels l'apostat "El Pais". Tant que cela ne se passe pas à Caracas...

En clair: la monarchie socialo-pépiste impose un nouveau roi sans tenir compte de la Constitution et de la volonté populaire. La Constitution stipule que c'est dans le peuple " que réside la souveraineté". L'opinion publique exige, elle, à 62% un référendum pour choisir la forme de l'Etat. Pour la deuxième fois une restauration bourbonienne a lieu par un coup de force.

Le Sénat avait donné le feu vert à l'abdication par 88% des votants. S'y sont opposés Izquierda Unida, ERC (Gauche catalane républicaine) et ICV (écolo-communistes catalans).

Pour les classes dominantes, la monarchie "immaculée" et "modélique" doit durer; elle a permis aux grands groupes financiers et industriels de garder le pouvoir depuis la mort de Franco et de transformer l'Etat en marché.

Toujours un poing levé et une main tendue, Jean Ortiz est un internationaliste assumé.
 

Jean Ortiz, lui même fils de la République espagnole et de l’antifascisme nous offre avec cet ouvrage, qui bat en brèche les révisionnismes, manipulations et caricatures de toutes sortes, un regard clair et percutant sur l’histoire espagnole de 1931 à nos jours.

Écrasée par le soulèvement fascisant de juillet 1936, enfouie, oubliée, trahie pendant plus d’un demi-siècle, la République dont l’histoire officielle pensait se défaire est enfin de retour !

Non, la loi d’amnistie espagnole n’était pas la loi vertueuse ou cicatrisante tant attendue. Établir une équivalence morale entre les vainqueurs et les vaincus de la guerre d’Espagne, c’est une autre façon de cracher sur les tombes !

Non, les Républicains n’étaient pas des « rebelles » : ils défendaient une Constitution approuvée et un gouvernement légal.

Afin de justice plutôt que de revanchisme, il était devenu indispensable de tout reprendre à son commencement. Et de le raconter avec la fameuse sévérité des faits : l’anarchisme, la Commune asturienne de 1934, les véritables relations entre Staline et la République, les conflits inter-républicains, la non-intervention française, la politique de réconciliation nationale du PCE, l’anti-franquisme, les fosses communes, les « enfants volés », puis les travaux du juge Garzon, puis les « Indignés », etc.

L'auteur :

La victoire des franquistes oblige son père, combattant républicain, puis guérillero (résistant) en France, à vivre un exil toujours recommencé.

« Manchega », la famille a payé un lourd tribut à la défense de la République : sept fusillés.

Homme de passion, Jean Ortiz conjugue, depuis quarante ans, engagement dans le combat de mémoire et honnêteté du travail historique. Il a consacré plusieurs ouvrages aux Républicains et antifascistes espagnols (aux éditions Atlantica) : Mi guerra civil (2005), Rouges : maquis de France et d’Espagne. Guérilleros en Béarn (2007), Che plus que jamais (2007), Guérilleros et mineurs (2011), De Madrid à Valparaiso. Neruda et le Winnipeg (2011).  

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Extraits du texte ci-dessous

La solution pour éviter que cette crise dégénère, c’est une République. Elle ne doit pas être une copie de la Seconde République de 1931. À l’époque, il n’y a jamais eu de danger communiste, qui a servi de prétexte au coup d’État. Ils ont liquidé un projet réformiste, modéré et absolument pas révolutionnaire, mais au bilan social et sociétal insupportable pour l’oligarchie, la banque, l’Église, l’armée... Il faut aujourd’hui une République qui soit anticapitaliste, sociale, fédérale et plurinationale. Si on veut régler les problèmes régionaux qui secouent l’Espagne avec la Catalogne, il faut créer une nation de nations. Le droit à l’autodétermination, le droit de décider sont possibles dans le cadre d’une Espagne qui soit un État plurinational. Ce caractère doit être reconnu.

