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18/05/2017

GAGAS DE MACRON ... Toute honte bue !

 
Marianne
 
Le roi est mort, vive le roi

L'intronisation d'Emmanuel Macron tourne à l'extase chez les commentateurs télé

 
 
À l'occasion de la passation de pouvoir entre François Hollande et Emmanuel Macron, certains journalistes ont viré "gagas". Exemple avec France 2 et BFMTV.

Une partie de la presse avait déjà tressé des lauriers en or massif à Emmanuel Macron, au soir de sa victoire du 7 mai. Pour son investiture au cours de la passation de pouvoir avec François Hollande ce 14 mai, certaines chaînes de télévision n'ont pas moins versé dans la flagornerie.

En ce dimanche matin, le service public était particulièrement en forme, à l'heure de semer sur le parcours du nouveau président mille qualificatifs plus élogieux les uns que les autres. Compilés par certains twittos, dont le journaliste Samuel Gontier, les saillies des commentateurs de France 2 ne laissent guère planer de doutes sur la cote d'amour d'Emmanuel Macron auprès de ces derniers. Florilège.

 

Laurent Delahousse orchestrait "ces instants républicains", avec une myriade d'envoyés spéciaux dans les rues de Paris. La seule remontée des marches en courant du nouveau président suscite l'admiration : "Il a monté les marches quatre à quatre, à une vitesse incroyable. Ça rappelle Jacques Chaban-Delmas", apprécie le journaliste Franck Ferrand.

Tandis que les figures obligées de la passation de pouvoir se déroulent sans surprise particulière, le plateau de France 2 est en ébullition : "C’est l’investiture la plus romanesque de la Ve République", "On est véritablement dans le roman, et même, osons le mot, dans l’épopée".

Rien que ça. Et quand Laurent Delahousse y va de sa description du nouveau président, voilà le résultat : "Ce visage, ce masque d’Emmanuel Macron, cette gravité qui arrive".

Le journaliste vedette de France 2 peut bien feindre de demander si "les Français avaient besoin d’être réassurés sur la présidentialisation d’Emmanuel Macron ?", pour lui, il n'y a aucun doute. D'ailleurs, quand Emmanuel Macron prend une femme en larmes dans ses bras, "c’est le protecteur de la Nation" qui se présente à nous. "Des personnes se sont réfugiées dans ses bras. Autrefois, les rois touchaient les écrouelles le lendemain du sacre, il y a un peu de ça", lâche un intervenant, dans une comparaison tout en simplicité.

Des personnes se sont réfugiées dans ses bras. Autrefois, les rois touchaient les écrouelles le lendemain du sacre, il y a un peu de ça.

Invité sur le plateau, l'ancien patron du Monde Eric Fottorino voit lui en Emmanuel Macron "un alliage". Et pas de la camelote, s'il vous plaît : "Les aciéries font des métaux spéciaux. Il est d’un autre métal." Plus fort, plus rare, plus indestructible, cela va de soi.

Serge Moati, lui, est marqué au fer par Gérard Collomb, incapable de retenir ses larmes au moment de serrer la main de celui en qui il a cru avant bien d'autres : "L’image de Gérard Collomb bouleversé, ça me fait penser à Mitterrand embrassant Mendès-France", estime le journaliste.

Et puis, le type a "de la gueule", selon un autre intervenant sur le plateau de France 2 ce dimanche matin. D'ailleurs, Nathalie Saint-Cricq ne se sent "pas autorisée en tant que femme à dire qu’il a le physique de l’emploi", renvoyant cette responsabilité incongrue à ses collègues masculins, mais il se passe clairement quelque chose dans le coeur de la patronne du service politique de la chaîne.

Lire aussi

"Il y a cinq ans, on parlait de la pluie, là on parle d’Emmanuel Macron. Quelque chose a changé", entend-on encore sur le plateau.

Au moment où Emmanuel Macron revient de son petit tour de voiture à l'Élysée, costume détrempé, en refusant le parapluie tendu par un membre du personnel, c'est l'éclat de rire charmé sur le plateau de France 2.

Même rigolade quelques secondes plus tard, quand on entend Emmanuel Macron dire sur le perron "Je vais me changer, je pense". Les commentateurs s'extasient devant tant d'autodérision.

pauvres, pauvres médias ... ça rigole de rien !

