16/02/2010
LA COQUETTE ET L'ABEILLE
Chloé, jeune et jolie, et surtout fort coquette,
Tous les matins, en se levant,
Se mettait au travail, j'entends à sa toilette,
Et là, souriant, minaudant,
Elle disait à son cher confident
Les peines, les plaisirs, les projets de son âme.
Une abeille étourdie arrive en bourdonnant.
Au secours ! Au secours ! crie aussitôt la dame :
Venez, Lise, Marton, accourez promptement.
Chassez ce monstre ailé. Le monstre insolemment
Aux lèvres de Chloé se pose.
Chloé s'évanouit, et Marton en fureur
Saisit l'abeille, et se dispose
A l'écraser. Hélas ! lui dit avec douceur
L'insecte malheureux, pardonnez mon erreur :
La bouche de Chloé me semblait une rose,
Et j'ai cru ... Ce seul mot à Chloé rend ses sens,
Faisons grâce, dit-elle, à son aveu sincère :
D'ailleurs sa piqüre est légère ;
Depuis qu'elle te parle à peine je la sens.
Que ne fait-on passer avec un peu d'encens ?
*
Avec un peu de pommade
bises d'Ile de France
08:04 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fable florian.1874
13/02/2010
LE CHAT ET LE MIROIR
Philosophes hardis, qui passez votre vie
A vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas,
Daignez écouter, je vous prie,
Ce trait du plus sage des chats :
Sur une table de toilette
Ce chat aperçut un miroir ;
Il y saute, regarde, et d'abord pense voir
Un de ses frères qui le guette.
Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté.
Surpris, il juge alors la glace transparente,
Et passe de l'autre côté,
Ne trouve rien, revient, et le chat se présente.
Il réfléchit un peu : de peur que l'animal,
Tandis qu'il fait le tour, ne sorte,
Sur le haut du miroir il se met à cheval,
Une patte par-ci, l'autre par-là, de sorte
Qu'il puisse partout le saisir.
Alors, croyant bien le tenir,
Doucement vers la glace il incline la tête,
Aperçoit une oreille, et puis deux ... A l'instant,
A droite, à gauche, il va jetant
Sa griffe qu'il tient toute prête ;
Mais il perd l'équilibre, il tombe et n'a rien pris.
Alors, sans davantage attendre,
Sans chercher plus longtemps ce qu'il ne peut comprendre,
Il laisse le miroir et retourne aux souris.
Que m'importe, dit-il, de percer ce mystère ?
Une chose que notre esprit,
Après un long travail, n'entend ni ne saisit,
Ne nous est jamais nécessaire.
08:52 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fables florian. 1874
09/02/2010
LE CALIFE
LE CALIFE

Autrefois dans Bagdad le calife Almamon
Fit bâtir un palais plus beau, plus magnifique
Que ne le fut jamais celui de Salomon.

Cent colonnes d'albâtre en formaient le portique ;
L'or, le jaspe, l'azur, cécoraient le parvis ;
Dans les appartements embellis de sculpture,
Sous des lambris de cèdre, on voyait réunis
Et les trésors du luxe et ceux de la nature,
Les fleurs, les diamants, les parfums, la verdure,
Les myrtes odorants, le chefs-d'oeuvre de l'art,
Et les fontaines jaillissantes
Roulant leurs ondes bondissantes
A côté du lit de brocart.
Près de ce beau palais, juste devant l'entrée,
Une étroite chaumière, antique et délabrée,
D'un pauvre tisserand était l'humble réduit.
Là, content du petit produit
D'un grand travail, sans dette, et sans soucis pénibles,
Le bon vieillard, libre, oublié,
Coulait des jours doux et paisibles,
Point envieux, point envié.
J'ai déjà dit que sa retraite masquait le devant du palais.
Le vizir veut d'abord, sans forme de procès,
Qu'on abatte la maisonnette ;
Mais le calife veut que d'abord on l'achète.
Il fallut obéir : on va chez l'ouvrier,
On lui porte de l'or. Non, gardez votre somme,
Répond doucement le pauvre homme ;
Je n'ai besoin de rien avec mon atelier :
Et quant à ma maison, je ne puis m'en défaire ;
C'est là que je suis né, c'est là qu'est mort mon père.
Je prétends y mourir aussi.

