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17/10/2015

RETRAITES COMPLEMENTAIRES : VERS LA RETRAITE A 64 ANS ?


Capture LE BLOG DE JL MELENCHON.JPG

 
 
Arguments

Retraites complémentaires : vers la retraite à 64 ans ?

Ce billet a été lu 1 086 fois.

Ce vendredi 16 octobre reprennent les négociations entre patronat et syndicats sur l’avenir des retraites complémentaires. Le MEDEF veut pénaliser les salariés partant avant 64 ans contre 62 aujourd’hui. Le gouvernement a déjà promis 2 milliards d’euros d’économies à la Commission européenne sur le dos des salariés.

De quoi parle-t-on ?

  • À côté des retraites versées par la Sécurité sociale, les salariés du privé bénéficient de retraites. Ces retraites complémentaires complètent le montant touché chaque mois par les retraités.
  • 18 millions de salariés cotisent aux régimes de retraites complémentaires, 12 millions de retraités reçoivent une pension complémentaire.
  • Les retraites (de la Sécu et complémentaires) représentent au total 285 milliards d’euros par an, soit à peu près autant que le budget de l’État ou 13% de la richesse nationale produite en une année. Les retraites complémentaires représentent environ le quart (70 milliards) du montant des pensions versées.
  • Ces retraites complémentaires sont gérées par deux organismes : l’ARRCO (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés, pour tous les salariés) et l’AGIRC (Association générale des institutions de retraite des cadres, pour les seuls cadres comme son nom l’indique). L’AGIRC et l’ARRCO sont administrés de façon « paritaire » par le patronat et les syndicats, sous leur seule responsabilité et sans intervention directe de l’État.
  • Les retraites complémentaires représentent, en moyenne, 313 € bruts par mois pour l’ARRCO et 718 € pour l’AGIRC. (le montant total moyen de la retraite est d’environ 1 400 €.) Elles sont donc un revenu et un droit majeurs pour les retraités du privé : un quart de la pension des non-cadres et environ la moitié de la pension pour les cadres.
  • La négociation était censée aboutir à l’été 2015 mais patine. Elles reprennent ce vendredi 16 octobre.

Comment ça marche ?

  • Comme les retraites de base, ces retraites complémentaires sont financées par des cotisations payées par les salariés et les employeurs. Les cotisations sont calculées en fonction du salaire selon un barème complexe. Il faut noter que le montant de la retraite complémentaire n’est pas calculé comme pour la retraite de base.
    • Dans la retraite de base, de la Sécurité sociale, on compte le nombre de trimestres cotisés : pour les salariés nés en 1972, il faudra cotiser 172 trimestres (c’est-à-dire 43ans). On définit le « salaire de référence » de chaque personne (en fonction de ses 25 « meilleures années » de salaires). Si la personne a pu cotiser tous ses trimestres, la retraite sera égale à la moitié du salaire. Un salarié peut prendre sa retraite à partir de 62 ans.
    • Pour les retraites complémentaires :
      • Les salariés « achètent » des points-retraites en versant leurs cotisations. Acheter un point-retraite suppose de cotiser à un certain « taux d’acquisition ». Mais celui-ci évolue différemment du taux de cotisation : Actuellement, chaque fois qu’un salarié verse effectivement 5 € de cotisations, l’AGIRC-ARRCO comptent 4 € d’achat de points. Ou autrement dit, on perd un euro sur cinq dès l’étape de la cotisation, d’entrée de jeu, méthode discutable trouvée pour assurer l’équilibre financier du système lors de précédentes négociations). Ce taux de cotisation et son évolution sont donc un premier sujet essentiel.
      • De plus, les points acquis ou à acquérir ont une valeur qui bouge aussi dans le temps. La valeur représente le prix d’achat des points, au fur et à mesure de la carrière professionnelle. Elle représente aussi le montant utilisé pour le calcul de la retraite complémentaire – au moment du départ en retraite (selon la formule Retraite = Nombre de points X Valeur de chaque point).
      • L’évolution de la valeur du point impacte ainsi
        • la capacité d’acquérir des droits à retraite durant la vie professionnelle ;
        • plus tard et séparément, le montant de la retraite elle-même.