Sur BFMTV, on avait choisi un consultant bien particulier en la personne de Mounir Mahjoubi, candidat La République en marche pour les législatives et proche d'Emmanuel Macron.

Une façon d'éviter les remarques de pisse-froid en ce jour de gloire pour le nouvel arrivant à l'Élysée. En complément, un curieux dispositif permettait d'entendre Ruth Elkrief au téléphone, dans une liaison qui donnait l'impression que l'éditorialiste de BFMTV avait été envoyée à Bagdad.

Elle s'exprimait en fait de la salle de presse de l'Élysée, mezza voce pour ne pas déranger les confrères. Ce qui ne l'a pas empêché d'en faire des tonnes : "C'est la marque d'Emmanuel Macron, s'extasie Ruth Elkrief après le premier discours du nouveau président. Tout en rendant hommage à tous les présidents qui l'ont précédé (…) lui, il veut trancher. C'est le personnage Macron qui parle, sa jeunesse, son énergie, sa volonté de rendre les choses différentes".

C'est le personnage Macron qui parle, sa jeunesse, son énergie, sa volonté de rendre les choses différentes.

Ruth Elkrief
 

Ludovic Vigogne, journaliste à l'Opinion, estime pour sa part que Macron a la baraka : "On voit que l'alignement des planètes continue pour Emmanuel Macron : aujourd'hui il fait beau, et en plus la passation d'Emmanuel Macron tombe un dimanche. C'est génial, ça permet une audience maximale, tous les Français peuvent être devant leur télé et assister aux premiers pas d'Emmanuel Macron. Et puis ça va permettre peut-être à plus de badauds d'être sur les Champs-Élysées".

Le fait de ne pas encore connaître le nom de celui qui sera le Premier ministre d’Emmanuel Macron, annoncé le lendemain ? Sur le plateau de BFMTV, on s'enflamme : "On est vraiment dans l'invention d'une politique, la redéfinition d'une fonction en direct, c'est très inédit."

Vers 14h, le journaliste en plateau sur BFMTV pouvait lâcher, en guise de résumé, à l'évocation d'Emmanuel Macron remontant les Champs Élysées sur un véhicule de l'armée : "On retiendra quand même cette image spectaculaire d'Emmanuel Macron sur cet engin militaire". On retiendra aussi sans doute ces envolées des commentateurs, tout aussi spectaculaires.

 

 

 

 

On ne peut pas en dire autant de ceux-là et c'est tant mieux

Son compte facebook explose
La chaîne you tube aussi !
Et les soutiens de campagne j'en parle pas .....
Mais Les Échos ont d'autres chiffres .. bien sûr !

 

 
13 mai ·
 
 L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes souriantes, intérieur
 
#legislatives2017 Insoumises avec Raquel Garrido et des centaines de candidat.es issu.es de #laForceduPeuple #3èmetour #JLM1erministr
 
Avec Alexis Corbière et des centaines de candidat.es insoumis.es issu.es de #LaforceduPeuple #legislatives2017
 L’image contient peut-être : 2 personnes, personnes assises et intérieur
 
 
 
 
 
 
Les candidats France Insoumise pour la 3ème circonscription des Landes :
 
 
 
 
Dubourg philippe, titulaire, et Josette Boulanger suppléante.
 
 
 

17/05/2017

LA MINISTRE DU TRAVAIL EN PLEIN BUSINESS.. FRANCE !

-Présidence de M. Jean-Claude Lenoir, président, puis de M. Gérard César,
vice-président
-

Audition de Mme Muriel Pénicaud, directrice générale de Business France, ambassadrice déléguée aux investissements internationaux

La réunion est reprise à 10 heures 20.

M. Jean-Claude Lenoir, président. - J'ai le grand plaisir d'accueillir Mme Muriel Pénicaud, directrice générale de Business France, ambassadrice déléguée aux investissements internationaux.

Madame la directrice générale, cela fait déjà un certain temps que la commission des affaires économiques envisage de vous entendre, mais notre agenda législatif a été extrêmement occupé depuis la rentrée de septembre. Une fenêtre s'étant ouverte la semaine dernière, c'est au dernier moment que je vous ai sollicitée pour cette audition - et vous avez tout de suite répondu favorablement à ma demande. Merci d'avoir accepté cette invitation.