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Universitaire, journaliste, voyageur infatigable de Amérique du sud et de Europe latine, Jean Ortiz travaille depuis longtemps sur la guerre Espagne, le franquisme, les résistances. il vient de publier « Espagne : la république est de retour ». Un ouvrage qui couvre la période de 1931 jusqu’à la percée fulgurante de Podemos selon un fil rouge : la république.

Le devoir de mémoire face à une amnésie imposée. Ces vingt dernières années, l’Espagne a vécu sur un mythe fondateur complètement inventé : la transition. Un concept créé pour faire consensus et qui a été exporté au Chili, en Uruguay, en Argentine. Tous ces pays sont revenus sur ces lois sauf en Espagne. La loi d’amnistie, ou plutôt d’auto-amnistie, permet l’impunité du régime franquiste, des ses cadres et de ses crimes depuis 1977 jusqu’à aujourd’hui. Franco l’a clairement dit avant de mourir, il a laissé le régime tout attaché et bien attaché au service de l’oligarchie financière. La transition a été le rétablissement de la monarchie afin de verrouiller le système. L’oligarchie franquiste a pu tranquillement se recycler. Le franquisme n’est pas qu’une dictature, il s’agit d’un système qui a perduré après la mort de Franco et qui englobe la monarchie. Depuis une dizaine d’années, j’ai assisté à un retour de mémoire assez extraordinaire. Un retour du refoulé. Les drapeaux républicains sont visibles dans les manifestations et les mouvements sociaux. Un phénomène impensable il y a encore 10 ans. On assiste à une accélération de l’histoire. Toute cette architecture, cet édifice de la transition, s’effondre. L’année 2015 confirme ce chambardement avec l’ascension d’un mouvement comme Podemos.
 
CHEZ LES JEUNES, L’IDÉE D’INSTAURER UNE RÉPUBLIQUE EST MAJORITAIRE ET 62 % DES ESPAGNOLS RÉCLAMENT UN RÉFÉRENDUM POUR CHOISIR ENTRE MONARCHIE ET RÉPUBLIQUE.
 
Les prochains scrutins locaux, régionaux et législatifs devraient nous confirmer ce phénomène. Aujourd’hui, de nombreux sondages constatent que moins d’un Espagnol sur deux croit encore à la monarchie. Les classes dominantes tremblent à l’idée que ce système disparaisse. Chez les jeunes, l’idée d’instaurer une République est majoritaire. 62 % des Espagnols réclament un référendum pour choisir entre monarchie et République. Cinq ans auparavant, ce discours était impensable et même « tabouisé ». Aujourd’hui, ce choix s’est imposé dans le débat citoyen, même si la victoire n’est pas acquise. L’histoire s’accélère. L’exigence d’un processus constituant a été longtemps portée par le parti Izquierda Unida. Podemos a repris cette initiative. Le régime est donc entré dans une crise durable. Car la majorité des Espagnols veulent s’exprimer et choisir leur Constitution.
 
La solution pour éviter que cette crise dégénère, c’est une République. Elle ne doit pas être une copie de la Seconde République de 1931. À l’époque, il n’y a jamais eu de danger communiste, qui a servi de prétexte au coup d’État. Ils ont liquidé un projet réformiste, modéré et absolument pas révolutionnaire, mais au bilan social et sociétal insupportable pour l’oligarchie, la banque, l’Église, l’armée... Il faut aujourd’hui une République qui soit anticapitaliste, sociale, fédérale et plurinationale. Si on veut régler les problèmes régionaux qui secouent l’Espagne avec la Catalogne, il faut créer une nation de nations. Le droit à l’autodétermination, le droit de décider sont possibles dans le cadre d’une Espagne qui soit un État plurinational. Ce caractère doit être reconnu.
 