        Prenons un exemple : un point AGIRC valait à peu près 37 centimes en 2002 : si vous avez cotisé en 2002, vous avez acheté les points à ce prix. Vous prenez votre retraite en 2015, les points (achetés en 2002, 2003, … 2015) valent maintenant 44 centimes environ. Cela semble une bonne affaire… sauf que cette hausse de 37 à 44 est très inférieure à l’inflation (la hausse des prix). La hausse annuelle éventuelle du point, chaque année en avril, est ainsi un deuxième enjeu majeur pour le pouvoir d’achat des retraites complémentaires.

    • Enfin, pour la retraite complémentaire, l’âge de départ est actuellement de 62 ans (pour les cotisants nés à partir de 1955), comme pour la retraite de base

Les dangers du système par points

Les retraites complémentaires ressemblent beaucoup au système par points que les libéraux rêvent d’étendre aux retraites de base. Elles sont ainsi un terrain d’expérimentation grandeur nature de ce système néfaste. Dans un système par points, le taux de remplacement du salaire n’est plus défini d’avance : c’est le niveau des pensions qui permet d’équilibrer le régime (comme en 2013). Il y a donc une totale incertitude sur le niveau de la retraite jusqu’au moment où on la prend. À terme, ce système conduit – comme on le voit sur les retraites complémentaires – à la baisse des pensions. Il multiplie le nombre de retraités pauvres et contraint les salariés à travailler toujours plus longtemps.

Les enjeux

L’AGIRC et l’ARRCO sont aujourd’hui en déficit : plus de 3 milliards d’euros en 2014.

  • Ces chiffres de déficit doivent être relativisés : les retraites complémentaires représentent environ 70 milliards de dépenses annuelles. L’AGIRC et l’ARRCO ont aussi accumulé d’énormes réserves, soit 6 milliards d’euro pour l’AGIRC et 56 milliards pour l’ARRCO (soit… 27 ans de réserves !) Au demeurant, ces réserves sont placées en Bourse, sur le « modèle » dangereux des fonds de pension.
    ->
    Le déficit représente moins de 5 % des recettes annuelles et l’ARRCO dispose de 27 ans de réserve !
  • Comme pour le régime de base, ce déficit s’explique d’abord par le chômage élevé (moins de salariés cotisants) et la stagnation des salaires et donc du montant des cotisations
  • L’autre difficulté vient du refus du patronat et des libéraux d’augmenter la part de la richesse produite affectée à la prise en charge des retraites alors que la population vieillit. Pourtant, en 30 ans, près de 10 points de la richesse produite par le pays est passé de la rémunération du travail à celle du capital. Même les études les plus alarmistes indiquent que la récupération d’une simple partie de ces sommes suffiraient à ramener les régimes de base et complémentaires à l’équilibre financier et même d’améliorer les droits des salariés (retraite à 60 ans…)

Une négociation est en cours depuis le début de l’année 2015 entre le patronat et les syndicats, pour définir l’avenir des retraites complémentaires.


Dans ce cadre, le patronat – MEDEF en tête – refuse toute augmentation de cotisation et veut faire peser le retour à l’équilibre sur les seuls salariés par un durcissement des conditions de départ à la retraite et une baisse des pensions versées.

La principale cause du déficit de l’AGIRC-ARRCO,
c’est l’échec de la politique économique du gouvernement.