Business France résulte de la fusion, décidée en février 2014, entre Ubifrance, l'opérateur de l'État jusqu'alors en charge de l'accompagnement des entreprises à l'export, et l'Agence française pour les investissements internationaux (AFII).

L'intégration a eu lieu début 2015. En ce qui concerne les ressources humaines, onze accords collectifs ont été signés à l'unanimité pour rendre possibles les évolutions statutaires nécessaires. Aujourd'hui, le nouvel ensemble compte plus de mille cinq cents collaborateurs, dont les deux tiers sont en poste à l'étranger.

Une part importante des exportations françaises - près du tiers - est réalisée par des entreprises étrangères installées en France. Attirer un investisseur qui produira en France, ce qui était le métier de l'AFII, c'est aussi renforcer le potentiel exportateur de notre pays. Business France, en fusionnant les activités d'exportation d'une part et d'investissements étrangers en France d'autre part, permet de lier deux activités réellement complémentaires.

Toutefois, la création de Business France ne met pas fin à la fragmentation de notre dispositif d'appui aux exportations. Il compte aujourd'hui trois acteurs principaux : Business France, Bpifrance et le réseau consulaire. S'y ajoutent les régions, qui disposent souvent de délégations assez importantes, très présentes sur le terrain, ainsi que le réseau associatif des CCI à l'international, que nous rencontrons lors de nos missions à l'étranger.

Une meilleure coordination de tous ces acteurs est donc évidemment nécessaire pour renforcer l'efficience de ce dispositif et offrir un service plus performant à moindre coût, dans le contexte budgétaire contraint que nous connaissons.

Je pense que vous souhaiterez nous dire un mot de votre vision de la France dans l'économie mondiale.

Vous pouvez compter sur le soutien de notre collègue Alain Chatillon, qui représente le Sénat au conseil d'administration de Business France, qui suit particulièrement ces dossiers grâce à son expérience de chef d'entreprise, d'exportateur et de représentant du département de la Haute-Garonne au Sénat, ainsi que sur celui de notre collègue Martial Bourquin, rapporteur.

Madame la directrice générale, vous avez la parole.

Mme Muriel Pénicaud, directrice générale de Business France, ambassadrice déléguée aux investissements internationaux. - Monsieur le président, mesdames et messieurs les sénateurs, vous me permettrez de saluer tout particulièrement le sénateur Alain Chatillon, qui représente le Sénat au conseil d'administration de Business France.

C'est un honneur et un plaisir pour moi, après deux ans et demi passés à la tête d'Ubifrance et de l'AFII, puis de Business France, de venir vous présenter le bilan de la création de Business France, et de partager avec vous les enjeux et les perspectives de notre action.

La loi a désigné Business France comme l'opérateur en charge de l'internationalisation de l'économie française. Notre raison d'être, c'est de servir les entreprises pour servir notre pays, aller chercher la croissance partout dans le monde pour favoriser la création d'activités, d'emplois et de valeur ajoutée au bénéfice de la France.

Nos missions sont au nombre de trois : développement international des entreprises basées en France et de leurs exportations, prospection, accueil et accompagnement des investisseurs étrangers, promotion de l'attractivité et de l'image économique de la France, l'AFII exerçant déjà un peu cette dernière, contrairement à Ubifrance.

.....

 

PAS SI CLEAN que ça !

https://actu.fr/normandie/havre_76351/edouard-philippe-premier-ministre-casseroles-patrimoine-flash-exces-vitesse-tacles-macron_2002016.html

Excès de vitesse, patrimoine, tacles à Macron… Les « casseroles » du Premier ministre Édouard Philippe

Homme pressé, Édouard Philippe ne l’est pas qu’en politique. Le maire du Havre, nommé Premier ministre lundi 15 mai, l’est aussi en voiture ou dans sa déclaration de patrimoine.

 

Édouard Philippe, maire du Havre (Seine-Maritime) et nouveau Premier ministre d’Emmanuel Macron, est un homme pressé. En politique, bien sûr, en voiture aussi, en déclaration de patrimoine surtout. En octobre 2015, l’avocat de 46 ans avouait s’être fait arrêter en grand excès de vitesse, sur l’autoroute A13, à Tourville-la-Rivière. En 2014, sa déclaration de patrimoine était épinglée, comme celles de 23 autres parlementaires.

