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15/09/2016

3. VIVE LES CONGES PAYES DU MOIS D'AOUT QUI VIDENT LES ATELIERS !

 

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Edité en 1966

Acheté en 1975

*

Les jeunes générations connaissent-elles Blaise CENDRARS ?

L'histoire vécue c'est bon pour les cours d'Histoire et les dictées

**

*

BANLIEUE EST

C'est une grande duperie parce que les premiers congés payés ont été ceux du mois d'août 1914, c'était même les grandes vacances, la fleur au fusil, la chanson aux lèvres, et tous les petits gars en pantalon rouge qu sont tombés sur la Marne en septembre 14, devant Paris, ne sont jamais revenus dans les ateliers du Faubourg, les petits soldats à un sou par jour, et depuis on ne sait plus travailler dans les ateliers, ça n'y est pas, on n'a plus le coeur à l'ouvrage, il y a trop d'injustice et trop de salopards, de profiteurs, on a pris conscience, une conscience de classe à la guerre, et l'on pousse à la grève, à la Révolution, ou alors on s'en fout. Que peut-on leur reprocher ? Ils ont raison de vouloir tout chahuter ou de s'en foutre. Ils ont marché une fois, ils ont donné en plein. Ca suffit. Ce qui m'étonne, c'est qu'ils croient encore en quelque chose dans l'avenir ...

 

Je leur dois trop, jamais je ne pourrai oublier mes camarades de régiment qui en étaient presque tous du faubourg Saint-Antoine, de Ménilmontant et de Belleville, de la Bastille et de la Nation, de Picpus, et dont l'accent, le rire, les chansons, les bavardages, la blague, l'esprit m'ont appris ce beau langage imagé de Paris qui monte du coeur et coule de la bouche du peuple et qu'aucun écrivain contemporain ne sait employer naturellement et avec la même abondance ou bonheur, sauf peut-être Henry Poulaille. Leur mère, leur femme, leur copine ou leur frangine qui stationnaient toute la journée devant les grilles quand nous faisions l'exercice dans la cour de la caserne de Reuilly ou qui venaient leur apporter ou leur payer à boire et à manger le soir quand nous avions fini de faire le zouave Bastion 29 sur les fortifs ou étions de service Porte de Vincennes, étaient également bien embouchées et souvent d'une drôlerie, d'une cocasserie spontanée, possédant un vocabulaire tout en saillies qui faisait mon émerveillement car tout était dit, balancé comme pour la galerie, et portait. Malgré le tragique des évènements et le ton râleur du vieux, dans ces boîte à punaises du Faubourg où l'un ou l'autre de mes camarades me menait passer le dimanche en famille, régnait la gaieté, l'insouciance. Que cela simplifie l'existence que de vivre au jour le jour. C'est une vérité. Bientôt nous allions mourir au jour le jour. C'est une autre vérité et une simplification encore plus grande.

 

Mais avant de monter au front par la route où tant de mères, de femmes, de fiancées accompagnèrent mes camarades jusqu'à Ecouen, portant qui le fusil, qui le sac de son fils ou de son homme, notre régiment alla vadrouiller dans la banlieue Est jusqu'à la mi-septembre. Je dis vadrouiller car pour la plupart de mes camarades qui allaient tomber  anonymement dans cette longue guerre de tranchées, les corvées auxquelles on nous affectait se terminaient en parties de plaisir, beuveries ou gueuletons ; ils connaissaient trop de bons coins dans cette banlieue, ils y avaient trop de bons souvenirs, la tentation était trop forte pour ne pas aller voir ce qu'un tel, une telle étaient devenus pour ne pas quitter les rangs, se barrer en douce, voire déserter un jour ou deux pour aller boire le coup ou faire l'amour, escalader une grille, fracturer la porte, décrocher un volet, si les aminches n'y étaient pas, faire au moins une descente à la cave à défaut d'un plongeons dans un lit hanté.