Plus il y a de chômage, moins les cotisations sociales rentrent dans les caisses. C’est notamment le cas lorsqu’on reporte l’âge de départ en retraite : le chômage des plus de 50 ans est historiquement élevé, et les chômeurs seniors n’en sont nullement les responsables : ils retrouvent très difficilement du travail à cet âge.
À moyen terme, Gouvernement et patronat font – scandaleusement ! – du sous-emploi le meilleur facteur pour améliorer les comptes des retraites complémentaires. Les projections utilisées parient sur le maintien d’un chômage élevé, c’est-à-dire la multiplication des carrières incomplètes : moins les personnes en âge de travailler cotisent de trimestres ou de points, moins on doit leur verser au moment de la retraite. La stagnation des salaires entraîne aussi, mécaniquement, la stagnation des pensions. Bref, ça arrange plutôt Hollande, Macron, le MEDEF et la Commission européenne que la situation économique reste médiocre.

Provocations patronales

Cette négociation majeure pour les droits et les revenus des salariés est peu médiatisés dans les grands médias. Mais le patronat, lui, suit cela de très près, comme en témoigne l’importante couverture de la presse d’affaires.

Le précédent de 2013 : un « rééquilibrage financier » qui organisait déjà un recul du pouvoir d’achat des salariés et des retraités. Certes, l’accord (refusé par la CGT et la CGC) prévoyait que les cotisations des salariés ainsi que des employeurs soient augmentées, de 0,1 point en 2014 et à nouveau en 2015. Cette hausse se partageait à 60% pour les employeurs et 40% pour les salariés.


Mais l’accord actait surtout la « sous-indexation » des pensions : elles ont été revalorisées à un taux inférieur à l’inflation. Le taux retenu était de 0,5 % à l’AGIRC et 0,8 % à l’ARRCO en 2013 (l’inflation fut de 0,9 %), puis d’un point de moins que l’inflation en 2014 et 2015. Cette mesure de « sous-indexation » a raboté le pouvoir d’achat des retraités.

Dans la négociation en cours, le patronat pousse pour réduire encore les droits des salariés et les revenus des retraités des régimes complémentaires.

Selon la CGT, les propositions patronales feraient reculer les pensions de plusieurs centaines d’euros : elle fait le calcul pour une femme, Françoise, "cadre dans un service de comptabilité". Si elle partait en retraite à 62 ans, elle toucherait 2.035 euros de retraite à sa sortie après la réforme, alors que selon les calculs actuels, elle toucherait un peu plus de 2.300 euros => une perte de près de 300 euros par mois, 3600 euros par an !

- Le MEDEF propose de retarder l’âge de départ en retraite complémentaire, de 62 à 64 ans (et de 67 à 69 ans pour la retraite à taux plein). Ce serait une revanche puisque cette mesure a été refusée pour les retraites de base. Cette mesure est impopulaire chez la plupart des syndicats, à juste titre. Pour cela, le MEDEF propose de baisser la pension complémentaire, par exemple sur 3 années (mesure pudiquement appelée « décote » qui s’appliquerait pour les salariés partant avant 64 ans) => Bref, une pension au rabais qui pénaliserait d’abord les plus petites retraites contraignant les salariés à continuer à travailler et aggravant encore la situation provoquée par l’allongement de la durée de cotisation pour le régime de base.

  • Le patronat souhaite aussi ne pas augmenter les pensions au rythme de la hausse des prix, c’est-à-dire de continuer à en baisser le pouvoir d’achat. C’est moins visible, ça a aussi un nom technique bien opaque (« sous-indexation ») mais c’est toujours du pouvoir d’achat en moins. Problème pour le MEDEF : il y a peu d’inflation actuellement ça ne rapporterait donc pas grand-chose.
  • Le MEDEF veut aussi baisser le taux de remplacement, c’est-à-dire la part du salaire servant au calcul de la pension. Les pensions reçues à terme baisseraient alors de presque 1 euro sur 10 !
  • Enfin, le patronat évoque la baisse de la cotisation minimale garantie par le régime AGIRC aux cadres ayant les salaires les plus bas (la « GMP » ou garantie minimale de points), ainsi que des pensions de réversion (retraite touchée par les veuves ou veufs après la mort de leur conjoint).
  • A noter aussi que la fusion des deux régimes (cadres et non-cadres) est proposée par le MEDEF et la CFDT. Elle est refusée farouchement par les deux principaux syndicats de chaque côté : la CGT qui refuse que les réserves de la caisse Salariés épongent les difficultés de la caisse Cadres ; la CFE-CGC (syndicat des cadres) qui refuse de voir disparaître un bastion du « statut cadre ».