Le calife, s'il veut, peut me chasser d'ici ;
Il peut détruire ma chaumière ;
Mais s'il le fait, il me verra
Venir chaque matin sur la dernière pierre
M'asseoir et pleurer ma misère.
Je connais Almamon, son coeur en gémira,
Cet insolent discours excita la colère
Du vizir, qui voulait punir ce téméraire,
Et sur-le-champs raser sa chétive maison.
Mais le calife lui dit : Non,
J'ordonne qu'à mes frais elle soit réparée ;
Ma gloire tient à sa durée ;
Je veux que nos neveux, en la considérant,
Y trouvent de mon règne un monument auguste ;
En voyant le palais ils diront : il fut grand ;
En voyant la chaumière ils diront : Il fut juste.
..
Et celui-là CALIFE parmi les CALIFES
et
VIZIR parmi les VIZIRS

Est-il juste ? est-il grand ?


16:28 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fable florian. 1874
08/02/2010
LA GUENON, LE SINGE et LA NOIX
Pendant la cuisson du repas vite fait, mal fait
une petite fable pour Framboisine qui les aime
Et qui donc encore ?
**
Une jeune guenon cueillit
Une noix dans sa coque verte ;
Elle y porte la dent, fait la grimace ... Ah ! certe,
Dit-elle, ma mère mentit
Quand elle m'assura que les noix étaient bonnes.

Puis, croyez aux discours de ces vieilles personnes
Qui trompent la jeunesse ! Au diable soit le fruit !

Elle jette la noix. Un singe la ramasse,
Vite entre deux cailloux la casse,
L'épluche, la mange et lui dit :
Votre mère eut raison, ma mie.
Les noix ont fort bon goût ; mais il faut les ouvrir.

Souvenez-vous que, dans la vie,
Sans un peu de travail on n'a point de plaisir.
**
Réflexion de mon Minou :
Il y en a qui n'ont jamais rien foutu de leur vie et qui ont du plaisir !
il me casse la baraque !
*
On a rien sans rien disait .. euh ! qui donc ?
*
Quand j'étais petite fille (il y a bien longtemps) je récitais des poèmes dès la Maternelle
pour les fêtes de fin d'année
Ensuite, un peu de théâtre
A ce propos le décès de G. WILSON et P. VANECK m'ont peiné
Je ne me lasse donc pas de lire Fables et Poésies
et je viens de décider d'en apprendre quelques-unes pour contrôler ma mémoire
Celle-là est courte et bonne, ça devrait le faire ! pfff
CELIA, tu m'interroges quand j'arrive à STE-LUCE
**
Miche ! c'est beau tout ça mais j'ai quand même une petite faim.
J'arrive !
pfff
12:48 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : fable de florian. 1874
07/02/2010
LE CHAT ET LES RATS
Avant de passer chez vous... cette petite fable