 

Ces corvées en banlieue auxquelles on employait le régiment sur un coup de téléphone venu du Commandant de la Place étaient absurdes. Aménager le polygone de Vincennes pour y installe des canons datant du siège de 70 et déménager les soutes du Fort de Nogent pour alimenter les pièces en munitions, c'est tout ce que MM. les militaires avaient trouvé pour tirer sur les premiers "Taubes" qui survolaient Paris. Ah ! si vous nous aviez vus chacun un obus de fonte sur l'épaule. On se marrait, et les quolibets d'éclater au nez de nos officiers. Voyez prestige ! Cependant les forts de Liège tenaient toujours et les Boches avançaient sur Pairs. Alors on nous fit abattre les arbres, Porte de Vincennes, dresser des barricades sur la chaussée et tendre deux, trois barbelés. Je me souviens qu'au lendemain de la bataille de la Marne on nous fit creuser des tranchées sur le modèle allemand, Porte de Saint-Mandé. Il était temps ! Un brillant officier d'état-major déroulait des plans et un vieux sergent d'Afrique dirigeait les travaux. On nous avait distribué des pelles et des pioches, mais nous ne nous acharnions pas outre mesure et d'autant moins que le galonnard chronométrait notre avance et avait l'air de vouloir s'impatienter. Alors, le vieux médaillé nous traita de "sales poilus". Des poilus, qu'est-ce que c'est que ça ? Nous ne comprenions pas. Le mot n'était pas dans notre vocabulaire et, par ailleurs, nous étions pour la plupart imberbes.

- Pourquoi poilus ? se risqua à demander un jeune soldat.

- Parce que vous avez tous un sacré poil dans la main. On voit bien que vous êtes des Parisiens, répondit le vieux sergent. Mais on vous dressera.

 

Je suis très fier de raconter cette étymologie qui a été si souvent controversée dans les journaux de l'époque. Mais le jeu en valait-il la chandelle ? C'était à l'avant-dernière. Mais à la dernière, MM. les militaires ont trouvé mieux. Ils se sont motorisés pour pouvoir ficher le camp et s'envoler de l'autre côté de l'eau, d'où ils sont revenus avec du renfort bombarder du haut des airs les populations lâchement abandonnées, ces "sales civils". Cela promet pour la prochaine. On ne comptera plus. Zéro.

 

En septembre 14, nous effectuions aussi des marches militaires, de jour et de nuit et de jour et de nuit encore, des patrouilles de police, et c'est ainsi que j'ai pu parcourir, dans tous les sens, godillots aux pieds et Lebel sur l'épaule, cette aimable banlieue de l'Est, mais alors en pleine pagaye. Des réfugiés paysans encombraient les routes, des fuyards, des éclopés, des blessés, piétons civils et militaires campant dans les jardins des villas qu'ils dévalisaient, cambriolant les pavillons, pillant, saccageant tout pour bouffer, des masses surprises par l'évènement, prises de frousse, ivres de fatigue, de panique et de vin, une préfiguration de ce que l'on devait voir, mais à une plus grande échelle et dans un train d'enfer, autos et camions ravageant tout le pays, en juin 40, durant l'exode, toute la nation qui se ruait vers le sud, les gens quittant leurs lares, chacun ne pensant qu'à sauver sa peau, les responsables du désastre en tête qui gueulaient qu'il fallait abandonner la France : un vrai cinéma ! Le moins qu'on en puisse dire c'est que ce n'était pas beau, d'autant plus que c'était idiot. Et depuis, personne ne retrouve plus sa place en France ...

06/04/2014

LAISSEZ LES ROSES AUX ROSIERS

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282 pages de poésies, chansons sur mes étagères

dans mes vieux livres récupérés chez Mamie Rika

et je n'en connais ni l'auteur, ni la date

18.4

***

Il faut que j'ajuste mes lunettes

parce qu'une écriture si fine au porte-plume

pas facile à lire !

 

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 Enfants la rive est embellie

De liserons de boutons d'or

N'effeuillez pas la fleur jolie

Qui de l'abeille est le trésor.

 Ne touchez pas au riche voile

Que Dieu donne aux mois printanniers

Laissez au lys sa blanche étoile

Laissez les roses aux rosiers

Laissez les roses aux rosiers

 

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Beaux séducteurs au doux langage

Qui semez l'or à volonté

Des jeunes filles du village

Respectez l'humble pauvreté

 N'allez pas en larmes amères

Changer la paix de leur foyer

Laissez les enfants à leur mère

Laissez les roses aux rosiers

Laissez les roses aux rosiers

 

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Roi qui des palmes de la guerre

Voulez armer vos pavillons

Laissez pour le bien de la terre

Le laboureur à ses sillons

 N'enlevez pas à leurs amies

Ces gais pasteurs, ces bateliers

Laissez vos foudres endormies

Laissez les roses aux rosiers

Laissez les roses aux rosiers

 

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Et vous dont les tristes sentances

 Ne vous présage que malheurs

N'effeuillez pas nos espérances

Ne formez plus nos jours en pleurs

Laissez les brises tutélaires

Parfumer nos rudes sentiers

Passez passez rêveurs austères

Laissez les roses aux rosiers

Laissez les roses aux rosiers.