Derrière les retraites complémentaires, d’autres intérêts

-Le MEDEF a intérêt à la baisse des retraites complémentaires : elle élargit la clientèle des assurances privées. L’influence de Denis Kessler, ancien président de la fédération patronale des assurances FFSA, au sein du MEDEF, est notoire.
-En outre, le MEDEF envoie un message de fermeté alors que commence la renégociation de la convention UNEDIC d’assurance-chômage. Il menace ainsi de ne pas signer une réforme des retraites complémentaires qui ne serait pas assez « ambitieuse ».

Hollande va-t-il imposer la retraite à 64 ans pour les complémentaires ?

Le gouvernement pousse à un accord sur les bases du MEDEF et met les négociateurs salariés en difficulté :

  • Il a fait savoir qu’il n’interviendrait pas financièrement pour soutenir les régimes AGIRC-ARRCO même de façon temporaire, laissant les syndicats dans un face à face à le patronat
  • Il multiplie les pressions pour que les syndicats acceptent par exemple la poursuite de la sous-revalorisation des pensions par rapports à l’inflation
  • Au mépris de la négociation en cours, le Gouvernement a déjà promis à la Commission européenne des économies « de 2 milliards d’euros à l’horizon 2017 » au titre des retraites complémentaires. C’est le chiffre qu’il fait figurer, très publiquement, dans le « programme de stabilité » envoyé à Bruxelles en avril dernier.

-> Hollande foule au pied le dialogue social qu’il prétend défendre et assume d’imposer l’austérité aux salariés et aux retraités en s’alignant sur les exigences du MEDEF.

*

*

belle page sur le blog de J.L. MELENCHON

Merci pour les explications claires et nettes

 

  • mercredi 21 octobre 2015

    18h00

    Lyon - Conférence sur "l'Ere du Peuple"

  • jeudi 22 octobre 2015

    18h00

    Aix-en- Provence - Conférence sur "L'Ere du Peuple"

  • samedi 24 octobre 2015

    Paris - Assises pour une industrie écosocialiste

 

 

Mon actualité européenne

*

HOLLANDE et sa clique seront foulés au pied eux aussi .. ça ne va pas tarder ...

ils l'ont bien cherché !

Ce ne sera que justice

 ***

 

blog jl melenchon,retraite complémentaires,agirc,arrco,etat,medef,syndicats

 

Négociations AGIRC- ARRCO : Coup de force du Medef !

Vendredi, 16 Octobre, 2015
Humanite.fr

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Photo : Joël Saget/AFP
Photo : Joël Saget/AFP
La CGT et FO ont refusé les propositions du Medef et quitté les négociations. La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC demandent quelques aménagements mais acceptent le principe d'un accord sur base des mesures proposées par le Medef. Lire la déclaration de la CGT.
Le Medef impose un report du départ en retraite d’un an par rapport à l’âge du taux plein. Les salariés qui ne pourraient différer leur départ subiraient les trois premières années de retraite un abattement de 10 % : une double peine pour les 56 % de salariés qui ne sont plus en emploi et pour les femmes dont la pension est déjà en moyenne inférieure de 40 % à celles des hommes et de 60 % pour les femmes cadres.
 
Les jeunes générations verraient le niveau de leurs futures pensions diminuer de 8,5 % supplémentaires. Les retraités essuieraient de nouvelles baisses de leur pouvoir d’achat pendant trois années supplémentaires, outre le report au 1er novembre de la revalorisation de leurs pensions.
 
Au total la contribution des salariés actifs et retraités s’établirait à 95 % du besoin de financement contre 5 % pour le Medef : soit 5,7 milliards à la charge des salariés et retraités contre 300 millions pour le patronat.
 