Honnête, il avait rendu lui-même public son excès de vitesse, 150km/h au lieu de 110. « Cette infraction est regrettable », affirmait-il dans un communiqué. « Qu’elle soit la première en plus de vingt ans de conduite ne la rend pas excusable. J’en assume donc les conséquences et c’est normal. » Maire du Havre depuis 2010, Édouard Philippe avait été flashé au volant d’une voiture de la ville, en se rendant à une réunion de famille. 

Édouard Philippe, pas toujours fan d’Emmanuel Macron

L’engouement autour de sa nomination à Matignon aidant, les internautes se sont attelés à déterrer d’anciennes publications d’Édouard Philippe. Notamment ses déclarations sur son nouveau président, Emmanuel Macron. En août 2014, à sa nomination au poste de ministre de l’Économie et des Finances, le député-maire du Havre ironisait sur le métier de banquier d’Emmanuel Macron. 

Le 18 janvier 2017, dans l’une de ses tribunes sur Libération, il désignait Emmanuel Macron comme « Brutus ». Le député LR écrit douter que le futur président soit « le fils naturel de Kennedy et de Mendès France ». Il tacle à la gorge : « Le premier avait plus de charisme, le second plus de principes ». Et de continuer sur le « banquier technocrate en marche », qu’il traduit en latin : « ambulans »

Quand Édouard Philippe « plaisante » avec la transparence

Les finances d’Édouard Philippe sont aussi sujettes à discussion. Dans un article publié vendredi 12 mai, Mediapart évoque un blâme reçu au sujet de sa déclaration de patrimoine. En 2014, le député proche d’Alain Juppé aurait refusé « de fournir certaines informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi ».

Selon Mediapart, Édouard Philippe a indiqué n’avoir « aucune idée » des valeurs de ses biens immobiliers. À savoir : un appartement à Paris, une résidence en Seine-Maritime et un bien en Indre-et-Loire. Édouard Philippe qui, avec le groupe UMP, s’était opposé aux lois sur la transparence en 2013, fait partie des 23 parlementaires (sur 1 048) à avoir eu une « appréciation ». C’est à dire l’ajout de la valeur fiscale estimée des « oublis ». 

Sur sa déclaration, Édouard Philippe manie une certaine forme d’humour. À la première question, celle sur « les activités professionnelles donnant lieu à rémunération », le nouveau Premier ministre s’est un peu amusé : « Je ne suis pas certain de comprendre la question », écrit-il concernant sa profession d’avocat. « Vous voulez connaître mon taux horaire au jour de l’élection ? Ma rémunération mensuelle moyenne ? Annuelle ? »

Un sarcasme avec la transparence pas neuf pour Édouard Philippe. Il aurait raconté, toujours selon Mediapart, avoir déjà rempli des déclarations du même type avec des points d’interrogation. 

 

https://actu.fr/normandie/havre_76351/edouard-philippe-macron-compatible-premier-ministre-payait-president-republique-emmanuel-macron_2009195.html

Sur les plateaux télévisés, Édouard Philippe déclarait qu’Emmanuel Macron était « un homme de gauche, socialiste, rappelant que c’est lui qui a organisé la politique économique de la France de 2014 à 2016 ». Cinglant, le député-maire de Seine-Maritime ne mâchait pas ses mots : « Il n’a pas fait grand chose de considérable. Il a été nommé par un Président qu’il a fini par trahir. » Le mot est lâché : Édouard Philippe, resté fidèle et loyal à son parti, n’aime pas les traîtres. Et pourtant… Certains pourront assimiler son départ pour Matignon à une haute trahison. Coup de poignard dans le dos de son camp ou coup de pouce pour les législatives ? 

 Et l’élu normand de s’enflammer : « Macron, qui n’assume rien mais promet tout, avec la fougue d’un conquérant juvénile et le cynisme d’un vieux routier (si j’ose dire, s’agissant du promoteur des autocars) ».

 

« J’aime bien Emmanuel Macron »

Pourtant, Emmanuel Macron, Édouard Philippe avoue l’apprécier. On n’ose imaginer les mots qu’il emploierait s’il n’avait pas un minimum de sympathie pour le nouveau Président : 

De quoi restera-t-il le nom ? D’une révolution manquée ou d’une victoire éclair ? D’une trahison misérable ou d’une ambition démesurée ? Personne ne peut le dire aujourd’hui. Car une chose est sûre depuis le début de cette campagne : en matière politique, au moins autant que nos ancêtres les Romains, nous sommes fous, nous les Gaulois.