La Bolivie est parvenue à ce consensus. Le pacte de la transition craque de partout. La nécessité de changements profonds débouche sur les Indignés et l’occupation de la Puerta del Sol. Ce mouvement de protestation est le plus important et le plus inédit qu’ait connu l’Espagne depuis la mort de Franco. Une irruption citoyenne qui a un impact considérable sur la société. Les Indignés, qui dénoncent le discrédit des partis politiques, du bipartisme PP-PSOE au service du marché, de la monarchie parlementaire, permettent l’émergence de Podemos. Les changements politiques, structurels sont à l’ordre du jour sur le court terme. Ce bouleversement vient de 1931. La Seconde République reste le référent démocratique, pas la transition. C’est cette République trahie, écrasée, abandonnée, le rôle et la stratégie des communistes, des anarchistes, de l’Union soviétique, de l’oligarchie, du fascisme espagnol qui permettent de comprendre la vertigineuse crise structurelle que vit l’Espagne actuellement. Tous ces questionnements sont à retrouver dans mon livre.

 

 

11/09/2017

À propos de la mobilisation contre le coup d’État social

 Jean-Luc Mélenchon

Rentrée blogueuse

 

Rentrée blogueuse

De tous côtés montent des échos favorables. Il semble que la mobilisation en cours pour la journée d’action du mardi 12 septembre et la marche du samedi 23 septembre se prépare bien. De plus, nous avons réussi à stopper la campagne médiatique absurde selon laquelle il y aurait une compétition entre ces 2 dates. Je dis « absurde » » pas seulement parce que nous avons appelé dès la première minute à soutenir l’initiative que la CGT avait prise d’abord toute seule pour la date du 12 septembre. Mais surtout parce que, en toute hypothèse, deux événements séparés de 11 jours ne peuvent pas être concurrents ! Surtout s’ils ont le même objet. Et davantage encore quand ceux qui y appellent en partagent le fond alors même que d’autres déclarent ouvertement ne pas être concernés !

Rappelons tout de même que le mot d’ordre de « retrait de l’ordonnance sur le code du travail » ne fait pas l’unanimité. En effet, l’ensemble de la « vieille gauche » n’appelle pas au retrait des ordonnances. Loin s’en faut. Le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Bertrand Faure a bien précisé : « nous ne demandons pas l’abrogation des ordonnances mais leur aménagement ». Le PS, EELV, les radicaux de gauche (PRG), et qui sais-je encore se tiennent cois. De même dans le champ syndical.

La rencontre à l’Assemblée nationale du groupe parlementaire « la France insoumise » avec le secrétaire général de la CGT, à sa demande, a donc permis de clore ce feuilleton sans objet. Au demeurant, il suffisait de voir qui jetait de l’huile sur le feu pour se faire une idée de la nocivité attendue de cette opération. Naturellement, son seul objet était de répandre une mauvaise ambiance démoralisante et démobilisante. Je crois pouvoir dire que cette manœuvre a désormais échoué. Les propos bienveillants de Phillipe Martinez à l’égard de notre initiative en attestent, côté syndical.

Pour le reste, tous ceux qui réfléchissent comprennent vite ce qui est en jeu. La marche du 23 a besoin que la mobilisation syndicale du 12 septembre soit un succès. Elle a également besoin que le 21 septembre syndical soit également succès. Car ces rassemblements décentralisés dans tout le pays ne peuvent qu’élargir la prise de conscience populaire et l’approfondir. Dès lors, les 2 dates concourent comme autant de vagues successives au déferlement de la marée que nous nous efforçons de faire monter pour le 23.