Un angora, que sa maîtresse
Nourrissait de mets délicats,
Ne faisait plus la guerre aux rats,
Et les rats, connaissant sa bonté, sa paresse,
Allaient, trottaient partout, et ne se gênaient pas.
Un jour, dans un grenier retiré, solitaire,
Où notre chat dormait après un bon festin,
Plusieurs rats viennent dans le grain
Prendre leur repas ordinaire.
L'angora ne bougeait. Alors mes étourdis¨
Pensent qu'ils lui font peur : l'orateur de la troupe
Parle des chats avec mépris.
On applaudit fort, on s'attroupe,
On le proclame général.
Grimpé sur un boisseau qui sert de tribunal :
Braves amis, dit-il, courons à la vengeance !
De ce grain désormais nous devons être las ;
Jurons de ne manger désormais que des chats !
On les dit excellents, nous en ferons bombance.
A ces mots, partageant son belliqueux transport,
Chaque nouveau guerrier sur l'angora s'élance,
Et réveille le chat qui dort.
Celui-ci, comme on croit, dans sa juste colère,
Couche bientôt sur la poussière
Général, tribuns et soldats.
Il ne s'échappa que deux rats
Qui disaient, en fuyant bien vite à leur tanière :
Il ne faut pas pousser à bout
L'ennemi le plus débonnaire :
On perd ce que l'on tient, quand on veut gagner tout.
FLORIAN
*
Qu'on se le tienne pour dit !
***
CHUPA le chat de la voisine ne risque rien
Ce n'est pas un angora
il ne se nourrit pas de graines
mais des beaux restes de la maison devenue sa résidence secondaire
Pas de rats à l'horizon
Celui qui peut craindre l'autre en l'occurence
c'est mon rouge-gorge
photographié à travers la vitre
23:03 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fable de florian.1874
29/01/2010
2. LE SAVANT DU VILLAGE ..2ème entretien
AFRIQUE











15:24 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : entretiens sur la géographie ..1834
23/01/2010
1. LE SAVANT DU VILLAGE - 1er entretien
Je viens d'ouvrir ce vieux bouquin et je n'ai pas envie de le refermer..

J'ai tant à apprendre, à réviser ; des lacunes à combler; car je sais bien que pour comprendre les évènements aujourd'hui il faut connaître son histoire ou sa géographie.
Oui les sales mômes qui ne voulez apprendre ni l'un, ni l'autre... Je pense à quelques-uns...
Mettez le nez dans mon livre et vous deviendrez à votre tour le savant du village.
Tous les jours, cours de géographie au long cours.
**









23:34 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : entretiens sur la géographie .. 1834
la carpe et les carpillons
Prenez garde, mes fils, côtoyez moins le bord,
Suivez le fond de la rivière ;
Craignez la ligne meurtrière,
Ou l'épervier plus dangereux encor.
C'est ainsi que parlait une carpe de Seine
A de jeunes poissons qui l'écoutaient à peine.
C'était au mois d'avril : les neiges, les glaçons,
Fondus par les zéphyrs, descendaient des montagnes ;
Le fleuve enflé par eux s'élève à gros bouillons,
Et déborde dans les campagnes.
Ah ! ah ! criaient les carpillons,
Qu'en dis-tu, carpe radoteuse ?
Crains-tu pour nous les hameçons ?
Nous voilà citoyens de la mer orageuse :
Regarde ; on ne voit plus que les eaux et le ciel ;
Les arbres sont cachés sous l'onde ;
Nous sommes les maîtres du monde,
C'est le déluge universel.

Ne croyez pas cela, répond la vieille mère ;
Pour que l'eau se retire, il ne faut qu'un instant ;
Ne vous éloignez point, et, de peur d'accident,
Suivez, suivez toujours le fond de la rivière.
Bah ! disent les poissons, tu répètes toujours
Mêmes discours.
Adieu, nous allons voir notre nouveau domaine.
Parlant ainsi, nos étourdis
Sortent tous du lit de la Seine,
Et s'en vont dans les eaux qui couvrent le pays.
Qu'arriva-t-il ? Les eaux se retirèrent,
Et les carpillons demeurèrent ;
Bientôt ils furent pris
Et frits.
Pourquoi quittaient-ils la rivière ?
Pourquoi ? Je le sais trop, hélas !
C'est qu'on se croit toujours plus sage que sa mère,
C'est qu'on veut sortir de sa sphère,
C'est que ... c'est que ... Je ne finirais pas.
*
Alors les sales gamins, vous avez bien retenu la leçon ?
*
Et qui a pêché les carpillons du côté de MONTBRISON
C'est notre ami, camarade René
il s'est bien gardé de nous le dire
14:57 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : fables de florian 1874 - vii
Le danseur de corde et le balancier
Ne trouvant point le sommeil... Une ou deux fables vont-elles me reconduire au lit ?