Aucun doute, Édouard Philippe est bel et bien un Gaulois : il fait le pari de travailler avec « un homme de gauche, socialiste, nommé par un Président qu’il va finir par trahir… » Celui qui disait « ne pas se placer dans l’hypothèse de participer au gouvernement d’Emmanuel Macron » a bel et bien fait le choix de la « transgression ».

***

Pour manger à la gamelle, ils sont prêts à tout !

13/05/2017

PROLONGER LE REFUS, RECONSTRUIRE L'ESPOIR

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Prolonger le refus, reconstruire l’espoir

Gauche absente au second tour, digues fragilisées contre le FN, faible vote de conviction pour le président, issue incertaine des législatives, opportunités pour la gauche de gauche… Roger Martelli analyse les enseignements de la présidentielle.

1. Pour la troisième fois depuis que le président de la République est élu au suffrage universel, la gauche était absente du second tour. La nouveauté est que, cette fois, la mésaventure est advenue, en même temps, à la gauche et à la droite de gouvernement. Pour les deux blocs qui se partageaient l’Assemblée nationale, la plupart de leurs électeurs se sont trouvés placés devant, au mieux, un choix par défaut.

Le résultat est dans les chiffres : au moins 25% d’abstentions et 8,8% de votes blancs ou nuls. Au total, un électeur sur trois a dit qu’on le contraignait à un choix impossible. C’est à peine moins qu’en 1969 (le total des abstentions et du vote blanc s’élevait alors à 35,6%). On retiendra cette fois le signal particulier que donne le niveau record des votes blancs, qui double presque par rapport à ses scores les plus élevés de 1995, 2012, 1969 et 2012. Alors que l’abstention est à la fois un phénomène social (la mise à l’écart des catégories populaires) et un indice d’insatisfaction politique, le vote blanc est un acte politique conscient, propre à une population souvent éduquée et politisée. Voici quelque temps que se renforce l’idée que ce vote doit être comptabilisé comme un choix à part entière : le scrutin présidentiel de 2017 renforce sans conteste cette exigence.

 

2. Le score du Front au premier tour et le résultat du second suggèrent que les digues existent encore, qui empêchent l’extrême droite d’accéder au pouvoir, comme elle a pu y parvenir dans d’autres pays, y compris au sein de l’Union européenne. Mais nous constatons aussi, une fois de plus, que ces digues sont moins étanches que par le passé. La peur d’une victoire du Front national est désormais contrebalancée par les colères qui se portent contre ceux que le système électoral majoritaire place face à elle au second tour. Le "tout sauf le FN" n’a plus la vigueur qui était la sienne naguère.

Le Front obtient certes un résultat inférieur à ses attentes, moins élevé que ne l’annonçaient les sondages de début de campagne, moins fort que ne le suggéraient les élections départementales et régionales de 2015. Mais il a malgré tout confirmé la conjonction préoccupante d’une influence nationale réelle et d’une implantation territoriale solide, notamment dans la France du Nord, de l’Est et du Sud-Est (voir les données citées plus loin).

Il ne sert à rien, alors, de mettre en cause ceux qui ont considéré qu’ils n’avaient pas à choisir entre la mondialisation et l’exclusion nationale. La responsabilité est à chercher du côté de ceux qui ont érodé le sens du conflit séparant historiquement la droite et la gauche, autour de la question de l’égalité et de la liberté. À force de préférer la compétitivité, la flexibilité, l’équilibre budgétaire, l’état de guerre et l’état d’urgence, on finit par nourrir l’idée que la gauche et la droite se sont rejointes en acceptant les normes de la concurrence et de la gouvernance.

L’extrême droite reste un mal absolu, aujourd’hui comme hier. Mais il n’est plus possible de continuer à gérer la France comme avant, et cela imperturbablement pendant cinq ans, pour appeler in extremis au rassemblement contre la droite extrême.

Cette stratégie est vouée à l’échec, à très court terme. Marine Le Pen a d’ores et déjà doublé le score de son père, quinze ans plus tard. La politique impulsée demain par le nouvel hôte de l’Élysée a toutes les chances d’accroître la colère et, au-delà même, de nourrir le ressentiment qui pousse aux actes désespérés. Le second tour de 2002 était un signe inquiétant ; celui de 2017 doit être pris comme le fracas d’un tocsin.