La France insoumise a pris ses responsabilités de première force politique d’opposition sociale. Elle l’a fait à l’Assemblée nationale pendant toute la session extraordinaire. Puis en appelant pendant cette session extraordinaire aux rassemblements des 5 et 12 juillet. Elle le fait de nouveau en en appelant à une marche commune le 23 septembre, un samedi. Elle y appelle toute la population, salariée ou pas, contre le fait politique majeur que représente pour notre société la fin du règne de la loi en matière de droit social. Notre responsabilité est de montrer que cette question concerne absolument tous les Français, de toutes conditions et de toutes opinions. C’est pourquoi depuis le début nous affirmons que nous ne visons pas une marche des seuls « insoumis » mais de tous ceux qui se sentent concernés. Nous les avons appelés à venir s’ils le souhaitent avec leurs pancartes et drapeaux particuliers. Enfin si bien sûr, comme par le passé, la meute des aboyeurs essaiera de nouveau de réduire cette marche à ma personne, il va de soi que cette tentative ne dissuadera pas davantage que par le passé.

En toute hypothèse, beaucoup de choses ont bougé en peu de temps. L’officialité médiatique et la macronie pensait d’abord avoir réussi à isoler « Mélenchon et Martinez », comme l’avait annoncé le journal Le Figaro, dans le camp étriqué des archaïques ronchonneurs. Mais, au fil des jours, l’arc des forces qui se mobilisent s’est élargi. La FSU, Solidaires, l’UNEF se sont joints à l’initiative syndicale. Puis la direction de la CFDT n’a pas manifesté l’enthousiasme espéré par l’équipe Macron. Enfin les syndicats de Force Ouvrière sont largement passés dans l’opposition. À cela s’est ajouté que la tentative pour opposer l’action syndicale et la marche du 23 septembre a échoué. De nombreux syndicats de branche ou du niveau départemental et local intègrent la date du 23 septembre dans leurs appels à la mobilisation. On verra donc ce jour-là aussi des bannières syndicales.

 

Enfin, quelque chose de nouveau et important s’est aussi produit. On sentait qu’une volonté politique de rompre les routines existait. J’avais noté l’appel à la marche du 23 de Sébastien Jumel et Stéphane Peu, députés communistes très unitaires qui avaient d’ailleurs été candidats avec l’appui de la France insoumise dès le premier tour.. Puis il y a eu l’intervention de Benoît Hamon sur Europe 1. En décidant d’appeler lui-même à participer au 23, Benoît Hamon a rompu la muraille de confinement politique que les chefs de la « vieille gauche » cherchaient à dresser. Je considère sa décision et son appel public comme un événement politique de première importance.

Il faut saisir sans hésitation la main qui se tend.

Quoi qu’il leur en coûte, je demande à tous ceux qui me font confiance de jeter la rancune à la rivière et de tourner la page. Il faut partout où cela est possible préparer sur le terrain en commun cette mobilisation. Il s’agit bien sûr d’abord d’assurer le succès de la marche. Mais puisque l’occasion s’en présente, ce sera une bonne chose de cultiver une jonction de choix politique qui peut avoir sans doute des lendemains. La mise en mouvement commun de nos « mouvements » pour le succès du 23 peut faire de cette date un heureux commencement. Je le souhaite.

Pour ma part, je subordonne toute mon activité et mes contacts à sa réussite. Toute la sphère médiatique macroniste et les satellites de toutes sortes du président sont déjà en alerte et passent à l’action dans leurs domaines respectifs. L’enjeu de ce bras de fer est parfaitement compris de part et d’autre. Le niveau de la mobilisation sera l’indicateur le plus net du rapport de force. L’adversaire le sait. Nous aussi. Il faut donc agir en conséquence avec sens des responsabilités. Celle de « la France insoumise » dans cette séquence est considérable. Nous agissons donc avec méthode jusque dans les détails.

Au fond, nous retrouvons dans le contexte actuel les mêmes données que pendant la campagne présidentielle. Mais j’estime que l’élargissement désormais acquis de forces qui appellent à la marche antigouvernementale du 23 et choisissent ainsi de se fédérer par l’action est une situation nouvelle plus favorable au rapport de force avec le système. Sans oublier que des milliers de militants de toutes origines, des syndicalistes, des communistes, des socialistes, y seront présents par milliers mêmes si leurs dirigeants n’ont pas choisi d’y appeler. Je crois à la force irrésistible de cette fédération. Je crois à la force de la contagion de l’unité par l’action dans les milieux populaires. Tout ce que nous faisons doit y être subordonné. Pour ma part, je m’y dévoue.