Sur la corde tendue un jeune voltigeur
Apprenait à danser ; et déjà son adresse,
Ses tours de force, de souplesse,
Faisaient venir maint spectateur.
Sur son étroit chemin on le voit qui s'avance,
Le balancier en main, l'air libre, le corps droit ;
Hardi, léger autant qu'adroit ;
Il s'élève, descend, va, vient, plus haut s'élance,
Retombe, remonte en cadence,
Et, semblable à certains oiseaux
Qui rasent en volant la surface des eaux,
Son pied touche, sans qu'on le voie,
A la corde qui plie et dans l'air le renvoie.
Notre jeune danseur, tout fier de son talent,
Dit un jour : A quoi bon ce balancier pesant
Qui me fatigue et m'embarrasse ?
Si je dansais sans lui, j'aurais bien plus de grâce
De force et de légèreté.
Aussitôt fait que dit. Le balancier jeté,
Notre étourdi chancelle, étend les bras et tombe.
Il se cassa le nez, et tout le monde en rit.
Jeunes gens, jeunes gens, ne vous a-t-on pas dit
Que sans règle et sans frein tôt ou tard on succombe ?
La vertu, la raison, les lois, l'autorité,
Dans vos désirs fougueux vous causent quelque peine :
C'est le balancier qui vous gêne,
Mais qui fait votre sûreté.
***

LE LINOT
Une linotte avait un fils
Qu'elle adorait, selon l'usage ;
C'était l'unique fruit du plus doux mariage,
Et le plus beau linot qui fût dans le pays.
Sa mère en était folle, et tous les témoignages
Que peuvent inventer la tendresse et l'amour
Etaient pour cet enfant épuisés chaque jour.
Notre jeune linot, fier de ces avantages,
Se croyait un phénix, prenait l'air suffisant,
Tranchait du petit important
Avec les oiseaux de son âge,
Persiflait la mésange ou bien le roitelet,
Donnait à chacun son paquet,
Et se faisait haïr de tout le voisinage.
Sa mère lui disait : Mon cher fils, sois plus sage,
Plus modeste surtout. Hélas ! je conçois bien
Les dons, les qualités qui furent ton partage ;
Mais feignons de n'en savoir rien,
Pour qu'on les aime davantage.
A tout cela notre linot
Répondait par quelque bon mot.
La mère en gémissait dans le fond de son âme.
Un vieux merle, ami de la dame,
Lui dit : Laissez aller votre fils au grand bois ;
Je vous réponds qu'avant un mois
Il sera sans défauts. Vous jugez des alarmes
De la mère, qui pleure et frémit du danger.
Mais le jeune linot brûlait de voyager :
Il partit donc malgré ses larmes.
A peine est-il dans la forêt,
Que notre petit personnage
Du pivert entend le ramage,
Et se moque de son fausset.
Le pivert, qui prit mal cette plaisanterie,
Vient à bons coups de bec plumer le persifleur ;
Et, deux jours après, une pie,
Le dégoûte à jamais du métier de railleur.
Il lui restait encor la vanité secrète
De se croire excellent chanteur :
Le rossignol et la fauvette
Le guérirent de son erreur.
Bref, il retourna chez sa mère
Doux, poli, modeste et charmant.

Ainsi l'adversité fit, dans un seul moment,
Ce que tant de leçons n'avaient jamais pu faire.
Non, il n'y a pas de e à encor en 1874, tête de linotte !