Pour autant les régimes ARRCO et AGIRC ne seraient pas équilibrés. Le Medef propose donc de mutualiser les réserves des régimes. Il s’ensuivrait un épuisement anticipé de quatre années des réserves de l’ARRCO qui induirait à terme une baisse du niveau des pensions pour tous. De surcroît, l’accord troque l’existence du régime complémentaire AGIRC contre un engagement à ouvrir une négociation interprofessionnelle sur la notion d’encadrement. Un marché de dupes très lucratif pour le Medef !
 
Nouvelle preuve en est que le dialogue social nécessite l’intervention des salariés sur tous les sujets qui les concerne pour être efficace.

 

07/04/2015

TOUS EN GREVE LE 9 AVRIL

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02/04/2015

VALLS : faire sauter les verrous... FRAPPER PLUS FORT !

Valls doit frapper tout de suite : Bruxelles l'ordonne

 

 

Manuel Valls veut continuer comme avant. Dès 20h, dimanche soir, il a voulu balayer d’un revers de main la déroute du PS aux élections départementales. Et dresser laborieusement la liste des prochaines trouvailles de son gouvernement contre les droits sociaux. François Hollande avait déjà prévenu avant le premier tour, dans Challenges, qu’il ne voulait changer « ni de ligne, ni de Premier ministre ». Valls a répété la même chose une semaine plus tard, dans le même journal : « ceux qui pensent que nous allons freiner ou stopper les réformes se trompent. Quel que soit le résultat des élections, nous allons les poursuivre en ouvrant de nouveaux chantiers. Nous n’avons pas d’autres choix pour le pays que de faire sauter les verrous et débloquer les énergies ». Quel vocabulaire !

Dans le viseur de Valls ? Le transfert des protections des travailleurs, de la loi vers des négociations de branches et des négociations de branches vers les entreprises pour que le rapport de force soit plus favorable au patronat. C’est, en tout cas, ce que croit savoir Challenges. Manuel Valls vise aussi « le contrat de travail » avec un possible retour d’un ersatz du CNE – Contrat Nouvelle Embauche – inventé il y a 10 ans par Dominique de Villepin pour « assouplir » le CDI dans les petites entreprises. Autre cible ? Les chômeurs, dont le gouvernement cherche depuis des mois comment réduire l’indemnisation.

Face à tous ces projets, les salariés sont appelés à la grève jeudi 9 avril, par plusieurs syndicats : CGT, FO, Solidaires et FSU. Ils dénoncent l’austérité, le pacte de responsabilité et la loi Macron qui sera discutée au Sénat à partir du 7 avril. Cette grève est aussi l’occasion de regrouper des luttes courageuses mais jusqu’ici éparpillées : salariés du commerce opposés au travail du dimanche, chauffeurs routiers en lutte depuis des semaines pour des hausses de salaires, cheminots refusant la réforme ferroviaire, douaniers qui s’opposent à 250 suppressions de postes par an d’ici 2018, salariés de Radio France en grève depuis des jours contre les coupes budgétaires pendant que leur patron fait refaire son bureau à grand frais…

Mais le cœur, c’est le refus de la politique d’austérité budgétaire et salariale. Cette politique est une aberration économique et une catastrophe sociale. Elle est imposée par le gouvernement allemand et la Commission européenne à toute l’Europe. François Hollande a mis le doigt dans cette broyeuse en ne renégociant pas le traité budgétaire en 2012, comme il avait promis de le faire dans la campagne. Depuis, son gouvernement multiplie les coupes budgétaires. Il a prévu 50 milliards d’euros de coupes dans les budgets publics et de la Sécurité sociale entre cette année et 2017. La Commission européenne juge que ce n’est pas assez et en demande davantage.