Les territoires qui se vivent à juste raison comme voués à une certaine marginalité et au déclin, les catégories populaires les plus fragilisées par le recul de l’État-providence ont fini par s’habituer, trop souvent majoritairement, à l’idée que le Front national est pour eux l’ultime recours, dans une logique de fermeture et de repli. C’est à cela qu’il convient désormais de s’attaquer, pour éradiquer les impasses de situations électorales qui, avec le temps, paraissent à beaucoup comme ouvrant sur des choix impossibles.

Le temps des apprentis sorciers, qui ont nourri cette trajectoire, devrait être résolument forclos. Le vote Mélenchon a montré qu’il est une seule façon de stopper l’avancée du Front national : en lui opposant une gauche bien à gauche, populaire, ancrée dans ses valeurs fondatrices et capable de les moderniser.

Quelle qu’ait été la configuration frustrante du second tour, c’est son résultat qui a été l’événement le plus marquant de toute la séquence électorale.

 

3. Emmanuel Macron a, sans surprise, obtenu un large écart avec son adversaire du second tour. Mais, des deux candidats, il est celui qui a recueilli la part la plus faible des votes de conviction. Le nouvel élu ne peut donc se prévaloir d’une majorité de soutien aux options qu’il a énoncées au fil des mois. Il a bénéficié du refus que suscite encore le parti frontiste ; cela ne fait pas oublier qu’au premier tour – celui, où l’on choisit en principe – il n’a pas atteint les 25% des suffrages exprimés.

En approchant les 44% des électeurs inscrits, il n’est certes pas le président numériquement le plus mal élu des annales du scrutin présidentiel (voir tableau ci-après). Il est bien au-dessus de Georges Pompidou en 1969 ou de Jacques Chirac en 1995. Mais il est loin des 60% de ce dernier en 2002. En fait, si l’on additionne la part des électeurs de François Fillon et ceux de Jean-Luc Mélenchon qui se sont portés sur lui contre Marine Le Pen (ils seraient autour de la moitié dans les deux cas), il n’est pas si loin de son pactole électoral du premier tour. Il pourrait être, dès lors, le président qui dispose des bases les plus fragiles pour le fameux "état de grâce" que l’on promettait autrefois aux nouveaux élus.

 

4. On sait qu’une élection d’un nouveau président ne vaut que si elle s’adosse à des élections législatives qui lui donnent la base parlementaire dont il a besoin pour gouverner. La logique majoritaire des institutions lui assure théoriquement un avantage en ce sens et, jamais jusqu’alors, un président n’a manqué au départ du bloc nécessaire pour appliquer son programme.

Mais nous ne sommes plus dans cette époque, construite par le général de Gaulle, où l’esprit des institutions allait de pair avec l’état du dispositif politique. Pendant longtemps, le principe majoritaire s’est appuyé sur un affrontement clair entre la gauche et la droite et, dans chaque camp, une force politique pouvait jouer un rôle dominant. Or ce modèle est doublement remis en cause, par les aléas d’un clivage épuisé par les gestions suivies de part et d’autre, et par la perte de légitimité du système partisan lui-même. La présidentielle qui vient de s’achever a confirmé la crise des identifications politiques et l’éclatement du paysage général en quatre grands ensembles, à peu près équivalents en impact et par ailleurs plus ou moins cohérents.

Le caractère quasiment automatique du lien entre les consultations présidentielle et législatives n’est donc plus assuré comme par le passé. A priori, le nouveau président ne manque pas d’atouts dans la confrontation électorale qui va s’ouvrir. Il dépasse les 25% dans 190 circonscriptions métropolitaines et les 20% dans 412 d’entre elles. Arithmétiquement, la seule qui l’approche est Marine Le Pen, qui bénéficie même d’une implantation plus ancienne que la sienne. Mais l’arithmétique et la politique ne font pas toujours bon ménage.

Les quelques données de sondage disponibles laissent prévoir pour l’instant une dispersion comparable à celle du premier tour présidentiel. Selon Ipsos, une majorité de sondés ne souhaite pas qu’Emmanuel Macron ait une majorité absolue de députés pour conduire sa politique. Quant à l’Ifop et à Harris Interactive, ils testent les premières intentions de vote : 22 à 26% pour des candidats d’En marche !, 20 à 22% pour la droite gouvernementale, 20 à 22% pour le FN, 8 ou 9% pour le PS, 3% pour EE-LV.