 

 

Pierre-Alain Mannoni : Un humaniste au tribunal

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https://www.politis.fr/articles/2017/09/pierre-alain-mannoni-un-humaniste-au-tribunal-37515/

 

Pour avoir accompagné des migrants jusqu’à Nice en voiture, Pierre-Alain Mannoni a été relaxé dans un premier temps, mais le procureur a fait appel. Verdict le 11 septembre.

Le poing levé, le sourire inaltérable, Pierre-Alain Mannoni sort abasourdi mais heureux du tribunal correctionnel de Nice, le 6 janvier 2017 : le juge a acté sa relaxe. Deux mois plus tôt, il comparaissait pour aide au séjour et à la circulation de migrants ayant franchi la frontière franco-italienne. Le premier acte d’un acharnement judiciaire. Car le procureur de la République a fait appel : il l’accuse d’être un passeur, et même un militant. Originaire d’Île-de-France, Pierre-Alain Mannoni se retrouve professeur de géographie à l'université de Nice Sophia-Antipolis.
Le bord de mer lui permet de poursuivre ses recherches en écologie marine au CNRS, mais la mentalité dominante de la Côte d'Azur ne lui correspond pas vraiment.
 
Il sympathise avec de jeunes paysans qui descendent de la vallée de la Roya pour vendre du fromage de brebis, et découvre alors l'altruisme des habitants de l'arrière-pays niçois.
 
Lorsque les migrants arrivent par milliers à la frontière franco-italienne en 2015 ...

 

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« Nous soutenons la mobilisation du 12 septembre »

Couverture de l’Hebdo Politis N°1468 

par Collectif

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Photo : LOIC VENANCE / AFP

Des élus et des responsables nationaux de diverses forces de gauche, écologistes, réaffirment leur soutien aux mobilisations syndicales et politiques à venir contre la réforme du code du travail.

Nous l’avions dit ensemble dès le mois de juin : « Nous refuserons une loi Travail bis par ordonnances ! » 

Aujourd’hui, nous soutenons la journée de lutte intersyndicale du 12 septembre ainsi que toutes les mobilisations syndicales et politiques à venir contre la politique de casse sociale de Macron. Aujourd’hui, les forces de gauche et écologistes se rassemblent et agissent contre les nouveaux visages de la droite libérale.

Après la loi El Khomri de 2016, le président Macron annonce un plan de casse sociale en 18 mois pour renverser les principes du Code du travail, réduire les libertés syndicales, diriger lui-même l’assurance-chômage en menaçant les droits des sans-emplois, augmenter la CSG pour fiscaliser la Sécurité sociale, briser les acquis du Conseil national de la résistance. De plus, il veut gouverner par l’austérité, baisser les budgets sociaux (APL, emplois aidés…) et ceux des collectivités territoriales. Il veut montrer son autorité pour imposer les disciplines financières et diriger l’Europe libérale.

Il ne faut pas le laisser faire !

On nous dit que Macron avait mis le Code du travail dans son programme et qu’il faut l’appliquer. Mais jamais un tel projet n’a été rendu public avant l’élection. Et la véritable démocratie exige aussi le respect de la démocratie sociale, l’écoute des salarié-es, des syndicats, des associations.

La véritable démocratie demande un débat public contradictoire, et non de passer en force par des ordonnances ou par le procédé du 49-3 comme en 2016. Le gouvernement prétend qu’il faut aller vite. En réalité, il veut limiter ou supprimer le débat social et politique.

A peine élu, le gouvernement commence par réduire le rôle de ses députés à être au service du pouvoir exécutif. En même temps qu’un coup d’état antisocial, il y a aussi un coup porté à la démocratie. C’est logique : libéralisme et autoritarisme vont de pair. Emmanuel Macron est un président qui veut tout diriger d’en haut.