 

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01/07/2013

AU HASARD DES OISEAUX

J'ai appris très tard à aimer les oiseaux

je le regrette un peu

mais maintenant tout est arrangé

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on s'est compris

ils ne s'occupent pas de moi

je ne m'occupe pas d'eux

je les regarde

je les laisse faire

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tous les oiseaux font de leur mieux

ils donnent l'exemple

pas l'exemple comme par exemple Monsieur Glacis

qui s'est remarquablement courageusement conduit

pendant la guerre ou l'exemple du petit Paul qui était si

pauvre et si beau et tellement honnête avec ça et qui est

devenu plus tard le grand Paul si riche et si vieux et

honorable et si affreux et si avare et si charitable et si

pieux

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ou par exemple cette vieille servante qui eut une vie et

une mort exemplaires jamais de discussions pas ça

l'ongle claquant sur la dent pas ça de discussion avec

monsieur ou avec madame au sujet de cette affreuse

question des salaires

non

 

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les oiseaux donnent l'exemple

l'exemple comme il faut

exemple des oiseaux

exemple les plumes les ailes le vol des oiseaux

exemple le nid les voyages et les chants des oiseaux

exemple la beauté des oiseaux

exemple le coeur des oiseaux

la lumière des oiseaux.

Jacques PREVERT

 

 

 

*

CHANSON DE L'OISELEUR

L'oiseau qui vole si doucement

L'oiseau rouge et tiède comme le sang

L'oiseau si tendre l'oiseau moqueur

L'oiseau qui soudain prend peur

L'oiseau qui soudain se cogne

L'oiseau qui voudrait s'enfuir

L'oiseau seul et affolé

L'oiseau qui voudrait vivre

L'oiseau qui voudrait chanter

L'oiseau qui voudrait crier

L'oiseau rouge et tiède comme le sang

L'oiseau qui vole si doucement

C'est ton coeur jolie enfant

Ton coeur qui bat de l'aile si tristement

Contre ton sein si dur si blanc

 

Jacques Prévert

21/06/2013

C'est l'été à c'qui paraît !

 

Nuits de juin

L’été, lorsque le jour a fui, de fleurs couverte
La plaine verse au loin un parfum enivrant ;
Les yeux fermés, l’oreille aux rumeurs entrouverte,
On ne dort qu’à demi d’un sommeil transparent.

Les astres sont plus purs, l’ombre paraît meilleure ;
Un vague demi-jour teint le dôme éternel ;
Et l’aube douce et pâle, en attendant son heure,
Semble toute la nuit errer au bas du ciel.

 

Victor Hugo, Les rayons et les ombres

 

 

 

Sensation


Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.

Arthur Rimbaud, Poésies

 

 

 

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La nymphe dans un ruisseau -  Pierre AUGUSTE RENOIR

 

 

 File:Pierre-Auguste Renoir - Femme à l'ombrelle et enfant.jpg

 Femme à l'ombrelle et à l'enfant - Pierre AUGUSTE RENOIR

 

Juin


Dans cette vie ou nous ne sommes
Que pour un temps si tôt fini,
L’instinct des oiseaux et des hommes
Sera toujours de faire un nid ;

Et d’un peu de paille ou d’argile
Tous veulent se construire, un jour,
Un humble toit, chaud et fragile,
Pour la famille et pour l’amour.

Par les yeux d’une fille d’Ève
Mon coeur profondément touché
Avait fait aussi ce doux rêve
D’un bonheur étroit et caché.

Rempli de joie et de courage,
A fonder mon nid je songeais ;
Mais un furieux vent d’orage
Vient d’emporter tous mes projets ;

Et sur mon chemin solitaire
Je vois, triste et le front courbé,
Tous mes espoirs brisés à terre
Comme les oeufs d’un nid tombé.