La France insoumise est placée de 13 à 16% et le PCF à 2%.

De façon plus générale, si l’élection législative, accolée à la présidentielle depuis l’instauration du quinquennat, avantage par nature le président désigné, elle inclut des paramètres locaux qui peuvent brouiller la logique institutionnelle. Macron a ainsi pour lui sa position à la tête de l’État ; la droite gouvernementale a pour elle la densité de ses réseaux locaux.

 

5. Quant à la gauche de gauche, elle a des possibilités non négligeables que confirment les données de sondage. Elle avait mal réussi le passage de la présidentielle aux législatives en 2012. Elle peut bénéficier demain de la dynamique exceptionnelle du vote Mélenchon. Dans une quarantaine de circonscriptions, celui-ci a réuni plus de 30% des suffrages exprimés et plus de 25% dans 66 d’entre elle. D’ores et déjà, une part importante de cet électorat affirme son intention de prolonger son vote aux législatives.

Mais l’une des conditions pour passer d’un scrutin à l’autre est l’unité totale des forces qui ont soutenu la candidature du leader de la France insoumise. La force qu’il a constitué sous ce label a fait la preuve de son efficacité. À ce titre, elle est habilitée à rassembler, sans pour autant qu’il soit besoin de contraindre à se rallier à elle tous ceux qui n’ont pas fait aujourd’hui le choix de rejoindre le nouveau mouvement.

Dans une enquête réalisée par You Gov pour le Huffington Post, plus des deux tiers des personnes interrogées à la fin avril (69%) considèrent que le Front de gauche est uni, ce qui constitue un pourcentage nettement plus élevé que pour toutes les autres composantes partisanes. Le chiffre est plus important encore chez les sympathisants de la gauche de gauche (71%) et surtout chez les plus jeunes, qui ont été un noyau de la dynamique Mélenchon en 2017 (71%%).

Tous ceux-là ne peuvent être déçus : la raison doit donc l’emporter pour parvenir à un accord au plus tôt.

6. Le second tour atypique que nous venons de vivre s’est décidé au premier, dans un écart de voix somme toute modeste, les quatre premiers se situant à un niveau globalement équivalent, ce qui autorisait sur le papier toutes les hypothèses de second tour. Mais on ne peut négliger des données de fond, qui conditionnent la répartition des forces réelles. Trois d’entre elles peuvent être retenues ici : la démobilisation civique des catégories populaires, depuis le début des années 1980, après une longue phase de poussée de la participation civique ; la crise d’une droite traditionnelle perturbée par la dynamique du Front national ; la fragilité d’une gauche désarçonnée par plus de trois décennies d’hégémonie d’un socialisme en voie de recentrage permanent et, ce faisant, privée de son ancrage populaire d’hier.

La gauche de gauche peut aborder l’épisode législatif avec une confiance lucide. Elle part d’un résultat qui rappelle les scores anciens du PCF, qui s’inscrit dans sa trace historique, qui la redynamise en partie (mais pas partout) et qui en même temps la déborde, territorialement, socialement et symboliquement. Dans ce cadre, une campagne législative bien menée, de façon claire, sans ambiguïté et sans sectarisme, a toutes ses chances de porter ses fruits.

Ils ne s’avèreront toutefois durables que dans le contexte d’une recomposition d’envergure. Au début des années 1970, le Parti socialiste mitterrandien a su incarner l’esprit d’une gauche bien à gauche, mais renouvelée. On sait ce qu’il advint de ce passage de témoin entre un communisme incapable de se refonder et un socialisme qui se prit trop vite à confondre modernisation et capitulation.