La Vème république monarchique continue et s’aggrave. Ce n’est pas ce que voulaient nos concitoyens au printemps. La popularité en chute libre du président le prouve.

Nous sommes donc aux côtés des salarié-es, des précaires, des chômeurs.

Nous sommes solidaires de toutes celles et ceux qui comprennent très bien que leurs emplois pourront être supprimés avec des facilités accrues, des compensations très réduites, même lorsque les chefs d’entreprises licencient de manière frauduleuse.

Nous refusons qu’on puisse négocier dans les petites entreprises sans passer par les syndicats. Nous refusons que le chef d’entreprise puisse imposer un pseudo-référendum pour imposer son point de vue, alors que les salarié-es sont dans une situation de domination et de peur des représailles et des licenciements.

Nous nous élevons contre la possibilité ouverte de licencier une personne qui verrait son contrat de travail modifié sans son consentement, sous prétexte d’un accord de compétitivité.

Il est inadmissible que les Institutions représentatives du personnel (délégués du personnel, comité d’entreprise, comité d’hygiène et sécurité et conditions de travail-CHSCT), fruit d’une histoire sociale très longue, soient fusionnées en un seul organisme, avec moins d’heures octroyées aux élu-es du personnel pour les préparer.

Il est scandaleux que le CHSCT, institution qui permet de protéger les conditions de travail, la santé, d’alerter en cas de dangers, de dénoncer les maladies professionnelles, soit réduit à la portion congrue, voire quasiment supprimé.

C’est donc bien un coup d’état antisocial qui est annoncé, assorti de mensonges.

Il n’est pas vrai que la réduction des droits sociaux permet de lutter contre le chômage : les instituts d’analyse économiques officiels le reconnaissent (OCDE).

Faciliter les licenciements ne sert qu’à une chose : rendre les situations de travail plus angoissantes, et renforcer la sécurité pour les actionnaires, alors que les profits du CAC 40 dépassent déjà 50 milliards en 2017.

Nous avons des contre-propositions :

  • Protéger contre les licenciements par une sécurité sociale professionnelle, permettant la protection des droits, du salaire, des qualifications ;

  • Libérer la parole dans le travail par le droit de se réunir avec les syndicats, de débattre des horaires, de la santé, des techniques employées, des postes à créer ;

  • Valoriser l’autonomie des travailleurs-euses à l’opposé d’ubérisation sauvage ;

  • Réduire la durée du travail, garantir la semaine de 35 heures sans flexibilité, vers les 32 heures pour réduire massivement le chômage ;

  • Promouvoir une nouvelle politique industrielle, ainsi que le développement des services publics, répondant aux besoins sociaux et aux impératifs écologiques.

Préparons l’alternative !

Les premiers signataires

Éliane Assassi, présidente du groupe Communiste, républicain et citoyen (CRC) au Sénat ; Clémentine Autain, Ensemble - député France Insoumise ; Guillaume Balas, député européen, Parti socialiste (PS) ; Jean- Claude Branchereau, Gauche démocratique et sociale (GDS) ; André Chassaigne, député et président du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale ; Éric Coquerel, coordonnateur du Parti de gauche (PG) député France Insoumise, conseiller régional IDF ; Isabelle de Almeida, en charge des relations avec les syndicats au Parti communiste français (PCF) ; Caroline De Haas, militante féministe ; Dominique Deharbe, membre du bureau national de Nouvelle Donne ; Gérard Filoche, bureau national du PS ; Lucien Jallamion, secrétaire général de République et socialisme (RS) ; Marianne Journiac, secrétaire national santé RS ; Philippe Juraver, secrétaire national du PG, entreprises et luttes sociales ; Pierre Laurent, secrétaire national du PCF ; Anne Hessel Lecarpentier, membre du bureau national de Nouvelle Donne ; Sarah Legrain, secrétaire nationale du PG ; Nicole Lozano, membre du bureau national de Nouvelle Donne ; Jean-Claude Mamet, équipe d’animation nationale d’Ensemble ! ; Jean-Alain Mazas, Gauche démocratique et sociale ; Myriam Martin, porte-parole d’Ensemble !, conseillère régionale Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées (LRMP) ; Jean-François Pellissier, porte-parole d’Ensemble ! ; Éric Thouzeau, conseiller régional socialiste ; Philippe Reig, (RS) ; Simone Sebban, membre du bureau national de Nouvelle Donne ; Patrice Siard, secrétaire général adjoint de RS ; Danielle Simonnet, coordinatrice du PG, conseillère de Paris ; Paul Vannier, secrétariat national PG ; Marie-Christine Vergiat, députée européenne (groupe Gauche unie européenne) ; Marie-Pierre Vieu, en charge des relations extérieures au PCF.