Pourtant, les ravages sont bien visibles. Comme le dit le nouveau secrétaire général de la CGT Philippe Martinez « il y a une convergence de politiques, en Europe, qui conduit à l’austérité. On est sur la même autoroute, certains pays sont devant nous. En France, on gèle les pensions des retraités, on n’augmente pas les salariés et les fonctionnaires, on réduit les effectifs partout ».

Les coupes dans l’investissement public ont des conséquences dramatiques : explosion du chômage, report des investissements nécessaires à la transition écologique… Le secteur du bâtiment et des travaux publics est durement frappé. Le patronat du secteur tire la sonnette d’alarme depuis des mois. Près de 30 000 emplois ont été détruits dans le secteur en 2014. Encore autant devraient disparaître cette année ! Bien sûr, la concurrence déloyale de patrons voyous, utilisant le système du détachement de travailleurs, frappe durement les PME. Mais le cœur du problème, c’est l’absence de projets faute de financements publics. Le président de la Confédération des artisans et petites entreprises du bâtiment s’inquiète : « nos carnets de commandes sont vides ». Son homologue de la Fédération nationale des travaux publics est plus alarmiste encore : « c’est carrément le marasme… ou la catastrophe, je ne sais plus quel terme employer », dit-il dans Le Monde.

Il y a donc urgence à changer de politique et à engager la relance écologique de l’activité.

 

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Les chômeurs aussi sont appelés à se faire entendre. Ils sont de plus en plus nombreux. En février, on a battu un nouveau record de chômeurs sans activité ou avec une activité réduite : 3,26 millions. Or on sait que moins d’un chômeur sur deux est indemnisé. Sans compter que les ministres Macron et Rebsamen ont plusieurs fois laissé entendre que le gouvernement voulait durcir encore les contrôles sur les chômeurs. Leur modèle ? C’est le système allemand : des chômeurs obligés d’accepter n’importe quel boulot même payé 1 euro de l’heure sous peine d’être radiés. Puisqu’ils ne veulent pas changer de politique, les radiations massives sont la seule solution qui leur reste pour faire baisser les chiffres du chômage ! La nouvelle convention d’assurance chômage ne doit théoriquement pas être renégociée avant l’an prochain. Mais le gouvernement Valls aimerait bien aller plus vite, notamment pour rendre les allocations chômage dégressives au bout d’un certain temps.

Outre l’assurance chômage, il y aussi la facilitation du chantage à l’emploi en allant encore plus loin que la loi « made in Medef » de 2013 sur les « accords de maintien de l’emploi ». Le gouvernement a prévu une loi sur le sujet. Son idée ? Permettre aux actionnaires d’exiger des salariés qu’ils renoncent à des droits au nom de « l’emploi » même quand l’entreprise n’est pas en difficulté. Il appelle cela « des accords offensifs ». Le respect de la durée légale du travail de 35h est notamment visée par Emmanuel Macron.

Jean-Claude Mailly, de Force Ouvrière, a donc totalement raison de dénoncer « les « réformes structurelles » qui consistent à flexibiliser et précariser le social et le travail pour répondre aux dogmes économiques libéraux ».

L’appel à la mobilisation s’adresse aussi aux retraités actuels et futurs. Les retraites sont gelées depuis un an. Actuellement, patronat et syndicats négocient la future convention concernant les retraites complémentaires. Le MEDEF fait le forcing pour rogner les droits des salariés et retraités. Il propose que les retraites soient gelées trois ans de plus.

Il veut aussi réduire les pensions de réversion, versée aux veufs et veuves. Surtout, le MEDEF veut utiliser les retraites complémentaires pour repousser encore l’âge de la retraite. Il propose ainsi d’instaurer une décote pour les retraites complémentaires entre 62 et 67 ans ! Cela reviendrait à obliger les salariés à partir à la retraite à 67 ans, sauf à perdre 20% à 40% de sa retraite complémentaire ! L’âge légal de départ à 62 ans pour le régime de base ne serait plus qu’une coquille vide ! 