François Coppée, Les mois

 

 

 File:Pierre-Auguste Renoir - Jeunes Filles au bord de la mer.jpg

JEUNES FILLES AU BORD DE LA MER - Pierre AUGUSTE RENOIR

 

     

Les Soleils de Juillet


A ELLE

Les voici revenus, les jours que vous aimez,
Les longs jours bleus et clairs sous des cieux sans nuage.
La vallée est en fleur, et les bois embaumés
Ouvrent sur les gazons leur balsamique ombrage.
Tandis que le soleil, roi du splendide été,
Verse tranquillement sa puissante clarté,
Au pied de ce grand chêne aux ramures superbes,
Amie, asseyons-nous dans la fraîcheur des herbes ;
Et là, nos longs regards perdus au bord des cieux,
Allant des prés fleuris dans l’éther spacieux,
Ensemble contemplons ces beaux coteaux, ces plaines
Où les vents de midi, sous leurs lentes haleines,
Font des blés mûrissants ondoyer les moissons.

(...)  Auguste LACAUSSADE

 

 File:Pierre-Auguste Renoir - La Baigneuse brune.jpg

LA BAIGNEUSE BRUNE (s'essuyant) - Pierre Auguste RENOIR

 

L’Été


Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.

Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.

Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d’apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.

Théodore de Banville (1823-1891)

 

 

File:Pierre-Auguste Renoir - Les Grandes Baigneuses.jpg

Les grandes baigneuses - PIERRE AUGUSTE RENOIR

 

****

*

 

A QUAND LA LUNE D'ARGENT ?

 Parce que là, c'est du BEAU TEMPS !

En attendant la lune argentée, la météo n'annonce que de la pluie, des grêlons, des inondations, des orages...

 

Les anciens à travers de courtes phrases (parfois écrites en vers), étaient capables de prévoir le temps, les récoltes,

avec une précision déconcertante et ce très longtemps à l'avance.

alors, veillons au grain

C'est grâce à de longues et rigoureuses observations que sont nés "les dictons"

 

S'il doit venir mauvais temps,

grenouille fouille au fond de l'étang

 

Si tu entends la cloche du voisin

tu auras la pluie demain.

 

Escargots hors du lit,

hommes à l'abri.

 

Escargots aventureux,

le temps sera pluvieux.

 

La lune aux cercles pâlots

fait sortir les escargots.

 

Si passent nuages bas et très unis,

la pluie n'attendra pas minuit.

 

Si l'hirondelle vole bas,

ce sera la pluie à grand fracas.

(Oui, elles volent bas en ce moment)

 

Arc-en-ciel le matin,

abreuve le moulin.

 

Saute crapaud, nous aurons de l'eau.

 

Quand la fleur cabotine,

la pluie dégouline.

 

Lune barbouillée,

apporte vent et giboulées.

 

Lune cerclée, pluie assurée.

 

Quand le coq chante à la veillée,

il a déjà la queue trempée.

 

Si les poules se roulent dans la poussière,

l'ondée est proche, estivale ou printanière.

 

La grive va chantant,

quand vient le mauvais temps.

 

Pluie du soir remplit le lavoir.

 

Soleil rouge le matin,

fait trembler le marin.

 

Herbe sans rosée, pluie assurée.

Pluie d'été, comme pleurent les enfants, ne dure pas longtemps.

 ****

On va vérifier !

 

 

 

 

 

15/05/2013

POESIES FLEURIES d'IRIS et de PIVOINES

Mes premiers iris sortis de terre

Ils sont à vous mes amis délaissés... je ne vous oublie pas

** 

Les Iris sont des plantes fleuries à bulbes absolument magnifiques qui symbolisent

 la souveraineté et le pouvoir.

ELEGANCE ET MYSTERE
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Parmi les sites célèbres du Japon reproduits dans le jardin Koishikawa à Tôkyô, près des douves du palais impérial, on peut voir le fameux pont en zigzag (les huit-ponts), surgi d'un livre de contes, et qui est devenu pour les habitants de la capitale le lieu rêvé pour admirer en mai la floraison des iris.

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L’iris au bord du rivage

 Se reflétait dans l’étang,

 Bel iris sauvage

 Qui rêves au beau temps.

 Iris mes beaux yeux

 Tu parfumes les draps blancs,

 Iris merveilleux,

 Iris au bord de l’étang.

Robert DESNOS

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Comme un diable au fond de sa boîte,
le bourgeon s'est tenu caché...
mais dans sa prison trop étroite
il baille et voudrait respirer.

Il entend des chants, des bruits d'ailes,
il a soif de grand jour et d'air...
il voudrait savoir les nouvelles,
il fait craquer son corset vert.

Puis, d'un geste brusque, il déchire
son habit étroit et trop court
"enfin, se dit-il, je respire,
je vis, je suis libre... bonjour !"