06/09/2017

MILITANTS FO : GROGNON RALEURS

Il ne se gêne même plus. Après avoir refusé d’appeler à manifester le 12 septembre et ce, avant même la publication des ordonnances par le gouvernement, Mailly, interrogé à la sortie de la présentation à Matignon des ordonnances, s’est moqué avec le plus grand mépris des syndiqués de FO qui voudraient manifester : « Je ne suis pas un PDG, je suis un secrétaire général qui a un mandat. C’est toujours arrivé dans l’histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs ; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c’est leur droit d’exister ». Celui-ci a même cru bon d’ajouter : « Heureusement que nous avons fait notre travail syndical sinon, depuis le mois d’août, les ordonnances auraient été publiées et tout le monde pleurerait aujourd’hui ».

C’est toujours arrivé dans l’histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs ; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c’est leur droit d’exister

Des déclarations qui ne surprennent même plus venant d’un dirigeant syndical bien plus proche du gouvernement et du patronat que des travailleurs. Celui-ci est, par exemple, un ami de longue date de la ministre du travail et ex-DRH de Danone, Muriel Pénicaud. Lors des négociations, Mailly n’hésite pas à conseiller Macron sur sa réforme en le tutoyant.

« Après son élection, Emmanuel Macron m’explique vouloir s’attaquer au Code du travail rapidement pour ne plus avoir à y revenir après, raconte ainsi Jean-Claude Mailly à Challenges. De mon côté, je lui ai dit : "Je te demande de lancer une véritable négociation et de mettre tout sur la table lors des discussions. Et surtout, n’oublie pas que nous avons des lignes rouges". Il m’a répondu : "OK, les ordonnances seront pour septembre et essayons la concertation" ».

De plus, Mailly peut s’appuyer sur Stéphane Lardy, l’ancien négociateur de FO, au gouvernement, qui est passé directement de l’organisation syndicale au cabinet de la ministre du travail

Je te demande de lancer une véritable négociation et de mettre tout sur la table lors des discussions

Mailly s’adressant à Macron

Aux côtés de la CGT durant la loi travail première version, Jean-Claude Mailly assume désormais son statut de traître au grand jour et est devenu l’une des pièces maitresses de Macron pour faire passer la casse du code du travail. Une trahison qui ne semble pas être du goût de nombreuses unions départementales, certaines fédérations, ainsi que de nombreux militants FO, qui ont déjà appelé à préparer la manifestation du 12 septembre. Une mobilisation qui devra être la plus nombreuse possible pour enfin rabattre le caquet du meilleur majordome du gouvernement et du MEDEF.

Crédits photos : AFP

 

Le syndicat FO 44 vient d’annoncer ce matin qu’il se joindrait aux autres organisations syndicales.

Les syndicats donnent rendez-vous à Nantes à 14 h 30, place du Commerce, à 10 h devant la mairie de Saint-Nazaire et à 11 h devant la mairie de Châteaubriant.

 
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