L’objectif du 9 avril n’est pas seulement défensif. Il est de « reprendre l’offensive » comme l’écrit Solidaires.

Les conditions sont réunies pour que cette grève soit un succès. L’appel unitaire à la grève et à des manifestations a été lancé le 17 février. Les militants syndicaux préparent donc activement cette journée depuis des semaines dans les entreprises. Autre élément positif, en plus des traditionnelles manifestations partout en France, la CGT appelle à faire du défilé de Paris une manifestation nationale. Cette volonté de grossir les rangs parisiens pour être visible donne une nouvelle dimension à l’action. Il s’agit de montrer la force. C’est la logique que nous avons développée dans le champ politique en appelant à plusieurs marches nationales depuis l’élection présidentielle. Pour faciliter la mobilisation, nous appelons à des marches le weekend. Les syndicats appellent à la grève, donc nécessairement en semaine. C’est plus difficile pour les salariés, notamment ceux aux petites payes ou en contrat précaire. Mais c’est aussi la base de la construction du rapport de force contre le MEDEF et les actionnaires.

Cette situation est un révélateur puissant du lien entre la lutte sociale et la lutte démocratique pour la 6e République.Contester la politique d’austérité, c’est nécessairement s’attaquer aux diktats de la Commission européenne et donc défendre la souveraineté populaire. Dénoncer les effets du traité budgétaire, c’est souligner comment la 5e République a permis à un président à peine élu de renier sa promesse sur ce point comme sur tant d’autres et de faire ratifier ce traité sans référendum. Combattre la loi Macron, c’est aussi refuser la brutalité de Manuel Valls imposant l’adoption de ce texte sans vote à l’Assemblée nationale grâce à l’article 49-3 de la Constitution.

Réclamer des hausses de salaires ou défendre les droits des salariés, c’est remettre en cause la toute puissance du patronat et des actionnaires dans les entreprises. Les deux volets ne s’opposent pas, bien au contraire. Ils se renforcent mutuellement comme ils l’ont toujours fait dans l’histoire du socialisme républicain dans notre pays.

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18/03/2015

LE 9 AVRIL, d'une SEULE VOIX...CGT, FO, FSU, SOLIDAIRES

Publié le mardi 17 mars 2015
CGT, FO, FSU, Solidaires

Tous à Paris
pour nos revendications

 

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires appellent tous les salarié-es, les retraité-e-s et les privé-e-s d’emplois, du privé et du public à l’action et à la grève le 9 avril prochain avec une grande manifestation nationale à Paris.

Elles veulent ainsi faire converger les revendications qui s’expriment dans de nombreux conflits sociaux dans des branches comme la santé, l’énergie, les transports routiers, les cheminots, la chimie, le commerce et exiger du gouvernement et du patronat qu’ils y répondent par des mesures de progrès social.

A l’inverse, ces derniers martèlent qu’il faut se serrer la ceinture, que pour embaucher demain il faut licencier plus facilement dès maintenant, que pour sauver les retraites, il faut raboter le pouvoir d’achat des pensions et repousser l’âge de départ à 65 ans et plus.

Ils n’ont comme crédo que la rigueur budgétaire, les suppressions d’emplois d’agents publics et de fonctionnaires, les privatisations.

Tout cela conduit depuis des dizaines d’années à la dégradation de notre qualité de vie et de nos conditions de travail, à un recul du service public.

Pour sortir de la crise, la CGT se prononce pour une autre répartition des richesses afin d’investir dans des mesures sociales, pour une véritable relance de l’économie, pour des services publics accessibles à tous sur tout le territoire, pour une politique industrielle et énergétique créatrice de richesses et d’emplois, pour répondre à des priorités sociales permettant la satisfaction de revendications, telles que :
 l’augmentation des salaires dans les entreprises privées comme dans la fonction publique ;
- la hausse des minima sociaux ;
- la revalorisation des pensions pour les retraités ;
- l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes, alors que l’écart se situe aujourd’hui à 27 % en activité et 40 % à la retraite. L’égalité salariale d’ici 2024 permettrait de résoudre 46 % des problèmes des caisses complémentaires ;
- une réduction du temps de travail avec des embauches correspondantes ;
- des cré-ations d’emplois pour combattre le chômage et améliorer les conditions de travail ;
- le développement des prestations sociales (santé, retraites, indemnisation du chômage, …).