Paul GERALDY

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 Pétales de pivoine

Trois pétales de pivoine

Rouges comme une pivoine

Et ces pétales me font rêver

 

Ces pétales ce sont

Trois belles petites dames

A peau soyeuse et qui rougissent

De honte

D'être avec des petits soldats

 

Elle se promènent dans le bois

Et causent avec les sansonnets

Qui leur font cent sonnets

 

Elles montent en aéroplane

Sur de belles libellules électriques

Dont les élytres chatoient au soleil

Et les libellules qui sont

De petites diablesses

Font l’amour avec les pivoines

C’est un joli amour contre nature

Entre demoiselles et dames

Trois pétales dans la lettre

Trois pétales de pivoine.

 

 

Guillaume Apollinaire 

  

 

 

 

 

Suzuki Harunobu (Vers 1725-1770)
Les « Huit Ponts » dans la province de Mikawa
Vers 1767-1768
Signé : « Harunobu ga »
Nishiki-e. Gaufrage pour les iris, les rayures et les motifs des kimonos. Format chûban. 285 x 210 mm
BnF, Estampes, Rés. De 10, J. B. 254
 
Un couple contemporain se promène parmi les iris ; le jeune homme s'arrête et rattache sa sandale, illustrant la mélancolie du héros du premier roman japonais du début du Xe siècle, Ariwara no Narihira (825-880), et de ses compagnons, lors de leur voyage dans les régions de l'Est.
Cet épisode, traité sous forme de mitate, parodie le chapitre IX des Contes d'Ise (Ise monogatari) :
« Ils arrivèrent dans la province de Mikawa à un lieu-dit les Huit-Ponts (Yatsu-hashi). On appelle ainsi celui-ci parce que la rivière se sépare en bras comme des pattes d'araignée et qu'on passe sur huit ponts. Dans le voisinage de cette plaine marécageuse, ils mirent pied à terre et mangèrent leur riz froid. En cet endroit marécageux, les iris fleurissaient splendidement. Les regardant, l'un des compagnons dit : il serait amusant de composer un acrostiche en prenant les cinq syllabes du mot kakitsubata (iris). Alors cet homme composa ce poème :
 
Comme un beau vêtement
Auquel on s'est attaché en le portant
J'ai une femme
Dans ce voyage qui m'a amené si loin
Je pense à elle avec des regrets.

 
Quand il eut récité ces vers, tous pleurèrent tant sur leur riz sec qu'il en fut tout détrempé. Tous étaient tristes, il n'en était pas un qui n'eut laissé à la capitale (Kyoto) une femme aimée. »
Harunobu a situé ses personnages dans un paysage qui occupe la totalité de l'estampe, essayant de donner de la profondeur à l'ensemble. Les lignes diagonales de la passerelle coupent les ondulations horizontales de l'eau, rythmées par les rangées d'iris, très vivaces.
Les motifs marbrés et rayés des kimonos, de la paille tressée du chapeau, les couleurs discrètes y répondent en ponctuant délicatement la composition qui privilégie la linéarité. (G. L.)

 

Dans l'ancien calendrier lunaire, la floraison des iris, au coeur de la saison des pluies, annonçait l'arrivée prochaine de l'été et l'époque du repiquage du riz. Le cinquième jour du cinquième mois - qui est encore aujourd'hui un jour férié, celui de la "fête des garçons" - on accrochait des iris aux auvents des maisons afin d'éloigner les esprits néfastes et l'on tressait de feuilles d'iris la coiffe des jeunes garçons. On offrait aussi des iris à longue racine pour souhaiter salut et longévité.

 

Le jeu des fleurs Hanafuda, de Véronique Brindeau et Frédéric Clément (extrait)

 

Hanafuda traduit littéralement par Jeu des Fleurs, est un jeu de cartes traditionnelles japonaises. Il est composé de 12 séries de 4 cartes florales représentant chacune l'un des douze mois de l'année. Ces cartes sont très répandues et populaires au Japon, en Corée où elles sont appelées Hwa-t'u et également à Hawaï ou le jeu est nommé par Sakura ou Higobana. Inspirées par les jeux de cartes de missionnaires étrangers en 1549, les hanafuda sont l'ultime résultat d'une prohibition de tout élément étranger ainsi que des jeux d'argent du XVIIe au XIXe siècles, durant lesquels des dizaines de jeux de cartes furent créés de façon à éviter le ban

 

http://expositions.bnf.fr/japonaises/grand/064.htm

 

 

 

 
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