Le vote Mélenchon montre, en France à l’instar de l’Espagne, du Portugal et peut-être de la Belgique, que la recomposition nécessaire peut s’appuyer enfin sur un vent de radicalité, qui rompt avec des décennies d’essoufflement socialiste. Encore faut-il que cette gauche requinquée n’oublie pas que la reconquête durable des catégories populaires ne passe par le ressentiment mais par l’espérance. Le Front national opposera le ressentiment à la logique économico-sociale d’Emmanuel Macron. La gauche bien à gauche s’attachera, elle, à raccorder la combativité nécessaire à la construction patiente d’un nouvel avenir pour une société égale, citoyenne et solidaire. Là devra se trouver le socle d’une véritable opposition à l’inacceptable. Avec lui, ce combat sera, non pas celui de deux France ou celui du "eux" contre "nous", mais l’élan du "tous ensemble" pour une nouvelle donne. Et pas seulement en France…

*** Roger Martelli est un historien du communisme. Ancien membre de la direction du Parti communiste français, il est codirecteur de la rédaction du magazine Regards et a coprésidé la Fondation Copernic avec Anne Le Strat jusqu'en 2009

 

Bibliographie

  • La Nation, éd. sociales, Paris, 1979,extes et documents, éd. sociales, Paris, 1982, 
  • Communisme français : histoire sincère du PCF, 1920-1984, éd. sociales/Messidor, 1984, 
  • mai 68, Messidor, Paris, 1988, 
  • Le rouge et le bleu : essai sur le communisme dans l'histoire française, éd. de l'Atelier, Paris, 1995, 
  • Faut-il défendre la nation ?, La Dispute, Paris, 1998,
  • Le communisme, autrement, Syllepse, Paris, coll. « Utopie critique », 1998,
  • Communisme : pour une nouvelle fondation, Syllepse, Paris, coll. « Utopie critique », Paris, 1999, 
  • Le communisme est un bon parti : dites-lui oui !, La Dispute, Paris, coll.
  • 1956 communiste : le glas d'une espérance, La Dispute, Paris, 2006,
  • Communistes, Éditions La Ville brûle, 2009
  • L'Archipel communiste. Une histoire électorale du PCF, La Dispute/éd. Sociales, Paris, coll. « Histoire », 2009
  • L'empreinte communiste. PCF et société française, 1920-2010, Éditions Sociales, Paris, 2010, totalitarisme, Éditions La ville brûle, Paris, 2012
  • La Bataille des mondes, Éditions François Bourin, 2013,
  • L'Occasion manquée. Été 1984, quand le PCF se referme, Les éditions Arcane 17, 2014,
  • L'identité, c'est la guerre, Les Liens qui libèrent, 2016

 

 

12/05/2017

IL A OSE LE DIRE

 

VIDEO - Chez Macron, débattre d'une loi Travail au Parlement, ce serait du "tatillonnage"

 
 
Interrogé ce mardi 9 mai dans la matinale de Franceinfo, le porte-parole d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner, a défendu la réforme du code du travail par ordonnances, considérant qu'un débat trop long au Parlement, "ça n'est pas la démocratie".

C'est le point du programme d’Emmanuel Macron qui coince déjà. Traumatisée par l'utilisation répétée du 49-3 (6 fois) par le gouvernement de Manuel Valls pour faire passer d'abord la loi Macron puis la loi Travail de Myriam El Khomri, une bonne partie de la gauche et des syndicats voit d'un très mauvais oeil s'approcher la refonte du code du travail par ordonnances, promise dans sa campagne par le nouveau président de la République. Interrogé ce mardi 9 mai dans la matinale de Franceinfo, le porte-parole Christophe Castaner a mis les choses au point sur les raisons du recours à ce procédé, qui permet de s'affranchir d'un débat en bonne et due forme au Parlement.

"Ça n'est pas la démocratie"

Rappelant d'abord que les ordonnances nécessitent tout de même une consultation du Parlement, qui "se prononce au début et se prononce à la fin" du processus afin d'autoriser le gouvernement à les utiliser puis pour valider ce qui a été fait, le député met en valeur la rapidité du procédé : "Vous évitez d'avoir deux ans". Tout en reconnaissant la différence entre les deux parcours parlementaires, Jean-Michel Aphatie souligne : "Ça fait un peu penser au 49-3 quand même (…), en plein été, des ordonnances…".

 

Réponse de Castaner : "La difficulté c'est qu’aujourd’hui, le temps parlementaire est trop long". "Ça s’appelle la démocratie, non?", lui fait-on remarquer. "Non, quand franchement le temps parlementaire implique deux ans pour faire une loi, ça n'est pas la démocratie, c'est plutôt le tatillonnage administratif, et les politiques d’obstruction que l'on peut connaître, ça n'est pas la démocratie".

Voilà qui est dit.

 

 

 S

 


Castaner sur la réforme du travail par ordonnances par franceinfo

 
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