Car de l’argent, il y en a ! Beaucoup trop pour les actionnaires et pas assez pour les salarié-e-s !
Les récents chiffres publiés sont sans appel : les dividendes versés aux actionnaires restent maintenus à un haut niveau, par contre les investissements baissent.

Un salarié travaille aujourd’hui plus de six semaines pour rémunérer les actionnaires, contre deux semaines, il y a trente ans ! Où est la modernité ?
La France se situe sur la troisième marche du podium mondial en ce qui concerne les faveurs envers les actionnaires.
Les entreprises du CAC 40 on réalisé + 30 % de profits en 2014, soit 60 milliards d’euros.

Dans notre pays, ce n’est pas le coût du travail qui pose problème, c’est le coût du capital, comme vient d’en faire la démonstration la récente émission de France 2 qui traitait, notamment, du cas de Sanofi.

Sanofi : dividendes pour quelques uns, des miettes pour tous

Voilà un groupe qui affiche 5,5 milliards de profits, dont 3,7 versés en dividendes aux actionnaires. Chez Sanofi, chaque salarié doit créer l’équivalent de 50 000 euros de richesses annuelles pour payer leurs dividendes aux actionnaires ou financer les rachats d’actions afin de maintenir les cours élevés.


Alors que le groupe annonce une augmentation de ses dividendes pour la 21e année consécutive, qu’il offre une prime de bienvenue de 4 millions d’euros à son nouveau directeur général, il refuse une augmentation légitime de 120 euros pour les salariés postés de son usine de Sisteron. Face à cela, les salariés de Sanofi ont décidé de relever la tête et de se battre pour leurs salaires et pour leurs emplois car tous leurs sites sont menacés à plus ou moins brève échéance.

A Sisteron les salariés viennent de remporter une première victoire en arrachant 80 euros d’augmentation, la garantie d’investissement sur un nouvel incinérateur et trois embauches. Ce succès revendicatif est un encouragement pour les salariés du site Sanofi d’Ambarès (Gironde) qui sont aussi en lutte.


Chez Sanofi, la distribution des dividendes mirifiques résulte d’une prédation agressive sur l’emploi, les salaires, les capacités de recherche et développement, sur les investissements. Mais aussi d’un détournement des aides de l’Etat. Ainsi alors que le groupe ferme des laboratoires de recherche et des sites de production, il bénéficie du fameux Crédit Impot Recherche et du Crédit d’Impôt, Compétitivité Emploi.

En finir avec cette austérité qui nourrit la crise

Les salarié-e-s ne sont pas dupes et ils sont nombreux à relever la tête, à mener des actions pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail. Dans de nombreuses entreprises, avec leurs syndicats CGT, souvent dans l’unité syndicale, ils formulent les revendications qu’ils veulent faire avancer dans les négociations annuelles obligatoires. Des conflits sont marqués par des succès en matière de salaires, de primes obtenues, d’emploi.
Ces luttes, on les retrouve dans de nombreux pays européens à l’image des métallurgistes allemands qui viennent d’obtenir une augmentation générale de 3,4 %.

Oui, le progrès social est possible aujourd’hui !

 

 

12/03/2015

STOP ! ACTION CONTRE LA REPRESSION SYNDICALE

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Les mafieux, fraudeurs, évadés fiscaux ressortent blancs comme neige de leurs affaires

MAIS ON REPRIME DUREMENT LES SYNDIQUES QUI LUTTENT POUR LE DROIT AU TRAVAIL

CONTRE LE LICENCIEMENT ARBITRAIRE

C'est sous quel gouvernement ?

 

 
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