04:31 Publié dans Vieux bouquins | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : les fables de florian
21/01/2010
L'enfant et le dattier...le vacher et le garde-chasse
Un petit tour dans les étagères de vieux bouquins que j'aime bien ouvrir de temps en temps.
Celui-ci date de 1874. Ce sont les fables de FLORIAN.
J'ai choisi l'enfant et le dattier car il irait très bien dans le décor des notes de BETTY "mon frère ce héros".
Pour toi BETTY,
L'enfant et le dattier

Non loin des rochers de l'Atlas,
Au milieu des déserts où cent tribus errantes
Promènent au hasard leurs chameaux et leurs tentes,
Un jour, certain enfant précipitait ses pas,
C'était le jeune fils de quelque musulmane
Qui s'en allait en caravane.
Quand sa mère dormait, il courait le pays.
Dans un ravin profond, lon de l'aride plaine,
Auprès, un beau dattier tout couvert de ses fruits.
Oh ! quel bonheur ! dit-il, ces dattes, cette eau claire ,
M'appartiennent ; sans moi, dans ce lieu solitaire,
Ces trésors cachés, inconnus,
Demeuraient à jamais perdus.
Je les ai découverts, ils sont ma récompense.
Parlant ainsi, l'enfant vers le dattier s'élance,
Et jusqu'à son sommet tâche de se hisser.
L'entreprise était périlleuse ;
L'écorce, tantôt lisse et tantôt raboteuse,
Lui déchirait les mains, ou les faisait glisser :
Deux fois il retomba ; mais d'une ardeur nouvelle
Il recommence de plus belle,
Et parvient, enfin, haletant,
A ces fruits qu'il désirait tant.
Il se jette alors sur les dattes,
Se tenant d'une main, de l'autre fourrageant,
Et mangeant,
Sans choisir les plus délicates.
Tout à coup voilà notre enfant
Qui réfléchit et qui descend.
Il court chercher sa bonne mère,
Prend avec lui son jeune frère,
Les conduit au dattier. Le cadet incliné,
S'appuyant au tronc qu'il embrasse,
Présente son dos à l'aîné ;
L'autre y monte, et de cette place,
Libre de ses deux bras, sans efforts, sans danger,
Cueille et jette les fruits ; la mère les ramasse,
Puis sur un linge blanc prend soin de les ranger :
La récolte achevée, et la nappe étant mise,
Les deux frères tranquillement,
Souriant à leur mère au milieu d'eux assise,
Viennent au bord de l'eau faire un repas charmant.
De la société ceci nous peint l'image :
Je ne connais de biens que ceux que l'on partage.
Coeurs dignes de sentir le prix de l'amitié,
Retenez cet ancien adage :
Le tout ne vaut pas la moitié.
*
*
Le vacher et le garde-chasse
Colin gardait un jour les vaches de son père ;
Colin n'avait pas de bergère,
Et s'ennuyait tout seul. Le garde sort du bois :
Depuis l'aube, dit-il, je cours dans cette plaine
Après un vieux chevreuil que j'ai manqué deux fois,
Et qui m'a mis tout hors d'haleine.
Il vient de passer par là-bas,
Lui répondit Colin ; mais, si vous êtes las,
Reposez-vous, gardez mes vaches à ma place,
Et j'irai faire votre chasse ;
Je réponds du chevreuil. Ma fois, je le veux bien :
Tiens, voilà mon fusil, prends avec toi mon chien,
Va le tuer. Colin s'apprête,
S'arme, appelle Sultan. Sultant, quoiqu'à regret,
Court avec lui vers la forêt.
Le chien bat les buissons, il va, vient, sent, arrête,
Et voilà le chevreuil ... Colin, impatient,
Tire aussitôt, manque la bête,
Et blesse le pauvre Sultan.
A la suite du chien qui crie,
Colin revient à la prairie.
Il trouve le garde ronflant ;
De vaches points ; elles étaient volées.
Le malheureux Colin, s'arrachant les cheveux,
Parcourt en gémissant les monts et les vallées.
Il ne voit rien. Le soir, sans vaches, tout honteux,
Colin retourne chez son père,
Et lui conte en tremblant l'affaire.
Celui-ci, saisissant un bâton de cormier,
Corrige son cher fils de ses folles idées,
Puis lui dit : Chacun son métier,
Les vaches seront bien gardées.
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